samedi 12 juin 2010

Si vous demeurez dans le ressenti fondamental,quand la tristesse se présente,par exemple,vous sentez très vite une énergie énorme.Si vous ne rentrez pas dans l'histoire de quelqu'un-qui-est-triste-et-qui-a-de-bonne-raison-de-l'être,quelque chose prend de l'expension qui n'est pas de la tristesse.Les pensées qui vous viennent alors,vous les laissez venir et passer,comme les oiseaux dans le jardin et,au loin,dans la vallée.
La restriction lève comme la brume matinale quand vient la lumière du jour.Il fait de plus en plus clair.Cette lumière,cette lucidité,n'est associée à rien qui soit autre qu'elle-même.

Telle est la pratique,la vie spirituelle.C'est la vie de tous les jours,mais vécue clairement,sans tricherie.La lourdeur se dissipe à coup sûr,peu importe le temps que cela prend:deux semaines,deux mois,deux ans,vingt ans.Ce n'est pas la joie qui s'étand dans sa vie,c'est plutôt la restriction qui se dissipe.Ce n'est pas que la lumière solaire s'étende ou devienne plus intense;c'est la couche de brume qui se dissipe et laisse davantage de lumière atteindre le sol.A un moment donné,il n'y a plus rien entre la lumière et la terre.On est dans le soleil.On ne saurait vraiment dire où le soleil finit,car,à strictement parler,tout le système solaire est le soleil.Mais on ne peut le voir tant que persiste la brume.

Vouloir ne pas être triste est un réflexe égotique.Vouloir ceci,refuser cela,c'est la peur de l'ego:ne pas vouloir être triste,ne pas vouloir être en colère,ne pas vouloir être dans le vouloir...Toujours le même réflexe,le même interventionnisme,le même imperialisme de la mémoire.Quand on réalise la simplicité absolue de la vie,une joie absolue nous vient.Cela montre que ce que nous sommmes est simple,c'est-à-dire sans divisions.Nous sommes le Simple.Comment pouvont nous réaliser le simple à travers le compliqué?Ce n'est pas possible.





Il y a des milliards de pauvres sur terre.Donnez-leur à manger,à boire,éduquez-les,donnez leur assez d'argent:vous verrez qu'ils ne seront pas plus heureux.La preuve?Nous avons tout cela ici et nous nous plaignons toujours.Le malheur des êtres humains n'est pas lié à leur situation de vie,il est lié à leurs pensées.Or,les occidentaux repus pensent énormément...Ils s'ennuient beaucoup.Pourquoi souffrons-nous tant alors que,matériellement,nous sommes les plus choyés?
Les gens se pleignent de toutes sortes de manières.A première vue,ils n'en donnent pas l'air.Mais si vous bavardez quelques minutes avec eux,vous voyez tout de suite que leur vie est une longue complainte.






Les religions ont toujours été fondées et propagées par des disciples de deuxième ou troisième main qui ont essayé de comprendre des paroles et des idées,c'est-à-dire qui n'ont rien compris.
C'est par peur et par totale ignorance que ces disciples ont codifié une tradition au point d'en faire une religion.Les religions étaient et sont encore inévitables,car les hommes ont peur des grands espaces libres.

Le mécanisme égotique tremble d'effroi devant la perspective de n'être rien de connu.
La religion est l'abri de ceux qui se rassemblent pour grelotter collectivement.

Ce que les hommes d'église appellent la foi est en réalité le doute.
Quand on en est reduit à croire-ce qu'ils appellent un acte de foi-,c'est qu'on ne voit pas,on est dans le brouillard.
Ce genre de foi,qui n'est que de la croyance,constitue une sorte de démission devant la vie,un ajournement.
On réalise qu'on ne sait pas et on renonce à examinez davantage la réalité;
on s'en remet alors à un système qui rassure le mécanisme égotique.La foi, dans son sens habituel,c'est la peur,le monde des ténèbres.

On reconnaît toujours l'arbre à ses fruits.La religion,c'est la peur,et le résultat en est la violence:la religion a été à l'origine et au coeur de haines, d'exactions, de guerres, de luttes et de conflits sanglants depuis des milliers d'années et c'est loin d'être terminé,comme vous le voyez.
La religion est une calamité symptomatique de l'âge sombre de la terre;mais ce ne sont pas les religions elles-mêmes qu'il faut éliminer,c'est l'ignorance et la peur de l'être humain.La religion perd sont emprise là oû l'ignorance recule.

(...)Les tenants de la religion chrétienne mettent toujours un terme à une discussion embarrassante en déclarant que"tout est une question de foi".Mais ce genre de foi,qui n'est que croyance et supperstitions,ne résiste pas aux événements importants de la vie.Cela devient de l'idéologie,un autre "isme":christianisme,judaïsme,bouddhisme,communisme,fascisme,machisme,
féminisme et autre fléaux dont l'histoire de l'humanité est criblée.

Ce sont là des calamités qui appartiennent à lâge de la grande noirceur que nous traversons,car toutes ces idéologies sont des formes de violences,y compris le"pacifisme".
D'ailleurs, au sujet du pacifisme,au début des années trente,Einstein,qui s'était déclaré pacifiste très tôt dans sa vie,a néamoins fait des remontrances à des jeunes Belges qui brûlaient leur livret militaire:il a tenté de leur faire comprendre que leur"pacifisme"pouvait mener à la guerre.
Si vous étudiez les événements des années trente,force est de reconnaître que le bon vieil Albert avait encore raison.

Il ne convient pas d'essayer d'unir à tout prix les religions de la terre.De toute façon, c'est peine perdue:comment unir ce qui est surtout division?
Ce ne sont pas les religions qui s'uniront un jour,ce sont les coeurs.Car les coeurs n'ont jamais formé qu'un seul coeur:le coeur de Dieu.Il est grand temps de s'en rendre compte.

Jean Bouchart d'Orval(Au Coeur De L'instant)