vendredi 12 février 2010

La BHAGAVADGITA















-(...)Jamais ni moi,ni toi,ni les rois que voici,nous n'avons cessé d'être.
Et nous tous,nous ne cesserons pas davantage d'exister plus tard.
Tout comme,dans un même corps,on se voit passer de l'enfance à la jeunesse,puis à la vieillesse,ainsi se voit on passer d'un corps à un autre.

(...)Il n'y a pas d'existence du non-être;
L'être ne cesse pas.
Les penseurs ont l'intuition de la limite entre les deux.

Or indestructible est cette trame qui sous-tend l'univers;sache-le.

Impérissable,nul n'a pouvoir de la détruire.
Les corps ont une fin.Mais le principe qui les habite est permanent,indestructible et sans limites.
Alors,combats!
Penser de l'un qu'il tue,de l'autre qu'il est tué,c'est se tromper dans les deux cas:il n'y a ni tueur ni tué.

Le principe ne naît ni ne meurt jamais;
Il n'a pas été dans le passé ni ne sera dans le futur;
Il est non né,éternel et permanent.
Intemporel,il ne meurt pas quand le corps vient à mourir.
L'homme qui le sait indestructible et éternel,sans origine ni fin ,comment peut-il faire tuer ou tuer lui-même?

Ses vêtements usés,l'homme les abandonne pour en revêtir d'autres,tout neufs.
De la même façon, le principe abandonne ses corps,une fois usés,avant d'en reprendre d'autres,tout neufs.

Les armes ne le tranchent pas,
Le feu ne le consume pas,
Les eaux ne l'inondent ni ne l'assèchent les vents.
Ni transpercé ni consumé ni inondé ni asséché, ainsi est-il:permanent,omniprésent,fixe,inébranlable,
Il est éternel.

Il ne peut ni se manifester,ni se concevoir,ni même se modifier.
Maintenant que tu le sais,tu n'as pas le droit de t'apitoyer.
Quand bien même penserais-tu qu'il naît ou meurt sans cesse,toi qui es un guerrier,tu ne devrais pas t'apitoyer ainsi.

C'est une certitude:qui est né doit mourir,et pour mourir il a fallu naître.
Voià pourquoi,face à l'inévitable,tu n'as pas le droit de t'affliger.
Les êtres ignorent l'origine de leur existence,en connaissent le cours,en ignorent de nouveau le terme:à quoi bon ces lamentations?






-Je sous-tends l'univers,mais ma forme reste invisible.
Tous les êtres sont en moi,et moi,je ne suis pas en eux.

Ou plutôt non,ils ne sont pas en moi car-admire ici ma puissance divine-je les porte sans être en eux.
Et c'est mon être qui les fait exister.

Comme un grand vent souffle en tous lieux dans les limites de l'espace,ainsi vont les êtres,tous et partout,en moi.

Tous les êtres ,à la fin d'un grand cycle,se résorbent en ma nature.
Au début du suivant,je les remets au monde.
Puisant dans ma nature propre,je mets au monde, encore et encore,des myriades d'êtres venus sans le vouloir,par la seule impulsion de la nature.

A ces actions, je ne me sent pas lié
car j'y assiste comme un spectateur indifférent.

La nature engendre le vivant et l'inanimé:j'y veille.
C'est ainsi que tourne la roue du monde.

Je connais les êtres passés,présents et à venir.
Mais moi personne ne me connaît.










La "BHAGAVADGITA",ou"Chant du Bienheureux".
Ce poème mystique et philosophique,rédigé en sanscrit aux alentours du IIIe siècle avant J-C,fut élevé au rang de texte sacré par les Hindous,avant d'exercer une véritable fascination sur les lecteurs occidentaux.

Episode le plus célebre de la monumentale épopée du MAHABHARATA,il rapporte l'enseignement délivré par le dieu Krishna au guerrier Arjuna.Sur le point de prendre part à la guerre qui va l'opposer à ses propres cousins,celui-ci ne sait que faire:doit-il être fidèle à son devoir de guerrier et tuer les membres de sa famille?
Doit-il renoncer à combattre au prix de son honneur militaire?

En réponse à ce dilemme,Krishna lui enseigne la doctrine de l'ascèse dans l'action.
La portée de cet appel au détachement et à la méditation,nourri des hymnes sacrés de l'Inde ancienne, ne s'est jamais démentie.

Gandhi,qui au XXe siècle s'est fondé sur ce texte pour mener son combat non violent
contre toutes les formes d'injustices,affirmait à son sujet:"La Gità n'est pas seulement ma Bible et mon Coran,elle est plus encore:elle est ma mère."









jeudi 11 février 2010

Khalil Gibran














Si tu ouvre grand les yeux et que tu regardes,
tu verras ton image dans toutes les images.
Et si tu tends bien l'oreille et que tu écoutes,
tu entendras ta propre voix dans toutes les voix.
---
Le souvenir est une forme de rencontre
L'oubli est une forme de liberté
---
Hier encore,je m'imaginais tel un fragment frémissant sans rythme
dans la sphère de la vie.
Aujourd'hui,je sais que je suis la sphère et que la vie entière s'y meut
en fragments rythmés.


(Le Sable et l'Ecume)





Et,dit une femme tenant un enfant dans ses bras:Parle-nous des Enfants
Et il dit:

Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de la Vie en nostalgie d'elle-même.
Ils viennent par vous mais non de vous.
Et même s'ils sont avec vous,ils ne vous appartiennent pas.

A vous de leur offrir votre amour,non vos idées,
Car ils ont,eux leurs propres idées.
Il vous revient de donner refuge à leur corps,non à leurs âmes.
Car leurs âmes habitent le séjour de l'avenir que vous ne sauriez visiter même en rêve.
A vous de faire l'effort de leur ressembler,mais n'essayez pas de les rendre semblables à vous.
Car la vie ne revient pas en arrière.
Et ne s'attarde pas avec l'hier.

Vous êtes les arcs par quoi vos enfants sont projetés comme flèches vivantes.
L'Archer voit le but à l'infini et il vous ploie de toute sa force que ses flèches aillent vite et loin.
Que votre ploiement sous sa main soit motif de joie;
Car,de même qu'Il aime le flèche qui s'élance,ainsi aime-t-il l'arc en sa main assuré.

(Le Prophète)


Alors un des juges de la cité s'avança et dit,
Parle-nous du Crime et du châtiment.
Et il répondit,disant:
C'est lorsque votre esprit va errant sur le vent,
Que vous,seul et inattentif,commettez une faute envers les autres et donc envers vous-même.
Et pour cette faute commise,vous devrez frapper à la porte des élus et rester un moment ingnoré.


Pareil à l'océan est votre Moi divin;
Il reste à jamais pur et sans tache.
Et pareil à l'éther,il ne soulève que les ailés.
De même, pareil au soleil est votre Moi divin;
Il ne connaît pas les chemins de la taupe ni ne cherche les trous du serpent.
Mais votre Moi divin n'habite pas seul votre être.
Une grande part de vous est encore homme,et une grande part de vous n'est pas encore homme,
Mais un pygmée informe qui marche endormi dans la brume,en quête de son propre réveil.
Et de l'homme qui est en vous je voudrais parler maitenant.
Car c'est lui,et non votre Moi divin ni le pygmée dans la brume qui connaît le crime et le châtiment du crime.


Je vous ai souvent entendu parler de celui qui a commis une faute comme s'il n'était pas l'un d' entre vous,mais un étranger parmi vous et un intrus dans votre monde.
Mais je dis,de même que le saint et le juste ne peuvent s'élever au-delà de ce qu'il y a de plus haut en chacun de vous,
De même le méchant et le faible ne peuvent tomber plus bas que ce qu'il y a aussi de plus bas en vous,
Et comme une feuille unique ne peut virer au jaune sans que l'arbre entier n'en ait connaissance,
Ainsi le malfaiteur ne peut accomplir son méfait sans le secret accord de vous tous.
Comme une procession,vous avancez ensemble vers votre Moi divin.
Vous êtes le chemin et ceux qui cheminent.
Et quand l'un de vous tombe,il tombe pour ceux qui sont derrière lui,il les avertit qu'une pierre peut les faire trébucher.
Et il tombe ,hélas,pour ceux qui sont devant lui et qui, bien qu'ayant le pied plus rapide et plus sûr, n'ont pas écarté l'obstacle de pierre.


Et ceci aussi,dussent ces paroles peser lourdement sur vos coeurs:
La victime d'un meutre n'est pas sans responsabilité dans son propre meurtre,
Et la victime d'un vol n'est pas sans reproche dans ce vol,
Le juste n'est pas innocent des actes du malfaiteur,
Et celui qui à les mains blanches n'est pas innocent des actes du félon.
Oui,le coupable est souvent la victime de l'offensé.
Et plus souvent encore le condamné porte le fardeau pour l'innocent et l'irréprochable.
Vous ne pouvez pas séparer le juste de l'injuste et le bon du méchant;
Car ils se tiennent ensemble face au soleil,tout comme le fil noir et le fil blanc sont tissés ensemble.
Et si le fil noir se rompt, le tisserand examinera tout le tissu,et il examinera aussi sont métier.


Si l'un de vous passe en jugement l'épouse infidèle,
Qu'il pèse aussi sur la balance le coeur de son mari,et qu'il mesure son âme avec de justes mesures.
Et que celui qui veut flageller l'offenseur regarde dans l'esprit de l'offensé.
Et si l'un de vous veut châtier au nom de la vertu et planter sa hache dans l'arbre du mal,qu'il regarde donc ses racines;

En vérité il trouvera les racines du bon et du mauvais,de l'arbre couvert de fruits comme de l'arbre sans fruits,toutes entrelacées les unes avec les autres dans le coeur silencieux de la terre.
Et vous juges qui voulez être justes,
Quel jugement prononcerez-vous contre celui qui est honnête dans sa chair alors qu'il est brigand en esprit
Quelle peine infligerez-vous à celui qui tue dans la chair alors qu'il à été lui-même tué en esprit?
Et quelles poursuites engagerez-vous contre celui qui se conduit en filou et en oppresseur,
Alors qu'il a été lui même blessé et offensé?


Et comment punirez-vous ceux dont le remords est déjà plus grand que leurs méfaits?
Le remords, n'est-ce pas justice rendue par cette loi même que vous désirez servir?
Mais vous ne pouvez ni imposer le remords à l'innocent ni l'abolir du coeur du coupable.
Sans y avoirt été invité,il viendra dans la nuit pour que les hommes se réveillent et se contemplent
Et vous qui voulez rendre la justice, comment le pourrez-vous à moins d'examiner chaque action en pleine lumière?

Alors seulement vous comprendrez que celui qui est debout et celui qui est tombé ne sont qu'un seul homme qui se tient dans la pénombre entre le jour de son moi pygmée et la nuit de son Moi divin,
Et que la pierre angulaire du temple n'est pas supérieure à la pierre la plus basse de ses fondations.


(Le Prophète)




Et l'un des anciens de la cité dit,Parle nous du Bien et du Mal.
Et il répondit:
Du bien qui est en vous, je peux parler, mais non du mal.
Car qu'est-ce que le mal, sinon le bien toturé par sa propre faim et sa propre soif?
En vérité, quand le bien est affamé,il cherche sa nourriture même dans de noirs souterrains,et quand il a soif,il boit même les eaux mortes.

Vous êtes bons si vous ne faites qu'un avec vous-mêmes.
Cependant,si vous ne faites pas qu'un avec vous-mêmes, vous n'êtes pas mauvais.
Car une maison divisée n'est pas un antre de brigands;ce n'est qu'une maison divisée.
Et un bateau sans gouvernail peut errer sans but au milieu d'îles périlleuses et cependant ne pas sombrer par le fond.

Vous êtes bons si vous vous efforcez de donner de vous-mêmes.
Cependant vous n'êtes pas mauvais si vous cherchez un profit pour vous-mêmes.
Car quand vous vous efforcez de tirer un profit,vous n'êtes rien d'autre qu'une racine qui s'accroche à la terre et suce son sein.
Il est certain que le fruit ne peut pas dire à la racine,"Sois comme moi,mûr et plein,et donnant toujours avec abondance".
Car pour le fruit,donner est un besoin, comme recevoir est un besoin pour la racine.

Vous êtes bons si vous discourez pleinement éveillés.
Cependant vous n'êtes pas mauvais si vous dormez alors que votre langue s'agite sans but.
Et même un discours chancelant peut tonifier une langue sans forces.

Vous êtes bons si vous marchez fermement et d'un pas hardi vers votre but.
Cependant vous n'êtes pas mauvais si vous y allez en boitant.
Même ceux qui boitent ne reculent pas.
Mais vous qui êtes vifs et forts,veillez à ne pas boiter devant les infirmes, prenant
cela pour de la gentillesse.

Vous êtes bons par d'innombrable chemins,et vous n'êtes pas mauvais quand vous n'êtes pas bons,
Vous êtes seulement traînards et paresseux.
Dommage que les cerfs ne puissent enseigner la vitesse aux tortues.

Votre bonté repose dans votre désir d'un moi géant:et ce désir et en vous tous.
Mais chez quelques-uns d'entre vous, ce désir est un torrent qui ce précipite violemment vers la mer,emportant les secrets des collines et les chant de la forêt.
Et chez d'autres c'est un ruissseau étale qui se perd en angles et en courbes et traîne avant d'atteindre la rivage.
Mais que celui qui désire beaucoup ne dise pas à celui qui désire peu,"Pourquoi es-tu lent et hésitant?"
Car celui qui est vraiment bon ne demande pas à celui qui est nu "Oû est ton vêtement?",
ni au sans-logis"Qu'est-il arrivé à ton logis?"

(Le Prophète)

samedi 6 février 2010






Tout ce qui peut être vu ou ressenti sera un jour détruit.Le visible est le fruit de notre imagination et ce qui existe ne repose que sur la mémoire.La nuit,quand la mémoire est au repos,tout s'efface,sauf si vous êtes tourmenté par quelque chose qui vous empêche de dormir.
Le sommeil est un état où le monde est oublié.Dès que nous nous oublions tout disparait.Ce qui peut disparaître dans l'oubli n'est pas réel.(...)Dire:"Je suis le corps" est l'aliénation.Affirmer au contraire:"Je ne suis pas le corps, rien ne m'appartient car je ne suis pas",c'est la libération.
(...)L'état qui correspond au corps grossier est l'état de veille,et vous n'êtes pas cela.Libérez-vous de l'identification au corps mortel qui vous limite.
Vous dites vous-même que ce corps vous appartient,mais cela implique que vous n'êtes pas lui,alors qui êtes-vous?





Né en août 1888 à Pathri,petit village d' Inde;Sri Siddharameshwar Maharaj,maître de Nisargadatta Maharaj mourut en novembre 1936 à Mumbai.
Doté d'une grande finesse et d'un sens pratique très aigu,Sri Siddharameshwar enseigna le chemin de l'oiseau(Vihanga marg),ou chemin de la connaissance.
C'est en entendant les générations successives que l'ignorance s'est installée et c'est en entendant les paroles du maître que celle-ci se dissipera.


(Extrait du livre "Abrasser l'immortalité",ed Les Deux Océans.)

vendredi 5 février 2010

Râmana Mahârshi



Il n’est personne qui, même un instant, ne fasse l’expérience du Soi. Car personne n’admet être séparé du Soi. Chacun est le Soi. Le Soi est le Cœur.

Cela n’est pas clair.

Dans le sommeil profond, vous existez ; au réveil, vous existez toujours. C’est le même Soi dans les deux états. Ce qui fait la différence est seulement la conscience et la non-conscience du monde. Le monde apparaît avec le mental et disparaît avec lui. Ce qui apparaît et disparaît n’est pas le Soi. Le Soi est différent, il donne naissance au mental, le soutien et le résorbe. Ainsi le Soi est le principe sous-jacent.
Quand on vous demande qui vous êtes, vous placez votre main sur le côté droit de votre poitrine et vous dites : « Je suis ». Là, involontairement, vous indiquez le Soi. Le Soi est donc connu. Mais l’individu est malheureux parce qu’il confond le mental et le corps avec le Soi. Cette confusion est due à une fausse connaissance. Seule l’élimination de cette fausse connaissance est nécessaire. Le résultat de cette élimination est la Réalisation.

Comment puis-je contrôler le mental ?

Qu’est-ce que le mental ? A qui appartient-il ?

Le mental erre constamment. Je ne peux pas le contrôler.

La nature du mental est précisément d’errer. Mais vous n’êtes pas le mental. Le mental émerge puis s’immerge. Il est impermanent, transitoire, alors que vous êtes éternel. Il n’y a rien d’autre que le Soi. Rester le Soi est la solution. Ne faites pas attention au mental. Si on cherche sa source, le mental s’évanouit, laissant le Soi non affecté derrière lui.

Ainsi, nul besoin de chercher à contrôler le mental ?

Il n’y a plus de mental à contrôler si vous réalisez le Soi. Quand le mental s’évanouit, le Soi resplendit. Chez un être réalisé, le mental peut être actif ou inactif, seul le Soi demeure pour lui. Car le mental, le corps et le monde ne sont pas séparés du Soi. Ils surgissent du Soi puis disparaissent en Lui. Ils ne sont pas séparés du Soi. Peuvent-ils être différents du Soi ? Soyez seulement conscient du Soi. Pourquoi vous soucier de ces ombres ?
Comment peuvent-elles affecter le Soi ?
Le soi est le Cœur. Le Cœur est lumineux par lui-même. La lumière s’élève du Cœur puis atteint le cerveau qui est le siège du mental.
Le monde est perçu par le mental, c’est-à-dire grâce à la lumière réfléchie du Soi. Le monde set donc perçu à l’aide du mental. Quand le mental est éclairé, il est conscient du monde. Quand il n’est pas éclairé, il n’est pas conscient du monde. Si le mental est tourné vers l’intérieur, vers la source de lumière, la connaissance objective cesse et seul le Soi resplendit en tant que Cœur.
La lune luit grâce à la lumière réfléchie du soleil. Lorsque le soleil se couche, la lune devient utile pour révéler l’existence des objets. Lorsque le soleil se lève, personne n’a plus besoin de la lune, bien que son disque pâle reste encore visible dans le ciel.
Il en va de même pour le mental et le Cœur. Le mental est utile en raison de la lumière qui s’y réfléchit, ce qui permet de voir les objets. Lorsque qu’il est tourné vers l’intérieur, la source de son illumination resplendit par elle-même et le mental pâlit et ne sert plus à rien, comme la lune en plein jour. »





Une Histoire De Ramana Maharshi


Bien que Ribhu eût instruit son disciple sur la suprême Vérité de l'Unique Brahman sans second, malgré son érudition et sa compréhension, Nidagha n'avait pas assez développé ses convictions pour adopter et suivre la voie de la connaissance , aussi s'était-il installé dans sa ville natale afin de mener une existence vouée à la seule pratique religieuse.
Mais le Sage aimait son disciple autant que ce dernier vénérait son maître. Malgré son âge avancé, Ribhu se déplaçait en personne afin de lui rendre visite et voir s'il avait transcendé ses pratiques spirituelles.

Parfois, le Sage prenait un déguisement afin d'observer incognito les agissements de Nidagha alors qu'il ne se savait pas surveillé par son maître.
Lors d'une telle occasion, Ribhu, qui avait pris l'habit d'un paysan, trouva Nidagha en train de regarder passer une procession royale avec grand intérêt. Non reconnu par le citadin Nidagha, le villageois Ribhu s'enquit auprès de lui la raison de tout ce vacarme. Il répondit que le roi passait en procession.
-Oh! C'est le roi. Il va passer! Mais où est-il ? s'exclama Ribhu.

-Là, sur l'éléphant, répondit Nidagha

-Tu dis que le roi est sur l'éléphant. Oui, je les vois bien tous deux, dit le villageois, mais lequel est le roi et lequel est l'éléphant ?

-Quoi ! s'exclama Nidagha. Tu vois les deux, n'est-ce pas, mais ne vois-tu pas que l'homme qui est au-dessus est le roi, et l'animal qui est au-dessous est l'éléphant? Où est l'intérêt de parler avec une personne telle que toi ?!

-Je t'en prie, ne sois pas impatient avec un ignorant tel que moi, implora le villageois. Mais tu dis "dessus" et "dessous" qu'est-ce que cela signifie ?

Ne pouvant en supporter davantage, Nidagha s'écria:

-Tu vois bien le roi et l'éléphant - l'un dessus, l'autre dessous ? Cependant tu veux savoir ce que l'on entend par "dessus" et "dessous", s'emporta Nidagha. Si les choses vues et les paroles émises ne te disent rien, seule l'action peut t'apprendre. Courbe-toi et tu sauras tout.

Ainsi fut fait. Nidagha monta sur les épaules et dit:

-Comprends-le maintenant. Je suis dessus - comme le roi -, et tu es dessous - comme l'éléphant. Est-ce suffisamment clair ?

-Non, pas encore, fut la calme réponse du villageois. Tu dis que tu es dessus comme le roi, et que je suis dessous comme l'éléphant. Le "roi", "l'éléphant", "dessus", "dessous", me semblent clair. Mais je t'en prie, dis-moi ce que tu entends par "je" et "toi"?

Soudain confronté au grand problème de définir le "toi "séparé du "je", l'esprit de Nidagha fut éclairé. Immédiatement il abandonna les épaules du maître, sauta à terre, et tomba à ses pieds, l'implorant: -Qui d'autre que mon vénérable maître Ribhu, aurait pu libérer mon esprit de l'emprise mondaine et des phénomènes pour lui révéler l'Être véritable qu'est le Soi ? Oh! Maître tout de compassion, j'implore tes bénédictions!"




-Quelle est la différence entre les objets que vous voyez et Shiva ? Il est les deux, le sujet et l'objet. Vous ne pouvez pas être sans Shiva. Shiva est toujours réalisé ici et maintenant. Si vous pensez que vous ne l'avez pas réalisé, vous avez tort. C'est là l'obstacle qui empêche de réaliser Shiva.
(...) l'individu peut-il exister sans Shiva ? Même en ce moment Il est vous. Ce n'est pas une question de temps. S'il y avait une question de non-Réalisation, la question de la Réalisation pourrait se poser. Mais la réalité est que vous ne pouvez pas être sans Lui. L'individu est déja réalisé, toujours réalisé et jamais non-réalisé.
Soumettez-vous à Lui et à Sa volonté, qu'Il apparaisse ou qu'Il disparaisse; attendez Son bon plaisir. Lui demander d'agir selon votre bon plaisir, ce n'est pas se soumettre à Lui, mais Le commander. Vous ne pouvez pas attendre qu'Il vous obéisse et en même temps penser que vous Lui êtes soumis. Il sait ce qui convient le mieux et quand et comment y parvenir. Laissez donc toute chose à Ses soins. Le fardeau est pour Lui; vous n'aurez plus de soucis. Tous vos soucis sont à Lui.






-Vous pensez"Je suis ici; il est là; là-bas est un autre"et ainsi de suite.
Vous trouvez ainsi plusieurs corps, et vous pensez qu'ils sont autant de"soi". Mais lorsque vous dormiez vous êtes-vous posé la question:"Je suis en train de dormir ici, combien d'autres sont encore éveillés ailleurs?"
Semblable question peut-elle se poser? Pourquoi ne se pose -t-elle pas?Parce que vous n'êtes alors qu'un seul et qu'il n 'y a pas d'autres.



Comment se fait-il que Dieu nous mette dans des difficultés?Pourquoi nous a-t-il créés?


Dieu vient-Il vous dire qu'Il vous a mis dans les difficultés? C'est vous qui le dites, et c'est encore votre faux"je". Si celui-ci disparaît, il n'y aura plus personne pour affirmer que Dieu a créé ceci ou cela.
Même ce qui est ne dit pas"je suis". Car ,y a-t-il le moindre doute que" je ne suis pas"?Seulement en cas de doute on aurait besoin de se remémorer:"Je suis un homme."Personne ne fais cela. Mais si jamais l'homme se demande s'il est une vache ou un buffle, il doit se remémorer qu'il n'est pas un vache, etc., mais qu'il est un homme. Cela n'arrivera jamais. Il en va de même de notre propre existence et de la Réalisation.





-Niez-vous votre existence?

Non, comment pourrais-je la nier?Vous admettez donc la vérité.

Pourtant, je ne vois pas comment je peux réaliser le Soi.Trouvez celui qui dit"je".

Oui. Je dis"je".
Qui est ce "je"? Est-ce le corps ou quelqu'un hors du corps?

Ce n'est pas le corps. C'est donc quelqu'un hors de lui.Trouvez-le.

Je ne m'en sens pas capable. Comment puis-je le trouver ?Vous êtes en ce moment conscient du corps. Ce n'était pas le cas dans le sommeil profond, mais cela ne vous empêchait pas de poursuivre votre sommeil. Une fois réveillé, vous constatez l'existance du corps et vous dites:"Je ne peux pas réaliser le Soi."Le disiez-vous dans votre sommeil ? Non, parce qu'alors vous étiez non divisé.
Maintenant que vous êtes enserré dans les limites du corps, vous dites:"Je n'ai pas réalisé le Soi."Pourquoi imposer des limites à votre Soi et puis vous sentir misérable ? Soyez votre nature véritable et vous serez heureux.
Vous ne disiez pas"je"quand vous dormiez;maintenant vous le dites. Pourquoi?Parce que vous restez accroché à votre corps. Cherchez d'où vient ce "je". Alors le Soi sera réalisé.
Le corps, dépourvu de conscience, ne peut pas dire"je". Et le Soi, infini, ne peut pas non plus dire"je". Qui donc alors dit"je"?

Je n'y comprends rien. Comment trouver le "je"?Découvrez d'où ce "je" surgit. Alors ce "je"disparaîtra et seul demeurera le Soi infini. Ce"je"n'est qu'un noeud de connexion entre le conscient et l'inconscient. Le corps n'est pas le "je", le Soi n'est pas le "je". Qui donc est ce "je"? D'où s'élève-t-il ?

D'où vient-il en effet ?Cherchez.

Je ne sais pas. Veuillez m'éclairer.Il ne viens pas de l'extérieur, il est en vous.
D'où vient-il ? S'il venait d'ailleurs, vous pourriez y être conduit. Comme il est à l'intérieur de vous, vous seul pouvez le découvrir.

Vient-il de la tête ?Le concept de la tête s'élève-t-il après l'apparition du "je"ou le "je" s'élève-t-il de la tête ? S'il est dans la tête, pourquoi celle-ci tombe-t-elle quand vous succombez au sommeil ?
Le"je", ou le Soi, est toujours constant. Son siège doit donc aussi l'être. Si la tête tombe à un moment et se redresse à un autre, comment peut-elle être son siège? Votre tête repose à plat quand vous dormez, elle se redresse quand vous vous réveillez. Peut-elle être le "Je"?

Quel est-il alors ?Le"je" viens de l'intérieur de vous-même. Quand vous dormez,il n'y a pas de "je". Juste avant le réveil, la pensée"je" apparaît. Le corps n'apparaît qu'après la pensée"je".

Mais je ne peux tout de même pas me dépouiller de mon corps.Vous admettez donc que vous n'êtes pas le corps.

S'il y a douleur dans ce corps, je la ressens; je ne la ressens pas si c'est un autre corps qui est blessé. Je n'arrive pas à dépasser ce corps.Cette identification est la cause de ce que vous ressentez. C'est le noeud du coeur.

Comment dénouer ce noeud ?Pour qui existe ce noeud? Pourquoi voulez-vous le dénouer? Est-ce lui qui le demande ou est-ce vous?

Le noeud ne peut rien demander; moi, je demande.Qui est ce "je"? Si vous le trouvez, le noeud disparaîtra.

Le noeud est associé au corps . Ce dernier est là parce qu'il est né. Comment éviter de renaître?Qui est né? Le Soi est-il né? Ou bien est-ce le corps qui est né?

C'est le corps.

Alors laissez au corps le soin de demander comment éviter de renaître.

Il ne demande jamais rien. C'est donc moi qui dois le faire.Du corps de qui sagit-il? Dans votre sommeil profond vous n'aviez pas de corps. Ce n'est que lorsque la pensée "je" a surgit que le corps a surgit également.
Ainsi, la première naissance est celle de la pensée "je".
La naissance du corps vient après la pensée "je"; le corps naît donc en second. Eliminez la cause première et la seconde disparaîtra d'elle-même.






-Un visiteur demanda: "Comment peut-on connaître le Pouvoir de Dieu?"
Le Maharshi répondit: "Vous dites"JE SUIS".Eh bien c'est cela.
Qu'est ce qui peut dire"JE SUIS"?
L'Etre propre de chacun est son pouvoir.Les ennuis commencent seulement quand on dit:"Je suis ceci ou cela,j e suis un tel ou une telle."Ne faites pas cela.
Soyez vous-même. C'est tout.
Ramesh


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jeudi 4 février 2010

Être (Nathan GILL)


Il ne s'est jamais rien passé

Unicité ou Être, bien qu’indivisible, pourrait être considéré comme ayant deux aspects : la conscience, et le contenu de la conscience apparaissant maintenant. Le contenu de la conscience est constitué de toutes les différentes perceptions qui apparaissent : images visuelles, sensations, bruits, pensées, sentiments… Toutes apparaissent en ce moment dans la conscience, mais la pensée semble offrir une dimension supplémentaire : la capacité d’un apparent détournement hors de la présence pour entrer dans l’histoire « moi » en tant qu’individu, entité séparée localisée dans le temps et dans l’espace.

Cette histoire « moi » est encrée dans la pensée, et puisque la pensée n’est qu’un fragment du tableau complet, lorsque l’histoire apparaît en tant que réalité, elle est accompagnée d’un sentiment de manque. La recherche d’entièreté, de complétude, est l’histoire de la tentative visant à combler ce sentiment de manque.
La quête de complétude survient de mille façons différentes, l’une d’entre elles étant la recherche de l’illumination.
Et là comme ailleurs, elle se focalise inévitablement dans les limites de l’histoire personnelle, la vision partielle, psychologique, de la réalité, et par conséquent ne peut déboucher sur un sentiment de plénitude durable.

Dès lors que le théâtre de la vie est perçu autrement que du point de vue psychologique - du point de vue de « mon » histoire – le tableau est non personnel, non fragmenté, libre de tout sentiment de manque.
Il est probable que tout apparaisse exactement comme auparavant, mais sans la vision déformée qui le fait « mien ».

Alors que peut-il être fait pour détourner l’attention de l’histoire personnelle ?

Rien ne peut être fait, car il n’est, en réalité, aucune entité présente qui pourrait faire quoi que ce soit. L’histoire personnelle est ce qui donne l’impression d’un « quelqu’un » qui accomplit des choses, opère des choix, prends des décisions, etc, alors qu’en réalité, ce quelqu’un ou « moi », est simplement un commentaire émergeant avec tout le reste de ce qui apparaît.
En l’absence du commentaire, où lorsque le commentaire est vu comme tel, il est tout à fait évident que tout se produit ou apparaît entièrement de soi-même spontanément. Personne ne fait quoi que ce soit.

Mais qui le voit comme un commentaire ?

Toutes les images apparaissent ou sont enregistrées au sein de la conscience. Il n’est personne, aucune entité, pour le voir. Tout ceci se produit simplement en l’Être. Le commentaire intérieur a pour effet de personnifier l’aspect conscience de l’Être, donnant l’impression d’un quelqu’un, là où en fait il n’est personne.

Le fait d’entendre qu’il n’est rien à faire, peut être très frustrant tant qu’il demeure le sentiment d’un quelqu’un capable de faire quelque chose.

Oui, toutes les fois où il y a la notion d’un « quelqu’un », il y aura une impression correspondante d’agitation ou de frustration, le besoin de combler un sentiment de manque. Il se peut que la tentative de combler ce sentiment de manque prenne la forme de pratiques diverses, comme le questionnement de soi ou la méditation, ou il se peut aussi qu’entendre une simple description de tout ceci soit suffisant pour que la recherche soit vu pour ce qu’elle est réellement.


Dans les moments où survient une compréhension de ce dont vous parlez, il y a un réel sentiment de soulagement.

La compréhension peut certainement engendrer un profond sentiment de soulagement. Mais la compréhension (dans le sens où j’utilise ce mot) demeure encore quelque chose qui fait partie de l’histoire « moi ».

Mais la compréhension peut-elle également conduire hors de l’histoire, conduire à l’illumination ?

Si l’histoire est vue pour l’histoire qu’elle est, aucune compréhension ou quoi que ce soit d’autre n'est requis pour « conduire » hors d’elle.

Alors, percer l’histoire à jour, ou la disparition de l’histoire – est-ce l’illumination ?

« L’illumination » paraît être importante uniquement du point de vue du « moi ». Seule l’histoire « moi » exige l’illumination. Votre véritable nature est Être, et Être est déjà tout ce qui est (même lorsqu’il semble que cela soit ignoré) sans aucune exigence quelle qu’elle soit.

Donc, même l’apparente ignorance de Votre nature véritable est encore une expression de Votre nature véritable ?

Toute ignorance et toutes histoires ayant trait à surmonter l’ignorance sont la parfaite expression de l’Être. Il est impossible d’éviter d’Être. Quelle difficulté y a-t-il à être ?
Être est toujours, indépendamment de ce qui apparaît.

Toute une variété d’enseignants prescrit des méthodes et des techniques qui semblent produire des résultats.

Oui, et tout aussi souvent, elles ne produisent pas de résultats. C'est une histoire intéressante, n'est-ce pas ?

Alors tout cela se produit comme cela se produit ? L'enseignant prescrivant une technique, les étudiants pratiquant la technique et des résultats qui surviennent ou non - sans qu'il puisse en être autrement ?

Exactement. Tout se produit entièrement de soi-même car il n'est personne en fait pour faire arriver quoi que ce soit."Je" fait partie de ce qui se produit, il n'en est pas la cause.

Tout se passe peut-être de soi-même, et pourtant il semble souvent qu'il y ait un "moi" faisant des plans, prenant des décisions, faisant des choses.

C'est le commentaire de la pensée qui, semble-t-il, divise ce qui apparaît en un quelque chose en train d'être fait par un quelqu'un.Mais il n'y a rien de mal à cela. Il ne s'agit pas de quelque chose qui a besoin de disparaître pour que quelque chose d'autre appelé illumination prenne le relais. S'il y a la notion "moi", c'est alors ce qui est, c'est cela qui apparaît en tant que réalité. Si cette notion "moi" est percée à jour, c'est alors cela qui est. Être est déjà le cas, quelle que soit la configuration des apparences.

Un abandon soudain et total de la notion "moi", de l'identitification - quelle qu'elle soit - pourrait aussi avoir lieu, bien entendu.

Oui, cela pourrait arriver à mi-parcours de l'histoire.

Mais l'identification pourrait réapparaître?

Peut-être la notion "moi" pourrait-elle ressurgir, mais tout va-et-viens n'est rien de plus que le jeu de la vie. En ce qui concerne Votre nature en tant qu'Être, l'abscence ou la présence d'un soi personnel est sans conséquence. Être simplement est, et toutes ces apparences et survenues diverses peuvent simplement être décrites comme le divertimento cosmique. En fait, rien ne s'est jamais passé.








Présomptions

La théorie générale est que des rayons de lumière entrent par nos yeux et forment des images dans notre tête, dans nos cerveaux.
Mais vous êtes en train de dire qu'il s'agit d'une façon inutilement compliqué de décrire les choses. Est-ce exact?

Sur la base de la seule évidence du fait présent, où est le cerveau supposé être à l'intérieur de cette tête ? Y a-t-il un quelconque cerveau apparaissant en ce moment à la conscience?

Il pourrait y avoir un livre dans la bibliothèque qui raconte l'histoire ayant trait à la présence d'un cerveau à l'intérieur de toutes ces têtes, au sein duquel se produisent des réactions chimiques et où des pensées se forment. Mais en fait, au moment où l'on parle, combien y a-t-il de cerveaux apparaissant dans la pièce ? (rires) Par conséquent, en cet instant, cette histoire de cerveau est entièrement fondée sur une conjecture.


Mais ne s'agit-il pas d'une vue limitée ? Il me semble que vous êtes en train de dire que le cerveau et l'histoire sont moins vrais que ce qui est perçu présentement. Peut-être qu'un monde dénué de pensées conceptuelles serait la réalité pour un petit bébé, mais ce n'est pas une réalité pour moi. Ma réalité inclut toutes mes histoires, mes expériences, mes pensées et tout le reste. Mais je vous entendes dire que toutes ces pensées, ces histoires, etc.,sont moins importantes et moins réelles que ce qui est présent en l'instant.



Quoi qu'il apparaisse comme réalité maintenant,est réalité. Je ne suis pas en train de suggérer qu'une quelconque version de la réalité soit plus ou moins importante qu'aucune autre. Ce que je suggère est que tout ce qui apparaît en ce moment même en tant que réalité peut être vu d'une façon entièrement différente lorsque ce regard n'est pas fondé sur une vision filtrée par la pensée.


Mais il y a un cerveau. C'est le cerveau qui continue à penser ces pensées et à analyser en permanence, nous déplaçant de lieu en lieu, dirigeant nos vies et produisant toutes ces histoires.


Mais le fait-il ? Y a-t-il réellement un cerveau qui pense des pensées ? Fondées sur la seule évidence présente, les pensées apparaissent simplement ici dans la conscience. Qu'il y ait un cerveau pensant les pensées est simplement une autre pensée qui surgit elle-même en tant qu'histoire dans la conscience.

Si vous n'aviez jamais entendu toutes ces histoires de cerveaux responsables des pensées, les pensées apparaîtraient alors juste mystérieusement à la conscience, sans cerveau visible nulle part. En fait, c'est le cas en ce moment même; c'est ce que je souligne ici. A partir de ce qui est évident en ce moment même, le cerveau, instrument produisant des pensées à l'intérieur de ces têtes, est une simple présomption.

Ce n'est pas que cette vision soit"mauvaise". Mais l'exemple du cerveau sert à révéler à quel point est aisément négligé le fait évident que la pensée - et tout le reste - apparaît simplement dans la conscience. Au contraire, lorsque la vie est vue à travers un filtre de pensées, des présomptions non vérifiées, des histoires sans fin expliquant le pourquoi et le comment des choses sont prises pour argent comptant, prises pour la réalité.

Lorsque toutes ses présomptions ne sont pas prises pour la réalité, quand ces pensées sont vues pour les pensées qu'elles sont, tout continue à apparaître dans la conscience. Des pensées continuent à apparaître, mais leur contenu n'a plus pour effet de fragmenter et de diviser. En ce cas, le flot des pensées est simplement une histoire intéressante.

Disons que nous ayons un interrupteur à notre disposition qui puisse instantanément couper le brouhaha des pensées, de façon à ce qu'il ne se dévide plus aucun commentaire, qu'il n'apparaisse plus aucune histoire. En l'absence de ce commentaire, il y a simplement ce qui apparaît maintenant en la conscience - ce qui inclut encore les pensées, bien qu'elles soient maintenant inaudible. Avec le contenu de la pensée maintenant hors d'atteinte, tout ce qui apparaît alors est vu directement et globalement, plutôt que de manière fragmentée par laquelle l'histoire brodée par la pensée présente les choses.

Je ne prétend pas que les pensées doivent disparaître du tableau, mais j'affirme que si leur contenu n'est pas regardé avec tant de sérieux, la vie apparaît plus comme un jeu que comme un supplice.

Mais si vous abandonnez toutes les présomptions, tout disparaît.


Vraiment ? Vous avez une longueur d'avance sur moi. (rires) Il n'y a aucune présomption surgissant ici en ce moment même et pourtant tout continue encore à apparaître.

Mais vous parlez depuis la position d'un bébé. C'est ainsi qu'un bébé voit les choses, sans toutes ces présomptions. Mais avoir la foi de ne pas s'investir dans les histoires qui apparaissent requiert que nous lâchions tout ce que nous sommes, tout ce que nous semblons être.

Je ne suggère pas que vous ayez foi en quoi que ce soit, - simplement qu'il est possible à cette vie d'advenir sans présomptions. C'est la présomption qui fait appel à la foi !

Alors, c'est pourquoi il est dit que lorsque l'histoire mentale n'est pas prise pour la réalité, et qu'il n'est pas de passé, pas d'histoire, tout semble neuf et frais à chaque instant? C'est la différence entre vous et moi. Je vois les choses éternellement semblables et ennuyeuses alors que vous les voyez à jamais fraîches et neuves.

Il y a autant de versions de la réalité qu'il y a de personnes dans la pièce, et aucune de ces versions n'est plus importante ou significative qu'une autre. Alors, si ce qui apparaît en ce moment est la même vieille table et une lampe plutôt classiquement banale, c'est ce qui est. C'est là la réalité.

Mais si vous êtes illuminé, cela vous est égal.

Vous voilà reparti dans la conjecture à nouveau ! (rires)



Maintenant

Le temps est une absorbtion dans l'histoire se déroulant dans la pensée à un point qui lui confère l'apparence d'une réalité, à partir de laquelle pensées de passé et de futur - qui sont en fait uniquement des idées présentes - sont tenues pour réelles. La seule réalité qu'ont "passé" et "futur" est, en fait, une réalité en tant qu'idées.

Mais le passé a bien eu lieu.

Rien n'a eu lieu, bien qu'une pensée puisse surgir qui affirme que des choses ont eu lieu.

J'ai encore dans la bouche le goût des croissants et du café d'il y a une demi-heure.

Ce goût dans la bouche apparaît à présent, et avec lui surgit un commentaire qui dit"ce goût date d'il y a une demi-heure". Il n'y a pas" d'il y a une demi-heure" - il n'est que présence, et au sein de la présence, il y a une pensée qui inclut l'idée" il y a une demi-heure de cela". Ce n'est que la pensée qui donne corps à l'idée d'un "moi" individuel se déployant dans le temps.

Vous dites donc que le goût surgit dans la présence de concert avec une histoire surgissant elle-même dans la présence, à partir de rien. Pas de causalité ?

Partout où il y a absorbtion en l' histoire qui se déploie à partir de la pensée, il paraît y avoir temps, cause et effet. En l'absence d'absorbtion, tout est vu comme survenant spontanément, sans cause.
Mais ce n'est pas que l'une ou l'autre de ces deux propositions soit "juste". Tout est Être, et aucune vision particulière n'est "juste" ou "fausse". Je ne suis pas en train de tenter de vous persuader que vous n'avez pas mangé un croissant il y a une demi-heure. Mais il est possible que ce puisse être vu comme une histoire plutôt que comme un fait. L'un comme l'autre est réalité.

Ici, rien n'a besoin d'être "saisi" ou compris. La vie est simplement un jeu d'images surgissant en ce moment même.





Il n'est pas d' autres

Il semble clair que ce qui est décrit comme une personne n'est pas autre chose que la survenue de pensées et de sensations.
Mais pourquoi le sentiment d'être cette personne particulière surgit-il?Pourquoi ces pensées et sensations particulieres?Pourquoi cette histoire?


Ces pensées et sensations particulières sont les seules pensées et sensations.Il n'est pas d' "Autres"avec des pensées et sensations propres qui pourraient rendre ces sensations"particulières" à"moi".Les "autres" sont simplement des images qui se lèvent spontanément dans la conscience,accompagnées d'un commentaire mental qui présume ou attribue un "quelqu'un intérieur" aux images.
Si l'histoire"moi"semble réelle,au point que pensées et sensations semblent effectivement particulières à"moi",alors l'histoire"lui"-l'histoire d'un quelqu'un intérieur chez un autre-semblera également réelle.
S'il est évident qu'il n'est personne ici, alors il sera également évident qu'il n'est personne là.

Cela ressemble à une sorte de solipsisme pour personne.

C'est précisément un solipsisme pour personne."Autre"est une présomption qui surgit en tant que partie de l'histoire"moi".Tout ce qui semble être"moi"-pensées,sensations,etc-est présumé surgir similairement"à l'intérieur"des"autres".
Cependant quelle preuve,en fait ,y a-t-il à cela? N'est-ce pas simplement une présomption qui n'a pas été examinée attentivement,cette idée que puisque penséees et sensations semblent constituer un"quelqu'un"ici,"d'autres"là-bas doivent avoir leurs propres pensées et sensations? Quest-ce qui est réellement connu à propos de ces"autres" si ce n'est une image visuelle,ou encore,peut-être un bruit aigu,si une épingle est piquée dedans? Il est"su" que les"autres"ont des pensées et des sensations uniquement parce qu'ils le disent.Et qu'est-ce que leurs paroles,hormis l'image de lèvres qui s'agitent accompagnées de sons apparaissant dans la conscience?

Sur la seule base des preuves présentes,y a-t-il aucune autre pensée et aucune autre sensation où que se soit,en dehors de celles qui surviennent ici?
Pour prendre une analogie,les personnages sur l'écran de cinéma communiquent entre eux d'une manière qui donne à penser qu'ils croient ce qu'ils disent.En réalité,cependant,il n'y a aucune pensée qui se produise à l'intérieur de ces images cinématographiques.Ce sont simplement des images visuelles evec une bande son surajouté.L'idée qu'il y a des pensées qui surviennent à l'intérieur des images est une présomption qui intervient automatiquement dès que l'attention est absorbée par le film au point qu'il se mue temporairement en réalité.

Lorsque les présomptions sont vues pour les présomptions qu'elles sont cependant,elles perdent leur mordant potentiel.
Et s'il advient la reconnaissance qu'il n'est pas d' "autres"du tout-qu'en fait,il n'est tout simplement personne-cette vie continue à se dérouler de manière complètement naturelle,comme si il y avait des autres doués de sensibilité;comme si il y avait une vie intérieure-riche et joyeuse ou triste et tourmentée-se produisant en"eux".

mercredi 3 février 2010

JE SUIS (Paroles de Nisargadatta MAHARAJ)



-Il n'y a rien à pratiquer. Pour vous connaître, soyez vous-même. Pour être vous-même, cessez d'imaginer que vous êtes ceci ou cela. Soyez seulement. Laissez votre vraie nature émerger. Ne troublez pas votre mental par la recherche. Regardez-vous, regardez votre propre existence. Vous savez que vous êtes et vous aimez ça. Rejetez toute imagination, un point c'est tout. Ne comptez pas sur le temps, le temps c'est la mort. Celui qui attend meurt. La vie n'est que maintenant. Ne me parlez pas de passé ou de futur - ils n'existent que dans votre mental




-Sur l'écran de cinéma, les silhouettes se déplacent continuellement, elles ne peuvent pas faire autrement, c'est sur le film. Elles ne décident rien, le film se déroule. Mais qu'est-ce qui rend possible les silhouettes sur l'écran ? Est-ce le seul déroulement du film ? Non, c'est la lumière qui le traverse, la lumière qui est derrière. Pour vous c'est la même chose, votre réalité est uniquement d'être lumière, d'observer le film dont le déroulement produit les événements du monde. Soyez cette source-lumière derrière la conscience




-Vous êtes le connaissant du corps. Quand cette tendance disparaît, il y a vacuité, et cette vacuité est observée par quelqu'un qui n'est pas vacuité. Celui qui sait qu'il y a obscurité, peut-il être l'obscurité ?




-Tout ceci n'est que le jeu des cinq éléments. Le corps n'est qu' un développement biologique, une pousse végétale, mais nous en tirons de la fierté, affirmant "Je suis quelqu'un !". Ceci n'est qu'une croissance naturelle, comme les plantes





-Est-ce comme cela que Dieu régit le monde ?

Dieu ne régit pas le monde.

Qui le fait ?

Personne. Tout se produit de lui-même. En posant la question, vous y répondez. Et vous connaissez la réponse au moment où vous posez la question. Tout n'est qu'un jeu dans la conscience. Toutes les divisions sont illusoires. Vous ne pouvez connaître que le faux, le vrai, vous devez l'être.




-Cet état est un et indivisible, un bloc unique et solide de réalité. La seule façon de le connaître c'est de l'être. Le mental ne peut pas l'atteindre. Les sens ne sont pas nécessaires pour le percevoir; vous n'avez pas besoin du mental pour le connaître.



-La présence dans le maintenant est un état qui est toujours à portée de la main mais que l'on remarque rarement.



-Avoir une foi religieuse n'est qu'une complaisance émotionnelle. Croire à la naissance et à la mort également.



-Je suis le principe qui survit à toutes les créations et toutes les dissolutions.


-Toutes les expressions de ce que vous percevez sont le produit, la floraison de la connaissance "je suis". Ce que vous êtes en train de faire en ce moment - vous efforcer de comprendre intellectuellement tous ces mots - est une fausse démarche. L'intellect n'est qu'une résultante de votre être. Il est donc impossible que l'intellect puisse appréhender ce qui le précède.


-Il n’y a pas à rechercher le maintenant ou quoi que ce soit mais à être éveillé, attentif à sa propre conscience, c’est tout. La conscience doit être consciente de sa faculté de prendre conscience. Rien n’est à faire, aucun acte particulier à accomplir. Parler d’abandon est simplement une manière d’exprimer cela. Vous êtes pure présence consciente, vous l’êtes et vous n’avez pas à vous le répéter avec des mots. Gardez-le au fond de vous-même. Rappelez-vous toujours : la conscience est toutes choses, tout, pour tout être pensant. S’il n’y a plus de conscience le monde n’existe plus. C’est conscience est avec nous à tous les moments de notre existence. Cette connaissance n’a pas d’aspect ou de forme, elle est semblable à la lumière, la lumière de la vraie connaissance, elle est de la nature de l’amour. Comprenez bien que cette conscience n’est pas représentée par le corps, qu’elle est seulement lumière.
La lumière révélant l’existence, voilà votre véritable nature et ne demandez pas « qui sont les parents de la lumière », elle est là et c’est tout.
La lumière est la découverte « je suis ». C’est l’aboutissement du corps-essence-de-la-nourriture. Ce « je suis » est la condition indispensable pour que le monde apparaisse à l’existence, dans son image est contenu tout le reste. Observez, percevez, regardez ce « je suis » sans l’œil physique. Cette conscience précède la vue. En dehors de cette certitude « je suis » que pouvez-vous posséder d’autre ?



-Dès le réveil, « l’auto-luminosité » se manifeste et vous percevez un espace. C’est votre lumière qui éclaire l’espace intérieur où apparaît l’espace extérieur. C’est donc bien votre rayonnement, votre lumière qui se répand partout, c’est dans votre lumière qu’apparaît l’espace qui vous entoure, c’est grâce à elle qu’il est perçu. Comme le rayon du soleil est l’expression du soleil lui-même, votre monde ne peut pas exister en-dehors de votre conscience. Il est l’expression de ce « je suis ». Ce monde est votre manifestation. Vous seul êtes. Le système solaire, le cosmos, tout cela peut être connu grâce au soleil. Pour vous c’est la même chose. Tout cet espace, y compris le soleil, se manifeste grâce à ce « je suis », cette conscience. Cette conscience et la lumière solaire sont similaires, elles jouent le même rôle, elles sont Une. Nous vivons dans l’espace, cet espace n’est qu’une seule entité et par quoi est-il révélé ? Par la lumière du soleil ! Votre lumière intérieure est-elle différente ? Votre espace intérieur est-il différent ?



-Vous avez la certitude d’être. Cette connaissance devient plus tard non-connaissance, ce qui est l’ultime prolongement de la connaissance. Comparons ceci à l’eau. Vous avez un récipient d’eau, vous la voyez, vous la touchez. Elle s’évapore et il n’y a plus rien. Vous pensez probablement qu’elle est détruite mais il n’y a pas eu de mort, pas eu de destruction. L’eau n’est pas annihilée, elle est devenue nuage, abondance, fertilité.
Similairement, quand cette connaissance d’exister devient non-connaissance, elle se fond dans l’Absolu. Cet être devient non-être, il n’est plus tangible, mais cela ne signifie pas qu’on l’a tué ou détruit ! Quand le « je suis » se dissout dans l’infini, ce qui était manifesté, perceptible, devient insensible, intangible. Inversement, dès qu’une trace de « je suis » commence à poindre, tout le cosmos soudain est là et dès qu’il disparaît, tout s’efface, tout s’éteint.



-Je ne me suis pas créé, je n’ai pas créé cette forme, je ne sais pas d’où elle vient. Si je dis que c’est Dieu alors que je ne sais pas ce que je suis, comment puis-je concevoir celui qui a créé ce que je ne connais pas ?
D’abord, cette présence est apparue et c’est le pivot, la base. Dès que je vois que cette sensation d’exister à surgit sans cause, je vois également qu’elle est à la racine de cette identification avec le corps et l’intellect.
Comment puis-je prétendre qu’un Dieu existe et qu’il m’a créé quand je ne possède pas d’évidence suffisante de ma propre existence ! Et même, si l’on me dit que Dieu est le témoin de mon existence, il faut d’abord que je sois avant qu’il puisse m’observer.



-Cet état « je suis » de votre enfance se poursuit jusqu’à la vieillesse, jusqu'à votre dernier jour. Le même processus d’être, de conscience, le même état « je suis » se poursuit, vous êtes d’accord ? Vous êtes un enfant, un adolescent, un adulte plein de force, puis un vieillard de plus en plus faible et courbé, mais votre connaissance d’être demeure bien la même ?

Enfin, quelquefois elle l’est et quelquefois elle ne l’est pas.

Absurde. Si comme vous le dites la connaissance n’était pas immuable, sur quoi vous appuieriez-vous pour dire qu’elle ne l’est pas ? Quelqu’un doit bien le savoir ?




-Je n’ai rien cherché qu’à y voir clair. Je n’étais pas conscient que la conscience était tout le temps là, et soudain je pris conscience que je suis ça. Où et comment est-ce que cette conscience s’est levée en moi ? C’est ce que j’ai cherché à comprendre, en retournant à cet état où il n’y a pas de manifestation des phénomènes. C’est-à-dire à la connaissance originale du Soi original. Alors, je suis retourné jusqu’au Soi original, et je suis arrivé au point où je voulais savoir ce qu’étais ma condition avant que cette conscience ne se manifeste. Voilà où j’en suis arrivé. Brahman, Isvara, Dieu, ne sont que des noms de la conscience qui est consciente d’elle-même. Si tout ça est clair pour vous, comment allez-vous réagir au moment de ce qu’on appelle la mort ? La conscience simplement va observer ce qui se passe. Elle se détache progressivement, et à la fin elle n’est plus consciente d’elle-même. Cette réalité est au-delà des mots.



-A l’apparition de la conscience, l’Absolu sait qu’il est , il devient conscient de lui-même, c’est le « Je suis ». Il fait l’expérience de lui-même. Il y a aussi d’autres expériences ici (chez Maharaj), dues au fait que j’existe dans le temps, mais elles s’estompent progressivement, jusques et y compris cette expérience primordiales du « Je suis ». C’est seulement la conscience qui s’affaiblit et disparaît, l’Absolu demeure éternellement.
Quelle aventure et quelle déchéance ! L’état de perfection, qui s’embrouille dans ces expériences, et qui essaye d’en tirer des avantages illusoires.

Est-ce que tout ça arrive spontanément ?

Oui. Le Principe Ultime s’est absorbé dans toutes ces expériences qui se produisent au niveau de la conscience. Il s’y est oublié, il les a prises, ces expériences, pour lui-même, il les a acceptées comme si elles étaient lui. Il les a acceptées comme étant l’expression de la vérité, et il s’y est de plus en plus absorbé.



-Dites-moi, quand la conscience n’était pas là, qu’est-ce que vous aviez comme expériences ? Un petit coup de « Je suis » et voilà, l’être-moi se sait exister, ainsi que le monde.



-Tout ça n’est que divertissement. Vous êtes ici. Votre présence n’est-elle pas le résultat du plaisir d’un autre ? Tant que vous comprenez que les expériences ne sont que des apparitions dans la conscience, ça va.
Cette compréhension n’est pas une question de temps. Si vous pressentez la vérité, elle est simple et comprise en un instant.
La présence de la conscience dépend du corps, qui n’est rien d’autre que sperme et ovule, alors où est le « vous » ? Ce corps-esprit est une machine qui dit « Je suis », comme un haut-parleur. Alors vous croyez que vous êtes ce corps-esprit, et toutes les notions que vous avez ramassées ici et là en ressortent. Au début de votre quête spirituelle vous rejetez l’entité corps-esprit en disant « je ne suis pas ça ». Puis vous arrivez au « Je suis » sans rien d’autre, sans mots. Puis vous êtes le tout, vous n’êtes plus limités au corps-esprit.
La présence de la conscience est sentie grâce à cet instrument, le corps-esprit ; mais Moi, l’Absolu, je ne suis pas ça.
Après s’être stabilisé dans la conscience, on se met en position d’observer la conscience, et tout ce qui se passe en elle, juste pour comprendre.
L’attachement à l’entité corps-esprit et à la conscience est très fort, il est très difficile de s’en défaire.
La venue au monde, l’organisation chimique qui permet à l’entité corps esprit d’exister, n’a ni forme préétablie ni dessein, et en vérité elle n’existait pas. Cette chose-qui-n’existe-pas existe soudain. Quelle peut être sa valeur intrinsèque ? C’est seulement une apparition, ça ne peut pas être la vérité. C’est pourquoi j’ose dire ce que je dis.




-Je n’ai pas peur de la mort. Avec la mort l’imperfection disparaît. La conscience, la marque de l’imperfection, se dissipe. Il reste la perfection totale.




-(Montrant son briquet) La flamme continue à brûler tant qu’il y a du gaz. Est-ce qu’on peut parler de libération ou d’éveil pour cette flamme ? Ce corps et cette conscience, qui sont dus aux cinq éléments, peut-on parler de leur libération ? L’Un, qui précède l’apparition des éléments, est dans l’éternité.
Vous essayez de comprendre avec l’esprit, l’intellect, mais ce que je dis n’a rien à voir avec l’intellect, c’est basé sur ce qui jaillit spontanément de la conscience.





-La conscience est universelle, comme le jour et la nuit sont universels. On ne peut pas donner un nom ou des qualités à un tel principe. Qui est celui qui sait qu’il n’y avait ni jour, ni nuit, ni conscience ? Le jour et la nuit, le souvenir et l’oubli, l’état d’éveil et l’état de sommeil profond, sont-ils une seule et même chose ou sont-ils différents ?
Les capacités de la conscience sont extraordinaires. Je ne savais pas que j’étais, et soudain j’ai eu la conscience « Je suis ».




-Il ne se passe rien - personne n’est esclave – et par conséquent il n’est pas question de libération. C’est seulement parce qu’on se pense en tant qu’individu qu’on conçoit la servitude et la libération.
Tout ce que vous avez pensé jusqu’ici dans ce bas-monde ne sert absolument à rien.




-Supposons que je n’aime pas mon corps-esprit, ou mon souffle vital – qu’y puis-je ? Le corps est là, le souffle vital aussi, par conséquent le « Je suis » est là aussi. Ils fonctionnent d’eux-mêmes, pourquoi est-ce que je m’en soucierais ? La conscience fait son numéro, laissons-la




-Les pensées vont et viennent, mais celui qui a la connaissance, ne se sent pas concerné.
Les pensées arrivent dans la conscience ; l'observation aussi se produit dans la conscience. Il faut vous convaincre que vous êtes cette conscience. Une fois que c'est bien établi, il n'y a plus rien à faire ; laissez cette conscience faire ce qu'il faut faire. Tout ce qui arrive, arrive automatiquement.



-J'étais là, j'étais un, même pas conscient de ma conscience, et voilà que d'un seul coup cette conscience surgit.



-Vos pensées sur l'individualité ne vous appartiennent pas en propre ; elles sont collectives. Vous opinez que c'est vous l'individu qui a ces pensées; en fait elles viennent de la conscience.
Quand notre spiritualité se développe, notre identification à l'individualité corps-esprit diminue, et notre conscience atteint la conscience universelle. La force vitale continue, mais ses pensées et ses actions ne sont plus limitées à un individu. Elles deviennent une expression du tout. C'est comme le vent : il ne souffle pour personne en particulier.




-Quand je vous parle, je ne parle pas à un individu; je parle à la conscience. C'est elle qui doit remonter à sa source.
Au début, il y a le non-être. Puis l'être en sort, aussi doucement que vient le crépuscule, avec juste une sensation de "Je suis", et soudain l'espace est là. L'espace permet le mouvement, qui se manifeste par l'air, le feu, l'eau, la terre. Ces cinq éléments sont vous.
C'est votre conscience qui a tout fait. Il n'y a pas d'individu, il y a vous, c'est-à-dire le fonctionnement du tout, la conscience.
Vous êtes cette conscience, tous les attributs de la Divinité sont aussi les vôtres; mais vous vous cramponnez au corps-esprit, et ce faisant vous vous laissez aller au temps et à la mort - vous vous l'imposez à vous mêmes.
Je suis l'univers tout entier. Je n'ai besoin de rien, puisque je suis tout. Mais je me suis niché dans du petit, dans un corps ; je me suis limité à un fragment, et maintenant je suis en manque , un corps a besoin de tant de choses.
Sans le corps, est-ce que vous existez, est-ce que vous avez existé ?
Sans le corps, est-ce qu'il y a, est-ce qu'il y a eu quelque chose ?
Retournez à cet état d'avant le corps. Votre vraie nature est prête, elle est libre, mais vous la cachez, vous imaginez toutes sortes de chose.




-Il n'y a pas d'individus; il y a seulement des corps, sustentés par la nourriture, et la connaissance du "Je suis" qui va avec. Il n'y a aucune différence entre une fourmi, un être humain, et Dieu. Ils sont tous de la même aune. La fourmi est minuscule, l'éléphant est gros. Vu les tailles différentes, leurs force est différente, mais leur énergie vitale est la même. Pour qu'il y ait connaissance il faut qu'il y ait une corps.




-Vous êtes tous trempés car il pleut beaucoup aujourd‘hui. Dans mon monde, le temps est toujours au beau fixe. Il n’y fait ni nuit ni jour, ni chaud ni froid. Pas la moindre inquiétude, ni regrets ne m‘assaillent. Mon esprit est libre des pensées, car tous les désir dont l‘assouvissement me réduirait à l‘esclavage en sont absents.

Est-ce qu’il existe deux mondes ?

Votre monde est transitoire, changeant. Mon monde est parfait, sans le moindre changement. Vous pouvez me dire ce que voulez concernant votre monde je vous écouterai attentivement, et même avec intérêt, cependant pas à un seul instant je n’oublie que votre monde n’existe pas ; que vous êtes en train de rêver.

Qu’est-ce qui distingue votre monde du mien ?

Mon monde ne possède pas de caractéristiques par lesquelles on pourrait le définir. Vous ne pouvez rien en dire. Je suis mon monde. Mon monde est moi-même. Il est entier et parfait. Toutes les impressions sont effacées, chaque expérience est rejetée. Je n’ai besoin de rien, même pas de moi-même, car je ne puis perdre ce que je suis.

Même pas de Dieu ?

Toutes ces idées et distinctions existent dans votre monde ; il n’existe rien de tel dans le mien. Mon monde est unique et très simple.

Il ne s’y passe donc rien ?

Quel que soit ce qui se produit dans votre monde n’a de validité et ne demande une réponse qu‘en lui. Dans mon monde, il ne se passe rien.

Le fait même que vous faites l’expérience de votre propre monde sous-entend la dualité propre à toute expérience.

Verbalement - oui. Mais vos paroles ne m’atteignent pas. Mon monde n’est pas un univers verbal. Dans votre monde, l’inexprimé n’existe pas ; dans le mien, les mots et leur contenu sont dénués de vie. Dans votre monde, rien n’est stable ; dans le mien - rien ne change. Mon monde est réel, alors que le vôtre est fait de rêves.

Pourtant, nous avons une conversation.

Le dialogue appartient à votre monde. Dans le mien il règne le silence éternel. Mon silence chante, mon vide est plein, je ne manque de rien. Vous ne pouvez connaître mon monde tant que vous n’y êtes pas.

Vous semblez être seul dans votre monde.

Comment pouvez-vous dire seul ou pas seul, quand les mots ne s’y rapportent pas ? Bien sûr que je suis seul, car je suis tout.

Ne venez-vous jamais dans notre monde ?

Que signifient aller et venir pour moi ? A nouveau, ce sont des mots. Je suis. D’où puis-je venir et où pourrais-je aller ?

En quoi votre monde m’est-il utile ?

Vous devriez observer votre monde de plus près, l’examiner de façon critique et, un jour vous vous retrouverez soudainement dans le mien.

Qu’avons-nous à gagner en faisant cela ?

Vous ne gagnez rien. Vous n’emportez pas ce qui n’est pas vôtre et vous découvrez ce que vous n’avez jamais perdu - votre propre être.

Qui commande dans votre monde ?

Il n’est sous la gouvernance d’aucun dirigeant, et personne n’y est gouverné. Il ne comprend pas la moindre dualité. Vous ne faites que projeter vos propres idées. Vos Ecritures et vos dieux ne représentent rien ici.

Vous possédez cependant un nom et une forme, vous faites preuve de conscience et d’activité.

C‘est l‘impression que je donne au sein de votre monde. Dans le mien, seul être existe ; et rien d’autre. Vous autres ressentez de la richesse avec vos idées de possession, de quantité et de qualité. Je suis entièrement dénué d’idées.

Mon monde est sujet au trouble, à la détresse et au désespoir. Vous semblez vivre avec des revenus cachés, alors que je dois trimer pour gagner ma vie.

Faites comme bon vous semble. Vous êtes libre de quitter votre monde pour rejoindre le mien.

Comment faire la traversée ?

Voyez votre monde tel qu’il est, non pas comme vous l’imaginez. Le discernement mènera au détachement ; le détachement vous assurera d’agir de façon juste ; l’action juste construira le pont intérieur qui conduira vers votre être véritable. L’action est une preuve de votre ferveur. Faites ce que l’on vous dit avec diligence et foi, et tous les obstacles s’évanouiront.

Etes-vous heureux ?

Dans votre monde, je serais des plus malheureux. Se réveiller, manger, parler, dormir à nouveau - quelle barbe !

Alors, vous ne voulez même pas vivre ?

Vivre, mourir - comme ce sont des mots dénués de sens ! Alors que vous me voyez en vie, je suis mort. Quand vous me pensez mort, je suis en vie. Vous êtes dans la confusion la plus totale !

Ce que vous pouvez être indifférent ! Toutes les souffrances de notre monde sont telles un néant à vos yeux.

J’ai parfaitement conscience de vos problèmes.

Alors, que faites-vous pour les soulager ?

Je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit. Ils vont et viennent.

Disparaissent-ils rien qu’en leur accordant de l’attention ?

Oui. La difficulté peut être de nature physique, émotionnelle ou mentale ; mais elle est toujours individuelle. Les calamités à grande échelle sont la somme de destinées individuelles innombrables et prennent du temps à se résorber. Mais la mort n’est jamais une calamité !

Même quand un homme est assassiné ?

La calamité est celle du tueur.

Quand-même, deux mondes me semblent exister : le mien et le vôtre.

Le mien est réel, le vôtre est mental.

Imaginez un rocher dans lequel il y a un trou où se trouve une grenouille. Disons que sa vie se déroule dans la félicité parfaite, sans distractions ni dérangements. Le monde continue à tourner à l’extérieur du rocher. Si la grenouille était au courant du monde extérieur, elle tiendrait ce propos : " Une telle chose n’existe pas. Mon monde est fait de paix et de félicité. Votre monde n’est qu’une structure en mots, il est sans existence. " Il en va de même pour vous. Quand vous nous dites que notre monde n’existe tout bonnement pas, il n’y a pas de discussion possible. Ou, prenons un autre exemple. Je vais consulter un médecin pour des douleurs au ventre. Il m’ausculte et me dit : " Vous n’avez rien. " " Mais, j’ai mal ", lui dis-je. " Votre douleur est mentale ", m’assure-t-il. Je dis : " Savoir que ma douleur est mentale ne m‘est d‘aucune aide. Vous êtes docteur, soignez cette douleur. Si vous n’en êtes pas capable, alors vous n’êtes pas mon médecin. "

Tout-à-fait juste.

Vous avez construit les rails, mais sans pont, aucun train ne peut traverser. Veuillez construire le pont.

Il n‘est besoin d‘aucun pont.

Quelque lien entre votre monde et le mien doit bien exister.

Aucun lien n’est nécessaire entre un monde réel et un monde imaginaire, car il ne peut pas y en avoir.

Alors que pouvons-nous faire ?

Examinez votre monde, appliquez-vous à cette observation de tout votre esprit, examinez-le de manière critique, inspectez attentivement chaque idée le concernant ; cela suffira.

Le monde est trop grand pour ce genre d’investigation. Tout ce que je sais, c’est que j‘existe, le monde existe, le monde me cause des problèmes et je lui en cause également.

Dans mon expérience, tout est félicité. Mais le désir de félicité crée la souffrance. Ainsi, la félicité devient le germe de la souffrance. L’univers entier de la souffrance nait du désir. Abandonnez l’aspiration au plaisir et vous ne saurez même pas ce qu’est la souffrance.

Pourquoi le plaisir doit-il être le germe de la souffrance ?

Parce que vous commettez de nombreux péchés au nom du plaisir. Et les fruits du péché sont la souffrance et la douleur.

D’après vous, le monde ne nous est pas utile - il n’est que tribulation. Je ne le ressens pas ainsi. Dieu n’est pas si insensé. Le monde m’apparaît comme une grande entreprise dont le but est de transformer le potentiel en actuel, le matériel en vivant, l’inconscient en pleine conscience. Pour réaliser le suprême il nous faut l’expérience des contraires. De la même façon que pour construire un temple nous devons avoir des pierres et du mortier, du bois et du fer, du verre et des tuiles ; pour transformer l’homme en sage divin, en maître sur la vie et la mort, il nous faut le matériau de chaque expérience. Tout comme la femme se rend au marché, achète toutes sortes de provisions, rentre à la maison, fait la cuisine, cuit des gâteaux et nourrit son seigneur, nous nous cuisons nous-mêmes à point dans le feu de la vie et nourrissons notre Dieu.

Bien, si c’est-ce que vous pensez, allez-y. Nourrissez alors votre Dieu.

Un enfant va à l’école et apprend beaucoup de choses, qui plus tard ne lui serviront pas. Cependant, il grandit pendant tout ce processus d’apprentissage. Nous aussi, traversons un nombre incalculable d’expériences puis les oublions, mais tout du long, nous grandissons. Et qu’est-ce qu’un jnani, sinon un homme qui a du génie pour la réalité ? Ce monde, qui est mien, ne peut pas être fortuit. Il a un sens, il n’est pas sans dessein. Mon Dieu a un plan.

Si le monde est faux, alors le dessein et son créateur le sont également.

A nouveau, vous déniez le monde. Il n’y a pas de pont entre nous.

Un pont n’est pas nécessaire. Votre erreur est de croire que vous êtes né. Vous n’êtes jamais né et jamais vous ne mourrez, mais vous croyez être né à une date particulière, en un lieu donné, et que ce corps-ci est le vôtre.

Le monde est, je suis. Ce sont des faits.

Pourquoi vous inquiétez-vous du monde avant de vous occuper de vous-même ? Vous voulez sauver le monde, n’est-ce pas ? Pouvez-vous faire passer le salut du monde avant le vôtre ? Et que signifie être sauvé ? Sauvé de quoi ? De l’illusion. Le salut c’est voir les choses telles qu’elles sont. Je ne me perçois pas du tout comme étant lié à qui que ce soit, ni à quoi que ce soit. Même pas à un soi, quoi qu’il puisse être. Je demeure à jamais non défini. Je suis au-dedans et au-delà - intérieur et inaccessible.

Comment y-êtes vous arrivé ?

Par la confiance en mon Guru. Il m’a dit : " Vous seul êtes ", et je n’ai pas un seul instant douté de sa parole. Je n’ai fait qu’essayer de la comprendre, et cela, jusqu’à ce que je réalise combien elle était absolument véridique.

La conviction par la répétition ?

Par la réalisation du soi. Je me suis découvert être absolument conscient et heureux. J’ai vu que par erreur je pensais devoir l’être-conscience-félicité au corps et au monde des corps.

Vous n’êtes pas un érudit. Vous n’avez pas beaucoup lu et ce que vous avez étudié, ou entendu dire, n‘était peut-être pas souvent contradictoire. J’ai, pour ma part, une grande érudition et j’ai beaucoup lu. Mes découvertes m’ont montré que les livres et les enseignants se contredisent à n’en plus finir. C’est pourquoi j’aborde tout ce que je lis et entends avec beaucoup d’hésitation. Ma première réaction est la suivante : " Il se peut qu’il en soit ainsi, mais peut-être pas. " Comme mon esprit est incapable de juger de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est pas, je reste dans le doute. Dans le yoga, un esprit en proie au doute est un grand inconvénient.

Je suis heureux de vous l’entendre dire ; mais mon Guru m’a aussi enseigné à douter - de tout et de façon absolue. Il m’a dit : " N’accorde pas la moindre existence à quoi que ce soit, sauf à toi-même. " C’est par désir que vous avez créé le monde avec son lot de souffrances et de plaisirs.

Doit-il être également pénible ?

Comment peut-il en être autrement ? Le plaisir est limité et transitoire par nature. Le désir naît de la douleur, dans la douleur il recherche l’accomplissement et il trouve sa fin dans la souffrance de la frustration et du désespoir. L’affliction est l’arrière-plan du plaisir, toute quête de plaisir naît dans la douleur et prend fin dans la douleur.

Ce que vous dites est très clair pour moi. Mais quand il m’arrive quelque trouble d’ordre physique ou mental, mon esprit devient morose et s’assombrit, ou encore, il se met en quête d’un soulagement de manière effrénée.

Et alors ? C’est l’esprit qui vit la morosité ou l’agitation, pas vous. Regardez, toutes sortes de choses se passent dans cette pièce. Sont-elles de mon fait ? Elles se produisent d’elles-mêmes. Il en est de même en vous - le rouleau de la destiné se déploie et actualise l’inévitable. Vous ne pouvez pas changer le cours des choses, mais vous pouvez changer votre attitude, et ce qui compte vraiment, c’est l’attitude et non le seul évènement. Le monde est le royaume des désirs et des peurs. Vous ne pouvez y trouver la paix. Pour vivre la paix, vous devez dépasser le monde. La cause première du monde est l’amour de soi-même. C’est à cause de lui que nous recherchons le plaisir et que nous voulons éviter la souffrance. Remplacez l’amour de soi-même par l’amour du Soi, et tout le tableau se transforme. Brahma, le Créateur, figure la somme de tous les désirs. Le monde est l’instrument qui sert à leur accomplissement. Les âmes s’adonnent aux plaisirs qu’elles désirent et payent le prix dans les larmes. Le temps harmonise les comptes. Le règne de la loi de l’équilibre est souverain.

On doit d’abord être un homme avant d’être surhumain. L’âge d’homme est le fruit d’expériences innombrables. Le désir pousse à l’expérience. En conséquence, au moment opportun et à un certain niveau, le désir est à sa place.

Tout ceci est vrai, d’une certaine manière. Mais un jour vient, où vous avez accumulé suffisamment et où il est temps de vous mettre à construire. Alors, il devient absolument nécessaire de trier et rejeter [viveka-vairagya]. Tout doit être minutieusement examiné et ce qui n’est pas nécessaire doit être détruit sans concession aucune. Croyez-moi, on ne peut pas trop détruire. Car il n’y a rien de valeur dans la réalité. Soyez passionnément impartial - c’est tout.



-Non seulement vous n'allez rien acquérir, mais vous allez perdre tout ce que vous avez pu "acquérir" au prix de tant d'efforts pendant toutes ces années. Qui plus est, vous allez même perdre votre soi ! Vous êtes prévenus ! Vous allez, si vous revenez me voir, parvenir à la conclusion qu'il n'existe aucun "moi" ou "vous" pour rechercher l'éveil, et qu'en fait "l'éveil" lui-même n'existe pas. L'aperception de ce fait est elle-même l'éveil !


-Je ne parle pas du corps-esprit et de ce qui se passe dans le monde. Je parle seulement de votre nature vraie, et votre nature vraie est cette présence que vous sentez, cette conscience. Si vous n'êtes pas conscient, le monde n'existe pas pour vous. Il n'y a rien là-bas. le monde n'existe pour vous que quand vous êtes conscient, c'est donc de cette conscience, de ce sentiment d'une présence, que je parle.
Une fois que cette présence s'est fait sentir, je ne m'intéresse pas à ce que vous faites, ou comment vous le faites. Ce sentiment de présence, cette conscience, n'est-elle pas antérieure à tout le reste ? Si vous n'êtes pas conscient, quelle pensée pouvez-vous avoir, à propos de n'importe quoi ? Ce sentiment de présence, cette conscience, ne sont-ils donc pas la chose originale, sans quoi rien d' autre ne peut arriver ? Rien - aucune pensée, aucun concept - ne peut jaillir de lui-même. Il n'y a pas d'activité possible sans le sentiment de cette présence. Ce sentiment de présence n'a besoin d'aucune activité de l'esprit pour savoir que vous êtes là. Vous n'avez pas besoin de vous demander: "Suis-je présent, suis-je conscient ?" Il y a ce sentiment intuitif de présence, vous savez que vous êtes là.



-Ne devenez pas client de vos concepts, vous êtes la source de tout.


-L’univers est contenu dans la conscience et le corps physique, lui aussi,
n’est qu’une apparition dans la conscience



-JE –présence– descend par moi-même dans cette conscience au sein de laquelle je m’exprime. Il s’agit du nœud central, la structure même de la manifestation.



-Soyez tel que vous êtes. Ne redescendez pas dans le cérébral et le corps. Ce vous ultime ne peut jamais être perdu. Quoi que vous ayez perdu, ce ne sera jamais que des mots, des noms. Les noms sont un joug, des menottes aux poignets



-Retournez à l’état existant avant que la conscience ne se soit manifestée à vous. Il vous faut arriver à votre identité, à cet état qui a précédé les mots. Demeurez dans la conscience d’être, sans mots.



-Parce que vous êtes, l’univers est. Ce que vous êtes, vous l’êtes sans modifications. Vous êtes, vous savez que vous êtes.
Abandonnez-vous et tout vous sera révélé.



-Ce que vous êtes est sans forme, ne peut pas être observé, vous ne pouvez pas le savoir. Vous ne pourrez jamais “connaître” le Soi. Vous devez “être ça” et en rester là, ne plus en bouger.



-La connaissance que l’on peut posséder est un ramassis d’ignorance.
Ce qui est, avant la connaissance, Cela est la Vérité.













Vous êtes accoutumés à vous occuper des choses, physiques ou mentales.
Pas plus que vous, je ne suis une chose. Nous ne sommes ni matière ou énergie, ni corps ou mental. Quand vous aurez entrevu votre propre être, vous n'aurez plus de difficultés à me comprendre.

Nous croyons tellement de choses par ouï-dire. Nous croyons aux terres et au peuples lointains, aux cieux et aux enfers, aux dieux et aux déesses parce qu'on nous en a parlé. On nous a parlé également de nous-mème, de nos parents, de notre nom, de notre position sociale, de nos devoirs, etc.
Nous ne nous sommes jamais souciés de vérifier tout cela.

Le chemin de la vérité passe par la destruction de l'erreur. Pour détruire l'erreur,
vous devez remettre en question vos croyances les plus invétérées.
La pire de celles-ci étant que vous êtes le corps. Avec le corps, suis le monde, et avec le monde-Dieu, qui est supposé avoir créé le monde, et ainsi s'enchaînent les craintes, les religions, les prières, les sacrifices et toutes sortes de systèmes qui tous visent à protéger et à soutenir l'homme-enfant qui perd la raison parce qu'il est terrorisé devant des monstres qui ne sont que ses propres créatures.

Réalisez que ce que vous êtes ne peut pas être né ni ne peut mourir et, la peur s'étant évanouie, toute souffrance cessera.
Le mental détruit ce qu'il invente. Mais le réel n'est pas inventé et il ne peut pas être détruit. Accrochez-vous à ce sur quoi le mental n'a pas de pouvoir.
Ce dont je vous parle ne se situe ni dans le passé ni dans l'avenir. Ce n'est pas non plus dans la vie quotidienne telle qu'elle coule dans le maintenant.
Ce n'est pas éternel-c'est intemporel, et sa totale intemporalité dépasse le mental.











Vous croyez être dans le monde et non que le monde est en vous. Qui vint le premier, vous ou vos parents?
Vous imaginez être né à un certain endroit, à une certaine heure, que vous avez un père et une mère, un corps et un nom. Voilà votre péché et votre fléau!


Arrêtez d'imaginer que vous êtes né, que vous avez eu des parents, que vous êtes un corps, que vous mourrez, etc. Essayez, faites un pas. Ce n'est pas si difficile que vous le croyez.














-En fait,nous n'avons pas d'histoire,nous ne sommes pas un processus,nous ne nous développons pas,ni ne dépérissons;voyez donc tout comme un rêve et restez hors de lui.



-Quand, dans une ville éclairée,une ampoule brûle,cela n'affecte pas le réseau,de même la mort d'un corps n'affecte pas le tout.








Vous devez mourir afin de vivre,vous devez vous fondre pour vous reformer, vous devez détruire pour construire,anéantir avant de créer.Le Suprême,c'est le solvant universel.Il corrode tous les récipients,il brûle toutes les barrières.Sans la négation absolue de tout,la tyrannie des choses serait absolue.C'est le Grand Harmonisateur,la garantie de l'équilibre ultime et parfait qui,en vous dissolvant,réaffirme votre être vrai.

























Le monde n'est qu'un spectacle aussi brillant que vide.Il n'existe qu'aussi longtemps que je veux le voir et y prendre part.Quand je ne m'y intéresse plus ,il s'évanouit.Il n'a pas de cause et il ne sert à rien.Il se manifeste quand nous sommes distraits.Il semble être exactement ce qu'il paraît,mais il n'a ni profondeur ni signification.Seul le spectateur est réel.





















L'attention vous ramène dans le présent,le maintenant,et la présence dans le maintenant est un état qui est toujours à portée de la main mais que l'on remarque rarement.








Disposez-vous de l'expérience de votre naissance?


Vous n'aviez aucune notion d'existence.Ce sens du"je suis" a pris forme spontanément sans intervention de votre part,pourquoi en tirez vous vanité?


Vous n'avez eu aucune possibilité de dire"non,je ne veux pas un forme masculine,je la veux féminine".Avez vous participé à la formation de ce corps?


Quand tout a été terminé,vous avez éprouvé ce "je suis",tout cela s'est produit de soi-même,pourquoi en être si fier?Quelqu'un a perdu connaissance et soudain il reprend connaissance.De même,la naissance s'est produite par cette apparition de la conscience.

Ce que vous pensez être,n'est rien d'autre que l'essence"matérielle" du corps de votre père qui a été conçu dans le sein de votre mère,et qui par la suite s'est spontanément développé et est devenu un bébé avec des os,de la chair,du sang,etc.En fait,vous n'avez pas même été consulté à propos de votre"naissance".

Une forme humaine a été créée,qui d'un bébé a grandi en un petit enfant et à un certain moment,peut-être durant la deuxième année de votre vie,on vous a dit que vous étiez "né",que"vous"aviez à la fois un nom et une forme.

Après quoi,vous avez eu la connaissance de votre "existence"et"vous"avez commencé à vous considérer comme un individu séparé,doté d'une identité autonome,existant indépendamment du reste du monde.Maintenant considérez ceci:

-Vos parents vous ont-ils créé,"vous"spécialement et de façon délibérée?

-Vos parents ont-ils su à quel moment la conception a eu lieu?

-Avez-vous,"vous"choisi un couple particulier,spécialement et de façon délibérée,pour être vos parents?

-Avez-choisi de "naître"?
















-Avant l’apparition de l' être, cet état quel qu’il puisse être est antérieur ou plutôt au-delà de l’état d’être et du non-être.

Je prédomine en cet état,avant l’apparition de l’être et aussi avant l’apparition du non-être. Et avec l’état de veille ce monde entier se manifeste.
Mon monde se manifeste en raison de mon être.
Cela aussi est observé par cet état qui est antérieur à l’être
Et vous êtes cela.





-La conscience est là,mais ce n'est pas simplement la conscience,c'est un principe qui observe la conscience.Ce principe se tient là,en compagnie de la conscience.

Il y a deux mille ans le Christ a existé en tant que personne.Avant cela existiez-vous?



Je crois que je devais exister.




Oui,vous existiez avant l'apparition du Christ,cela il vous faut le comprendre.Celui qui observe,qui est temoin de la conscience sait qu'alors la conscience était absente.

D'où surgit la manifestation?Il faut bien qu'il y ait dabord quelque chose souhaitant se manifester.C'est l'Absolu!



Je comprends bien qu'il doit en être ainsi ,mais comment Maharaj le sait-il?



Comment savez-vous que vous êtes vivant,que le monde existe?A-t-il fallu vous l'apprendre?Même si vous étiez le seul homme habitant la terre ne le sauriez -vous pas?



C'est vrai...je le sais,simplement.



Vous le savez spontanément et il en est ainsi pour tous les hommes.En fait,la vérité est comme un point,un grain;l'univers entier est contenu dans cette graine de conscience.

Je sais ce qu'était la situation avant que Christ,Bouddha, aient fait l'acquisition d'un corps.Quelle que soit la forme et la conscience qui l'habite,elle est liée au temps.Moi ,je suis hors du temps.







-L'Absolu n'a ni goût,ni couleur,ni apparence.Vous ne pouvez pas être témoin de vous-même,vous ne pouvez être témoin que de ce qui est différent de vous!





-Savoir que vous n'êtes rien,voilà la véritable libération.Si tout ce que vous savez et connaissez,y compris vous-même est liquidé...c'est la libération.





-Mon expérience est que rien ne s'est jamais produit dans ce monde.Rien n'arrive,tout ce qui se déroule dans le monde n'est qu'une fraude.







-Quelle est l'ultime vérité?

Vous.





-Considérez votre corps comme un visiteur,un invité qui est venu et qui repartira.Vous devez connaître très clairement votre position d'hôte tant que l'invité est là.Ce qu'est la nature exacte de l'hôte après le départ de l'invité doit être su alors qu'il est encore là...vous comprenez?





-Vous êtes semblable à l'espace...même pas l'espace parce que vous êtes antérieur à l'espace.
Ce vous ultime ne peut jamais être perdu.Quoi que vous ayez perdu,ce ne sera jamais que les mots,les noms.







-J'ai compris ma véritable nature,elle est toujours vivante,mais pas de la façon dont tout le monde le croit.Je ne tiens pas à vivre cette vie en m'appuyant sur les connaissances ou les expériences du monde objectif.


-On me dit que je dois vivre...vivre ainsi ne m'intéresse pas!Je suis vivant parce que telle est ma nature.C'est là,l'existence est là.Je suis uniquement ici à la suite de cette existence.Mon état véritable-qui est complet,indifférencié-est au delà de la vie et de la mort.Je ne suis jamais contraint par le corps ou l'intellect,je suis sans limites.



-Moi,Absolu,n'avait jamais expérimenté le fait d'être vivant et à présent je fais l'expérience"je suis vivant"et celle de tous les problèmes qui en découlent;une expérience limitée dans le temps et dans l'espace.Mais le jour où j'ai tout compris,j'ai découvert que je n'avais jamais réellement fait l'expérience d'être vivant,que je suis un état bien au-delà de l'expérience.









-Quoi que vous ayez pu comprendre n'est pas la vérité et vous devez le jeter par dessus bord.Ne vous efforcez pas de vous emparez de quelque chose et de vous y accrocher...!





-Depuis quand,pour quelle raison et jusqu'à quand existe ce que vous croyez être?...Pensez à la réponse!



-Dès que vous assumez être quelque chose c'est faux,dès que vous ignorez ce que vous êtes c'est juste.




-N'ayez aucune prétention d'avoir accompli quoi que ce soit parce que toutes les choses se font,arrivent d'elles mêmes.










Maharaj:La dualité a fait son apparition à l'instant-même où le sens de l'être est né.Le mouvement est partout dans le monde manifesté,et il crée et détruit sans cesse d' innombrables formes.La conscience est de nature universelle,tout comme l'espace.Celle que renferme le corps n'est qu'une toute petite expérience,mais de par sa nature,de par sa qualité,elle est essentiellement identique à la conscience universelle.Et il en est de même pour l'espace.

L'immagination et la mémoire créent un corps et une personnalité;et le manifeste croit être un corps et une personnalité,mais à tort.

Visiteur:Quelle est la cause de l'apparition de l'être?

Maharaj
: Tout comme le rêve que vous faites n'a pas de cause,ainsi l'être n'a pas de cause non plus.Expliquez-moi pourquoi vous rêvez.Le rêve est sans cause,et donc sans logique.Les choses que nous voyons dans le monde manifesté sont exactement comparables aux images qui apparaissent à l'écran de télévision.A qui donnons-nous le nom de parents? A deux formes physiques seulement;quand celles-ci meurent, nous estimons que ce sont nos parents qui meurent.Ce qui a donné naissance à mon être, sans que j'en ai connaissance constitue mes parents-c'est-à-dire la source.

C'est uniquement parce que je suis que je vois le monde et pense à Dieu;Dieu est donc parce que je suis.Si je ne suis pas,Dieu n'est pas non plus.









Le déroulement de la conscience à toujours lieu du passé vers le futur.
La conscience ne peut pas adhérer au présent.
C'est dans ce continuel passage du passé au futur qu'elle traverse l'instant que nous appelons présent.
C'est cette conscience en soi, n'ayant ni passé ni futur,qui est la réalité.







La spiritualité n'existe pas;il n'y a que la vie dans le monde,le jeu des cinq éléments.Vous n'êtes pas plus que du végétal.L'herbe pousse,les êtres humains poussent aussi.




-Toute image que vous avez de vous est fausse.Demeurez dans votre Soi,c'est la vrai connaissance.Essayez de comprendre toute cette connaissance que vous recueillez en ce moment.La soi-disant connaissance que vous glanez ailleurs ne s'occupe que de l'ignorance;elle n'atteint pas le Soi,la vraie connaissance.Tout ce à quoi le mental aspire n'est pas la vraie connaissance.On ne peut pas facilement comprendre la vraie connaissance.Si j'avais eu l'expérience du"JE SUIS" auparavant,est-ce que j'aurais eu le désir d'entrer dans le sein de ma mère? Avant d'entrer dans la matrice maternelle je ne me connaissais pas,il n'y avait pas "d'être moi".

Toute la soi-disant connaissance est corrompue par les mots,ce n'est que de l'ignorance.
Vous,l'Absolu,vous observez l'état d'éveil,vous savez ce qu'est la conscience,ce qu'est l'état de sommeil;donc,vous n'êtes pas ça.

Des millions de gens ont passé,où pourrais-je être parmis eux?
Il n'y a aucune individualité reliée à aucune de ces formes,mais j'ai toujours été,et je suis toujours,le fonctionnement total.
Sans moi,il n'y a pas de fonctionnement.Je suis le fonctionnement total, à chaque
instant,il y a des millions d'années aussi bien que maintenant.

J'ai une vision claire de ce qui précède,et pourtant il faut accepter la souffrance physique,à cause de la conscience.La conscience a pour nom souffrance.Cette vie de souffrance touche à sa fin.
Ce principe,quel qu'il soit fait l'expérience de toutes les souffrances,quand il est mis avec le corps et la conscience;en même temps,il sait qu'il vaut des millions de dollars,comme un tonneau d'or.
Ce principe,qui a compris et qui a saisi ce que la souffrance et la conscience sont,vaut des millions.

Ce Vous Ultime ne peut jamais être perdu;tout ce que vous avez pu perdre n'est que des mots.Ce Vous Ultime se sait et se sent être"JE SUIS" sans aucun mot.
Ce"JE SUIS"amène la connaissance du monde.Vous n'êtes pas seul,vous faites partie intégrante de la connaissance du monde.
Le JIVATMAN(soi individuel,personne,ego)s'identifie au corps-esprit en tant qu'individu séparé du monde.
L'ATMAN(Soi universel) est seulement l'être,ou la conscience,qui est le monde.

Le Principe Ultime qui connaît cet étant ne peut pas être nommé du tout.On ne peut pas l'approcher ou le conditionner avec des mots.C'est l'Etat ULtime.







-Quand je dis"avant la conception je n'étais pas"cela signifie que je n'étais pas semblable à ce "je suis" actuel.
Mais le "je" à même de se rendre compte de cela se devait d'être présent pour pouvoir apprécier l'absence du "je suis" actuel.

Etant donné l'absence du corps,le"je" antérieur à la conception n'a aucun sentiment d'être,aucun sentiment"je suis".
C'est à l'arrivée du corps que "je suis" s'impose à ce"je" initial.

Il n'ya personne ici qui soit âgé de 100 ans.Est-ce qu'il en découle que vous n'existiez pas il y a 100 ans?

Visiteur: Je n'en sais rien.

Maharaj:


Celui qui dit "Je n'en sais rien" doit forcément avoir été là;vous n'étiez pas ce que vous êtes maintenant,mais vous étiez forcément quelque chose.
Comprenez moi bien.Il y a cent ans je n'existais pas sous ma forme présente; celui qui dt ça doit avoir existé.
Vous existez dans l'éternité,avant, pendant,et pour toujours.




Maharaj:

Vous ne pouvez pas parler d'un début de la conscience.Les idées mêmes de commencement et de durée sont dans la conscience.Pour parler du commencement d'une chose de façon significative il faut se situer hors d'elle.Mais dès l'instant où vous vous situez en dehors,vous vous apercevez qu'elle n'est pas,que cette chose n'a jamais été.Il n'y a que la réalité sans laquelle aucune"chose" n' a d'être propre.
De même que les vagues sont inconcevables sans l'océan,de même toute existance a ses racines dans l'être.

Visiteur:

En fait,je vous demande,ici et maintenant:quand s'est manifestée la sensation"je suis le corps"? A ma naissance? Ce matin?

Maintenant.

Mais je me rappelle l'avoir eue hier.

La mémoire d'hier ne peut exister que maintenant.

Mais j'existe bien dans la durée.J'ai un passé et un futur.

C'est ce que vous immaginez-maintenant.

Il a dù y avoir un commencement.

Maintenant.

Et qu'en est-il de la fin?

Ce qui n'a pas eu de commencement ne peut pas avoir de fin.

Mais je suis conscient de ma question.

On ne peut pas répondre à une fausse question.On ne peut que la voir fausse.

A mes yeux elle est réelle.

Quand vous est-elle apparue réelle? Maintenant.



-Chacun meurt comme il a vécu. Je n'ai pas peur de la mort parce que je n'ai pas peur de la vie. Je mène une vie heureuse et j'aurais une mort heureuse. La misère, c'est d'être né, pas de mourir. Tout dépend du point de vue.




-(...) Vous cherchez toujours à améliorer le monde. Croyez-vous vraiment que le
monde vous attend pour être sauvé?





-Sans vous, y a-t-il un monde? Vous connaissez tout du monde mais de vous, vous ne connaissez rien. C'est vous qui êtes l'outil de votre travail, vous n'avez pas d'autres outils. Pourquoi ne commencez-vous pas par prendre soins de votre outil avant de vous mettre au travail?





-(...)La rivière de la vie coule entre les rives de la souffrance et du plaisir. Il n'y a de problèmes que si le mental refuse de couler avec la vie et reste cloué aux rives.
Ce que j'entends par couler avec la vie, c'est l'acceptation, laisser venir ce qui vient et laisser aller ce qui va. Ne désirez pas n'ayez pas peur, observez le présent tel qu'il est et quand il arrive.





-Je ne vous demande pas de cesser d'être, cela, vous ne le pouvez pas. Je vous demande simplement d'arrêter d'imaginer que vous êtes né, que vous avez eu des parents, que vous êtes un corps, que vous mourrez, etc. Essayez,faites un pas. Ce n'est pas si difficile que vous le croyez.






LA FIERTE D'AVOIR REUSSI



"J'ai travaillé dur et aujourd'hui, je me considère comme un homme ayant très bien réussi.Je serais un hypocrite si je ne reconnaissais pas tirer de ma réussite une grande satisfaction et, je le reconnais, une certaine fierté.Cela serait-il mal?"

Cette question fut posée un soir à Maharaj par un visiteur étranger-la quarantaine passée, l'air suffisant, sur de lui et légerement agressif. Le dialogue se poursuivit en ces termes:

Maharaj: Avant de poursuivre et de voir ce qui est"bien"et ce qui est "mal", dites moi,S'il vous plaît, qui pose cette question?

Visiteur: (Un peu interloqué)Et bien..."moi", bien sur!

Et qui est-ce "moi"?

Moi. Ce "moi" qui est assis devant vous.

Et vous pensez que cela, c'est vous?

Vous me voyez.Je me vois.Quel doute peut-il y avoir?

Vous voulez dire cet objet qui se trouve devant moi?
Quel est votre plus lointain souvenir de cet objet que vous pensez être? Remontez aussi loin que le pouvez.

(Au bout d'une ou deux minutes) Mon premier souvenir, ce serait peut-être d'être caressé et cajolé par ma mère

Vous voulez dire, alors que vous étiez un tout petit enfant. Diriez-vous que l'homme
arrivé d' aujourd'hui est ce même enfant désarmé, ou bien est-ce quelqu'un d'autre?

V: C'est indubitablement le même.

Bien. Maintenant, si vous remontez encore plus loin, êtes vous d'accord pour dire que ce petit enfant, dont vous avez le souvenir, est ce même bébé totalement démuni, incapable ne serait-ce que de se rendre compte de ce qu'il se passait quand son petit corps exerçait ses fonctions naturelles, et qui ne pouvait que pleurer
quand il avait faim ou se trouvait dans une quelconque détresse?

Oui, j'étais ce Bébé.

Et avant que le bébé se constitue un corps et vienne au monde, qu'étiez-vous?

Je ne comprend pas.

Si, vous comprenez. Réfléchissez. Que s'est-il produit dans le sein de votre mère?
Qu'est-ce qui s'est développé pendant neuf mois pour devenir un corps avec des os,
du sang, de la moelle, des muscles, etc? N'était-ce pas une cellule de semence mâle qui s'est associé à un ovule dans la matrice, d'ébutant ainsi une nouvelle vie et qui, ce faisant, a dû traverser une multitude de dangers?
Qui a sauvegardé cette nouvelle vie pendant cette période à haut risques?
N'est-ce pas cet infinitésimalement minuscule Spermatozoïde qui est aujourd'hui si fier de sa réussite?
Et qui vous a spécifiquement demandé ,VOUS?
Votre mère? Votre père? Désiraient-ils spécifiquement vous avoir, VOUS, pour fils?
Avez-vous eu quoi que ce soit à voir avec le fait d'être né de ces parents-là en particulier?

Je crains de n'avoir jamais réellement pensé en ces termes.

Exactement. Pensez en ces termes. Alors peut-être aurez-vous quelque idée de votre véritable identité. Après quoi, voyez si vous pouvez en quoi que ce soit être fier de ce que vous avez "fait"et"réussi".

Je crois que je commence à comprendre ou vous voulez en venir.

Si vous approfondissez le sujet, vous réaliserez que la source du corps-la semence mâle et l'ovule femelle-est en elle même l'essence de la nourriture consommée par les parents; que la forme physique est faite, et nourrie des cinq éléments qui constituent la nourriture;et vous verrez aussi que très souvent, le corps d'une créature devient la nourriture d'une autre créature.

Mais sûrement, je dois être, moi en tant que tel, autre chose que ce corps-nourriture.

Bien sûr, mais pas"quelque chose". Voyez ce qui donne la faculté de perception à un être, sans laquelle vous ne sauriez même pas que vous existez, sans parler du monde extérieur. Enfin, allez encore plus profondément et examinez si cette existence, cette conscience elle-même n'est pas soumise au temps.

Je ne manquerai pas d'étudier les diverses questions que vous avez soulevées bien que, je dois l'avouer, je n'aie jamais exploré ces domaines auparavant; et j'ai presque la tête qui me tourne devant mon ignorance de ces nouvelles sphères que vous m'avez ouvertes. Je reviendrai vous voir, monsieur.

Vous êtes toujours le bienvenu.


SRI NISARGADATTA MAHARAJ