dimanche 15 août 2010

Suis-je vraiment ce que je crois être?





Que savez-vous de votre corps ? Il est quoi, et vous êtes quoi ? Le corps est la forme, la configuration. La saveur du corps-sustenté-par-la-nourriture est le savoir « Je suis ». Dans ce corps-esprit, vous sentez, vous faites l’expérience de quelle identité ? Vous employez les mots justes, mais êtes vous ces mots ? Vous portez des vêtements, mais êtes-vous ces vêtements ? Il n’y a pas de permanence dans la forme. Le corps-esprit change sans arrêt. Tant que vous vous identifiez à lui, vous n’aurez pas le repos. Ceci est l’espace, je ne suis pas l’espace. Vous devez avoir la conviction profonde de votre Soi. Vous devez ressentir le besoin profond de vous connaître. La grâce est là, toujours. Votre conviction première que « vous êtes », qui précède les mots, vous lui avez donné la forme d’un corps. Abandonnez l’identification au corps. Avant les mots, vous êtes, soyez juste ça.


Nisargadatta Maharaj






Maintes expressions courantes, et parfois la structure même du langage, révèle que les gens ne savent pas qui ils sont. Vous dites : "Il a perdu sa vie" ou "Ma vie", comme si vous pouviez la posséder ou la perdre. En réalité, vous n'avez pas de vie, vous êtes la vie. La seule vie qui soit, la conscience unique qui englobe l'univers et prend une forme temporaire pour faire l'expérience d'elle-même en tant que pierre ou brin d'herbe, comme animal, personne, étoile ou galaxie.
Pour retourner chez soi, il est facile de se rappeler la vérité :
Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la vie. Je suis l'espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je suis.

Eckhart Tolle






Puis-je connaître ce qu’est ce « je » ? Des mystiques répondent à cela : « Le couteau peut-il couper par lui-même ? La dent peut-elle mordre par elle-même ? Le « je » peut-il se connaître lui-même » ? Mais ce qui me préoccupe pour l’instant est d’un ordre infiniment plus pratique et consiste à comprendre ce que le « je » n’est pas. Je vais procéder aussi lentement que possible car les conséquences de cette connaissance sont dévastatrices. Extraordinaires ou extraordinairement terrifiantes, tout dépend du point de vue.

Commençons par ceci : suis-je mes pensées, suis-je les pensées qui sont dans ma tête ? Non. Les pensées apparaissent et disparaissent ; je ne suis pas mes pensées. Sui-je mon corps ? On nous dit que des millions de cellules se transforment ou se renouvellent constamment dans notre organisme, et que sept années suffisent à les changer entièrement. Nous n’avons plus, à l’issue de ce processus de changement, une seule cellule qui ait été présente dans notre corps sept ans plus tôt. Les cellules apparaissent et disaparaissent. Les cellules naissent et meurent. Mais il semble que « je » survive. Suis-je mon corps ? Non.

« Je » est à la fois différent et plus important que le corps. On pourrait dire que le corps est une partie de ce « je », une partie qui change. Il ne cesse de bouger, de se transformer. Nous avons toujours le même mot pour le nommer mais il ne cesse de changer. Comme nous avons le même mot pour nommer les chutes du Niagara, constituées par des eaux qui ne cessent de bouger. Nous utilisons le même mot pour une réalité essentiellement changeante.

Qu’en est-il de mon nom ? « Je » est-il mon nom ? Non, car je puis changer mon nom sans changer le « je ». Qu’en est-il de ma carrière ? Qu’en est-il de mes croyances ? je me dis catholique, ou juif – cette croyances est-elle une part essentielle du « je » ? Lorsque je change de religion, le « je » change-t-il ? Est-ce que je reçois un autre « je » ou est-ce le même « je » qui change ? En d’autres mots, mon nom est-il une partie essentielle de mon être, de mon « je » ? Ma religion est-elle une partie essentielle de ce « je » ?

Nous accordons une telle importance aux étiquettes ! « Je suis républicain »,dites-vous. Mais l’êtes-vous vraiment ? Acquiert-on un nouveau « je » parce qu’on change d’idéologie ? Ne gardons-nous pas le même vieux « je » lorsque nous adoptons de nouvelles convictions politiques ou religieuses ?
Nous passons la majeure partie de notre vie à nous préoccuper des étiquettes, les nôtres et celles des autres. Nous identifions ces étiquettes avec le « je ».
Lorsqu’on est obsédé par les étiquettes, quelle valeur ont celle-ci lorsqu’on tient compte de l’existance du « je » ? Pourrions-nous dire que « je » ne fait pas partie de ces étiquettes que nous lui attachons ? Les étiquettes appartiennent au « moi ». Ce qui change constamment, c’est le « moi ». Le « je » change-t-il jamais ? L’observateur change-t-il jamais ? Le fait est que, quelles que soient les étiquettes, (excepté peut-être celle d’être humain) il faut appliquer celle-ci au « moi ». « Je » ne fais pas partie de ce à quoi on peut les appliquer. Ainsi, lorsque vous vous détachez de vous-même pour observer « moi », vous cessez de vous identifier avec ce « moi ». La souffrance existe en « moi », autrement dit c’est quand vous identifiez « je » avec « moi » que commence la souffrance.

Supposons que vous ayez peur, ou que vous ressentiez un désir, ou que vous soyez angoissé. Lorsque « je » ne s’identifie pas avec l’argent, ou avec le nom, ou avec la nationalité, ou avec des personnes, ou avec des amis, ou avec une qualité quelconque, il n’est jamais mis en péril. Même s’il est très agissant, il n’est jamais mis en péril. Pensez à ces choses qui vous ont causé ou qui vous causent des souffrances, des soucis ou de l’angoisse. En premier lieu, êtes-vous capable de déceler le désir sous cette souffrance ? Vous ne souffririez pas si vous ne désiriez pas vivement quelque chose. De quoi est fait ce désir ? En second lieu, il ne s’agit pas simplement d’un désir, mais d’une identification. Quelque chose vous dit : Le bien-être de « je » - et peut-être son existence – est lié à ce désir. Toutes les souffrances sont causées par une identification à quelque chose, que ce quelque chose soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’être.


Anthony de Mello







Vous dites que le corps est comme un habit ?

Comme tout ce que vous appelez "mon", mon corps, ma maison, ma voiture, mon pull-over, ma femme. Quelle est la différence ? A qui ce corps appartient-il ? Qui fait usage du corps ? Mon mental, mon intellect, mes souvenirs, mon habillement, à qui sont ils ? Qui êtes-vous, à qui ces choses appartiennent ?

Le corps est différent. Le corps fait partie de vous, mais la voiture, la robe, le pull-over n'en font pas partie.

Tout ce qui est réel ne doit jamais changer. Prenons la robe : où est-elle quand vous dormez et où est le corps ? Qui est présent quand vous dormez ? Le corps n'est pas là, ni la robe, ni le pull-over. Qui est celui à qui toutes ces choses appartiennent ?

H.W.L Poonja







Vous n'êtes pas vos émotions, vous êtes uniquement ce qui perçoit. Ne vous inquiétez de rien d'autre, installez-vous dans ce qui précède toute chose : votre présence, là. Vous n'êtes ni vos impressions, ni vos émotions, tout cela vient après. Donc, quoi que vous voyiez, perceviez, quelles que soient les émotions qui vous traversent, vous n'êtes pas cela, vous êtes antérieur à tout cela,vous êtes pur observateur. Alors, stabilisez-vous à ce niveau.

SRI NISARGADATTA MAHARAJ






L’homme parle de lui-même comme « je » et lui attribue de multiples rôles : je cours, je mange, j’ai faim, je dors. Ces actions se réfèrent à son corps. Il dit aussi : je me souviens, je souhaite, je suis étonné, je suis déprimé, etc., il s’identifie donc également à son esprit.
Nous croyons être le moteur de nos activités dont nous ne sommes pourtant que le spectateur.
Par une observation très poussée nous comprenons que c’est le mental qui pense et le corps qui agit et qu’ils changent continuellement au cours des années, tandis que l’ultime connaisseur, lui, est immuable.
C’est la permanence qui permet de parler de l’impermanence, car sans cet arrière-plan intemporel, comment pourrait-on se rappeler par la suite ses pensées, ses perceptions ?


Jean KLEIN










Vous pensez être dans le temps mais en avez-vous réellement l'expérience ?
N'avez-vous pas le sentiment qu'en vous, il y a quelque chose qui ne change pas ?
N'avez-vous pas l'intuition que quelque chose est aujourd'hui exactement le même en vous que lorsque vous aviez 5 ans, 10 ans, 20 ans, 50 ans ?
Votre corps a vieilli, mais le Témoin qui prend conscience de ce vieillissement a-t-il vieilli ?

Bien sûr vos idées aussi ont changé; vos désirs se sont modifiés; vos goûts ont évolué mais n'y a-t-il pas en vous une présence toujours identique à elle-même, au-delà de ces changements incessants ?

Comment pourriez-vous prendre conscience de ces modifications s'il n'y avait pas en vous quelque chose qui ne change pas ?
Le "Je Suis" a-t-il un âge ?
Quel est l'âge de cette vacuité au-dessus de vos épaules ?
Les choses portent les signes du temps, mais y a-t-il le moindre signe de temps dans cette vacuité ?
N' êtes-vous pas au contraire sans âge: 0 année, 0 mois, 0 heure, 0 minute, 0 seconde ?
Nous pensons être dans le temps. Or, le temps, c'est le passé, le présent, et l'avenir.
Où est le passé maintenant ?
N'a-t-il pas disparu ?
Bien sûr, il est encore présent dans nos souvenirs, mais nos souvenirs n'apparaissent-t-ils pas dans l'instant présent à la conscience ?
Faites apparaître un souvenir, par exemple un souvenir de vos études au Lycée?
Le souvenir apparaît maintenant n'est-ce pas, et non au passé ?
Les souvenirs jaillissent toujours dans le présent.

Où est le futur ?
Il n'est pas déjà là sinon il ne serait pas le futur.
N'est-il pas simplement un projet, une attente ?
Et cette attente ne se produit-elle pas dans la conscience toujours au présent ?
Pensez à un événement futur que vous espérez, par exemple, ce que vous projetez de faire aux prochaines vacances.
Cette pensée, cette espérance n'apparait-t-elle pas maintenant, dans l'epace conscient que vous êtes ?
Ainsi passé et futur naissent et meurent dans la présence de la conscience.
Mais le présent passe-t-il ?
N'est-ce pas au contraire ce qui ne passe pas mais ce dans quoi tout passe ?

Ainsi le passé et le futur sont en vous . Le temps est en vous, vous n'êtes pas dans le temps.



José Le Roy







Examinons ce que vous croyez être. Être votre corps est-il une évidence pour vous? Il est facile de voir que vous n'êtes pas votre corps (une forme). Si vous l'étiez, après l'amputation d'un membre, il resterait moins de vous en existence, ce qui n'est clairement pas le cas. Même si vous perdez les fonctions les plus intimes de votre corps, comme la vue ou l'ouïe, vous n'êtes pas moins qu'auparavant.
(...)Êtes-vous vos pensées ? Comment pourriez-vous être vos pensées, alors que vous pouvez voir que vous en avez? Si vous pouvez reconnaître qu'une pensée a retenu votre attention, et qu'ensuite vous n'avez plus cette pensée, c'est que vous deviez être là avant celle-ci. Les pensées vont et viennent. Si vous pouvez les voir, comment pouvez-vous être vos pensées. Le mental est simplement composé de pensées et rien de plus. Lorsque vous utilisez le mental, vous vous engagez dans des pensées. Remarquez aussi que vous avez un mental (tout comme vous avez un corps) et de ce fait, vous n'êtes pas le mental, c'est quelque chose que vous possédez.


Jac O'Keeffe





Vous ne devriez jamais dire:"Je connais mon corps" ou "Je connais mon mental".Vous pouvez seulement dire que vous connaissez une notion que vous avez convenu d'adopter à un certain moment de votre vie,et lorsque vous dites "mon corps" vous utilisez cette notion.Vous ne connaissez donc que cette notion à laquelle vous adhérez.
Et cela reste un objet statique,que vous confrontez toujours.Lorsque vous pensez à vous,vous y pensez d'une certaine manière et quand vous pensez à votre corps,c'est également d'une manière bien précise.

Il faut bien comprendre que ce qu'on appelle le corps n'est pas autre chose qu'une notion.C'est la notion d'un "percept"et ce percept n'est qu'un percept parmis d'autres.Il existe toute une palette de sensations, et le corps n'est rien d'autre que sensation.Sensation et corps sont intimement liés.
Les sensations ne peuvent exister sans le corps et celui-ci ne peut exister sans les sensations.
Donc, quand nous parlons de notre corps,c'est de cette notion que nous parlons.



Jean KLEIN














Quand vous dormez la nuit votre mental et votre intellect sont éteints.Le monde entier semble dormir alors et plus rien n'a d'importance pour vous.


Mais dès que vous vous réveillez le matin,le monde aussi semble s'éveiller.Cela veut bien dire que c'est vous qui faites naître le monde!Ce que vous êtes en réalité est sans corps et toujours paisible.Vous êtes la paix elle-même qui n'a aucun désir pour le monde.

SRI SIDDHARAMESHWAR MAHARAJ






1.Qui es-tu?Ce corps ,est-ce toi?S'il en est ainsi,pourquoi n'as-tu pas conscience du serpent qui glisse sur lui lorsque tu es en sommeil profond?Certainement,tu es autre que ce corps.

2.Parfois,dans ton sommeil,tu as un rêve;tu t'identifies à un des personnages;ce personnage,est-ce toi?Non.Ou alors,que devient-il à ton réveil?Tu ne peux être lui.Plus encore,tu as presque honte de t'être identifié à lui.Il est clair que tu es autre que lui,tu es Celui qui se tient en retrait de ce personnage.

3.Souviens-toi à présent de l'état de sommeil sans rêves.Est-ce l'état de ta nature véritable?Tu ne le crois sans doute pas,car tu n'es pas insensé au point de t'identifier aux épaisses ténèbres qui t'empêchent d'être conscient de l'état où tu te trouves.Grâce à l'intellect,tu es capable de te distinguer des objets environnants:comment pourrais-tu admettre que tu es la même chose que l'ignorance ou le vide?
Comment cela pourrait-il être ta véritable nature?Ce n'est pas possible.Tu es le Connaisseur qui sait que cet état de sommeil profond est un voile obscur et dense recouvrant ta véritable nature.L'ayant condamnée après en avoir fait l'expérience,tu sais que tu n'es pas cette sombre ignorance du sommeil profond.Tu es celui qui se tient à l'écart de cela aussi.

4.Si tu admets que même ce corps grossier n'est pas toi,peux-tu imaginer être quelqu'autre chose de plus éloigné?Non.
De même que tu n'es pas ce corps grossier,tu n'es pas non plus quelque chose d'autre qui s'en trouverait plus éloigné;ni le personnage du rêve;ni l'ignorance du sommeil profond.Tu es différent de ces trois états et de ce monde.

5.Ces trois états peuvent se résumer en deux conditions:l'une où prédomine la conscience sujet-objet(qui comprend les états de veille et de sommeil avec rêves),et l'autre,qui est celle de l'inconscience du sujet lui même(comprenant l'état de sommeil profond).Toutes les expériences possibles sont comprises dans l'une ou l'autre de ces deux conditions.Et elles sont toutes deux étrangères à ta vraie nature,qui est tout autre.

6.Si tu te demandes ce qu'est ta vraie nature,son nom est Turiya qui signifie"le Quatrième"(état).Ce nom est approprié,car il semble dire:"les trois états de ton expérience-veille,rêve et sommeil profond-te sont étrangers;ton véritable état est le quatrième,qui est différent de ces trois -là".
En supposant que ces trois états(veille,rêve et sommeil profond)forment ensemble un long rêve,le quatrième représente le réveil mettant fin à ce rêve.Ainsi,il est plus profond que le sommeil profond,et en même temps plus"éveillé"que l'état de veille.Ton véritable état est donc ce "quatrième",se distinguant de tes états de veille,sommeil avec rêves,et sommeil profond.Tu es cela,uniquement.

7.Qu'est-ce que ce quatrième état?Il est Connaissance,sans différenciation,étant pleine Conscience de sois-même.Cela signifie que le quatrième état est pure Connaissance,sans conscience du différencié,mais en pleine conscience de Soi.Celui qui réalise cet état même pour un seul instant réalise la vérité.Tu es cela uniquement.Qu'y-a-t-il de plus pour celui qui a réalisé le "Quatrième"?
En pratique,il n'est pas possible,pour quiconque,de demeurer durablement dans cet état,conscient au-delà des particularités.
Celui qui a réalisé le quatrième état,tôt ou tard revient à ce monde;mais pour lui le monde n'est plus comme avant;il voit ce qu'il a réalisé comme étant le quatrième état rayonner en toutes choses.Il ne voit plus ce monde comme différent de cette Pure Connaissance.Ainsi,ce qu'il a vu à l'intérieur,il le voit maintenant aussi à l'extérieur,d'une manière différente.
Ayant quitté le stade de la différenciation,il est à présent établi dans l'état de non-différenciation où qu'il se trouve.Désormais,il est Tout.Il n'y a rien qui soit différent de lui.Que ses yeux soient fermés ou ouverts,quels que soient les changements pouvants survenir,son état demeure inchangé.Cela est l'état de Brahman.Cela est l'état naturel éternel.Tu es cet état,éternellement Vrai.

8.Il n'y a rien au- delà de cet état.Les mots"intérieur",et "extérieur",perdent leur sens.Tout est Un.Le corps,la parole et le mental ne peuvent plus fonctionner égoïstement:la Grâce les anime,pour le bien de tous.Le "moi" fragmentaire est perdu à jamais.L'ego ne peut plus revivre.Il est dit alors qu'il est libéré ici et maintenant.Il ne vit pas parce que son corps vit,ni ne meurt parce que son corps meurt:il est éternel.Il n'y a rien d'autre que lui.Tu es celui-là.

9.Qui est Dieu?C'est la Grâce.Qu'est-ce que le Grâce?C'est la Conscience,débarassée de l'ego fragmentaire.Comment peut-on être sur qu'un tel état éxiste?Seulement en le réalisant.Ce que le monde peut nous apporter de meilleur,et ce que nous pouvons lui rendre de meilleur,c'est la réalisation de cet état.En fait,il n'y a pas d'autre état que celui-là;les autres n'apparaissent"autres" que dans l'état dignorance.Pour celui qui sait,il n'y a qu'un seul état, unique:Tu es Cela.

Tout est Un (Ellâm Onru,texte Tamoul anonyme du XIXe siècle)













Puisque vous dites que ce corps est le vôtre et ce mental également,cela prouve bien que vous n'êtes ni l'un ni l'autre.Vous êtes différent d'eux.Vous n'êtes ni le corps ni le mental ni l'intellect qui ne sont que concepts.Vous n'êtes pas non plus l'oubli ou l'ignorance.Lorsque vous êtes conscient du Soi qui demeure en vous,vous avez atteint la connaissance mais vous n'êtes pas cette connaissance non plus!Ce qui veut dire que vous êtes au-delà de tout,y compris de la connaissance.
Qui réside dans ce corps?Est-ce vous ou quelqu'un d'autre?Les os ou la chair?Qui répond:"Je suis là"quand on vous appelle?
Nous devons comprendre notre propre nature, mais quelle est-elle?
Elle est dissimulée et c'est l'illusion qui est apparue au premier plan.

"Je suis le corps" est le faux qui est imprimé profondément dans notre mental,tandis que ce qui est vrai est mis de côté.L'homme accepte cette nature factice comme vérité.On différencie les hommes et les femmes sur la seule base de l'apparence physique,tant le corps grossier nous apparaît important.Le corps a établi sa prééminence sur tout le reste et c'est à lui que nous nous identifions.

Il est pourtant ridicule de dire"je suis le corps".Les exemples qui suivent vous aideront à mieux comprendre.
Un potier qui avait élevé un âne pendant des années n'arrêtait pas de clamer à qui voulait l'entendre que cet âne était son âne,tant et si bien qu'un jour il s'est vraiment pris pour un âne!
Le potier est-il plus fou que vous?
De même ,un chauffeur qui n'arrêtait pas de louer les qualités de sa voiture a fini par se prendre pour une voiture!Comment cela est-il possible?Le potier est bien différent d'un âne et le chauffeur est également un entité séparée de sa voiture,tout comme le Soi est différent du corps.
Comprenez que vous n'êtes pas la matière inerte de ce corps mais cette force qui lui donne vie.
Un jour Kabir(un grand sage)s'est fait mordre par un chien.Il a simplement fait remarquer que le chien et la chair déchirée avaient connaissance de l'incident,mais pas lui.Le Soi n'a pas été mordu!

Selon la tradition hindoue,on ne donne un nom à l'enfant que douze jours après sa naissance et lorsque quelqu'un meurt le rituel des obsèques dure douze jours également.Le treizième jour on distribue des sucreries pour marquer la fin du deuil et on oubli alors le nom.Le nom n'existe pas à la naissance et disparaît quelques jours après la mort du corps.

Le corps étant illusoir on ne peut même pas dire qu'il meurt puisqu'il n'a jamais été vivant!La force de vie qui l'habite,voilà ce qui le rend vivant et quand elle se retire ce n'est que le nom que portait le corps qui disparaît.


Votre vie durant vous vous êtes attaché à un nom qui n'est même pas né avec votre corps et ne meurt pas tout de suite avec lui.Mais vous ignorez le Soi suprême qui a pourtant accompagné votre corps de la naissance à sa disparition et qui lui survit!
Quand vous comprenez qu'il n'y pas une seule preuve de votre existence,vous cessez d'être concerné par des sujets aussi triviaux que la naissance et la mort car une personne qui n'existe pas n'a ni naissance ni mort!



SRI SIDDHARAMESHWAR MAHARAJ




















La souffrance est née de l'oubli de nous-même et nous réalisons le bonheur quand nous comprenons ce que nous sommes réellement.Ce rappel de soi est la connaissance de soi.
Pour savoir ce que l'on est vraiment,il faut tout d'abord distinguer ce que l'on appelle"mien"de celui qui l'affirme.Ce que nous croyons posséder est de nature illusoire.
Par exemple cette chose que l'on appelle notre corps change à tout instant,il est soumis à la nature,alors que celui qui dit le posséder est le Soi qui ne change jamais.

Tout ce que vous voyez et ressentez,ainsi que tout ce qui
apparaît est illusion,tandis que celui à qui tout cela apparaît est le Soi.
On m'a demandé récemment de préciser où est le Soi.Mais puisqu'il est partout et en tout,il est impossible de le montrer ou de le localiser.
Où est le pouvoir qui fait fonctionner le mental,les yeux et le sens interne?D'où viennent les pensées et le sentiment d'être?Ils apparaissent tous dans le Soi qui assume la forme de la connaissance.Le Soi est le siège de toutes les facultés,qu'elles soient physiques ou mentales.
Ainsi ,la connaissance préside à la création entière.La lumière de la connaissance prévaut dans la manifestation.

Comme la lumière d'une lampe éclaire les objets tout en restant différent d'eux,la connaissance est distincte de ce qu'elle illumine.La lampe est l'instrument qui éclaire les objets mais elle n'est pas illuminée par eux,elle reste distincte des objets qu'elle éclaire.Cette propriété d'illumination donne toute sa valeur à la lampe.

De même si on considère le soleil on voit qu'il fait exister tous les objets,y compris la lampe,en projetant sa lumière sur eux.Les yeux à leur tour font exister le soleil,la lampe et tous les objets.Ainsi,le soleil étant le créateur du jour,il est plus puissant que la lampe et tous les autres objets.Mais l'oeil qui perçoit le soleil et tout le reste est encore plus grand.

Maintenant,qui peut voir tous les objets y compris la lampe,le soleil et les yeux?Le mental et l'intellect bien sûr!Et c'est le Soi qui éclaire ces derniers,c'est lui qui voit et illumine tout.Celui qui perçoit tout et tous n'est perçu par personne!

Puisque je peux tout percevoir,je suis supérieur à tout,je suis le joyau!

Cette qualité intrinsèque du Soi le rend digne de toute vénération.Il est sa propre lumière.Le Seigneur Krishna dit:"Je suis celui qui réside au coeur de tous les êtres".Ce "je" est le Soi.

Je suis le Seigneur Rama,le Seigneur Krishna,je suis Dieu,le Tout-Puissant!

Dieu est omnipotent,il est vous-même,le Soi.

Puisque toute existence,même celle du soleil,n'est due qu'au Soi qui a assumé la forme de la connaissance,on le considère comme le Seigneur!Dans ces conditions,comment le monde matériel pourrait-il avoir plus de valeur que moi-même qui en suis le créateur?Le Soi étant vous-même,comment pouvez-vous faire allégence à qui que ce soit d'autre?Un roi obéit-il aux ordres d'un valet?

N'oubliez pas votre vraie nature,ne descendez jamais de cette position:"je suis le Seigneur et le monde entier fonctionne grâce à mon pouvoir".Mais sachez qu'en l'absence de la foi,tout est vain.

SRI SIDDHARAMESHWAR MAHARAJ





Le moi est-il le corps humain que nous sommes?Est-ce l'esprit?Le moi est-il le penseur?Ou bien la personnalité qui pilote notre comportement?Est-ce l'image de la personne selon laquelle nous nous comportons selon notre profession ou notre travail?
Lorsque vous êtes présenté à quelqu'un,votre nom vous définit.Que représente le nom qui vous est donné à la naissance?En tant qu'adulte,si vous avez un titre avant ou après votre nom,comme Docteur,Sénateur,etc.,comment vous expérimentez vous vous-même?
L'identification est-elle plus forte avec le nom ou avec le titre?Êtes-vous défini par vos succès ou vos échecs?Le moi est-il une entité distincte?


Ligia DANTES



















-Qui est ce"vous"?Qui est donc celui qui se proclame propriétaire de ce corps?
Voici votre main,votre nez, vos yeux,mais qui est celui qui les possède?
Qui est celui qui réside dans ce corps et qui se dit en être le possesseur?
Si vous vous coupez la main,vous vous écriez:"Je suis blessé!".Mais c'est faux,car c'est la main qui est blessée et non pas vous.
La croyance selon laquelle vous êtes le corps est totalement érronée.
Qui agit à travers vos mains?

Qu'est ce qu'un corps?C'est un assemblage d'éléments tels que les mains,les pieds, la bouche,le nez,les oreilles,les yeux etc.C'est l'ensemble de tous ces éléments que nous appelons corps.Le"Je" est-il l'un de ces éléments? Si l'on dit par exemple:"le Je,c'est la main"et que la main est coupée,personne ne dira"j'ai été coupé ou j'ai été jeté",mais plutôt:"je me suis coupé la main".
On parle donc de toutes ces parties comme étant"miennes"et le corps lui-même qui est constitué de tous ces éléments est aussi déclaré être "mien".On en déduit ainsi que celui qui dit posséder ces membres et ce corps est véritablement le maître,et qu'il est en fait différent de ce corps qu'il dit être sien.Le"Je" n'est aucun élément du corps physique mais ils sont tous"mien".

Maintenant,si l'on poursuit le raisonnement,on peut dire que si"Je"n'existe pas,il n'y a rien qui puisse être appelé"mien",ce corps et ces membres ne peuvent donc pas m'appartenir.Ainsi,puisque'on ne peut trouver"Je"nulle part dans le corps,comment peut-on dire que les membres de ce corps et ces tendences nous appartiennent?

Qui en est propriétaire?Les cinq éléments:la terre,l'eau,le feu,l'air et l'espace,ont droit de propriété sur ce corps.Après la désintégration du corps,chacun des cinq éléments prend sa part.Le corps est composé de ces cinq éléments et les matières qui constituaient cette enveloppe ont été reprises par leurs propriétaires respectifs.Lorsqu'il est absorbé par les cinq principes de ces éléments,il ne reste plus rien que l'on puisse appeler corps.


Tout ce qui peut être vu ou ressenti sera un jour détruit.Le visible est le fruit de notre imagination et ce qui existe ne repose que sur la mémoire.La nuit,quand la mémoire est au repos,tout s'efface,sauf si vous êtes tourmenté par quelque chose qui vous empêche de dormir.
Le sommeil est un état où le monde est oublié.Dès que nous nous oublions tout disparait.Ce qui peut disparaître dans l'oubli n'est pas réel.(...)Dire:"Je suis le corps" est l'aliénation.Affirmer au contraire:"Je ne suis pas le corps, rien ne m'appartient car je ne suis pas",c'est la libération.
(...)L'état qui correspond au corps grossier est l'état de veille,et vous n'êtes pas cela.Libérez-vous de l'identification au corps mortel qui vous limite.
Vous dites vous-même que ce corps vous appartient,mais cela implique que vous n'êtes pas lui,alors qui êtes-vous?



SRI SIDDHARAMESHWAR MAHARAJ





-"Qui suis-je?"Je ne suis pas le corps physique,je ne suis pas non plus les cinq organes de la perception(les yeux,les oreilles,le nez, la langue et la peau,avec leurs fonctions respectives correspondantes:la vue,l'ouïe,l'odorat,le goût et le toucher);je ne suis pas les cinq organes d'activité externe(les organes vocaux qui articulent la parole et produisent le son,les mains et les pieds qui gouvernent les mouvements du corps physique,l'anus qui excrète les matières fécales et l'organe génital qui permet le plaisir),je ne suis pas non plus les cinq forces vitales(qui contrôlent la respiration,la digestion et l'assimilation,la circulation du sang,la transpiration et l'excrétion),je ne suis même pas l'esprit pensant.

(...)En conséquence,après avoir rejeté sommairement tous les accessoires physiques mentionnés ci-dessus et leurs fonctions,après m'être dit:Je ne suis pas ceci;non,je ne suis pas non plus ceci,ni cela",la seule chose qui reste alors,isolée,cette pure Connaissance,voilà ce que je suis véritablement.

RAMANA MAHARSHI













-Quoi que vous possediez,vous dites"mon corps,mon mental"etc.,mais,en réalité,ils ne sont pas du tout à vous.Vous vous êtes arrogé la possession de choses qui ne sont pas réellement vôtres.Vous êtes,depuis toujours,différent de ces choses.
La fausse identification au corps est la principale pollution.
Vous n'êtes pas le corps.Il n'y a pas d'autre Dieu que celui situé à l'intérieur de vous-même!

Vous devez prendre cette ferme posture mentale de "je ne suis pas le corps"et celui qui dis "je" est celui auquel il faut se raccrocher.La conscience que "vous êtes" est vue par quelque chose,en vous,et c'est cela votre maître.Le maître est le son intérieur.



-Ce corps est l'expression du produit de la nourrriture consommé.La matière est consommée sous forme de nourriture,et voilà le résultat.S'il y a de moins en moins de nourriture,le corps s'amaigrit,s'étiole.Vous n'êtes pas ça,votre image est autre.(Montrant le corps)ce n'est qu'une boîte à mangeaille.Pourquoi cette figure maigre? Parce que l'apport de nourriture est réduit.Le corps-nourriture,vous nêtes pas ça.L'état d'éveil,vous n'êtes pas ça.L'état de sommeil profond,vous n'êtes pas ça.Vous connaissez l'état d'éveil.Puisque vous connaissez l'état d'éveil,vous n'êtes pas l'état d'éveil.Vous connaissez l'état de sommeil profond;vous n'êtes donc pas l'état de sommeil profond.
Vous pouvez observer votre corps,donc vous n'êtes pas lui.Vous pouvez observer la respiration,donc vous n'êtes pas le souffle vital.

SRI NISARGADATTA MAHARAJ





Votre corps est en vous ,vous n'êtes pas en lui.Le corps vous apparaît comme une série de perceptions sensorielles et de concepts.C'est ainsi que vous savez que vous avez un corps,lorsque vous le sentez ou lorsque vous y pensez.Ces perceptions et ces pensées apparaissent en vous,pure attention consciente.Vous n'apparaissez pas en elles, contairement à ce que vos parents, vos éducateurs et la quasi-totalité de la société dans laquelle vous vivez vous ont enseigné,en contradiction flagrante avec votre expérience réelle.
Ils vous on enseigné que vous êtes dans votre corps en tant que conscience,que cette conscience est une fonction émergeant du cerveau,un organe de votre corps.
Je suggère que vous n'accordiez pas une confiance démesurée à cette connaissance de seconde main et que vous interrogiez les données brutes de votre expérience personnelle.

Vous souvennez-vous des recettes de bonheur qui vous ont été données par ces mêmes personnes quand vous étiez enfant,faire de bonnes études,avoir une bonne profession,épouser une femme(un homme)de qualité,etc?
Ces recettes ne marchent pas,elles ne marchent pas parce qu'elles sont fondées sur une perspective fausse de la réalité,perspective que je vous suggère de remettre en question.
Voyez donc par vous-même si vous apparaissez dans votre corps ou dans votre mental,ou si au contraire ils apparaissent en vous.

Francis LUCILLE