vendredi 13 août 2010







Il y a quelque chose en moi,
Au fond de moi,au centre de moi,
Quelque chose d'infiniment aride
Comme le sommet de hautes montagnes:
Quelque chose de comparable au point mort de la rétine.

Et sans écho,
Et qui pourtant voit et entend;
Un être ayant une vie propre,et qui,cependant,
Vit toute ma vie,et écoute impassible,
Tous les bavardages de ma conscience.

Être fait de néant,si c'est possible,
Isensible à mes souffrances physiques,
Qui ne pleure pas quand je pleure,
Qui ne rit pas quand je ris,
Qui ne rougit pas quand je commets une action honteuse.

Et où que j'aille dans l'univers entier,
Je rencontre toujours,
Hors de moi,comme en moi,
L'irremplaçable Vide,
L'inconquérable Rien.


Valery LARBAUD