mercredi 16 juin 2010

Le repos (Jean Bouchart d' Orval)






La base de la pathologie c'est de se prendre pour quelqu'un de séparé du reste de l'univers.A partir de là toutes les formes de pathologies évoluent.Cette façon mondaine de vivre fait que nous voulons constamment qu'il y ait autre chose que ce qui est là.

La méditation est la cessation de ce mécanisme.
Il n'y a pas d' ennemi,et avec cette reconnaissance vient l'humilité.Il n'y a rien d'autre dans la vie que la vie.La pensée ,c'est aussi la vie.Dans ce qui est dit et enseigné sur la méditation, on devine souvent un profond manque d'humilité.

Méditer,c'est être humble.Mais humble,ce n'est pas ce voir petit,au contraire.On devient tellement humble que l'on n'a plus l'impression de devoir faire quelque chose...comme décider que tous les matins,entre cinq et six heures,on va être humble.Une tranquillisation s'installe.Un repos.


Jean Bouchart d'Orval

samedi 12 juin 2010

Si vous demeurez dans le ressenti fondamental,quand la tristesse se présente,par exemple,vous sentez très vite une énergie énorme.Si vous ne rentrez pas dans l'histoire de quelqu'un-qui-est-triste-et-qui-a-de-bonne-raison-de-l'être,quelque chose prend de l'expension qui n'est pas de la tristesse.Les pensées qui vous viennent alors,vous les laissez venir et passer,comme les oiseaux dans le jardin et,au loin,dans la vallée.
La restriction lève comme la brume matinale quand vient la lumière du jour.Il fait de plus en plus clair.Cette lumière,cette lucidité,n'est associée à rien qui soit autre qu'elle-même.

Telle est la pratique,la vie spirituelle.C'est la vie de tous les jours,mais vécue clairement,sans tricherie.La lourdeur se dissipe à coup sûr,peu importe le temps que cela prend:deux semaines,deux mois,deux ans,vingt ans.Ce n'est pas la joie qui s'étand dans sa vie,c'est plutôt la restriction qui se dissipe.Ce n'est pas que la lumière solaire s'étende ou devienne plus intense;c'est la couche de brume qui se dissipe et laisse davantage de lumière atteindre le sol.A un moment donné,il n'y a plus rien entre la lumière et la terre.On est dans le soleil.On ne saurait vraiment dire où le soleil finit,car,à strictement parler,tout le système solaire est le soleil.Mais on ne peut le voir tant que persiste la brume.

Vouloir ne pas être triste est un réflexe égotique.Vouloir ceci,refuser cela,c'est la peur de l'ego:ne pas vouloir être triste,ne pas vouloir être en colère,ne pas vouloir être dans le vouloir...Toujours le même réflexe,le même interventionnisme,le même imperialisme de la mémoire.Quand on réalise la simplicité absolue de la vie,une joie absolue nous vient.Cela montre que ce que nous sommmes est simple,c'est-à-dire sans divisions.Nous sommes le Simple.Comment pouvont nous réaliser le simple à travers le compliqué?Ce n'est pas possible.





Il y a des milliards de pauvres sur terre.Donnez-leur à manger,à boire,éduquez-les,donnez leur assez d'argent:vous verrez qu'ils ne seront pas plus heureux.La preuve?Nous avons tout cela ici et nous nous plaignons toujours.Le malheur des êtres humains n'est pas lié à leur situation de vie,il est lié à leurs pensées.Or,les occidentaux repus pensent énormément...Ils s'ennuient beaucoup.Pourquoi souffrons-nous tant alors que,matériellement,nous sommes les plus choyés?
Les gens se pleignent de toutes sortes de manières.A première vue,ils n'en donnent pas l'air.Mais si vous bavardez quelques minutes avec eux,vous voyez tout de suite que leur vie est une longue complainte.






Les religions ont toujours été fondées et propagées par des disciples de deuxième ou troisième main qui ont essayé de comprendre des paroles et des idées,c'est-à-dire qui n'ont rien compris.
C'est par peur et par totale ignorance que ces disciples ont codifié une tradition au point d'en faire une religion.Les religions étaient et sont encore inévitables,car les hommes ont peur des grands espaces libres.

Le mécanisme égotique tremble d'effroi devant la perspective de n'être rien de connu.
La religion est l'abri de ceux qui se rassemblent pour grelotter collectivement.

Ce que les hommes d'église appellent la foi est en réalité le doute.
Quand on en est reduit à croire-ce qu'ils appellent un acte de foi-,c'est qu'on ne voit pas,on est dans le brouillard.
Ce genre de foi,qui n'est que de la croyance,constitue une sorte de démission devant la vie,un ajournement.
On réalise qu'on ne sait pas et on renonce à examinez davantage la réalité;
on s'en remet alors à un système qui rassure le mécanisme égotique.La foi, dans son sens habituel,c'est la peur,le monde des ténèbres.

On reconnaît toujours l'arbre à ses fruits.La religion,c'est la peur,et le résultat en est la violence:la religion a été à l'origine et au coeur de haines, d'exactions, de guerres, de luttes et de conflits sanglants depuis des milliers d'années et c'est loin d'être terminé,comme vous le voyez.
La religion est une calamité symptomatique de l'âge sombre de la terre;mais ce ne sont pas les religions elles-mêmes qu'il faut éliminer,c'est l'ignorance et la peur de l'être humain.La religion perd sont emprise là oû l'ignorance recule.

(...)Les tenants de la religion chrétienne mettent toujours un terme à une discussion embarrassante en déclarant que"tout est une question de foi".Mais ce genre de foi,qui n'est que croyance et supperstitions,ne résiste pas aux événements importants de la vie.Cela devient de l'idéologie,un autre "isme":christianisme,judaïsme,bouddhisme,communisme,fascisme,machisme,
féminisme et autre fléaux dont l'histoire de l'humanité est criblée.

Ce sont là des calamités qui appartiennent à lâge de la grande noirceur que nous traversons,car toutes ces idéologies sont des formes de violences,y compris le"pacifisme".
D'ailleurs, au sujet du pacifisme,au début des années trente,Einstein,qui s'était déclaré pacifiste très tôt dans sa vie,a néamoins fait des remontrances à des jeunes Belges qui brûlaient leur livret militaire:il a tenté de leur faire comprendre que leur"pacifisme"pouvait mener à la guerre.
Si vous étudiez les événements des années trente,force est de reconnaître que le bon vieil Albert avait encore raison.

Il ne convient pas d'essayer d'unir à tout prix les religions de la terre.De toute façon, c'est peine perdue:comment unir ce qui est surtout division?
Ce ne sont pas les religions qui s'uniront un jour,ce sont les coeurs.Car les coeurs n'ont jamais formé qu'un seul coeur:le coeur de Dieu.Il est grand temps de s'en rendre compte.

Jean Bouchart d'Orval(Au Coeur De L'instant)

"Le bon chemin c'est celui que tu prends" (Pierre Yves)




Le bon chemin c'est celui que tu prends et même si à un moment il te paraît être
une impasse.Un des paradoxes de la vie,c'est que l'on apprend bien plus des loupés que de nos réussites.

La vie est comme elle est,elle a une harmonie qui lui est propre,une sorte de logique interne.Et nous minuscules rouages,nous voudrions comprendre le sens et le but de tout cela.
Lorsque cette immensité nous connecte,on l'accueuille,sans chercher à expliquer.
C'est un plaisir que l'on goûte dans l'instant.
Après,ce que l'on va élaborer autour n'est qu'une vaine tentative d'explication de quelque chose qui est juste à vivre.

Est-ce qu'un enfant se prend la tête devant un éclair au chocolat:il goûte et apprécie,et s'il est gourmand,il va en reprendre...


(...)S'il y avait des chemins meilleurs que d'autres,cela voudrait dire qu'il y en aurait aussi des moins bon,et nous revoila dans la dualité.Bien,pas bien...
Certains"on-dit" véhiculent qu'il est bon de de méditer,et dès lors qu'on médite il convient de méditer plutôt comme-ci,ou alors comme-ça,être assis comme-ci,ou alors comme ça...

On évoque aussi le fait incontournable qu'il faille un gourou,un maître ou celui de réciter un mantra,de s'adonner à la prière,etc.Si ça te parle, si ça t'attire,c'est que c'est bien pour toi en ce moment, sinon ça ne serait pas, alors fais-le pour toi.
Tout est bien dès lors que tu ne l'ériges pas en dogme incontournable.

(...)Les gens sont conditionnés à croire que tout est compliqué,qu'il faut parvenir à être enfin un jour "Nickel-Crome",épuré de nos soi-disant défauts ou péchés selon le cas.
Le fait de savoir qu'on est déjà impeccable en l'état,c'est trop simple,ça fait pas sérieux...
Qui ne connaît autour de lui,des "shootés" du "mieux-être" toujours à l'affût de la "nouveauté".
Des ambitieux de l'épanouissement:"plus-épanoui-que-moi-tu-meurs...",courant après le derniers stage en vogue,le dernier sage à la mode.Arborant l'air entendu des gens détachés des contingences de ce "bas monde".Jamais vraiment satisfaits car un "produit" en chasse un autre.
Pas plus dans ce domaine que dans les autres ils ne se sentent "à jour".

C'est dans ce public que les sectes de tous poils trouvent leurs recrues et font fructifier leur font de commerce:"Payez,soumettez-vous,et nous nous occuperon de votre salut!..."Bien sûr ce n'est pas dit comme cela,l'approche est plus subtile mais c'est équivalent à ça.


Pierre YVES(revue 3e MILLENAIRE)

mardi 8 juin 2010

Les Sermons( Maître ECKHART)




-J'ai coutume souvent de dire un petit mot,et il est vrai aussi:Nous crions tous les jours et clamons dans le Notre Père:"Seigneur,que ta volonté advienne!"
Lorsque ensuite sa volonté advient,nous voulons nous mettre en colère,et sa volonté ne nous satisfait pas.Alors que quoi qu'il fasse cela devrait nous plaire le mieux.
Ceux donc qui le reçoivent comme le meilleur demeurent en toutes choses dans une paix totale.Or il vous semble parfois et vous le dites:"Ah,serait-ce arrivé autrement que se serait mieux",ou "Ne serait-ce pas arrivé ainsi que ce serait peut-être arrivé mieux". Aussi longtemps qu'il te semble de la sorte,jamais tu n' acquerras la paix.
Tu dois le recevoir comme le meilleur.


-...car mon être essentiel est au dessus de Dieu dans la mesure où nous prenons Dieu
comme origine des créatures;car dans le même être de Dieu où Dieu est au-dessus de l'être et de la différence,là j'étais moi-même,là je me voulais moi-même et me connaissais moi-même pour faire cet homme que voici.

C'est pourquoi je suis cause de moi-même selon mon être qui est éternel,et non selon mon devenir qui est temporel.
Et c'est pourquoi je suis non-né,et selon mon mode non-né je ne puis jamais mourir.

Selon mon mode non-né,j'ai été éternellement et suis maintenant et dois demeurer éternellement.
Ce que je suis selon la naissance,cela doit mourir et être anéanti,car c'est mortel;c'est pourquoi il lui faut se corrompre avec le temps.

Dans ma naissance,toutes choses naquirent,et je fus cause de moi-même et de toutes choses;et l'aurais-je voulu, je n'aurais pas été ni n 'auraient été les autres choses;et n'aurais-je pas été,"Dieu" n'aurait pas été non plus.

Que Dieu soit"Dieu",j'en suis une cause;n'aurais-je pas été,Dieu n'aurait pas été "Dieu".



-L'instant où Dieu fit le premier homme,l'instant où le dernier homme disparaîtra et l'instant où je parle,sont tous semblables en Dieu,car il n'existe qu'un seul instant présent.Or, cet homme demeure dans une seule et même lumière avec Dieu;c'est pourquoi il n'y a en lui ni souffrance ni succession,mais une éternité qui est toujours la même.
Cet homme vraiment ne peut plus s'étonner de rien,et en lui toutes choses se trouvent dans leur essence.Aussi ne reçoit-il rien de nouveau de chose à venir,ni d'un accident quelconque,car il demeure dans un présent qui, toujours et sans cesse,est nouveau.


-Si tu pouvais t' anéantir toi-même ne serait-ce qu'un instant,
tout ce qui réside dans le mystère incréé du dedans de toi-même
t'appartiendrait en propre.




-L'univers est sans pourquoi.



-Si tu ôtes le maintenant du temps,tu es partout et as tout temps.Cet être-ci ou celui-là n'est pas toutes choses,car aussi longtemps je suis ceci et cela ou ai ceci et cela,je ne suis pas toutes choses et n'ai pas toutes choses.Si tu te détaches, en sorte que tu ne sois ni ceci ni cela et que tu n'aies ni ceci ni cela,tu es toutes choses et as toutes choses;et donc:si tu n'es ni ici ni là,tu es partout.Et donc:si tu n'es ni ceci ni cela tu es toutes choses.









Maître ECKHART(1312)

Mots d' Albert Einstein




La pire des institutions grégaires se nomme l'armée.
Je la hais.
Si un homme peut éprouver quelques plaisir à défiler en rang au son d'une musique,je méprise cet homme...Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu'une moelle épinière le satisfait.Nous devrions faires disparaître le plus rapidement possible ce cancer de la civilisation.
Je hais violemment l'héroïsme sur ordre,la violence gratuite et le nationalisme débile.
La guerre est la chose la plus méprisable.Je préférerais me laisser assassiner que de participer à cette ignominie.
Et pourtant je crois profondément en l'humanité.Je sais que ce cancer aurait dû depuis longtemps être guéri.
Mais le bon sens des hommes est systématiquement corrompu.Et les coupables se nomment: école,presse,monde des affaires,monde politique.

J'éprouve l'émotion la plus forte devant le mystère de la vie.
Ce sentiment fonde le beau et le vrai,il suscite l'art et la science.
Si quelqu'un ne connaît pas cette sensation ou ne peut plus ressentir étonnement ou surprise,il est un mort vivant et ses yeux sont désormais aveugles.



Albert EINSTEIN

Le Simple (Jean Bouchart d'Orval)




L'histoire apparemment complexe du monde est celle du Simple.
Mais le Simple ne peut être expliqué ou défini par son histoire.Il ne devient jamais complexe.Il est Ce qu'il est.Nous sommes Cela.


Vous n'avez rien à pardonner;vous comprenez,ça suffit.
Le pardon,c'est une forme pernicieuse de blâme.

Jean Bouchart d'Orval