lundi 6 mai 2013

Le silence


« L’effort à faire c’est de ne plus faire d’effort pour se connaître en tant que cette intensité, plus qu’elle ne l’est.
Il suffit de se connaître, pas de l’être. L’être, on l’est déjà.
Il faut juste se connaître, accepter cette simplicité, cette évidence, pour qu’elle s’actualise et qu’elle vous confirme à chaque instant qu’il n’y a pas d’effort à faire. »


 
« Il n’y a pas plus grande preuve que cette simplicité de se sentir vivant, dans la Présence. »


Yolande
 




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jeudi 18 avril 2013

Etrange














 

Il est étrange que l’on dise de Dieu qu’il a créé le monde, et non : Dieu créé continuellement le monde. Pourquoi faudrait-il que le fait que le monde ait commencé à être soit un plus grand miracle que le fait d’avoir continué à être ?
 
Wittgenstein

vendredi 22 mars 2013

Cause et effet


 
 
 
 
« Les êtres humains et leur activité sont un effet et non la cause de la Conscience. »

 

 
 
Mooji





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samedi 23 février 2013

Le cheminement qui ne mène nulle part (Déjà arrivé(e) 2 )


"On pourrait dire que, pour atteindre l'éveil, il n'y a rien à faire. Rien d'autre à faire que ce que je fais, que ce qui se fait. Aucune œuvre qui ne conduise à la Grâce. Et aucune qui n'en éloigne : pas de commune mesure entre ces deux-là.
Cela signifie-t-il que tout est permis ? Tout ce que je me permets est permis : juste écouter ce que le Ciel m'inspire.
Il n'y a donc pas d'enseignement. Juste des paroles, que l'on échange entre voyageurs. Juste un chemin, qu'il nous arrive de parcourir ensemble – une spirale, un labyrinthe, une ligne droite, c'est selon... – chemin sans but, cheminement qui ne mène nulle part. Et pourtant, l'insouciant cheminement nous établit d'emblée au cœur de la Terre Promise. Aucune commune mesure entre les œuvres et la Grâce, et pourtant celle-ci illumine chaque œuvre. "Il n'y a aucun chemin de l'homme jusqu'à Dieu, disait le calife Abû Bakr as-Siddîq ; innombrables, par contre, les chemins menant de Dieu aux hommes"...

Cesser de marcher vers le but

pour l'atteindre.

Ne pas cesser de marcher

pour s'y installer...

Même sur le plus singulier, le plus éloigné de la source, en chaque point de chaque chemin, depuis toujours, nous sommes déjà arrivés. Bonne route donc, infatigables voyageurs ! "
 
 
Viator
 
 
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mardi 12 février 2013

Ce qui est



« L’existence n’est que conscience. »
 

Abhinavagupta, Paramârthasâra
 
 
 
 
 
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samedi 9 février 2013

La Réalité est partout.

« Les méthodes engendrent d'innombrables frustrations et ne donnent aucune satisfaction réelle. La Réalité est sans méthode. L'illusion dispose de nombreuses méthodes, de nombreux problèmes, et de nombreux concepts. Pour vaincre l'illusion, ou les concepts, il faut se demander d'où proviennent toutes ces pensées. Penser concerne toujours des objets. Pour connaître la Réalité dépourvue de pensée, il n'est nul besoin de penser.
L'éveil n'est rien d'autre qu'une profonde et totale compréhension. La Réalité n'a pas à être atteinte, elle est déjà là. Rien n'est nécessaire au-delà de cette compréhension totale.
Tant que le corps de l'éveillé est là, il agit normalement. Il appelle " mère " sa mère et " femme " sa femme. Mais cependant, il sait. Si quelqu'un lui demande " Comment vous appelez-vous ? ", il répond, mais il sait " Je ne suis pas ceci ". Une telle compréhension sans ambiguïté est nécessaire. La compréhension parfaite ce nomme Cela. Soyez en Cela. Soyez comme la feuille de lotus qui pousse dans l'eau et qui vit dans l'eau, mais qui n'est pas atteinte par l'eau. Demeurez ainsi. Il n'y a rien d'autre.
Ce que vous voyez et percevez est en vous et non à l'extérieur. Vous n'êtes pas le corps.
La Réalité ultime n'a ni fin ni commencement ; elle est illimitée.
Supprimez le nom et la forme et il n'y a rien. Voyez par votre propre compréhension que tout est illusion. Vivez-le ! Vous ne voulez pas voir parce que le mental ne vous permet pas de voir. Le mental est le seul obstacle qui vous écarte de " vous-même ". Le mental dit " c'est vrai ". Dites au mental " ce n'est pas vrai ". Comprenez le mental et alors il disparaîtra
Celui qui cherche peut demander " Que dois-je faire ? " Ne faites rien ! Les paroles ne font qu'atteindre l'espace. Le seigneur Krishna dit dans la Bhagavad Gita : " Là d'où proviennent les paroles, Cela est mon Soi ". Dans la Bible, le Christ dit la même chose : " Connais-toi et tu connaîtras le monde ".
Siddharameshwar Maharaj (lire également ici) donnait d'abord la connaissance, alors que nos traditionalistes affirment que le renoncement doit précéder la connaissance. Il disait que le renoncement sans la connaissance était inutile parce qu'il devenait un asservissement de l'esprit. Par exemple, lors de la préparation d'un bon repas, cela sent bon et tout le monde veut manger. Mais si vous dites aux gens, " N'en mangez pas ", ils vous demanderont pourquoi. Vous leur apprendrez alors que la nourriture contient du poison. La connaissance de l'existence du poison conduit à y renoncer immédiatement. Ainsi, si la connaissance vient en premier, le renoncement suit automatiquement.
Les gens ne comprennent pas que l'illusion n'est rien. Comment peut-elle vous empêcher? Comment " rien " peut-il vous empêcher?
Comment pouvez-vous savoir que vous avez trouvé un Maître? Il n'existe ni tests ni statistiques. Vous devez éprouver par vous-même ce que de nombreux saints et les personnes expérimentées ont écrit dans les livres de la connaissance. Un Maître dit : " Voici du sel ". Les livres aussi décrivent le sel. Mettez-le dans votre bouche et voyez par vous-même si c'est du sel. Vous devez faire l'expérience de ce que le Maître dit. Vous ne pouvez savoir qu'en " goûtant ".
En raison de l'identification avec le corps et le mental, vous dites que vous n'êtes pas parfait. Puisque toute chose disparaît dans le sommeil profond, pourquoi ne pouvez-vous pas atteindre la " fin " de vous-même ? Découvrez la source d'où surgit ce pouvoir ; c'est cela votre Soi.
Tout le monde veut être un Maître. Même entre deux garçons, il y en aura toujours un qui voudra être le Maître de l'autre. C'est la nature du pouvoir qui réside à l'intérieur de l'homme. Si vous vivez par vous-même ce que le Maître enseigne, et si vous pouvez y apposer votre propre empreinte, alors cet enseignement est authentique. Sinon, la séparation demeure entre le Maître et celui qui cherche. En vérité, il n'existe aucune dualité entre eux. La question de la peur ne se pose donc même pas. Quand on en est pleinement convaincu et que l'on sent qu'il y a plus rien à acquérir dans le monde, alors on éprouve une paix totale. Cette satisfaction vient à vous. Il faut d'abord le vivre par soi-même et puis en parler. Sinon, mieux vaut rester silencieux.
Il existe un dicton en Inde qui dit : " On ne peut pas ouvrir une épicerie avec un seul morceau de curcuma ". Nombreux sont ceux qui parlent de Dieu alors qu'ils ne le connaissent pas. Pourquoi ? Parce qu'ils vont toujours dans la direction opposée à la sienne. Si vous voulez aller dans les montagnes du nord et que vous vous dirigez vers le sud, comment pouvez-vous atteindre ces montagnes ? Où est Dieu et qui est Dieu ? Il faut savoir qu'Il n'est pas à l'extérieur, mais en vous ! Les pensées se dirigent naturellement vers l'extérieur ; elles doivent se tourner vers le Soi avec l'aide du Maître. Découvrez " qui vous êtes ". Lorsque toutes les pensées disparaissent, Il [Dieu] est là. Oubliez tout ce que vous avez appris jusqu'à maintenant, et Il est là. De cette façon, vous êtes en paix. La paix provient de l'intérieur de nous-mêmes. Le Christ a dit : " Connais-toi et tu connaîtras le monde ". Si vous atteignez votre véritable limite, la question de la paix ne se posera plus. Rien ne demeure ; vous êtes vous-même.
Comprenez vous-même que la mort n'est rien. Reconnaissez que : " Je suis sans naissance, Je ne meurs pas. Je n'ai jamais pris naissance et Je ne mourrai jamais ". Retirez les crochets à venin au serpent et jouez avec lui. Vous savez alors qu'il ne peut vous faire aucun mal. Chaque fois que vous dormez, cela ressemble à une petite mort. Pourquoi avoir peur ? Il n'y a rien. Tout est illusion. Gardez juste votre esprit dans cet état dépourvu de peur. Comme vous retirez les crochets à venin, jouez ainsi avec le monde. Jouez avec l'illusion ; il n'y a aucun danger. Cela n'affectera pas votre esprit. Vivez sans crainte ; pas de mort, pas de peur, en sachant " Je suis ce réel pouvoir ". Il n'y a rien ! Qu’est-ce qui pourrait vous atteindre ?
Il faut être courageux pour vivre véritablement. Si vous êtes courageux, la peur ne demeure pas. Soyez courageux et ayez foi dans le Maître. Faites ce qu'il dit, car vous et Lui êtes un. Ôtez le voile. Il est facile de quitter ce qui n'est rien, mais il est difficile de voir ce qui est présent et que vous avez oublié. Il existe une coutume indienne qui consiste à distribuer le 13e jour après la mort de quelqu'un des sucreries à toute la famille. Qu’est-ce que cela signifie ? Ceci : la personne n'est pas morte, elle ne meurt jamais.
Ne soyez rien, dès que vous choisissez d'être quelque chose, la peur vous accompagne.
Pour un être réalisé tout est Brahman : sa femme, son fils et la chaise sur laquelle il est assis. Si tout est Brahman, pourquoi faire une différence ? Ce qui vient du zéro peut retourner au zéro à tout moment. Tout le monde comprend la théorie mais personne ne va au delà du zéro. Aux États-Unis quelqu'un m'a demandé comment dépasser le zéro. Mais si le zéro n'existe pas que voulez-vous dépasser ? Une fois que vos avez déclarez qu'il n'y avait rien dans cette maison, vous l'avez compris. C'est cela mettre en pratique. Quelle peur vous empêche de reconnaître que zéro est zéro ? Je dis souvent : " Quel que soit votre nom, vous n'existez pas ! " Pouvez-vous me montrer votre nom ? Vous pouvez vous appeler Dieu si vous voulez, mais Dieu lui-même ne peut démontrer qu'il est Dieu car Dieu n'est qu'un concept et n'a rien créé du tout. Ayez le courage d'affirmer : " Je suis le créateur du monde. La conscience-connaissance a créé le monde et cette conscience-connaissance c'est moi-même ! " Parfois les événements ne se déroulent pas selon vos souhaits. Comme ce roi qui, dans un rêve devient un mendiant. Au matin, il est obligé de se pincer très fort car il ne sait plus trop ce qui relève du rêve ou de la réalité. Faites de même, Vous aussi, pincez-vous : demandez-vous qui vous êtes. Moi, au réveil je ne sais jamais où je suis, j'ai simplement tout oublié.
Vous n'êtes que bulles à la surface de l'océan. Lorsque ces bulles éclatent, elles redeviennent océan, alors l'océan rit et les autres bulles pleurent. Vous n'êtes jamais né et jamais vous ne mourrez. Pourtant cloués à vos concepts vous craignez la mort et la renaissance.
Tout le monde tient à ses yeux et si vous souffrez de cataracte, vous n'hésitez pas à payer une petite fortune au médecin pour qu'il vous soigne. Pourtant à votre mort vous oublierez tout, y compris vos yeux et votre nez, tout ira au diable ! Faites la part des choses et comprenez qui vous êtes vraiment.
Ce que mon propre Maître m'a donné, vous pouvez l'obtenir sans rien faire. Ne faites rien, oubliez-vous ! Vous dites : " J'existe ", j'affirme : " Vous n'existez pas ! " Si vous n'existez pas, qui parle ? Moi-même, je ne parle pas ; je suis un menteur purement et simplement. Le corps est un imposteur.
Quand vous allez au cinéma, un petit panonceau vous indique la direction des toilettes. Si vous dites : " Non, c'est ici même que je veux uriner ", personne ne viendra vous apporter l'urinoir. Pareillement, le Maître vous donne la bonne direction alors que vous attendez qu'on vous apporte la Réalité sur un plateau. Aller d'abord sur place et vous atteindrez votre destination. Mais en fait pour se comprendre, cela ne prend pas de temps. Malgré tout, vous vous obstinez à préserver ce qui devrait être jeté, c'est-à-dire vous-même en tant qu'individu. Je persiste et signe : " Tout est zéro. " Expérimenter le zéro, c'est le pari des audacieux. Tout est fonction du mental ; vous voulez connaître la Réalité, votre mental, lui ne veut pas.
Le Maître n'a rien à faire car il sait qu’il n’est pas " un Maître ". C’est le disciple qui fait de lui un Maître car il est en demande. Le Maître, lui, ne veut rien. Quand il dit : " Tout le monde est Lui ", il est inclue dans cette déclaration. Lui et le disciple sont " Un ". Mais vous avez fait l'erreur d'oublier votre propre nature et vous demandez partout " Qui suis-je? ". Que peut vous répondre le Maître ?
Mais en fait, qu’y a-t-il à comprendre, puisque vous êtes la Réalité ? Qui peut comprendre qui ? L’ignorance doit disparaître, c’est tout. L’ignorance, c’est être persuadé que tout est réel, que mon corps, mon mental et mon identité sont vrais. Cette ignorance est l’ego, et c’est lui que vous devez connaître. Dès que vous savez ce qu’il est, il disparaît. En fait il n’y a rien à chercher, car qui pourrait rechercher qui ?
Vous vous plaignez de ne pas voir, mais vous ne mettez pas vos lunettes ! Mettez vos lunettes (ici) et vous verrez !
La connaissance et l’ignorance sont toutes deux un rêve.
Bien que j’agisse, je n’agis pas, cette compréhension doit éclore en vous. Dans le rêve vous semblez faire une multitude de choses, alors qu’en réalité vous ne faites rien puisque vous dormez. Si par exemple vous tuez quelqu’un dans un rêve, vous accuserez-vous de ce meurtre au réveil ? Vous l’avez pourtant expérimenté dans le rêve ! Quand vous vous réveillez tout devient zéro, néant. Le rêve, et tout ce qui s’y déroule, ne fait que passer, il ne se maintient pas. Quelle peut donc être la valeur d’une chose si éphémère ? Celui qui sait qu’en réalité il ne s’est rien passé, peut dire qu’il est le créateur du monde.
Continuez donc à accroître la connaissance en vous, gonflez la baudruche pour qu’elle devienne de plus en plus grosse, mais sachez que ce qui vient de l’ignorance, c’est à dire la connaissance, ne peut être réel. Le mental vous fera atteindre ce point de compréhension et ensuite disparaîtra. Une fois que vous avez atteint le but, vous n’avez plus besoin de comprendre quoi que ce soit. Vous êtes au quarantième étage, qu’y a t-il à comprendre maintenant ?
Bon ou mauvais, tout le monde est moi-même.
Tous les gens qui sont présents ici ont des noms différents. Si vous supprimez les noms, ils ne sont plus qu’un, n’est-ce pas ? Quand il n’y a plus de noms pour différencier, il n’y a que l’unité. Un père qui a quatre enfants est pourtant obligé de donner un nom à chacun pour éviter la confusion. Les noms ne sont donnés que par commodité. C’est le corps et le mental qui font toutes ces choses mais vous, vous ne faites rien. Le monde est le résultat de la connexion de deux fils, l’un positif, l’autre négatif. Dans le sommeil tout disparaît et au réveil le monde apparaît. Il y a une déconnexion totale quand le corps meurt, vous ne pouvez plus alors revoir le monde. Mais ce monde est votre concept, c’est en ce sens que je dis et répète que vous êtes le créateur du monde. Soyez le créateur et vous comprendrez ; le monde s’effacera alors automatiquement et vous en serez libéré.
Vous devez éliminer le doute en vous car il est ignorance. L’électricité ne sait pas qu’elle donne la lumière, de même la Réalité finale n’a ni connaissance ni ignorance. Quand la déconnexion se produit, tout disparaît. Disparu où ? Ce qui n’a jamais existé a disparu... Si vous touchez l’électricité vous mourez, mais si vous touchez la connaissance, c’est elle qui disparaît. Autrement dit, si vous comprenez ce qu’est la connaissance, elle disparaît automatiquement. Ni la connaissance ni l’ignorance ne sont réelles. Ma véritable nature est sans ignorance et sans connaissance. Laissez les pensées apparaître, mais sachez simplement : " Je n’ai pas de pensées. " Mourez à vous-même puis, vivez !
Vous vous demandez ce qu'il va rester si le mental meurt, mais dans le sommeil profond, que reste-t-il ? Dites-moi ? Rien. De même ici, si vous dormez au monde, comment la peur pourrait-elle se maintenir ? Alors que vous êtes dans l'état de veille, dites-vous que tout cela n'est pas vrai.
En fait il n’y a rien à chercher, car qui pourrait rechercher qui ?
Eh oui ! À cause du corps vous êtes devenu une petite créature. Ne soyez pas si petit !
La connaissance est toute puissante, mais c’est encore un rêve, elle est en fait la plus grande des ignorances.
Celui qui sait qu’en réalité il ne s’est rien passé, peut dire qu’il est le créateur du monde.
Le véritable bonheur est en vous, et non pas à l'extérieur. Dans le sommeil profond, vous êtes heureux, vous êtes dans l'ignorance du monde. Ainsi le bonheur est dans l'oubli du monde. Laissez le monde tel qu'il est, ne le détruisez pas, mais sachez qu'il n'est pas. Faites toutes les choses que vous avez à faire, mais soyez toujours en retrait, détaché par la compréhension, car tout ce que vous ressentez, percevez et accomplissez est illusion, n'existe pas. Votre mental doit accepter cela. Les sages disent : " puisque cela n'est rien, comment ce rien peut-il vous affecter ? " Mais ce que dit votre mental vous affecte, vous touche, alors que faire ? Le mental n'est rien d'autre que la connaissance. Les gens différencient le mental de la connaissance, mais cela n'est pas juste.
Le lotus vit dans l'eau mais ne s'en soucie pas.
Ne demandez pas si vous pouvez atteindre la Réalité car vous êtes la Réalité, alors pourquoi dire " puis-je ? ".
Quand vous êtes à la base de tout, vous êtes en tout, alors même un assassin ne peut être considéré comme mauvais. Tout ce qui se passe est " mon ordre ". Soyez le Maître, pas l'esclave. Vous êtes le Maître.
Personne ne va, personne ne vient. Qui vous a dit ça ? Vous avez lu des livres et vous le répétez. Il est dit que le plus grand homme est celui qui meurt inconnu. Rāma et  Krishna étaient des " héros " secondaires. L'homme accompli vit dans le silence et meurt dans le silence. Ensuite leur pensée travaille en quelqu'un d'autre, mais qu'ils reviennent est insensé. Personne ne va, personne ne vient. Tout n'est qu'un rêve. Dans le rêve, vous devenez un grand Maître, mais au réveil vous revenez à l'état ordinaire. Qui est allé là, et qui en est revenu ? Rien ne s'est passé, le concept d'un grand Maître vous a effleuré, et vous êtes devenu ce " grand Maître ". Au réveil, vous ressentez : " Oh ! Tout cela est insensé, comment puis-je être un grand Maître, je ne sais rien ? " Et pourtant, dans le rêve, vous donniez des conférences et parliez de toutes ces choses avec aisance, mais au réveil ces connaissances s'évanouissent. Ce n'était qu'un rêve.
Je suis la plus grande illusion ! Tout ce que je dis avec tant de cœur et si franchement est faux ! Mais le faux que je vous dis peut vous faire atteindre ce point.
La connaissance est la plus grande chose, mais elle ne doit être qu'un remède. Lorsque la fièvre disparaît grâce au médicament que vous prenez, vous devez cesser de le prendre. Ne continuez pas le traitement ou vous causerez plus de problèmes. La connaissance n'est nécessaire que pour supprimer la maladie de l'ignorance. Le docteur vous conseillera toujours un dosage limité !
Tout d'abord, comprenez que le " je " est illusion, ce que " je " dis est illusion. Le Maître et ce qu'il dit sont aussi illusion, car en réalité, " je " et " lui " n'existent plus.
Lorsque quelqu'un meurt, les gens pleurent. L'être réalisé ne rira pas. Il gardera le silence, mais il sait que rien ne s'est passé. Rien n'est perdu, même la matière n'est pas perdue, les cinq éléments qui composent le corps retournent aux cinq éléments, et l'esprit retourne à l'esprit. Seuls le nom et la forme, qui sont illusion, disparaissent. Soyez sans forme, soyez sans nom. Si on vous demande quel est votre nom, répondez, mais soyez conscient que " je ne suis pas cela ". Transcendez l'illusion, et parce qu'elle n'existe pas, elle ne se maintiendra pas. Comprenez que c'est du feu, mais ne le touchez pas, n'essayez pas non plus de l'éteindre ou vous serez brûlé, comprenez simplement.
 
Si un mendiant demande de l'argent à un être réalisé, que fera-t-il ?
C'est son choix, il donne ou ne donne pas parce qu'après tout, c'est encore l'illusion. Il peut paraître sans merci au point de ne pas donner de l'eau à un malade qui gémit : " de l'eau, de l'eau ! ". Il ne donnera pas, car cet homme va mourir de toute façon. En lui donnant de l'eau, il respirera un peu plus longtemps et souffrira davantage. Vous pensez être bon en lui donnant de l'eau mais vous ne faites qu'accroître sa souffrance. Parce qu'il est dans l'ignorance, il veut vivre plus et plus, mais que va-t-il obtenir en respirant un peu plus ? Il aura plus de souffrance. Ainsi, je ne vous conseille pas d'être sans merci mais gardez cela au fond de votre cœur. Donnez-lui de l'eau si vous voulez mais sachez que vous lui donner plus de souffrance. Celui qui croit avoir fait une bonne action se trompe.
Si vous donnez cent francs à un mendiant, il ne sera pas plus riche le lendemain, il continuera à mendier car cette habitude est si ancrée en lui que c'est devenu une seconde nature. Tous les hommes mendient pour obtenir le bonheur depuis leur naissance, et finalement ils meurent sans jamais l'atteindre. Même lorsque vous allez prier à l'église ou au temple, vous vous faites mendiant devant Dieu, d'abord vous mendiez pour vous, puis pour votre femme et vos enfants. Ainsi vous quémandez d'abord pour vous, et ensuite pour les autres. Tout le monde recherche le bonheur, mais vous ne l'obtenez pas, car votre méthode pour l'atteindre est fausse. Soyez toujours sur le chemin que le Maître vous indique et vous serez un avec Lui.
L’aspirant doit se conduire selon la compréhension que le Maître lui a donnée, et cette compréhension est que je suis en tout et partout, alors il n’y a pas d’attitude à adopter ou à ne pas adopter. Vous n’êtes pas en dehors du ciel. Un oiseau peut-il dire : " je veux être en dehors du ciel ? " Non. Cela est impossible. De même, après la compréhension, vous devez rester et vivre avec les autres. Rester avec eux signifie comprendre et vivre selon cette compréhension. Les autres ne comprennent pas parce qu’ils sont dans l’ignorance et agissent en fonction de cette ignorance, mais si vous comprenez vraiment, vous savez comment vous conduire avec eux. La question ne se pose pas. Comprenez qu’ils sont dans l’ignorance et que vous, si vous avez compris quelque chose, c’est par la grâce du Maître. Malgré tout, il n’y a pas de différence entre les êtres car tout le monde est Lui. C’est l’enseignement que le Maître vous donne : tout le monde est Lui. Alors, comment se conduire? Comportez-vous avec les autres comme vous le feriez avec les membres de votre famille. Le seigneur Krishna a dit " Le monde entier est ma famille ", ignorants ou pas. Si votre frère n’est pas aussi instruit que vous, cela ne vous empêche pas d’avoir de bonnes relations avec lui. Vous lui parlez, n’est-ce pas? De la même manière, vous avez des relations avec le monde et les hommes qui s’y trouvent, qu’ils soient ignorants ou pas. La connaissance vous a été donnée par le Maître et vous avez compris quelque chose. Quand le professeur enseigne aux enfants que 1+2 = 3, ils finissent par le comprendre.
Ainsi, la première chose à faire est de comprendre " qui suis-je " ? C’est cela la réalisation de Soi, se connaître soi-même, rien d’autre.
Ne soyez pas un dieu, sinon, un jour ou l’autre vous deviendrez un chien ! Si vous lisez le mot " god " à l’envers, le mot devient " dog ", n’est-ce pas ? Tous les êtres sont devenus des chiens car ils veulent toujours quelque chose, comme les chiens ! Le chien a toujours la langue pendante car il veut toujours quelque chose. De même, tous les jours, vous êtes dans l’attente de quelque chose, vous êtes toujours dans le désir. Que faites-vous toute votre vie ? Vous allez au bureau pourquoi ? Parce que votre patron vous paie à la fin du mois. Vous n’avez pas la langue pendante comme le chien, mais finalement vous êtes comme lui.
Qui fait fonctionner ce corps ? Qui parle ? Qui dort. Qui prend plaisir ? Qui goûte, entend etc... ? Tout passe par les cinq sens de la connaissance. Mais qui fait cela ? Lui, et il est en vous, sous la forme de la connaissance. Tout le monde a la connaissance. Même une fourmi ! Elle est consciente, elle a même un mental et tout le reste ! Elle a peur, mais vous aussi vous avez peur. Pourquoi êtes-vous plus important qu’elle? Votre corps est plus grand, c’est tout ! Mais vous avez quand même peur de tout le monde, n’est-ce pas ? Vous craignez même un petit microbe produit par la sueur de votre propre corps. Vous savez pourtant que vous pouvez l’écraser entre vos doigts ! Certains Indiens s’offusquent et disent : " non, il ne faut pas le tuer ! " Ce sont des croyances bien enracinées dans leur mental. Écrasez-le sans hésitation ! Gardez bien à l’esprit qu’il est le produit de votre corps, et qu’il n’est pas vrai.
Le monde est fait de gens différents, mais le point commun c’est que tout le monde mange.
Lui, ne sait rien, tout comme l’électricité ne sait pas qu’elle produit de la lumière. Si elle le savait, elle ne serait pas l’électricité. Elle ne sait pas qu’elle fait fonctionner le ventilateur, et toutes ces choses. Elle sait tout, mais ne sait rien ! C’est la même chose avec le pouvoir qui est en vous. Il fait tout et sans lui, vous ne pouvez rien faire, les mains ne pourraient pas bouger, le corps serait inerte comme une statue.
Le saint est celui qui a compris " je ne suis pas le corps ". Il ne suffit pas de revêtir la robe du renonçant pour en être un !  Shankaracharya a dit : " celui qui comprend que ' je ne suis ni le mental, ni l’ignorance, ni la connaissance ' est le véritable sage.
Soyez toute chose et non pas quelque chose, et vous êtes Lui ! Vous êtes partout et en tout. Dans ce corps aussi vous êtes Lui. Le pouvoir est là en vous, mais vous ne pouvez pas le voir. S’il n’était pas là, vous ne pourriez pas rester debout ! Vous vous écrouleriez comme un mur dont les briques ne sont pas scellées.
Le pouvoir qui est en vous est si puissant ! Il accomplit de nombreux miracles ! Il fait bouger votre corps qui est inerte, n’est-ce pas déjà un miracle ! Qu’un corps inerte puisse voir, parler, etc... C’est un miracle. Inutile de faire apparaître des chaînes en or comme le font certains maîtres.
Parabrahman est la Réalité et la Réalité est partout.
Comprenez que la connaissance est fausse. Une épine reste une épine même si elle est d’or.
Pourquoi s’inquiéter, vous êtes toujours la Réalité. Vous vous inquiétez pour rien, comprenez que vous êtes la Réalité et ensuite vous n’aurez plus rien à faire. Tant que le mental mène la danse, vous serez dans l’obligation d’agir. Oubliez cela.
Pourquoi courir après tout ces non-sens? Tout le monde court après un mirage. Un jour, quand le soleil sera couché et le mirage dissipé, vous vous arrêterez sans avoir trouvé d’eau. Comme le cerf, vous penserez avoir joué de malchance, mais l’eau n’a jamais été là ! Vous attendez que la joie vous vienne des autres, mais personne ne peut vous la donner. À moins de vous oubliez vous-même, jamais vous ne serez heureux. Le "je" doit être brisé, mettez le frein à main et la voiture s’arrête. Mettez le frein à votre mental et vous serez la Réalité, vous serez non mental. Le Maître vous aide à déraciner votre ego, ne vous inquiétez de rien, vous êtes la Réalité. Le problème c’est que vous considérez le Maître comme un corps et non pas comme la Réalité. Pourtant il vous répète qu’il est la Réalité, que vous l’êtes également, que tous sont la Réalité, mais non, ce qui vous importe c’est de " voir " le Maître.
Quand vous comprendrez que vous ne faites qu’un avec la Réalité, vous oublierez tout. Lui et vous ne faites plus qu’Un. L’unité clôt le débat, il n’ y a plus de Maître ni de disciples. Quand l’unité s’épanouit dans votre esprit, vous devenez Elle, la Réalité. Le Maître sera toujours là pour vous aider. »
 


Ranjit Maharaj









( Ranjit Maharaj est né à Bombay le 4 janvier 1913. À 12 ans, il rencontra son Maître, Siddharameshwar Maharaj, un grand Maître méconnu en son temps. Ranjit Maharaj commença seulement à enseigner en 1983 à l'âge de 70 ans, quand de plus en plus de chercheurs venaient se présenter chez lui.
La spécificité de l'enseignement de Maharaj repose sur sa position radicale et son caractère direct : " Tout est illusion, donc quel que soit ce que le ' je ' effectue, c'est aussi une illusion. " Par conséquent, il n'offre aucune méthode afin d'améliorer ce qui n'existe pas, l'illusion. Les voiles d'ignorance disparaissent et nous réalisons notre nature véritable à travers la connaissance et le rejet des fausses identifications qui ont été adoptées. " La découverte de votre nature véritable est des plus faciles, puisque vous êtes Cela. "
La Connaissance n'est qu'un remède au mal de l'ignorance, car une fois l'ignorance évanouie, il ne reste rien de la Connaissance. " Ni la connaissance, ni l'ignorance ne subsistent dans la Réalité. Quand je n'existe pas, quand je ne suis pas, Elle seule est, et c'est ça la Réalité, c'est-à-dire Soi-même sans soi-même. "
Ranjit Maharaj est décédé le 15 novembre 2000 à 18h16 en sa résidence de Bombay. Ses paroles dans ses derniers jours furent : " Ceci n'est plus utile, ceci doit partir. ")










mercredi 2 janvier 2013

De l'abandon

 
 
 
 
 C'est ici que doit commencer l'abandon et la donation de tout soi-même à Dieu, par se convaincre fortement que tout ce qui nous arrive de moment en moment est ordre et volonté de Dieu et tout ce qu'il nous faut. Cette conviction nous rendra contents de tout et nous fera regarder en Dieu - et non du côté de la créature - tout ce qui nous arrive.
Je vous conjure, mes très chers frères, qui que vous soyez, qui voulez bien vous donner à Dieu, de ne vous point reprendre lorsque vous vous serez une fois donnés à Lui, et de penser qu'une chose donnée n'est plus en votre disposition.
L'abandon est ce qu'il y a de conséquence dans toute la voie, et c'est la clef de tout l'intérieur. Qui sait bien s'abandonner sera bientôt parfait. Il faut donc se tenir ferme à l'abandon sans écouter le raisonnement ni la réflexion. Une grande foi fait un grand abandon. Il faut s'en fier à Dieu, espérant contre toute espérance.
L'abandon est un dépouillement de tout soin de nous-mêmes, pour nous laisser entièrement à la conduite de Dieu. Tous les chrétiens sont exhortés à s'abandonner. Car c'est à tous qu'il est dit : Ne soyez pas en souci pour le lendemain, car votre Père céleste sait tout ce qui vous est nécessaire. Pensez à Lui dans toutes vos voies et Il conduira Lui-même vos pas. Exposez vos œuvres au Seigneur et Il fera réussir vos pensées. Remettez au Seigneur toute votre conduite et espérez en Lui, et Il agira Lui-même.
L'abandon doit donc être, autant pour l'extérieur que pour l'intérieur, un délaissement total entre les mains de Dieu, s'oubliant beaucoup soi-même et ne pensant qu'à Dieu. Le cœur demeure par ce moyen toujours libre, content et dégagé.
Pour la pratique, elle doit être de perdre sans cesse toute volonté propre dans la volonté de Dieu, renoncer à toutes les inclinations particulières, quelques bonnes qu'elles paraissent, sitôt qu'on les sent naître, pour se mettre dans l'indifférence et ne vouloir que ce que Dieu a voulu dès son éternité. Être indifférent à toutes choses, soit pour le corps soit pour l'âme, pour les biens temporels et éternels. Laisser le passé dans l'oubli, l'avenir à la Providence, et donner le présent à Dieu. Nous contenter du moment actuel qui nous apporte avec soi l'ordre éternel de Dieu sur nous, et qui nous est une déclaration autant infaillible de la volonté de Dieu qu'elle est commune et inévitable pour tous. Ne rien attribuer à la créature de ce qui arrive, mais regarder toutes choses en Dieu et les regarder comme venant infailliblement de sa main à la réserve de notre propre péché.
Laissez-vous donc conduire à Dieu comme il Lui plaira, soit pour l'intérieur, soit pour l'extérieur.
On s’excuse sur ce que l’on dit qu’il y a du danger dans ce chemin, ou que les gens simples sont incapables des choses de l’Esprit. L’oracle de la vérité nous assure du contraire : Le Seigneur (dit-il) met son affection en ceux qui marchent simplement. Mais quel danger peut-il y avoir à marcher dans l’unique voie qui est Jésus-Christ, se donnant à Lui, Le regardant sans cesse, mettant toute sa confiance en sa grâce et tendant de toutes nos forces à son plus pur amour ?
Loin que les simples soient incapables de cette perfection, ils y sont même plus propres. Parce qu’ils sont plus dociles, plus humbles et plus innocents, et que, ne raisonnant pas, ils ne sont pas tant attachés à leurs propres lumières. Étant de plus sans science, ils se laissent mouvoir plus aisément à l’Esprit de Dieu. Au lieu que les autres, qui sont gênés et aveuglés par leur propre suffisance, résistent beaucoup plus à l’inspiration divine.
Aussi Dieu nous déclare que c’est aux petits qu’Il donne l’intelligence de sa loi. Il nous assure encore qu’Il aime à converser familièrement avec les simples. Le Seigneur garde les simples : J’étais réduit à l’extrémité, et Il m’a sauvé. Que les pères des âmes prennent garde de ne pas empêcher les petits enfants d’aller à Jésus-Christ. Laissez venir (dit-Il à ses apôtres) ces petits enfants, car c’est à eux qu’appartient le Royaume des Cieux. Jésus-Christ ne dit cela à ses apôtres que parce qu’ils voulaient empêcher les enfants d’aller à Lui.
Hélas ! On veut faire des oraisons étudiées ; et pour les vouloir trop ajuster, on les rend impossibles. On a écarté les enfants du meilleur de tous les pères pour avoir voulu leur apprendre un langage trop poli. Allez, pauvres enfants, parler à votre Père céleste avec votre langage naturel : quelque barbare et grossier qu’il soit, il ne l’est point pour Lui. Un père aime mieux un discours que l’amour et le respect met en désordre, parce qu’il voit que cela part du cœur, qu’une harangue sèche, vaine et stérile, quoique bien étudiée. O que de certaines oeillades d’amour le charment et le ravissent ! Elles expriment infiniment plus que tout langage et tout raisonnement.
Pour avoir voulu apprendre à aimer avec méthode l’amour même, l’on a beaucoup perdu de ce même amour. O qu’il n’est pas nécessaire d’apprendre un art d’aimer ! Le langage d’amour est barbare à celui qui n’aime pas ; mais il est très naturel à celui qui aime. Et on n’apprend jamais mieux à aimer Dieu qu’en L’aimant. En ce métier, souvent les plus grossiers deviennent les plus habiles, parce qu’ils y vont plus simplement et plus cordialement. L’Esprit de Dieu n’a pas besoin de nos ajustements. Il prend quand il Lui plaît des bergers pour faire des prophètes. Et bien loin de fermer le palais de l’oraison à quelqu’un, comme on se l’imagine, il en laisse au contraire toutes les portes ouvertes à tous, et la Sagesse a ordre de crier dans les places publiques : Quiconque est simple, vienne à moi. Et elle a dit aux insensés : Venez, mangez le pain que je vous donne, et buvez le vin que je vous ai préparé. Jésus Christ ne remercie-t-Il pas son Père de ce qu’Il a caché ses secrets aux sages, et les a révélé aux petits ?
 
 
 
Madame Guyon    (1648 - 1717)
 



vendredi 28 décembre 2012

Le Silence

 
 
 
 
« Si vous croyez qu’il faut que vous pratiquiez le silence, trouviez le silence, gardiez le silence, alors vous n’avez pas compris.
Tout ceci, l’univers tout entier, se manifeste à partir du Silence !
Il ne s’agit pas de courir après le silence.
Il s’agit de reconnaître le Silence qui ne peut être perturbé où que vous soyez, quelles que soient les circonstances, quelle que soit l’intensité du bruit. Là, les réactions de quelque nature qu’elles soient n’existent pas. Ce n’est pas un comportement ni une " mise en pratique " : vous et le Silence êtes identiques. »
 
 
Mooji
 
 
 
 
 
 
 
 

jeudi 13 décembre 2012

Dieu seul existe

 
 
 
La réalité, ce n’est pas votre caractère qui, lui, n’est qu’une résultante, je ne sais quoi : un agglomérat. La réalité, c’est Ici et Tout de Suite. C’est la vie que vous êtes en train de vivre, là dans la seconde. N’ayez pas peur d’y perdre votre âme : Dieu est dedans. Faites tous les gestes que vous voudrez. Lavez-vous les mains, s’il y a un lavabo, allongez-vous par terre, sautillez sur place, faites la grimace, pleurez même, si cela vous aide, ou riez, chantez, dites des injures ! Si vous êtes un intellectuel (pour chaque catégorie, il y a un truc), faites comme moi cette nuit-là*: reconstituez à haute voix, et de mémoire, les raisonnements de Kant dans les premiers chapitres de la Critique de la raison pure théorique. C’est difficile : cela occupe. Mais ne croyez à rien de tout cela. Ne croyez pas même en vous. Dieu seul existe.
Cela, qui est vrai toujours, devient un remède miracle à ce moment. Du reste, je vous le demande : sur qui d’autre pouvez-vous compter ? Pas sur les hommes, je suppose ! Quels hommes ? Les SS ? Des sadiques ou des fous et, dans le meilleurs des cas, des ennemis, patriotiquement convaincus que leur devoir est de vous liquider. S’il n’y a pas la Pitié de Dieu, il n’y a plus rien.
Mais justement, pour connaître cette pitié, il n’y a pas besoin d’un acte de foi. Vous n’avez même pas besoin d’avoir été élevé dans une Eglise. A cet instant où vous la cherchez, vous l’avez déjà : elle est le fait que vous respirez et que le sang bat à vos tempes. Si alors vous faites bien attention à elle, elle augmente, elle vous enveloppe. Vous n’êtes plus le même, croyez-moi. Et vous pouvez dire au Seigneur : « Que ta volonté soit faite ». C’est une chose que vous pouvez dire : elle ne vous fait plus que du bien.
 En prison, plus que jamais, c’est au-dedans de vous qu’il faut vivre. Et s’il y a une personne dont vous ne pouvez pas vous passer, réellement pas (par exemple une fille quelque part au-delà des murs), faites comme je faisais alors : regardez-la plusieurs fois par jour, longtemps. Mais n’essayez pas de l’imaginer là où elle est en ce moment, là où il y a de l’air libre partout et partout des portes ouvertes, parce que vous n’y arriverez pas et cela vous fera du mal. Regardez-la en vous. Coupez autour d’elle tout ce qui est espace. Toute la lumière que vous contenez, mettez-la sur elle. N’ayez pas peur de l’épuiser, cette lumière : l’amour, la pensée, la vie en contiennent à ne plus savoir qu’en faire.
Alors vous verrez bien, votre maman, votre bien-aimée ou vos petits. Et pour un long moment vous ne saurez même plus que vous êtes en prison. Croyez-moi ! C’est à cela que sert la vie intérieure.
 
 
Jacques Lusseyran
 
 
*( sa première nuit de garde-à-vue ) 
 
 
 
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lundi 3 décembre 2012

La vague et l'océan (2)

 
 



Ne suis-je pas semblable aux vaguelettes qui naissent d’un remous avant de s’y confondre, une illusion qui ne surgit d’un rien que pour y retomber sans laisser de traces ? 
 
 
 

 Yasmina Khadra (L'équation africaine)





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jeudi 29 novembre 2012

Voyez-vous, vous êtes déjà chez vous.





"Nous semblons ne pas voir, tandis que nous nous hâtons vers la prochaine apogée spirituelle escomptée, que le trésor que nous cherchons est à découvrir non là où nous allons, mais dans la simple nature des pas que nous faisons. Dans notre ruée vers une meilleure situation dans le temps, nous foulons la fleur de l'être qui s'offre en chaque instant.
Il me semble que notre attachement aux buts est né du besoin de nous prouver quelque chose à nous-mêmes. Mais la vie est simplement la vie et elle n'essaie pas de prouver quoi que ce soit. Ce printemps-ci ne tentera pas d'être mieux que le printemps dernier, ni le frêne de devenir un chêne.
En abandonnant notre fascination pour l'extraordinaire et le spectaculaire, nous nous autorisons à reconnaître la merveille simple qui repose dans l'ordinaire. Car la vie est à elle-même son propre but et n'a pas besoin de raison d'être. C'est là sa beauté.
Quand il n'y a pas de moi illusoire, séparé, le fond omniprésent de l'amour inconditionnel est pleinement perçu. C'est ce qui est toujours ouvert et à notre disposition. Il n'y a rien qui existe en dehors du fond de cette unité naturelle. Le "secret" c'est qu'il n'y a pas de séparation, mais cela demeure un secret aussi longtemps que nous croyons être quelqu'un.
Que vous soyez unique ici et maintenant, c'est le secret. Cet instant-ci ne s'est jamais produit auparavant, le voyez-vous ? Il est unique, surgissant et retournant ensuite dans l'infini, pour ne jamais être revu. C'est ce que vous êtes. Vous êtes l'expression infinie qui se déploie et se rétracte sans cesse. Vous ne pouvez arrêter ce qui est ; c'est une danse incessante et éternelle - aussi lâchez prise et permettez à cela d'être. Il ne peut y avoir de processus pour devenir ce qui déjà est, et ainsi il n'y a bien sûr, nulle part où aller et rien à faire. Aucune condition n'a besoin d'être remplie. L'infini n'est pas quelque part attendant que nous nous en rendions dignes.
Quand le moi n'est plus, il y a simplement un abandon en l'aimé. Le jeu se poursuit et il y a une réponse à ce jeu. Et le jeu et la réponse sont l'expression du divin. Tout et chaque chose est vu, entendu, senti, comme étant le bien-aimé.
Si vous êtes complètement submergé par la peur ou la souffrance et avez le sentiment de ne rien pouvoir faire, alors c'est "ce qui est" et il n'y a rien à faire que d'être submergé. C'est aussi une expression de l'infini. Mais il faut dire qu'à l'aube d'une nouvelle lumière, d'une perception différente, il peut très souvent y avoir exacerbation de nos peurs les plus profondes.
Vous vous agrippez à votre existence apparente. Toute votre vie vous avez été conditionné à survivre, à proroger l'espèce, à prolonger une apparente lignée. Voyez le grand message des médias qui vous enjoint de travailler à réussir votre vie... Hypnotisé par la croyance que vous êtes un individu séparé, vous imaginez de ce fait devoir négocier avec l'existence. Ce qui est tout à fait effrayant.
Ce que vous êtes est au-delà de ce que vous avez jamais cru. Vous êtes simplement en train d'être vécu par l'infini pour découvrir que vous êtes l'infini.... Vous êtes la vie et c'est tout ce que vous êtes. Laissez tomber les pourquoi et soyez simplement, totalement immergés dans le miracle merveilleux de la vie juste telle qu'elle est, ici même, en l'instant même...
Quand l'éveil se produit, il est vu que tout est unité. Tout et chaque chose émane du silence et de l'amour inconditionnel. Il y a donc une transformation de la perception. D'un coup, il n'y a plus de personne séparée ici, rien qu'unité. Dès que cela est vu, le fond de l'être, l'amour inconditionnel, est reconnu en tout ce qui est. C'est comme si, instantanément, tout recelait une présence d'amour, de bienveillance universelle.
Il y a aussi, bien sûr, la vision constante que tout est l'aimé. Ainsi il n'y a jamais le sentiment d'être perdu. Il n'y a plus de questions, nulle part où se rendre, rien de plus à devenir. C'est chez soi.
La vie est le seul gourou. Tout ce qui est arrivé jusqu'ici est votre enseignement et est absolument approprié à votre éveil. Vous n'avez besoin de rien sauf de ce que vous avez. N'est-ce-pas merveilleux ? Donc ne vous tracassez pas à propos de ce dont vous avez besoin ou pas. Tout est fourni. Lâchez prise et reposez-vous en ce qui est et vous ferez certainement la rencontre de l'aimé et redécouvrirez votre nature originelle.
Tout mène à l'éveil. Même ce que votre esprit peut considérer comme nuisible vous rappelle l'existence d'une autre possibilité. Abandonnez simplement votre attachement et votre fascination envers l'histoire personnelle et laissez la vie voir lieu.
Laissez à ce que vous êtes le loisir d'émerger. Chaque fois que vous laissez tomber la pensée et êtes avec ce qui est, vous arrosez le sol, et la graine continue à croître. Chaque fois que vous prenez conscience de la nature illusoire de votre conditionnement, il se crée un espace où peut fleurir la compréhension.
L'éveil à notre nature véritable nous place face à la merveille de l'immédiat qui est la seule vraie sécurité. Il est possible alors que vos yeux s'ouvrent et qu'un vaste sentiment de gratitude vous emplisse.
Dans l'éveil on ne voit rien de différent, mais ce qui est vu est désencombré. C'est simplement "ce qui est". Cependant dans ce qui est vu il y a aussi l'essence de l'amour inconditionnel, le fondement de l'être. C'est vu en toute choses que ce soit un coucher de soleil ou une poubelle pleine d'ordures. Chaque chose existe dans la lumière et émane du silence de la source. Il n'y a absolument rien que ne génère ce fond de l'être. Tout est sacré, et nous marchons, parlons et passons notre temps dans ce qui n'est rien moins que le paradis.
Ici, ici même est le siège de tout ce que vous désirerez jamais. C'est simple, ordinaire et magnifique. Voyez-vous, vous êtes déjà chez vous."

 
 
Tony Parsons
 
 
 
 
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vendredi 23 novembre 2012

HARMONIQUES DU FANTASSIN

 
 


Dans Le Livre de la Conscience et de la Tranquillité, j'ai consacré quelques pages à mon expérience de soldat et à l'une des grandes leçons que m'a donnés un épisode guerrier sur la manie que nous avons tous de porter des jugements. Au fil des années, les lecteurs m'ont souvent dit combien cette histoire les avait touchés, peut-être plus que toutes les anecdotes que j'ai racontées.

De par sa tournure d'esprit, l'Occidental juge assez inconvenant qu'un vieux soldat ait pu bénéficier de révélations sur la Lumière. Je le comprends très bien. À l'époque des faits, j'eus l'occasion de vivre nombre d'événements singuliers dont je n'ai jamais soufflé mot dans mes livres. Après tout, j'ai participé à deux longues guerres en tant que capitaine d'infanterie. J'ai vécu sur le terrain en compagnie de fantassins chinois pendant près de trois ans. J'ai subsisté avec eux. J'ai failli mourir de faim avec eux. Les quelques soldats américains qui se trouvaient alors en Chine reçurent fort peu d'aide des États-Unis au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Nous étions à l'extrémité de la plus longue voie de ravitaillement au monde, et tout ce qui nous parvenait d'Amérique avait été transporté en avion par-dessus des pays occupés par le Japon. Tout devait franchir l'immense chaîne de l'Himalaya avant d'atteindre Kunming où des camions et des animaux prenaient le relais pour nous faire parvenir des vivres où que nous nous trouvions.

Cette période ne fut pas facile pour moi. La dernière année que je passai en Chine à la fin de la guerre, j'épaulai des troupes chinoises engagées dans la lutte contre les Japonais et je pris part aux combats qui permirent de reprendre Ishan, Liuchow et Kwelin.

Moins de dix ans plus tard, je me trouvai en Corée à la tête de la King Company du 279e régiment d'infanterie. Les choses furent beaucoup plus dures pour moi en Corée qu'au cours de la longue et curieuse guerre que j'avais faite en Chine. Le fait d'être plus âgé ne me fut d'aucun secours en Corée et je n'avais pas le vieux sage, M. Shieh, à mes côtés sur le 38e parallèle, au Grand Château de Sacs de Sable ou au Perchoir du Vautour.

Il est remarquable que je n'aie rien écrit sur cette période, alors que j'en ai raconté les événements marquants – pour moi porteurs d'enseignement – aux chercheurs venus me voir ici en Alabama. Je me délectais particulièrement à raconter ces épisodes guerriers aux " absolutistes " métaphysiques ou aux jeunes idéalistes fanatiques qui pensaient n'entendre ici que de suaves paroles de paix de la bouche d'un homme de Dieu. Puisque ces histoires de conflit, de guerre et de souffrance sont la dernière chose que ces gens attendent d'un " métaphysicien ", c'est souvent ce qui leur est donné.


Montrez-moi une révélation et je vous montrerai le traumatisme d'où cette Lumière a jailli. Montrez-moi une vision céleste authentique et je vous montrerai la plongée dans les affres de l'enfer où cette vision a été mise à l'épreuve et vérifiée avant d'être certifiée exacte.

" Mettez-moi ainsi à l'épreuve, dit le Seigneur… " et, dans la même veine, Paul a affirmé : " Éprouvez tout… " Et à présent, n'ayant presque plus rien à ajouter au livre définitif, en cette nouvelle Journée du Souvenir, je songe à mes soldats qui ont participé avec moi à tant de combats.

Permettez-moi de vous livrer un ou deux Aperçus sur ces temps de guerre. Pour commencer, retour en Chine. Une patrouille japonaise à nos trousses, cinq compagnons d'armes américains, M. Shieh et moi-même étions en train de " rétrograder ". Couvrant l'arrière de notre petite patrouille, nous tentions de nous mettre à couvert au plus vite en regagnant des lignes amies. L'ennemi qui nous talonnait était bien près de nous capturer. En ce temps-là, ni les Chinois ni les Japonais ne faisaient de quartier. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de prisonniers. Je savais que si nous étions pris par les Japonais, cela signifiait une mort certaine. M. Shieh, lui, pourrait toujours se faire passer pour un paysan chinois. Oh, je n'arrive pas à raconter cette histoire ! Pour l'heure, le souvenir suivant suffira. Je revois M. Shieh me faisant remarquer la beauté de ces fleurs violettes, loin devant nous, sur la montagne que nous allions devoir escalader. Je m'étonnai qu'un homme pût percevoir la beauté dans des moments si oppressants. Je m'étonne encore davantage qu'il ait pu m'aider à y parvenir.

Un jour, au cours de la guerre de Corée, une salve d'artillerie éclata sur le flanc gauche de mon régiment. Plusieurs corps volèrent sous la violence des projectiles. Je me précipitai pour constater l'étendue des dégâts et voir si le responsable de la section était indemne. Le spectacle que je découvris me souleva le cœur et je tombai assis au milieu de trois corps affalés sur le versant. Je devins alors conscient d'une " présence " visuelle en suspension à côté d'eux : une espèce de vapeur lumineuse blanche et bleutée ; une clarté d'un autre ordre, primordiale, convaincante et puissante. Je n'aurais su dire ce que je voyais alors, et je ne suis pas davantage en mesure de l'expliquer maintenant, mais avec cette vision, et grâce à elle, j'eus l'absolue conviction en mon for intérieur qu'on me montrait la preuve de l'immortalité de la Vie – de la survie de l'Enfant, de l'Âme des hommes. J'éprouvai un merveilleux sentiment de soulagement, presque de gratitude, pour ces hommes et tout ce qui se passa ce jour-là. Quelques minutes s'étaient à peine écoulées que mon régiment, et en particulier la partie de la colonne où je me trouvais, fut pris sous un déluge de feu. Des obus nous pilonnaient en même temps que des soldats chinois fonçaient sur nous. Ce fut une éruption infernale dont nul ne saurait donner une idée précise. On ne peut comprendre ce genre de chose que si on l'a vécu.

Mais venons-en à l'Aperçu que j'aimerais vous donner ici, si toutefois je suis en mesure d'écrire ce qui s'est passé. Au tout début de cet horrible carnage où tout ce qui bougeait était réduit en charpie – soldats se portant en avant, hommes, femmes, enfants, chiens et poulets, et toute créature en mouvement clouée sur place – je fus soudain incapable d'entendre. Mon monde se tut et je fus enveloppé d'une paix incommensurable. Au beau milieu de cet affreux vacarme d'obus et de corps qui explosaient, je n'entendais plus que ma propre voix. Par une espèce de prodige, je me trouvai pris dans une dimension de paix et de tranquillité, détaché, mais également lié au carnage qui faisait rage. Je n'avais pas été blessé. Je me sentais aussi bien qu'on peut le souhaiter en pareilles circonstances. J'entendais très distinctement ma propre voix et même ma respiration. J'allais d'un poste de mitrailleuse à l'autre encourager mes hommes avec le plus grand calme. Je voyais leurs lèvres bouger pour me répondre et exprimer leur gratitude – ainsi que leur terreur – mais je ne les entendais pas. Je m'entendais moi-même, mais non pas les obus qui m'éclataient à la figure. J'étais au cœur d'une merveilleuse bulle de sérénité qui me permettait de me déplacer et d'accomplir sans crainte ce que le moment, particulièrement atroce, exigeait de moi.


 
 


Face à l'horreur, le corps est peut-être capable de produire des substances chimiques appropriées qui vont dresser une barricade entre l'homme et la situation qu'il juge insupportable. Mais, alors que cela m'arrivait en Corée au cours de cette journée interminable, j'avais la certitude qu'une Réalité suprême se tenait derrière les événements ; qu'il y avait une autre Scène juste au-dessus de celle-ci et qui l'entourait ; qu'empruntant ce corridor de chaos, la Réalité faisait irruption dans ma sensibilité qui en prenait conscience. Je marchais avec un courage tout de détachement, comme si le corps mortel ne pouvait pas être atteint et ne serait pas blessé. Je courais d'un soldat à l'autre, d'une mitrailleuse à l'autre. J'étais précipité au sol. Le souffle des explosions faisait pivoter mon corps comme une toupie. Une pluie de pierres et de terre me fouettait la peau et, avec un calme imperturbable, je sentais distinctement l'empire de la Vie sur les spectacles et les bruits du monde ; comme si, grâce à la Présence que j'avais ressentie et vue quelques instants plus tôt parmi les premiers corps abattus, je VOYAIS et ÉPROUVAIS de façon ininterrompue la Nature éternelle de la Vie, même face à la mort. Peut-être était-ce cette paix bienfaisante que M. Shieh avait ressentie des années plus tôt, en voyant les fleurs au loin sur la montagne.

Le feu de cet enfer et cette damnation en Corée dura quatre nuits et trois jours d'affilée, au cours desquels mes hommes et moi ne pûmes fermer l'œil. Je n'ai jamais oublié le cadre de temps différent qui fut alors le mien sans parler de la paix intérieure qui me nimbait, et la façon dont je fus soutenu et aidé pendant ce temps – ou ce non-temps.

Plus important, cette Paix ne m'a jamais abandonné depuis, du moins jamais quand j'y ai été attentif ou que j'ai fait appel à Elle dans les moments cruciaux. Comment est-ce que je procède alors ? Je mets au monde l'Enfant qui est en Moi.

Je ne sais vraiment pas pourquoi je raconte ces choses après tant d'années. Mais en cette Journée du Souvenir où j'ai le sentiment que tout ce qui est nécessaire au livre a été écrit, je m'assois pour rédiger ces lignes qui pourraient apprendre à d'autres, comme Janice et Bill, qu'il y a des moments où l'angoisse de la leçon est absolument nécessaire – que fuir l'angoisse n'est peut-être pas la réponse. Maintenant, avec une certitude absolue, je puis affirmer, aux vieux comme aux jeunes, qu'il est possible d'apprendre ses leçons dans les circonstances les plus difficiles et les plus éprouvantes. Mais mieux vaut abandonner nos filets de sécurité une fois la leçon apprise. Mieux vaut s'en remettre à l'Enfant parce que l'Enfant sait quoi faire. L'Enfant et la Présence figurent la même unique Présence et Elle est ici même où nous sommes, transcendant l'espace et le temps de ce monde.

En point d'orgue à ces harmoniques militaires : le jour où, en Corée, je montai en première ligne avec la King Company, me fut remis l'ordre de bataille précisant la nature des troupes " ennemies " qui, de l'autre côté de la vallée, me faisaient face sur la montagne. En face de mon régiment, et de moi en particulier, se trouvait la 60e armée chinoise, les soldats mêmes que j'avais côtoyés et formés pendant deux années en Chine. Nous nous retrouvions, huit ans plus tard, dans un massacre à la fois horrible et absurde.

Dans le monde apparent, nos amis et nos ennemis sont les mêmes – et quelquefois, inutilement, de façon insensée, nous essayons de nous détruire, afin de découvrir que la Vie est éternelle. Comme Arjuna, dans d'atroces combats on me fit pénétrer certains Mystères et j'acquis le sens de l'absurde.




UN MOT AUX AGNOSTIQUES

Il y a peu, j'ai rencontré un jeune homme qui se disait agnostique. Il déclarait : " Je me désintéresse complètement de Dieu. Je n'ai aucune preuve qu'un Dieu existe, et l'idée qu'un Être supérieur veille en permanence sur moi et sur ce monde me paraît plutôt ridicule au regard de la situation du monde. Qui plus est, poursuivit-il, l'hypocrisie éhontée des "religieux" suffit à me soulever le cœur ".

Pareille affirmation résume bien l'opinion de nombre de gens frustrés, chez les jeunes comme chez les vieux. " Et encore une chose, ajouta-t-il, comment comprendre quoi que ce soit quand même les chefs religieux les plus âgés, après des années d'études, ne parviennent pas à trouver un terrain d'entente et sont apparemment incapables de résoudre les problèmes du monde ? Tout ça me donne à penser que Dieu est une invention de gens frustrés qui attendent qu'une force qui les dépasse résolve tous leurs problèmes. "

À l'heure actuelle, nombreux sont ceux qui partagent cet avis. Les rangs des désenchantés grossissent, surtout parce que les rejoignent en masse tous ceux qui ont été déçus par les organisations religieuses. De plus en plus de fidèles s'interrogent sur le bien-fondé des dogmes de leur confession. Les vieilles idées naguère jugées vérités absolues paraissent à présent insensées, pures superstitions à la lumière de la nouvelle dimension technologique du monde. Pour ces gens, la rupture avec les vieilles conceptions théologiques est rupture avec Dieu. Ils reprennent les arguments présentés contre les anciennes pratiques pour démontrer l'inexistence de ce qu'ils appellent " Dieu "… Il convient de préciser ici que leur argumentation ne touche nullement l'existence de Dieu, mais s'attaque plutôt aux vieilles conceptions de Dieu, aux vieilles idées sur Dieu et aux vieilles pratiques qui, aujourd'hui, envahissent tous les cultes organisés.

Je n'ai pas encore rencontré d'agnostique ou d'athée qui refuse l'existence et la présence de Dieu une fois que nous nous mettons simplement d'accord sur ce qu'est la Réalité.

En général, les athées nient et les agnostiques mettent en doute la réalité de Dieu tel qu'ils Le comprennent et Le définissent. Ils ont parfaitement raison, car Dieu, tel qu'ils Le définissent, ne peut absolument pas exister. Mais Dieu tel que Dieu est, n'est ni mis en doute ni nié par un seul habitant de cette terre, et ne l'a jamais été. Dieu, tel que Dieu est, est accepté sans discussion et même sans résistance par tout un chacun, parce que Dieu est le fondement même de l'être, le fait de l'existence réelle. À vrai dire, Dieu est la Vie elle-même. Montrez-moi un athée qui niera être en vie !

Ceux qui doutent et qui nient jettent forcément des pierres à leurs propres conceptions erronées de Dieu, aux définitions habituelles de Dieu, ou à l'idée généralement acceptée de ce que Dieu peut faire.

Je suis bien d'accord : l'idée qu'on se fait habituellement de Dieu est incorrecte et un tel Dieu n'existe pas - et n'a jamais existé. Mais Dieu, tel que Dieu est, existe bel et bien en tant que Réalité très présente et qu'indéniable fondement de l'Existence. La Vérité, la Réalité, le Fait constant existent. C'est tout ce qui existe véritablement ici même, à cet instant.

L'agnostique ne conteste pas le Fait constant. Il conteste un exposé inexact de ce Fait. Cet exposé erroné n'a pas plus de rapport avec le Fait réel que la fausse équation 2 plus 2 égale 5 n'en a avec la réalité de l'arithmétique.

Il faut être aveugle pour se couper du Fait constant et contester son existence simplement parce qu'un individu ou une organisation affirme une chose inexacte au nom du Fait réel.

La Réalité absolue est le fondement de l'existence des " choses " – et la science est l'étude des " choses ". La science montre maintenant de façon remarquable l'unité holistique et l'absolue perfection de l'existence.

Tout le monde, chaque habitant de cette terre sans exception, peut parvenir à une intelligence précise de Dieu ! Comment peut-il en être ainsi ? Parce que DIEU est dénué de toute complication et se comprend aisément !

Quand nous oublions tout ce qu'on raconte sur Dieu et que nous cessons de le prendre aveuglément pour nos propres croyances, Dieu devient remarquablement apparent. Et pourquoi ? Quelle sorte de Dieu Se refuserait à tous ceux qui n'ont pas suffisamment souffert, pas suffisamment étudié, pas cherché assez assidûment, ou pas prié avec assez de ferveur et selon les règles ? Quelle sorte de Dieu priverait de sa présence ceux qui n'ont pas été baptisés d'une façon ou d'une autre, ou n'ont pas adhéré à telle ou telle organisation ? Quelle sorte d'amour se dissimulerait à la moitié de la population du monde parce qu'elle n'est pas chrétienne ou musulmane, parce qu'elle ignore tout de tel arcane, sagesse que nul n'a profanée ? Quelle sorte d'Amour se dérobe à ceux qui ne souscrivent pas à tel ou tel ensemble de dogmes et de croyances, ne pratiquent pas tels ou tels rituels ou cérémonies ?

Eh bien, soyez assurés que Dieu ne se refuse à rien ni à personne. Dieu est ici même, à l'instant même, plus proche que les doigts et les orteils, plus près que la respiration. Il n'y a ni distance ni séparation entre soi-même et Dieu, d'un point de vue mental ou autre. Vous découvrirez que Dieu est tout ce qui est ici, et " tous me connaîtront depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit le Seigneur ". La simplicité de Dieu est confondante. C'est précisément cette simplicité que l'intellect humain plein de son importance ne peut voir ni comprendre tandis qu'il avance à grand-peine dans sa jungle de croyances érudites. Que les croyances disparaissent ! Que tout ce qu'" elles affirment " disparaisse ! Laissez tomber les vieilles convictions personnelles, et peu importe que vous y teniez comme à la prunelle de vos yeux. Reprenez au commencement, plongez à l'intérieur du cœur. Alors, quand vous parvenez à votre propre sens de Dieu, vous avez le bonheur de vous apercevoir que vous découvrez du même coup votre propre Identité Réelle et sa simplicité enfantine. De même qu'il est impossible de mettre le principe de l'arithmétique à l'intérieur d'un seul nombre [ou de tous à la fois], il n'est pas vraiment possible d'assujettir cette Conscience unique à un seul corps fini.

Le spectacle de l'univers vu par une Conscience dotée d'un propriétaire et maintenue en captivité s'appelle l'" expérience humaine ", laquelle est un tissu d'embarras sans fin. Pour mettre un terme à ces perplexités, on cesse de se prendre pour un ego distinct qui est conscient. On s'identifie à LA CONSCIENCE ELLE-MÊME. L'individu qui le fait se découvre immanquablement dégagé de toute prison, de toute corruption, de toute entrave, et libre. Il découvre que la seule Conscience à l'œuvre est la Conscience qu'a Dieu d'être tout ce qu'est Dieu.

Tout le monde, tout habitant de cette terre peut parvenir à une intelligence précise de Dieu ! Comment cela est-il possible ? Parce que Dieu est simple et se comprend aisément ! Quand nous faisons table rase de ce qu'on dit de Dieu et que nous cessons de l'accepter aveuglément et d'en faire nos propres croyances, Dieu devient remarquablement apparent. L'homme admet volontiers que la sphère d'influence de Dieu embrasse l'univers entier. Il reconnaît même intellectuellement que Dieu est partout, mais il n'est pas aussi prompt à admettre que Dieu, Fait constant, Réalité, Principe, est le tout de tout – que Dieu est l'être de l'existence même – que le Principe Divin lui-même est continûment tout ce qui constitue cet univers – que les gens et les choses, en tant qu'objets de perception, ne sont rien en eux-mêmes et par eux-mêmes, mais que Dieu est sans cesse tout ce qui constitue les gens et les choses – que la valeur et l'importance ne résident pas dans l'objet perçu mais en Dieu, Réalité, Fait perpétuel qui est continûment la totalité de l'objet et de la perception de celui-ci.



 

William Samuel





 

 


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