vendredi 12 novembre 2010

La liberté de la conscience (Abhinavagupta)





"Lors donc qu'on réalise: "Moi, sujet conscient, j'existe maintenant, mais je n'existais pas auparavant", cela implique un souvenir de ce temps passé; et ce souvenir, à son tour, implique l'expérience directe de ce temps. Ainsi se trouve réfutée (l'opinion) du sujet conscient (profane) selon laquelle il n'a pas existé et ne s'est pas manifesté dans le passé ( mais seulement a partir de la date de "sa" naissance). Dire : " A l'époque de l' Avatar Rama, je n'existais pas" c'est affirmer (indirectement) sa propre expérience directe de ce temps. Direz-vous que la connaissance de ce temps nous est procurée par la tradition religieuse ( et non par l'expérience directe) ? - Mais la Tradition elle-même suppose l'existence de celui qui a connu (ces événements) et les relate...- Sans doute, mais ce sujet conscient était Valmiki (auteur de l 'Epopée de Rama) et non quelqu'un de notre époque! - Objection pertinente...mais cela même démontre l'existence du Sujet qui se ressaisit éternellement comme Je ! (En effet), ce sujet connaissant est, en vérité absolue, unique. (Mais) multiples et distincts sont les corps, leurs composants, les souffles et les intellects. C'est en raison de cette multiplicité que l'on parle (vulgairement) du sujet connaissant comme étant multiple (et comme ayant un début et une fin dans le temps). La vérité est donc, finalement, qu'a l'époque (de Rama), seul mon corps d'aujourd'hui n'existait pas (encore. Mais j'étais présent en tant que conscience de Rama et autre personnes)".




(ABHINAVAGUPTA , La liberté de la conscience )