jeudi 30 septembre 2010

Essayez de ne pas être.

Nous allons,si vous le voulez bien,faire une expérience extrêmement simple.
Nous allons pendant un moment pratiquer le rappel de soi,pratiquer la présence à soi,pratiquer la conscience de soi.
Pour cela,je voudrais que vous vous assuriez qu'en ce moment même vous soyez sûrs et certains d'être en train de regarder,d'être en train de lire ces mots en même temps qu'ils défilent,comme si vous vouliez être convaincus que vous n'êtes pas en train de rêver.
Allez y...

Cette attitude,je l'appelle le"je regarde se sachant regardant".
Vous êtes donc là totalement conscient que vous êtes en train de lire,totalement conscient que vous êtes en train de regarder,totalement conscient d'être conscient.
Si j'insiste tellement,c'est afin d'être sûr que vous m'ayez parfaitement compris.

Maintenant ce que j'aimerais vous faire comprendre,c'est que votre regard si vrai qu'il puisse paraître n'est en vérité qu'une impression,une simple impression.C'est-à-dire que ce "regard se sachant regardant"n'est en fait qu'un regard se croyant regardant.Vous lisez,soit,vous pourriez affirmer haut et fort que vous en êtes absolument convaincu,soit,mais en vérité ceci n'est qu'une impression,une simple impression.Et maintenant permettez moi de vous en apporter la preuve.

Vous allez cette fois faire l'expérience inverse(sens changer la direction du regard)vous allez refuser toute votre attention à ces mots qui défilent.Une sorte d'anti-rappel de soi,d'anti-présence à soi,d'anti-conscience de soi...

Allez-y,enlevez l'attention,enlevez le regard,enlevez le"regard se sachant regardant",et pendant que vous y êtes,enlevez aussi l'être.Oui c'est ça,au lieu de vouloir être,esssayez de ne pas être.Il est souvant dit qu'il faut être ici maintenant,eh bien faites l'inverse,essayez de ne pas être ici et maintenant.J'aimerais tant que l'un d'entre vous puisse me donner une recette,que l'un d'entre vous puisse me donner le truc,parce que voyez-vous,je n'y suis jamais arrivé.Sans effort,sans(faire)absolument aucun effort,je ne peux faire autrement que d'être toujours ici maintenant.Je n'arrive pas à ne pas être,encore moins ailleurs,et encore moins dans un autre temps.

De toute évidence,je présume que vous aussi vous n'y arrivez pas,et savez-vous pourquoi?savez-vous pourquoi vous est-il absolument impossible de ne pas être,pourquoi vous est-il impossible de retirer le regard?
C'est parce que "avant","juste avant"que je vous demande de "faire" tout ceci,c'était déja en train de regarder sans personne pour regarder.C'est-à-dire que ça regardait sans savoir que ça regardait,ça regardait sans qu'un"vous"regarde.Les yeux voyaient,les oreilles entendaient,le dos ressentait le contact de la chaise ou du fauteuil sur lequel le corps était assis,tout comme était ressenti le contact des pieds sur le sol.

La prise de conscience a surgit et s'est superposée sur un"déja là"qui était déja là"juste avant".Ce déja là c'est ce que j'appelle:attention non attentive.
Etant donné que personne n'était en train de regarder,le fait que vous soyez présent à vous- même,ou que vous soyez complètement dans la lune n'a strictement rien changé.

A l'aube de notre 4e anniversaire,un quelqu'un a investi le pays de cocagne.
A cocagne,juste avant que le biberon arrive ,il y avait déja l'impatience qui faisait tambouriner les petits petons contre la chaise haute, mais personne pour être impatient.Puis,quelque temps après,"QUI",l'impression d'existence,fait son entrée.
Le"Je"qui était alors vertical,devient latéral;autrement dit soumis à l'espace et au temps.
C'est ce que je nomme le "Je illusionné".
"Je"fait ainsi place à "Je suis","Je" fait ainsi place à un quelqu'un.
Mais en vérité il ne s'agit qu d'une impression venant couvrir le regard.Tout cela apparaît au sein de l'attention non attentive.

"Juste avant",personne n'était là pour dire:je regarde,j'écoute,je perçois.Tous les actes,pensées,perceptions,sentiments aussi bien qu'émotions n'étaient les actes et les perceptions de personne,car tout ceci n'a jamais eu besoin de vous pour fonctionner.




Franck TERREAUX

Sagesse de SRI SIDDARAMESHWAR MAHARAJ








Vous vous tourmentez inutilement, de quoi souffrez-vous au juste?

Vous êtes malheureux mais vous ne savez même pas pourquoi ! Une bonne réflexion pourrait venir à bout de toutes ces souffrances. L'homme limité vit dans la peur constante, il vit sous le joug des péchés et des mérites, des choses matérielles et de l'opinion des autres. Pensez, réfléchissez profondément, et débarassez-vous de ces peurs. Elles vous paralysent !



Le Soi est Un, unique, sans dualité aucune et à part lui rien d’autre n’existe. Alors comment se fait-il qu’il apparaisse sous la forme de l’univers ?


Il n’y a que l’or dans les bijoux, quelle que soit leur forme, c’est ensuite qu’on leur attribue des noms différents : bracelets, collier ou bagues. Leur différence n’est qu’apparente, car leur base est commune. Ainsi, ce qui apparaît différent est illusoire car, quel que soit le façonnage des bijoux, ils n’en restent pas moins or. L’orfèvre travaille l’or et lui fait prendre toutes sortes de formes mais l’or reste toujours de l’or. Noms et formes ne sont rien, ils ne sont qu’apparence. Pourquoi le diamant est-il appelé diamant, Ce n’est qu’un nom qui sert à mettre cette pierre en valeur pour la distinguer des autres. Le monde du nom et de la forme est irréel, seule la conscience pure est vraie. La statue en or d’un chameau ou celle du Seigneur Vishnou n’est faite que d’or. Dans les deux cas il n’y a que l’or qui existe. L’existence est en toute chose, même dans un objet inanimé comme la chaise. Dans la chaise c’est le bois qui existe. De la même façon, dans le monde noms et formes ne sont que concepts, rien d’autre n’existe que le Soi.


Le « je » est comme Rahou et Kétou, les deux démons qui avalent le soleil. Dans votre véritable nature vous êtes rayonnant comme le soleil mais le « je »(Rahou) vous fait de l’ombre.
Le Soi qui est si lumineux est dissimulé par le « je ».
La lumière ne dit jamais qu’elle éclaire la maison d’un intouchable ou celle d’un Brahmane ! Tout est conscience, il n’est donc même pas nécessaire de dire : « Je suis le Soi ».
La naissance et la mort appartiennent à ce « je ». Il n’y a de mort que pour ce corps subtil plein de désirs et qui se nomme lui-même « je ».
Les cinq éléments et la conscience restent tels qu’ils sont. Quand on dit par exemple : »Waman Rao est mort », cela signifie que seul le nom est mort. Il est apparu, aussi disparaît-il. Il est né, aussi meurt-il. Supprimer de votre mental l’idée que vous êtes un « je » particulier, c’est cela le signe de la connaissance.
La main bouge et vous dites « je bouge », les yeux voient et vous dites « je vois », le nez sent et vous dites « je sens », pourtant tout cela se fait par le pouvoir du Soi, mais vous dites « je fais ».


Le Soi n’a ni son ni couleur, il n’est ni jaune ni noir. Il reste égal à lui-même. On peut le comparer au beurre qui passe de l’ état solide à l’état liquide mais qui reste quand même du beurre. Il en va de même pour l’eau dont la nature ne change pas quand elle se transforme en glace. Une graine est une forme subtile de l’élément terre et quand elle rencontre la terre à nouveau, le pouvoir de la conscience se manifeste. C’est au contact du pouvoir de la conscience que tous les objets se concrétisent, mais ils ne sont fondamentalement rien d’autre que Dieu. Tout ce que vous voyez est vu à travers le filtre de la « conscience altérée », cette lentille déformante vous fais voir différentes formes de bijoux plutôt que leur base commune : l’or.


Arrêtez de penser que seul le positif doit arriver à ce corps particulier auquel vous vous identifiez ! Vous êtes devenu ce corps grossier parce qu’un corps unique, le vôtre, occupe votre pensée. Serviteurs et maîtres doivent êtres considérés comme étant Dieu car rien d’autre n’existe que le Soi. Avec ou sans attributs, il n’y a que Dieu. L’ego, L’individu limité n’existe que parce que nous créons des séparations. Nous percevons des différences entre l’épouse et la fille, le cheval et le chien, mais le Seigneur est en tous. Ne cherchez pas à changer la forme des objets, seule l’attitude de celui qui perçoit doit changer. Qu’il soit dans l’état conditionné ou non conditionné, le Soi est identique à lui-même et vous devriez le voir quel que soit son état. Tout est Krishna, même les atomes qui composent la chaise ! Celui qui adopte cette attitude devient le Soi. Quoi qu’il fasse, dormir, agir ou bien manger, il n’a en fait jamais dormis ou mangé…Quand tout est le Soi, qui mange et qui dort ? Celui qui est sans attributs et celui qui endosse les attributs sont Dieu tous les deux. Un roi est toujours un roi, qu’il soit assis sur le trône ou parti à la chasse ! Tous les êtres sont habités par la conscience, mais l’individu qui est dans l’ignorance se croit différent de se qui l’entoure, alors que le sage sait que la création entière est le Soi suprême.
Tout homme est Dieu, que tous soient donc heureux ! Pour qui prend cela à cœur et le met en pratique, tout devient le Soi.



Qui est ce "vous"? Qui est donc celui qui se proclame propriétaire de ce corps?
Voici votre main, votre nez, vos yeux, mais qui est celui qui les possède?
Qui est celui qui réside dans ce corps et qui se dit en être le possesseur?
Si vous vous coupez la main, vous vous écriez: "Je suis blessé!".Mais c'est faux, car c'est la main qui est blessée et non pas vous.
La croyance selon laquelle vous êtes le corps est totalement erronée.
Qui agit à travers vos mains?

Qu'est ce qu'un corps? C'est un assemblage d'éléments tels que les mains, les pieds, la bouche, le nez, les oreilles, les yeux etc. C'est l'ensemble de tous ces éléments que nous appelons corps. Le "Je" est-il l'un de ces éléments? Si l'on dit par exemple: "le Je, c'est la main "et que la main est coupée, personne ne dira "j'ai été coupé ou j'ai été jeté", mais plutôt :"je me suis coupé la main".
On parle donc de toutes ces parties comme étant "miennes" et le corps lui-même qui est constitué de tous ces éléments est aussi déclaré être "mien" .On en déduit ainsi que celui qui dit posséder ces membres et ce corps est véritablement le maître, et qu'il est en fait différent de ce corps qu'il dit être sien. Le "Je" n'est aucun élément du corps physique mais ils sont tous "mien" .

Maintenant, si l'on poursuit le raisonnement, on peut dire que si "Je" n'existe pas, il n'y a rien qui puisse être appelé "mien, ce corps et ces membres ne peuvent donc pas m'appartenir. Ainsi, puisque 'on ne peut trouver "Je" nulle part dans le corps, comment peut-on dire que les membres de ce corps et ces tendances nous appartiennent?

Qui en est propriétaire? Les cinq éléments: la terre, l'eau, le feu, l'air et l'espace, ont droit de propriété sur ce corps. Après la désintégration du corps, chacun des cinq éléments prend sa part. Le corps est composé de ces cinq éléments et les matières qui constituaient cette enveloppe ont été reprises par leurs propriétaires respectifs. Lorsqu'il est absorbé par les cinq principes de ces éléments, il ne reste plus rien que l'on puisse appeler corps.


Tout ce qui peut être vu ou ressenti sera un jour détruit. Le visible est le fruit de notre imagination et ce qui existe ne repose que sur la mémoire. La nuit, quand la mémoire est au repos, tout s'efface, sauf si vous êtes tourmenté par quelque chose qui vous empêche de dormir.
Le sommeil est un état où le monde est oublié. Dès que nous nous oublions tout disparait. Ce qui peut disparaître dans l'oubli n'est pas réel.(...)Dire :"Je suis le corps" est l'aliénation. Affirmer au contraire: "Je ne suis pas le corps, rien ne m'appartient car je ne suis pas", c'est la libération.
(...)L'état qui correspond au corps grossier est l'état de veille, et vous n'êtes pas cela. Libérez-vous de l'identification au corps mortel qui vous limite.
Vous dites vous-même que ce corps vous appartient , mais cela implique que vous n'êtes pas lui, alors qui êtes-vous?


Puisque vous dites que ce corps est le vôtre et ce mental également, cela prouve bien que vous n'êtes ni l'un ni l'autre. Vous êtes différent d'eux. Vous n'êtes ni le corps ni le mental ni l'intellect qui ne sont que concepts. Vous n'êtes pas non plus l'oubli ou l'ignorance. Lorsque vous êtes conscient du Soi qui demeure en vous, vous avez atteint la connaissance mais vous n'êtes pas cette connaissance non plus! Ce qui veut dire que vous êtes au-delà de tout, y compris de la connaissance.
Qui réside dans ce corps? Est-ce vous ou quelqu'un d'autre? Les os ou la chair? Qui répond: «JE suis là «quand on vous appelle?
Nous devons comprendre notre propre nature, mais quelle est-elle?
Elle est dissimulée et c'est l'illusion qui est apparue au premier plan.

"Je suis le corps" est le faux qui est imprimé profondément dans notre mental, tandis que ce qui est vrai est mis de côté. L'homme accepte cette nature factice comme vérité. On différencie les hommes et les femmes sur la seule base de l'apparence physique, tant le corps grossier nous apparaît important. Le corps a établi sa prééminence sur tout le reste et c'est à lui que nous nous identifions.

Il est pourtant ridicule de dire "je suis le corps". Les exemples qui suivent vous aideront à mieux comprendre.
Un potier qui avait élevé un âne pendant des années n'arrêtait pas de clamer à qui voulait l'entendre que cet âne était son âne, tant et si bien qu'un jour il s'est vraiment pris pour un âne!
Le potier est-il plus fou que vous?
De même, un chauffeur qui n'arrêtait pas de louer les qualités de sa voiture a fini par se prendre pour une voiture! Comment cela est-il possible? Le potier est bien différent d'un âne et le chauffeur est également une entité séparée de sa voiture, tout comme le Soi est différent du corps.
Comprenez que vous n'êtes pas la matière inerte de ce corps mais cette force qui lui donne vie.
Un jour Kabîr (un grand sage) s’est fait mordre par un chien. Il a simplement fait remarquer que le chien et la chair déchirée avaient connaissance de l'incident, mais pas lui. Le Soi n'a pas été mordu!

Selon la tradition hindoue, on ne donne un nom à l'enfant que douze jours après sa naissance et lorsque quelqu'un meurt le rituel des obsèques dure douze jours également. Le treizième jour on distribue des sucreries pour marquer la fin du deuil et on oubli alors le nom. Le nom n'existe pas à la naissance et disparaît quelques jours après la mort du corps.

Le corps étant illusoir on ne peut même pas dire qu'il meurt puisqu'il n'a jamais été vivant! La force de vie qui l'habite, voilà ce qui le rend vivant et quand elle se retire ce n'est que le nom que portait le corps qui disparaît.


Votre vie durant vous vous êtes attaché à un nom qui n'est même pas né avec votre corps et ne meurt pas tout de suite avec lui. Mais vous ignorez le Soi suprême qui a pourtant accompagné votre corps de la naissance à sa disparition et qui lui survit!
Quand vous comprenez qu'il n'y pas une seule preuve de votre existence, vous cessez d'être concerné par des sujets aussi triviaux que la naissance et la mort car une personne qui n'existe pas n'a ni naissance ni mort!


La souffrance est née de l'oubli de nous-mêmes et nous réalisons le bonheur quand nous comprenons ce que nous sommes réellement. Ce rappel de soi est la connaissance de soi.
Pour savoir ce que l'on est vraiment, il faut tout d'abord distinguer ce que l'on appelle "mien" de celui qui l'affirme. Ce que nous croyons posséder est de nature illusoire.
Par exemple cette chose que l'on appelle notre corps change à tout instant, il est soumis à la nature, alors que celui qui dit le posséder est le Soi qui ne change jamais.

Tout ce que vous voyez et ressentez, ainsi que tout ce qui
apparaît est illusion, tandis que celui à qui tout cela apparaît est le Soi.
On m'a demandé récemment de préciser où est le Soi. Mais puisqu'il est partout et en tout, il est impossible de le montrer ou de le localiser.
Où est le pouvoir qui fait fonctionner le mental, les yeux et le sens interne? D'où viennent les pensées et le sentiment d'être? Ils apparaissent tous dans le Soi qui assume la forme de la connaissance. Le Soi est le siège de toutes les facultés, qu'elles soient physiques ou mentales.
Ainsi, la connaissance préside à la création entière. La lumière de la connaissance prévaut dans la manifestation.

Comme la lumière d'une lampe éclaire les objets tout en restant différent d'eux, la connaissance est distincte de ce qu'elle illumine. La lampe est l'instrument qui éclaire les objets mais elle n'est pas illuminée par eux, elle reste distincte des objets qu'elle éclaire. Cette propriété d'illumination donne toute sa valeur à la lampe.

De même si on considère le soleil on voit qu'il fait exister tous les objets, y compris la lampe, en projetant sa lumière sur eux. Les yeux à leur tour font exister le soleil, la lampe et tous les objets. Ainsi, le soleil étant le créateur du jour, il est plus puissant que la lampe et tous les autres objets. Mais l'œil qui perçoit le soleil et tout le reste est encore plus grand.

Maintenant, qui peut voir tous les objets y compris la lampe, le soleil et les yeux? Le mental et l'intellect bien sûr! Et c'est le Soi qui éclaire ces derniers, c'est lui qui voit et illumine tout. Celui qui perçoit tout et tous n'est perçu par personne!

Puisque je peux tout percevoir, je suis supérieur à tout, je suis le joyau!

Cette qualité intrinsèque du Soi le rend digne de toute vénération. Il est sa propre lumière. Le Seigneur Krishna dit: "Je suis celui qui réside au cœur de tous les êtres". Ce "je" est le Soi.

Je suis le Seigneur Rama ,le Seigneur Krishna ,je suis Dieu, le Tout-Puissant!

Dieu est omnipotent, il est vous-même, le Soi.

Puisque toute existence, même celle du soleil, n'est due qu'au Soi qui a assumé la forme de la connaissance, on le considère comme le Seigneur! Dans ces conditions, comment le monde matériel pourrait-il avoir plus de valeur que moi-même qui en suis le créateur? Le Soi étant vous-même, comment pouvez-vous faire allégeance à qui que ce soit d'autre? Un roi obéit-il aux ordres d'un valet?

N'oubliez pas votre vraie nature, ne descendez jamais de cette position: "je suis le Seigneur et le monde entier fonctionne grâce à mon pouvoir". Mais sachez qu'en l'absence de la foi, tout est vain.




Quand vous dormez la nuit votre mental et votre intellect sont éteints. Le monde entier semble dormir alors et plus rien n'a d'importance pour vous.


Mais dès que vous vous réveillez le matin, le monde aussi semble s'éveiller. Cela veut bien dire que c'est vous qui faites naître le monde! Ce que vous êtes en réalité est sans corps et toujours paisible. Vous êtes la paix elle-même qui n'a aucun désir pour le monde

Zhuang Zi (Tchouang Tseu)


Tel rêve de ripailles et pleure à son réveil ; tel autre pleure dans son rêve et s’en va chasser aux aurores. On ignore que l’on rêve quand on rêve, et on rêve parfois que l’on est en train de rêver. Ce n’est qu’au réveil que l’on sait qu’on rêvait. C’est seulement lors du Grand réveil* que l’on saura que tout n’aura été qu’un grand rêve. Seuls les sots se persuadent qu’ils sont en état de veille, qu’être un valet ou qu’être un prince est la seule certitude. Quelle stupidité ! Kong zi (Confucius) et toi-même, vous n’êtes que des rêves, et quand je vous dis que vous l’êtes, cela aussi est un rêve.

*La mort



Supposons que nous débattions. Tu l’emportes et je perds. Est-ce toi qui as raison ? Est-ce moi qui ai tort ? Je l’emporte et tu perds. Est-ce moi qui ai raison ? Est-ce toi qui as tort ? L’un de nous a-t-il raison, l’autre tort ? Avons-nous raisons tous les deux ? Avons-nous tort tous les deux ? Ni toi ni moi ne le savons. Une tierce personne serait plongée dans l’embarras de la même manière. A qui demanderais-je d’en décider pour nous ? A une personne de ton avis ? Etant de ton avis, comme le pourrait-elle ? A une personne de mon avis ? Etant de mon avis, comment le pourrait-elle ? A une personne qui ne partagerait ni mon avis ni le tient ? N’étant pas de notre avis, comment le pourrait-elle ? A une personne qui partagerait mon avis et le tien ? Etant de notre avis, comment le pourrait-elle ? Ainsi, ni toi ni moi ni personne ne peut savoir qui de nous deux a raison.
Vers qui se tourner alors ?




La nasse est utilisée pour prendre les poissons. Une fois les poissons pris, la nasse est oubliée. Le collet est utilisé pour capturer le lièvre. Une fois le lièvre capturé, le collet est oublié. Les mots sont utilisés pour exprimer une pensée. Une fois la pensée exprimée, les mots sont oubliés. Ou pourrais-je rencontrer quelqu’un qui aura oublié les mots et être alors en mesure de converser avec lui ?




La vie est le prolongement de la mort, et la mort le commencement de la vie. Personne ne connaît l’ordre de leur alternance. L’homme naît d’une condensation de souffles. C’est ce qui produit la vie. La dispersion de cette condensation provoque la mort. Si la vie et la mort sont intimement liées, pourquoi se chagriner à leurs sujet ?




La femme de Zhuang zi venant de mourir, Hui zi s’en fut présenter ses condoléances. Il trouve Zhuang zi assis sur le sol, les jambes écartées, chantant et battant la mesure sur une écuelle. Hui zi lui dit :
« Que tu ne pleure pas celle qui fut ta compagne, qui éleva tes enfants et vieillit avec toi, voilà qui est singulier !
Mais que tu chantes et que tu battes la mesure sur une écuelle, c’en est vraiment trop !
-Mais non ! répondit Zhuang zi. Comment ne serais-je pas affecté par le mort de ma femme ? Mais si je réfléchis sur le commencement, à l’origine, elle n’était pas née : avant sa naissance, elle n’avait pas même de forme corporelle, mais pas même de souffle. Mêlée à la masse obscure et indistincte, quelque chose s’est transformé en souffle, le souffle s’est transformé en forme corporelle, la forme corporelle s’est transformée en vie, et maintenant la vie se transforme en mort. Cela ressemble au cycle des quatre saisons qui se succèdent. Elle repose maintenant en paix dans la Grande Demeure. Si je continuais à me lamenter sur la sa mort, cela voudrait dire que je n’ai rien compris au destin. Voilà pourquoi j’ai mis un terme à mes pleurs. »





Le ciel tourne. La terre est immobile. Le soleil dispute sa place à la lune. Qui en a la gouvernance ? Qui en a le contrôle ? Qui, sans agir, donne impulsion à tout cela ? Ya-t-il quelque mécanisme régulateur ? S’agit-il d’un mouvement obéissant à une volonté, incapable de s’arrêter lui-même ? Sont-ce les nuées qui donnent la pluie ? Est-ce la pluie qui donne les nuées ? Qui y a-t-il à l’origine ? Qui, sans agir, le provoque ? Le vent se lève au Nord, souffle vers l’Est ou l’Ouest, ou s’élève en tourbillons. Qui est la cause de ces aspirations, de ces expirations ? Qui, sans agir, produit ces souffles ?






Le jaillissement de l’eau est le résultat de sa propre nature. La vertu de l’homme parfait n’est pas le résultat son perfectionnement, mais du Dao.
Ainsi en est-il du ciel qui est haut en soi, de la terre qui est épaisse en soi, du soleil et de la lune qui sont lumineux en soi. Quel besoin auraient-ils de se perfectionner ?





Confucius était désireux d’aller vers l’Ouest pour déposer ses écrits à la bibliothèque des Zhou. Zilu* lui dit :
« On m’a parlé d’un certain Lao Dan (Lao Tseu), bibliothécaire des Zhou. Il s’est démis de ses fonctions et vit retiré. Puisque vous projetez de déposer vos écrits, pourquoi ne pas lui demander son aide ?
-Soit ! » répondit Confucius.
Il alla trouver Lao Dan, mais celui-ci refusa de l’aider.
Alors Confucius tenta de le convaincre en lui exposant le contenu des Douze classiques. Lao Dan l’interrompit et dit :
« Trop long et fastidieux. Allez à l’essentiel !
-L’essentiel réside dans la bienveillance et la justice, répondit Confucius.
-Permettez-moi de vous demander si bienveillance et justice sont le fond de la nature humaine.
-Assurément ! L’homme de bien ne peut atteindre la perfection sans bienveillance ni vivre sans justice. Bienveillance et justice sont, en vérité, le fond de la nature de l’homme. Que pourrait-il faire sans elles ?
-Permettez-moi de vous demander ce que vous entendez par bienveillance et justice.
-Vouloir le bonheur des hommes et aimer tous les hommes avec altruisme, telle est l’essence de la bienveillance et de la justice.
-Malheureux ! Vos derniers propos représentent un vrai danger ! Parler d’amour universel est excessif. L’altruisme conduit à l’égoïsme. Souhaitez-vous que le monde entier perde sa nature propre ? Le ciel et la terre suivent leur course, le soleil et la lune ont leur lumière, les étoiles et les astres ont leur ordonnance, les oiseaux et les animaux vivent en groupes, les arbres et les végétaux croissent vers le haut. Agissez en suivant votre propre vertu, suivez le Dao, et vous atteindrez la perfection. Pourquoi voulez-vous promouvoir la bienveillance et la justice en vous comportant comme un père à la recherche de son fils égaré ?
Malheureux ! Vous n’apportez que confusion dans la nature humaine.


*Un des disciple de Confucius

Ramesh BALSEKAR


Qu'arrive-t-il au corps quand les gens meurent? Qu'arrive-t-il à cette Energie? Elle va où?

Eh bien,laissez-moi l'exprimer comme ceci.Qu'arrive-t-il à un gadget de cuisine quand il est"mort"?Vous le jetez à la poubelle.Qu'arrive-t-il à l'électicité? Elle continue de fonctionner à travers d'autres gadjets de cuisine.Alors si cet organisme corps-mental est détruit,qu'arrive-t-il à la Conscience? Elle fonctionne à travers d'autres instruments.

Oui,mais(pointant du doigt vers elle-même),qu'arrive-t-il à cette Energie qui est là?


C'est la même Energie.Ce n'est pas "votre"Energie,tout comme l'électricité n'appartient à pas à ce gadjet de cuisine.Le gadget de cuisine ne dit pas,"qu'advient-il de mon électricité?"
L'électicité est l'électricité.Le gadget de cuisine n'est plus là;l'électricité continue à fonctionner à travers d'autres gadgets.

mercredi 29 septembre 2010

Sagesse Africaine







Dieu donne à tous : au uns, il donne des biens, aux autres des bambous.
Proverbe luba (Congo-Kinshasa)


Dieu ne discute pas avec l’homme ; quand il parle, il a raison.

Proverbe luba (Congo-Kinshasa)




Dieu est transcendent et immatériel, on ne peut le réaliser, sinon en esprit. Or les esprits des hommes diffèrent, et chaque homme conçoit Dieu selon ses facultés, à sa manière, à son image.

Amadou Hampaté Bâ








Ce que Dieu ne permet pas, vous ne pouvez pas le faire.
Proverbe baoulé (Côte d’Ivoire)



Dieu notre maître,
Dieu le Créateur
C’est toi qui es Roi des rois
Tout ce qui est élu, c’est toi qui l’as élu
Tout ce que chacun possède, c’est toi qui lui as donné
Tout ce dont nous sommes privés, c’est toi qui nous en as privés
C’est toi qui as créé le monde, c’est toi qui as créé tous les êtres
Mais toi, personne ne t’a créé
C’est toi qui as créé l’univers de haut en bas
C’est toi qui as créé les nuages porteurs de pluies
Nous te demandons une averse de paix, qui nous apportera la fertilité,
Qui nous donnera beaucoup de mil pour que nous puissions manger en paix,
Nous et notre famille !

Prière seereer (Afrique de l’Ouest)




Dieu est comme le soleil, il pénètre dans chaque maison



(Proverbe malgache)





La pluie de Dieu tombe aussi sur le sorcier.
Proverbe kaonde (Zambie, Congo-Kinshasa)





Loin des yeux des hommes, ce n’est pas loin de Dieu.
Proverbe popo (Ghana)




L’homme ne vous voit pas, Dieu vous voit.

Proverbe baoulé (Côte d’Ivoire)





Ton ignorance te porte plus de tort que ta pauvreté.
Proverbe algérien




Le fleuve fait des détours car personne ne lui a montré le chemin.
Proverbe gabonais




Un sac vide ne peut se tenir debout.
Proverbe malgache





On a présenté des fleurs à l’âne, il les a mangées.
Proverbe béninois





Aller doucement n’empêche pas d’arriver.
Proverbe capverdien





L’homme pressé souvent trébuche
Proverbe marocain




Les « on dit » sont comme une maladie, une fois que vous les avez acceptés, il est difficile de s’en débarrasser.
Proverbe swahili




Celui qui parle ignore que celui qui écoute est malin.
Proverbe burkinabé




Impossible de nettoyer l’eau sale.
Proverbe éthiopien




Les fesses ne sont jamais lourde pour celui qui les porte, même fatigué il peut les amener à la maison.

Proverbe nigérien





Impossible d’effacer les taches du léopard.
Proverbe kenyan




Même la nuit, le lait est blanc.
Proverbe tchadien




L’arbre suit sa racine.

Proverbe congolais



Le pied gauche marche toujours à gauche.
Proverbe lesothan



Le soleil se lève même si le coq n’a pas chanté.
Proverbe rundi (Burundi)



Peut importe la direction du vent, le soleil va toujours là où il doit aller.
Proverbe gambien





Le drapeau suit la direction du vent.
Proverbe libérien





« Notre essence spirituelle est l'unique source de tout. »

C'est notre propre essence qui est à l'origine de ce que nous nommons le monde – et par « monde » j'entends non seulement la réalité dite extérieure mais aussi mon esprit, mon esprit dans mon corps, mon corps dans le monde et le tout emmené par le temps. En d'autres termes, tout jaillit du tréfonds de nous-mêmes. Notre essence est créatrice. Originellement, c'est-à-dire maintenant, tout de suite, immédiatement – je ne parle pas d'origine historique mais d'origine instantanée – cette source qui est en moi génère le monde : elle produit la réalité sensible aussi bien que mon esprit et mon corps.


Stephen JOURDAIN

José Le Roy






 














Quand nous parlons des états de conscience nous devons évoquer trois états : l’état de veille, le rêve, et le sommeil profond. Trop souvent, l’analyse de la conscience se limite à l’état de veille comme si celui-ci était seul réel. Le sommeil profond est alors perçu comme un état de repos psychique et corporel tandis que l’essentiel de la vie psychique se déroule dans l’état de veille. La conception naïve comprend en effet le sommeil comme un état temporel qui dure un certain nombre d’heures – disons sept heures - pendant lesquelles la personne est allongée dans un lit, inconsciente et se repose. L’opinion commune pense donc que tandis que la personne dort, le monde continue d’être ce qu’il est.
Or ce n’est pas du tout ce que nous expérimentons dans le sommeil. Nous ne faisons pas l’expérience d’un corps allongé sur un lit dans une chambre pendant sept heures ! Ce récit est celui que nous donnons du sommeil profond quand nous sommes réveillés, à postériori donc. Le sommeil profond est autre chose, et c’est ce que je voudrais mettre à jour maintenant.
La question qui est la mienne est celle-ci : quel lien le sommeil profond a-t-il avec l’éveil ?
Autrement dit, le sommeil sans rêve est-il un état d’ignorance opposé à l’éveil ? Ou bien le sommeil profond est-il la porte vers l’absolu ?
A priori, dormir et s’éveiller à sa vraie nature semblent complètement contraires. Dormir est une perte de conscience alors que l’éveil est justement un réveil dans la pleine conscience. Quoi de commun entre eux ?Suite


Liens:
Douglas Harding
Aller au-delà des mots
L'éveil n'est pas une expérience
Espace d'accueil pour le monde
Eveil et philosophie (blog de José le Roy)
Site français de la vision sans tête



Tout ce qui est (Tony PARSONS)

-Vous ne pouvez le réaliser. Ce que vous pourriez venir à voir est qu'il n'est personne là pour le réaliser. Il y a simplement vision. En termes pratiques, en termes de voir à travers les yeux, il n'est personne dans cette pièce pour me regarder - il n'y a que vision. Le regard que vous imaginez provenir de vous est en réalitée vision pure et simple. Voyez à partir du rien - qu'il y ait donc simplement un voir. Ce qui est étrange est que c'est tout ce qui est, de toute façon. Tout ce qui se rajoute par dessus est cette idée bizarre que vous êtes là, qu'il y a une personne là.



-Il n'est aucune étape à franchir en direction de ce qui EST déjà. Ce n'est pas là-bas - il n'est qu'unicité. Vous ne pouvez pas progresser vers ce qui est déjà.


-Ce que vous êtes est simplement être,présence,vie.Vous êtes vie,vie se produisant,mais n'arrivant à personne.Être assis sur cette chaise ne vous arrive pas à vous,-être assis là est ce qui arrive et n'arrive à personne.Il n'est qu'ÊTRE.Vous êtes l'ÊTRE même-l'ÊTRE divin.
Et c'est si frappant car où que vous alliez,il y a ÊTRE.Quoique vous fassiez en apparence,il y a ÊTRE.Quoique'en apparence vous ne fassiez pas,il y a ÊTRE.Il y a toujours eu ÊTRE,quoi que vous ayez apparemment fait ou pas fait,quels que soient la bassesse,la folie,l'ignorance ou l'égoïsme où vous imaginez vous trouver.Tous ces traits naissent en ce que vous êtes,qui est ÊTRE.Tout ce qu'il y a est ÊTRE.Et surgissant de cet ÊTRE il y a l'idée que "vous" existez.Il ne sagit que d'une idée,de la simple pensée qu'il y a quelqu'un.



-Au sein de la présence, ce que vous êtes est divin - y compris toutes choses que l'esprit tient pour viles ou névrosées. Ces choses sont divines. Ce que vous êtes, en ce moment même, est parfaitement adéquat...est le jeu divin.

Tout ce qui s'est apparamment passé dans votre vie est absolument et parfaitement approprié. Pas une chose n'aurait pu être différente. C'est ainsi que ce devait être. Si, par exemple, vous livrant à une rétrospective sur votre activité professionnelle, vous vous dites:"J'aurais pu mieux agir avec cette personne." En fait, ce qui convenait à cette personne était exactement cela - pas une autre chose qui aux yeux de l'esprit pourrait sembler meilleure - et correspondait à sa parfaite invitation.
L'invitation est présente et est re-créée à chaque instant. Et lorsqu'il semble que quelqu'un se soit mal conduit envers un autre ou qu'il aurait pu "faire mieux" à son égard, en fait, ce qui s'est passé à ce moment-là était totalement approprié.


"Ne pas être à la hauteur" est une chose avec laquelle nous grandissons; cela fait partie du mélodrame. Nous grandissons, pour la plupart, avec le sentiment de démériter, d'être incapable
d'affronter le monde, de ne pas être à la hauteur et de ne pas soutenir la comparaison avec nos projections de perfection. Notre quotidien est émaillé de toutes ces images de gens qui nous apparaissent meilleurs que nous.


Tout cela est une façon d'éviter la réalité que ce que nous sommes est bien au delà de ce que nous pensons être ou ne pas être. Il n'y a aucune raison pour que qui que ce soit doive être autre que ce qu'il est. Ce que vous êtes est l'Un, l' Absolu, la Présence, l'immaculée conception.




-C'est comme une vague à la surface de l'océan.Vous savez,il y a une vague qui roule à la surface de l'océan:"Voyez,je suis une vague!Je suis totalement séparée,totalement indépendante.Je suis plus grande que la plupart des autres vagues,bien plus importante."C'est exactement ce que nous faisons - fondamentalement,c'est cela qui se passe.Mais en fait,tout ce que c'est, c'est l'océan "vaguant".L'Un,faisant la vague.
Nous sommes l'Un "vaguant",et nous nous prenons pour des "vagueurs"séparés...de très importants"vagueurs"en route pour une plage ensoleillée,au merveilleux sable fin car nous en sommes résolument dignes.Et d'autres gens pensent être des vagues qui vont finir en antarctique tellement ils sont abominables.
Mais en fait,nous sommes simplement l'océan vaguant.Nous sommes l'Un paraissant être.
Et il n'est pas question que cela mène où que ce soit ou ait quoique ce soit à voir avec ce qui était précédemment,car il n'y eut jamais de précédemment.Il n'y a jamais eu un avant et il n'y a pas d'après.Il n'est toujours que ceci.Ce soir,alors que vous mangerez votre dîner,il n'y aura que cela,qui est ceci.



-Cette apparence que nous avons sous les yeux - le monde et nos vies apparentes - ne va nulle part et n' a absolument aucun but ou signification.Il ne fait que sembler être important,avoir un objectif,un sens et être en route pour quelque part.




-Ce dont nous parlons réellement ici est quelque chose d'une simplicité absolue C'est ce qui est,tout de suite,en cet instant même,dans cette pièce.C'est ce que vous êtes.C'est tout ce qui est.Ce que vous êtes est la présence en laquelle ceci émerge.Il y a quelque chose qui voit cela.Quelque chose sait que ce corps-mental est assis ici.

Si vous fermez les yeux,vous pouvez sentir qu'il y a une énergie là que vous pourriez traduire par les mots"J'existe."(Je suis)Ne la définissez pas, ne dites pas:"Ah cette énergie située dans le corps!"Il y a simplement une énergie:"J'existe."Changez cela en "présence"et c'est ce que vous êtes - tranquillité,énergie de la présence...Elle est parfaitement impersonnelle et tranquille,et elle voit ce qui apparaît.C'est quelque chose de très simple et de très immédiat et cela a cheminé avec vous toute votre vie,vous a observé en train de faire ceci ou cela,occupé à checher ceci ou cela...Et dans ce regard même,il y a cette présence - cela qui est déja.




-Il n'est ni but,ni intention,ni dessein,ni sens,ni raison,ni orientation,ni direction,ni parcours ou progression-rien que ceci.Il n'y eut jamais de commencement et il n'y aura jamais de fin.Rien ne s'est jamais produit.Il n'est que l'éternel ceci.



-
Tel que vous êtes,exactement tel que vous êtes assis ici,est expression divine.




-Tout est dénué de sens...et cela reste merveilleux!Aux yeux de personne.C'est la beauté de la chose,être sans but,ni rime,ni raison.Cela ne va nulle part,ne conduit nulle part-c'est unicité pure,c'est tout.C'est ceci.Cela n'a rien à vendre à personne-c'est simplement ce qui est.C'est la liberté totale.




-Il n'est ni vérité, ni mensonge.Il est simplement ceci.






-C'est le silence qui voit les pensées.Le calme n'est pas immobilité de l'esprit.La tranquillité,le calme est ce qui voit qu'il y a des pensées.Vous pourriez dire que tout émane du silence.Le silence est absence et n'a besoin de rien.Les pensées viennent du silence et retourne au silence...ceci est la manifestation de l'unicité.




-Tout ce qui se passe est que lorsque nous sommes de très jeunes enfants,il y a simplement être,sans le savoir d'être.Il y a simplement existence,être.Et puis quelqu'un survient en disant:"Vous êtes Paul"ou"Vous êtes Marie"-"Vous êtes une personne."Ensuite,d'une façon ou d'une autre,l'esprit,-la pensée"je",l'identité,l'idée"je suis une personne"-s'empare de l'énergie d'être et l'identifie en tant que Paul ,Marie ou je ne sais quoi.Elle accapare l'être et lui donne un nom.Les mots commencent,les étiquettes apparaissent et toute cette idée "moi" se met en branle et devient la principale dominante de la vie.

Si vous regardez le monde apparent dans lequel nous vivons aujourd'hui ,tout tourne autour du "moi",tout est centré sur la réussite ou l'échec de la "personne".Nous grandissons dans la croyance et le raffermissement de l'idée qu'il y a "quelqu'un"et que ce quelqu'un vit une vie qui vas durer un nombre donné d'années.Nous sommes embarqués dans un voyage nommé"ma vie",et la chose à faire- nous dit-on -est de faire marcher cette vie.
Tout l'investissement réside en"je suis une personne et je dois réussir ma vie".

Et vous vous retrouvez abreuvé de listes.La première vous pousse à être un bon enfant,celle qui suit à être un bon étudiant...
Ensuite,il y a une liste de conditions requises pour être un bon travailleur,habituellement suivie par celle du bon époux ou du bon compagnon.Certains se tournent vers la religion pour tenter de découvrir ce qui manque à leur vie et là encore on leur présente une liste d'obligations à remplir avant qu'ils ne deviennent dignes ou acceptables.

Il y a autant d'idées sur la façon de s'y prendre pour réussir sa vie qu'il y a d'apparentes personnes au monde.Et il y a beaucoup de niveaux subtils de réussite personnelle-certains apparemment négatifs.Pour certaines personnes,assumer une position de victime peut leur sembler un grand succès!

Nous sommes amené à jouer ce jeu parce que nous pensons vraiment que nous sommes "des gens".Le rôle"je suis une personne"est adoptée.Vous prétendez être cette personne,et prenez ce jeu tellement au sérieux que vous oubliez que vous faites semblent-et la supercherie devient tout.Et beaucoup,beaucoup de vies se vivent ainsi jusqu'à la fin.Et c'est très bien ainsi,c'est parfait,c'est divin,c'est le jeu divin.






-Lorsque nous sommes bébé,fondamentalement,il n'y a qu'unicité,mais sans que se soit réalisé.Il n'y a que paradis,mais il n'y a pas le savoir d'être au paradis.A un certains moment,notre mère nous dit:"Tu es Marie"ou"Paul",et il s'ensuit une chute dans le sentiment qu'il y a là quelqu'un en train de regarder qulque chose d'autre appelé une maman.C'est le premier moment de séparation.
La peur prend racine dans la séparation.La peur-la plus puissante émotion que nous éprouvions- est,à vrai dire,instiguée par le sens de la séparation.La séparation est la racine des apparentes souffrances,pertes attentes et envies.

Tout ce qu'il y a est le rien étant tout.Et en tant que partie de ce tout,apparaît la croyance et l'experience au quotidien d'être un soi séparé-un individu apparent disposant d'une volonté,d'un pouvoir de choix et d'une capacité à agir qui lui serait propres.
Ceci est spécifique à l'homme et est appelé conscience de soi.La plupart des gens prennent cela pour la réalité.
Le chercheur au fils des ans apparents,va raffermissant la notion"moi".Il tente de créer un monde qui est confortable,sécure,prévisible et connu.Au fur et à mesure que se construit ce monde-là,ce"moi" se contracte de plus en plus.A un point ou un autre-à la mort ou avant-ce qui se produit,c'est que ce"moi" contracté explose soudain et est à jamais perdu et dispersé en toutes chose.C'est à ce point qu 'il est vu que tout est "moi".







Tout ce qui est,est ceci ...et cela...

être

l'un apparaissant en tant que deux
rien apparaissant en tant que tout
l'absolu apparaissant en tant que particulier
le vide apparaissant en tant que plein
l'incausé appparaissant en tant que causé
l'unicité apparaissant en tant que séparation
le sujet apparaissant en tant qu'objet
le singulier apparaissant en tant que pluralité
l'impersonnel apparaissant en tant que personnel
l'inconnu apparaissant en tant que connu


C'est le silence se faisant entendre,l'immobilité en mouvement et
ces mots apparaissant en tant qu'orientation vers l'indicible




et cependant rien ne se passe





Tony PARSONS

Lien:http://milajesuis.blogspot.com/2010/08/quoi-que-vous-possediezvous-ditesmon.html


Tout ce qui est,est ceci ...et cela...


être




l'un apparaissant en tant que deux
rien apparaissant en tant que tout
l'absolu apparaissant en tant que particulier
le vide apparaissant en tant que plein
l'incausé appparaissant en tant que causé
l'unicité apparaissant en tant que séparation
le sujet apparaissant en tant qu'objet
le singulier apparaissant en tant que pluralité
l'impersonnel apparaissant en tant que personnel
l'inconnu apparaissant en tant que connu



C'est le silence se faisant entendre,l'immobilité en mouvement et
ces mots apparaissant en tant qu'orientation vers l'indicible




et cependant rien ne se passe





(Tony PARSONS )

mardi 28 septembre 2010

Karl RENZ



Lien

















Tu es ce que tu es!
Et c'est cela la beauté:cette perception que tu n'es et n'as jamais été changé,ni avant ni durant la naissance,ni ici et maintenant,et que tu ne peux jamais changer;pas même par ta volonté de voir ou ta recherche,ni même à travers quiconque prétendant devant toi avoir compris quelque chose ou pas.

Tu ne peux jamais atteindre la liberté

A vrai dire, ta tendance est simple:tu veux la liberté.L'idée de liberté te pousse à la chercher,et c'est la prison.Là,la liberté devient une prison.Et ainsi tu continu à t'accrocher à ton idée.Et à rester en détention.Il n'y a pas d'échappatoire.Tout est détention.Dès que tu regardes,tu es en détention.

Je dis toujours:dès que tu es né,tu es condamné à l'incarcération à vie,et en plus à la peine de mort.Automatiquement.Donc tu peux faire ce que tu veux,même boire et fumer.Un peu plus de dépendance,qui s'en soucie?De toute manière,tu ne peux pas t'enfuir!

Alors autant mourir tout de suite:reconnais que tu n'existe pas!Car tu es la liberté que tu recherches.Tu ne peux pas être en détention.Tu ne peux pas être trouvé,tu ne peux être perdu.Ni naître ni mourir.Tu ne peux pas être en prison et tu ne peux pas ne pas être en prison.Tu es inconditionnellement conditionnel et inconditionnellement inconditionnel.

Tu ne peux jamais atteindre le liberté.Si la liberté était atteignable,ce serait une liberté conditionnelle.Si ce qu'est la liberté dépendait de circonstances,la liberté serait elle-même une circonstance.Conditionnelle et contrôlable.On pourrait se battre pour la liberté.Et bel et bien obtenir un résultat.On pourrait gagner et perdre quelque chose.Ce serait l'orreur!



Karl RENZ(Revue 3e Millénaire )

lundi 27 septembre 2010

Qu'expérimentons-nous en effet quand nous dormons?Pour s'en rendre compte,il faut cesser de regarder le sommeil d'un point de vue objectif(ce corps allongé dans un lit)mais d'un point de vue subjectif.
Nous ne disparaissons pas dans le néant de la non-existence.Dormir ce n'est pas disparaître.Le sommeil n'est pas un anéantissement.Ce qui disparaît en revanche,c'est l'individualité avec son nom, sa mémoire,son histoire,ses soucis,ses projets.Le masque de la personne s'effondre dans le sommeil et ne réapparaîtra qu'au réveil.

Ce qui demeure et qui se révèle à nous tous chaque nuit,c'est le Soi pur,l'Être,la Pure existence.
Ce qui disparaît c'est aussi le monde,notre corps,les autres."Le monde n'apparaît pas dans le sommeil profond,disait Ramana MAHARSHI,et il n'est qu'une projection du mental dans votre état de veille."
Le monde dans son entier se referme instantanément comme un éventail dans le Soi pur du sommeil profond.

Dans le sommeil,plus rien n'existe hors soi-même;le monde s'est évanoui et ne demeure que l'Être pur.
Croire que le monde existe quand nous dormons est un point de vue illusoire,fabriqué mentalement à l'état de veille.
En fait, chaque matin,l'état de veille et le monde surgissent de ce que je suis,ils durent un certain temps puis se referment le soir;ensuite ils surgissent à nouveau,instantanément encore et encore.

Le temps disparaît également dans le sommeil.
Il est minuit;je me couche;je ferme les yeux;et instantanément le réveil sonne et il est sept heures.Le sommeil ne dure pas car l'Absolu de notre vraie nature est hors du temps.Le sommeil profond nous ramène à la source d'où jaillissent le temps,l'espace et la causalité.
Dormir c'est trouver chaque nuit le bonheur parfait,plein.C'est pourquoi nous aimons nous coucher et abandonner nos soucis,nos peines,nos souffrances physiques.
Dailleurs un réveil brutal est souvent douloureux et nous semble un arrachement d'un état heureux et parfait.

Quand l'état de veille apparait le matin,il y a un petit moment où nous sommes libres de l'identification avec notre individualité,un moment où le visage de notre ego n'est pas encore venu occulter notre vraie nature.
S'éveiller c'est rester avec cette intuition,c'est se reposer consciemment dans le fond de l'Être pur,qui est plein de lui-même et qui demeure toujours là.

S'eveiller ne donnera jamais plus que ce que nous connaissons chaque nuit dans le sommeil profond.
Et cela suffit:être soi-même,Un sans second.


José Le Roy(revue 3e Millénaire n°97 qui vient de paraitre)

samedi 25 septembre 2010

SVAMI PRAJNANPAD





-Vous devez faire un très gros effort, aussi grand que possible. Pour aller où ? Là vous êtes. Tout est ici maintenant. Mais vous ne le voyez pas.



-Saisissez à bras le corps tout ce qui se présente, jusqu'à ce que vous ne fassiez plus qu'un avec.



-Vivez votre propre vie. c'est-à-dire là où vous êtes, tel que vous êtes, avec qui vous êtes... Prenez appui sur la situation dans laquelle vous vous trouvez et essayez, en même temps, de vous y adapter. Vous ne pouvez pas y échapper.



-Vous êtes ce que vous êtes, ici et maintenant, dans la situation présente. C'est le seul moi que vous connaissez. Partez de là, car c'est la seule réalité dont vous avez conscience. Et continuez à aller de l'avant, parce que vous êtes un processus dynamique. Soyez fidèle à vous-même, intellectuellement, émotionnellement, et en action ! C'est cela être Absolu ici et maintenant. Ne vous divisez pas entre ce que vous êtes ici et maintenant relativement et ce que vous devriez être (l'Absolu)



-Qu'est-ce que la vérité ? Ce qui est. Mais cette définition n'est pas complète. Ce n'est que la première moitié seulement. La deuxième moitié c'est qu'il n'y a rien d'autre que ce qui est.



-La vérité est ce qu'elle est et rien d'autre. Et le mental est si complexe et si illusoire et si fourbe qu'il essaye toujours d'y rajouter quelque chose.



-La définition de la vérité : ce qui est.


-Ainsi, ce que vous sentez maintenant, c'est la vérité pour vous, même si c'est en fait une non-vérité. Vous en faites alors l'expérience, vous la vivez, vous agissez en conséquence et alors seulement vous avez la possibilité de voir ce qui est.




-La vérité agit...la vérité joue partout à chaque instant, dans toute la manifestation. Si c'est la vérité, elle doit être ici et maintenant. Ainsi trois mots seulement expriment la vérité : ici maintenant et cela. Cela est ici maintenant.



-La vérité est si simple, si facile. Un seul mot la contient :"Oui".



-La vérité est simple, directe, elle a sa source en elle-même. Et c'est pourquoi cette simplicité est un défi qui vous met en cause, vous incite à la mettre en pratique ! La vérité est ici, là, partout, maintenant et toujours. Telle est la beauté et la fraîcheur qui, bien que simple, apparaît étonnante et surprenante au mental, qui dans sa complexité, embrouille tout.



-La vérité, c'est l'acceptation du changement continuel. Un seul mot la résume: "oui".



-Tout ce qui arrive à un moment donné est la seule vérité pour ce moment. La vérité consiste à accepter tout ce qui arrive.



-Qu'est-ce que la vérité ? Ce n'est pas quelque chose d'abstrait. La vérité, pour être la vérité, est toujours partout: elle est ici et maintenant. Ce que vous ressentez, ce que vous ne pouvez pas éviter. Votre vérité est différente de la vérité d'un autre. Ce qui vous apparaît comme réel est la vérité pour vous. Ainsi, à partir de vos vérités, vous devez atteindre la Vérité : Comment ? Appuyez-vous fermement sur ce qui vous apparaît comme vrai. Soyez fidèle à vous-même, ici et maintenant.



-Votre vie est toujours dans la vérité. Maintenant, vous êtes dans la vérité, en tant qu'individu soumis au jeu de l'action-réaction. Moins il y a d'actions et de réactions, plus vous êtes proche de la vérité.




-Quelle preuve avez-vous de vivre dans votre vérité à vous ? Parce que vous ne pouvez vous empêcher de la vivre. La vérité, c'est ce qui est impératif pour vous. Vous ne pouvez vous en rendre libre.



-Ce qui vous paraît vrai donne une information sur ce qu'est la réalité pour vous. Quand vous croyez qu'une chose est réelle, c'est la vérité pour vous. Vous agissez en fonction de cette perception. Vous ne pouvez pas faire autrement. Il y a donc des vérités, mais il y a la Vérité.



-On ne peut pas posséder la vérité. On ne peut qu'être la vérité. Il faut mourir à la vie du mental pour renaître à la vie de la vérité.



-Il est incorrect de dire " soi vrai", parce que la vérité est toujours présente. Elle ne peut être acquise.



-La vérité est la réalisation que "je ne suis rien, je ne suis personne". Ainsi, "je suis tous les autres, je suis tout".



-Pour celui qui est libre, le changement ne se manifeste pas sur le plan physique, bien qu'il y ait une certaine influence du psychique sur le physique. Mais ce qui est physique demeure tel quel. Le changement a lieu seulement à l'intérieur.



-Pour un homme "libéré", l'action a lieu d'elle-même, de manière spontanée. Il n'y a plus d'acteur. Il n'agit pas mais est toujours prêt à agir... Les choses se mettent d'elles-même en place. Qui êtes-vous pour  intervenir ?... Un sage est complètement passif et complètement actif. Comment ? Il est passivement actif.
Il est à l'aise dans toutes les circonstances. Il est chez lui partout.



-Tout ce que vous sentez comme existant à l'extérieur, absorbez-le en vous... Pour casser l'ego, vous devez vous déployer... Jusqu' à présent, d'une certaine façon, vous n'avez fait que vous projeter à l'extérieur ou plutôt, vous faisiez quoi ? Vous vous mettiez à l'extérieur. Maintenant mettez les autres choses en vous.



-En fait l'ego n'existe pas vraiment. Il donne l'apparence d'exister. Tant que vous ne réaliserez pas cela pleinement, la peur de la mort restera.



-Qui suis-je ? Simplement un courant qui passe. Une forme parmi une infinité de formes. Une forme parmis d'autres qui suit sont propre cours.



-Vous êtes un courant continu de changements, c'est vous et ce n'est pas vous. Celui qui voit le courant continu de changements ne change pas. Il est immuable. Il est absolu. Et c'est vous.




-Soyez ce que vous êtes. Chaque instant est une forme nouvelle de perfection : "Je suis ce que je suis ".



-Le mot réincarnation lui-même est faux. L'individu est en changement continuel. Une suite de changements. Pouvez-vous dire " je naîtrai, je mourrai" ? Non. Celui qui est né a disparu. Il y a des milliers de vies dans une seule vie.
Il n'y personne qui naît ou qui meurt. Il y a naissance et mort mais personne pour prendre part à ce phénomène.




« Nous ne sommes pas séparés, isolés. Il n’y a pas moi et les autres, et le monde. Les autres, le monde, moi, l’univers et ses myriades de formes et d’événements, sommes les membres d’un même corps, les gestes d’une même Réalité. Nous évoluons dans un même mouvement - expression de l’essence ultime qui se déploie et se reploie, sans cesse et infiniment.

Il n'y a pas moi et les autres - et le monde - isolés, séparés, qui s'opposent et rivalisent de pouvoir, de domination ; il y a tous les univers et leurs myriades de formes, de phénomènes complémentaires et interdépendants - expression de l'essence ultime qui s'in-forme (prend forme) à l'infini.



Marigal

Cheikh Khaled Bentounès



"Bien que le désir du Vivant reste fondamental chez l’homme, dès qu’il en perd la trace il ne se préoccupe plus d’être ou de mieux être mais d’avoir et de paraître."















Il est probable que la nature a préparé certains êtres à recevoir plus que d’autres. C’est leur destin et ils n’y ont aucun mérite. C’est un choix établi par une Volonté supérieure qui nous dépasse. L’être chemine mais tout cela est déjà préétabli. La voie est déjà tracée et nous ne faisons que la suivre. Nous posons nos pas ici et pas ailleurs. Nous sommes les artisans, c’est nous qui faisons, donnons et parlons. Mais ce n’est qu’après que nous nous apercevons qu’il y avait là un Vouloir et qu’il fallait passer par ce chemin-là et non par un autre. Nous pouvons dire qu’il existe un libre arbitre, mais tellement éphémère ! Lorsque nous faisons le bilan de notre vie, si nous avions véritablement le libre arbitre, nous n’aurions choisi que les choses qui nous sont favorables. Or, combien de fois n’accomplissons-nous pas des actes qui nous nuisent, que nous jurons de ne plus commettre et que nous répétons cependant. Le chercheur spirituel ne doit avoir aucune prétention. Lorsqu’il emprunte la voie, il doit simplement faire ce qu’elle lui demande. Le reste est entre les mains de Dieu mais il faut bien sûr le désirer. En fait, n’est-ce pas Lui qui nous a désirés avant qu’on Le désire ? Qui a désiré le premier ?




Nous sommes tellement immergés dans le monde sensible et séduits par ses formes changeantes et variées que nous vivons dans un état permanent d’ivresse et d’oubli. Notre conscience, complètement engluée dans les réalités sensibles, perd le contact avec ce qui est essentiel pour la nourrir. La plupart du temps, nous sommes complètements absorbés par nos soucis et nos activités quotidiennes pour gagner notre vie. En nous détournant ainsi du Vivant, nous négligeons et sacrifions l’aspect le plus essentiel de notre être.



L’avenir de l’homme dépend de la place faite au Vivant dans l’éducation d’éveil. Dans une société où cet attribut divin n’est plus le centre d’intérêt vers lequel convergent toutes nos actions et les fondements de la religion ou de la philosophie, la vie est altérée, triste et monotone. Elle laisse place uniquement à une société anarchique où les individus s’adonnent principalement à des activités périphériques.
La perte de la relation au Vivant en soi suscite chez l’être des désirs innombrables. Pour remplacer le désir essentiel du Vivant, nous cherchons à en assouvir de vains qui sans cesse s’accroissent.
L’homme croit pouvoir combler ce manque qui le fait souffrir en mettant son intelligence inventive au service de ses désirs corporels et matériels. Malheureusement pour lui, rien ne semble pouvoir combler ce vide intérieur qu’il ressent ; sa vie se transforme bientôt en une course effrénée à la possession. Bien que le désir du Vivant reste fondamental chez l’homme, dès qu’il en perd la trace il ne se préoccupe plus d’être ou de mieux être mais d’avoir et de paraître.



Pour faire triompher le Vivant en soi, l’être humain doit s’exercer à mourir au monde. Sans la mort des passions négatives de l’ego, aucune renaissance spirituelle de l’être n’est possible.
C’est une réalité dont nous ne parlons plus aujourd’hui. Nous assistons pratiquement à l’inverse dans nos sociétés où tout est fait pour renforcer une attitude égotique. En général, les institutions humaines sont faites pour conserver et transmettre l’acquis et, ce faisant, elles contribuent à atrophier l’inné. Le système des examens en est l’exemple typique.
La société se refuse à faire vivre l’homme en dehors d’un système qui l’empêcherait d’avoir prise sur lui.
Vivre dans l’inné, libéré de tout conditionnement psychologique et social, implique une telle remise en question des valeurs et des fondements des sociétés et des Etats qu’il est préférable d’en cacher l’existence.
Mais en refusant cette voie de la délivrance, de l’autonomie et de l’affranchissement, nous laissons place à une multitude de désirs insatiables qui tissent la trame d’un monde de valeurs superficielles fait d’angoisses, de contrariétés et de compétition.
Bien que nous ne soyons pas toujours satisfaits de la vie que nous menons, nous ne cherchons pas à en modifier le cours car nous nous laissons bercer par la vaine espérance que nous serons plus heureux demain qu’aujourd’hui grâce à la réalisation de nos ambitions personnelles.

N’oublions pas que le Vivant demeure toujours vivant même quand nous nous en détourons pour gaspiller toute notre énergie dans des activités superflues et stressantes. Il n’est donc pas diminué par quoi que ce soit. Le Vivant est immuable puisqu’il est, par définition, « Celui qui subsiste par Lui-même ». Il n’est donc pas moins présent dans nos sociétés que dans celles du passé, mais il est certainement plus occulté aujourd’hui en raison de modes de vie plus centrés sur la réussite sociale et matérielle.





Une société dont les valeurs dominantes et les institutions n’encouragent pas à cultiver les qualités relationnelles et les vertus de l’âme humaine laisse le champ libre à des peurs incontrôlables et à des désirs exacerbés. L’agressivité, la méfiance et les excès en tous genres finissent bientôt par être les seuls guides de la conduite humaine. La publicité, la télévision, les films et de nombreux aspects de l’éducation actuelle ne font qu’amplifier ce phénomène en poussant les jeunes toujours plus loin dans la compétition et la consommation. Cela développe seulement en eux le goût de l’argent et de la célébrité, ainsi que la fascination pour des valeurs éphémères qui auront pour effet, à la longue, de provoquer de grandes frustrations et une uniformisation des modes de vie et de pensée. Car c’est bien là le tour de force magistral des sociétés contemporaines, renforcé par la globalisation économique, que de donner l’illusion d’étendre sans limites les libertés et les droits de chacun tout en mettent simultanément en place une nouvelle forme de servitude à laquelle la plupart des individus adhèrent, faute de modèle sociétal alternatif, en suivant des normes de plus en plus standardisées, restrictives et complexes.

Aussi assistons-nous parfois à des réactions violentes et soudaines contre les institutions et ceux qui les représentent, à des crises identitaires et mystiques, qui ont toutes pour point commun le rejet du monde. L’individu se persuade qu’il vit dans un monde d’adversité et d’hostilité où il se sent incompris et seul contre tous, sans s’apercevoir que son désir d’émancipation à l’égard des contraintes normatives est lui-même alimenté par toutes sortes de peurs, fabriquées artificiellement et entretenues avec complaisance par les médias, les représentants de l’autorité ou encore par les organismes internationaux.
Il se laisse piéger, à son insu, par la multiplicité des réalités de ce monde qui le pousse à mener une vie frénétique et dispersée. Mais en réalité, un tel comportement traduit intérieurement une véritable détresse à laquelle il pense pouvoir échapper en ayant recours à la violence !

Or la seule et véritable révolte possible contre la condition actuelle de l’homme semble ne pouvoir passer que par une révolte silencieuse et intérieure, capable de l’affranchir des contraintes normatives en devenant le témoin et le garant de l’existence d’une noblesse d’âme, et pourquoi pas d’une « chevalerie spirituelle » ! S’il fut un temps où les chefs de gouvernement exhortaient les peuples à s’enrichir, peut-être viendra-t-il un temps où ils les exhorteront à ennoblir leur âme !

C’est justement par l’éveil de la conscience que peut s’opérer cette conversion spirituelle, aussi bien à l’échelle individuelle que collective, pour nous libérer de l’emprise dissolvante de la multiplicité. Si nous vivons effectivement dans un monde où règne la multiplicité de langues, de savoirs, de connaissances et de richesses, celle-ci ne nous empêchera pas de donner du sens à notre existence dès lors que nous apprendrons à le rattacher à son principe d’unicité grâce à une éducation spirituelle.
Celui qui s’est efforcé de nourrir sa conscience au cours de son éducation va s’apercevoir que le multiple ne mène que vers l’Un. Les six milliards d’êtres se résument à un seul : Adam. Et qui est Adam ? C’est lui-même. Et lui-même, c’est Lui, l’Ineffable !

Cette fuite et ce rejet du monde nous amène forcément à militer dans un parti, à adhérer à une secte, à avoir une religion ou à appartenir à une communauté. C’est toujours « moi contre les autres », ou « moi avec certains, contre les autres ». Cette opposition est l’illusion dans laquelle nous tombons tous. Et c’est somme toute normal. Pourtant, nous devons toujours garder à l’esprit qu’il existe un lien subtil entre tous les êtres ! Même lorsque certaines rencontres nous réservent des surprise et peuvent paraître fortuites, un regard plus attentif aux liens cachés qui nous unissent nous donne bientôt le pressentiment que nous ne sommes pas là par hasard et que nous ne faisons jamais que vivre des événements qui ont déjà été, en quelque sorte, écrit par avance.

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Paroles d' Adi Shankara




Le rituel ne peut pas dissiper l’ignorance, parce qu’entre eux il n’y a pas de contradiction mutuelle. Mais la connaissance, sûrement, détruit l’ignorance, de même que la lumière détruit la plus dense obscurité.


Quand les limitations disparaissent, le voyeur se fond sans réserve dans Vishnu comme l’eau dans l’eau, l’espace dans l’espace, la lumière dans la lumière.


La délivrance ne s’obtient que par la connaissance : elle seule brise les liens de l’esprit, elle seule conduit à la béatitude.


Le corps et les autres objets de perception sont les produits de l’ignorance et sont aussi évanescents que des bulles. Le Soi, qui est non conditionné, est distinct de ces objets et doit être compris comme « je suis Brahman ».


Je (Brahman) suis sans attribut, sans fonction, éternel, sans doute, sans tache, sans changement, sans forme, éternellement libre et non conditionné.


La distinction entre le connaisseur, la connaissance et le connu n’existe pas pour le Soi suprême. Etant l’unique conscience et félicité, il brille par lui seul.


Le Brahman est distinct de l’univers. Il n’y a rien d’autre que Brahman. Si quelque chose d’autre que Brahman est perçue, elle est aussi irréelle que le mirage dans le désert.


Pénétrant l’univers entier, intérieurement et extérieurement, et l’illuminant, le Brahman brille par lui-même, telle une boule de fer incandescente.


Tout ce qui est vu où entendu autre que Brahman ne peut être (réel). Même cela est Brahman, l’être sans second, la conscience et la félicité, quand la réalité est connue.


Celui qui a l’œil de la connaissance voit Brahman qui est l’être, la conscience et la félicité dans toutes choses ; mais celui qui n’a pas l’œil de la connaissance ne peut voir ainsi, de même que l’aveugle ne peut voir le soleil brillant.


L’âme individuelle, fondue dans le feu de la connaissance allumé par l’instruction, est libérée de toute teinte, tel l’or et brille par elle-même.


Le yogi qui a obtenu la réalisation juste voit toutes choses, par l’œil de la connaissance, comme existant en son propre Soi, et l’unique Soi comme toutes choses.


L’état de « libéré » signifie que la personne sage, ayant abandonné ses limitations et qualités passées et acquérant les propriétés de l’être, de la conscience et de la félicité, atteint Brahman, de la même façon que la chenille devient papillon.


Le Soi est le soleil de connaissance qui s’élevant au firmament du cœur, dissipe les ténèbres de l’ignorance et, pénétrant tout, soutenant tout, brille et fait tout briller.


Ce qui n’est ni subtil ni dense, ni court ni long, qui est non-né, immuable, dépourvu de forme, de qualité, de caste ou de nom, cela, comprends-le, est Brahman.


La nature du Soi étant la connaissance, elle ne dépend, par la connaissance d’elle-même, d’aucune autre connaissance, de la même façon qu’une lumière n’a pas besoin d’une autre lumière pour se révéler.


Les passions, les désirs, le bonheur, la tristesse, etc. exercent leur fonction quand la conscience est présente, et n’existent pas dans le sommeil profond alors que la conscience est absente. Ils appartiennent, par conséquent, à la conscience, non au Soi.


Le monde phénoménal, qui abonde en désir, haine, etc., est, en vérité, comme un rêve. Tant qu’il dure, il semble réel. Mais lorsqu’on s’éveille, il devient irréel.


A l’homme dénué de discernement, le Soi apparaît comme actif, tandis qu’en réalité ce sont les sens seuls qui le sont, de la même façon que la lune est vue comme si elle courait, alors que ce sont les nuages qui se déplacent.






La Grande Voie se répand comme un flot

Qui peut lui dire à droite à gauche?

Chacun dépend d'Elle pour vivre

Elle ne se détourne d'aucun

Elle s'acquitte de sa tâche

Mais nullement ne s'en prévaut

Elle vêt et nourrit tout être

Mais sans l'asservir,étant humble

Tout fait retour en son giron

Sans s'asservir car Elle est grande

C'est dans l'oubli de sa grandeur

Que sa grandeur se parachève.






Lao-Tseu

"Vous êtes déja libre" (H.W.L Poonja)













Ce moment est hors du temps. Alors vous avez la connaissance de la non-existence du temps.
Le temps n’est qu’ignorance. Des millions et des milliards d’années ne sont qu’un instant.


L’intemporel est votre état naturel. Lorsque vous en sortez, vous êtes instantanément dévoré par le passé, le présent et le futur. Cela conduit à tous les problèmes, aux nombreux mondes, et ce n’est que ruse du mental. C’est le mental qui fabrique le temps.

Tous les corps vieillissent parce que le corps n’est pas la conscience. Le corps, ce sont des éléments qui coopèrent. Quand un homme meurt, les éléments font retour, et même alors, vous ne perdez rien. Les éléments ne sont pas détruits ; ils retournent simplement à la terre comme le souffle de la respiration retourne à l’air. On ne devrait donc pas avoir de chagrin pour la perte d’un corps. Seule la peur de la mort est perdue.

L’illumination se produit en un claquement de doigts. Ici-maintenant ! Rarissime. Plus proche que votre propre souffle. Pourquoi la remettre à une autre centaine d’années plus tard ? Si une chose est plus proche que toutes les autres, plus proche que votre propre souffle, où devez-vous aller, qu’avez-vous à faire pour la trouver ?
Pas besoin d’effort. Rien à faire. Ce qui est déjà là, très proche, c’est ceci l’honorer. Si vous l’avez, vous ne pouvez jamais le perdre. Comment pouvez-vous perdre ce qui n’a pas de localisation, ce qui est plus proche que le souffle ?
Qui voyage pour la liberté ? Celui qui est déjà libre. Débarrassez-vous simplement du concept « Je suis le corps séparé de la source ». Vous retournerez à ce que vous avez toujours été. Ce voyage vous ramènera chez vous. Il ne vous poussera dans aucune sorte de dimension nouvelle. Vous ne pouvez devenir ou arriver à ce que vous n’êtes pas. Soyez ce que vous êtes déjà.
Quand vous vous éveillez du rêve, rien d’autre n’a existé ! Là où il y a des noms et des formes, il y a encore un rêve. S’il y a nom et formes, il y a tromperie et non la réalité. Dans l’éveil, il n’y a pas de différence entre les hommes les oiseaux, les rochers. Tout est l’Être Absolu.

Le temps est le mental. La peur est le temps. Chaque fois qu’une peur existe, le temps existe. Ce dont nous parlons n’est ni le temps, ni le mental, ni la peur. La peur n’existe que dans la dualité. Quand il y a deux, il y a la peur. Lorsque vous êtes vous-même, il n’existe pas de peur et vous êtes Seul. Rien ne peut vous atteindre. Le temps ne vous touche pas, le mental ne vous touche pas, la peur ne vous touche pas. Vous êtes au-delà de tout ce qui est conceptuel. La véritable compréhension enlève la peur. La sagesse de l’unité enlève la dualité. La dualité n’est que rêvée. Quand vous vous éveillez rien d’autre n’existe. Cela, c’est la liberté totale. Cet instant de temps est au-delà du concept du temps. C’est pourquoi les questions s’évanouissent. C’est chez vous, c’est votre demeure ultime, rien n’y apparaît. Rien ne peut l’atteindre.
Ceci est la connaissance de l’inconnu, lequel est vide. Ici, il n’y a rien. Pas de vouloir, pas de besoins, pas de désirs. C’est la paix. C’est votre propre Soi.
Vous n’avez pas à l’atteindre à l’accomplir, ou à l’obtenir par quelque méthode décrite par un homme, un dieu, ou un créateur quelconque. Nul besoin d’effort pour y parvenir. Rien n’est plus facile de connaître qui vous êtes. Vous n’avez pas à voyager pour trouver la liberté. Vous êtes déjà libre.


Votre nature elle-même est la liberté. Vous ne rechercheriez pas la liberté si ce n’était pas votre nature. Vous ne chercheriez pas. Tout le monde veut retourner chez soi. Tout le monde veut retourner à sa propre nature. La liberté est votre nature. Tout ce que vous vous êtes imposé pour être malheureux, pour être lié, est un concept. C’est un concept imaginaire, donc débarrassez-vous-en. Alors vous ne pouvez pas dire : « Je suis en train de faire quelque chose. »
Supposons que votre imagination soit si forte que vous croyiez voir un fantôme dans une pièce. Puis quelqu’un vient pour faire partir le fantôme. Cette personne dit que le fantôme est supprimé. Il n’y avait ni fantôme, ni suppression. Ainsi est le retour à votre état naturel.

Dans Je suis il n’y a pas d’expérience. Vous avez seulement à abandonner les expériences dans lesquelles Je suis n’est pas. « Je suis untel », voici l’expérience. Pour avoir une expérience, Je suis doit devenir quelqu’un. Je suis est existence. Je suis est conscience. Restez-en une fois pour toute au Je suis et dites-moi quelle expérience vous obtiendrez.
Et ce Je suis contient tout le cosmos. Il n’y a donc rien à atteindre ou à faire. Restez- en simplement au Je suis est voyez quelle est l’expérience. Je suis est éternel. La mort ne peut entrer ici. Ici est Je suis, dans les états de veille, de sommeil profond et de rêve. Rien à perdre ou à gagner.
Pour devenir quelque chose, pour espérer quelque chose, vous devez agir. Pour rester Je suis vous n’avez rien à faire. Sa plénitude est vacuité. Je suis est l’océan et les vagues sont le cosmos, l’univers et tout les événements ; et vous pouvez y prendre plaisir. C’est ce que l’on appelle le jeu divin, la lîlâ.

Restez comme vous êtes. Pas besoin d’effort. Vous devez aller quelque part pour devenir quelque chose d’autre. Quand vous avez la connaissance qu’il est stupide de devenir quelque chose, c’est l’éveil. Pour cela, vous n’avez absolument pas besoin d’effort. S’il y a éveil, c’est en cet instant seulement et non pas suite à dix années de pratique. Ce qui est disponible maintenant est identique à ce qui sera disponible après quarante années.

Lorsque vous vous réveillez et parlez, et qu’ensuite vous dormez à nouveau, cette conscience du sommeil était-elle là ou non ? Vous dites : « J’ai très bien dormi, sans être dérangé ». N’y a-t-il pas conscience pendant le sommeil du corps ? Qui en jouit ? Il n’y a pas de différence entre la conscience de l’état de veille et la conscience du sommeil.
Les états passent devant vous comme les images d’projetées passent sur l’écran. L’écran est inactif et ne change pas. Lorsqu’il y a mouvement, il doit y avoir quelque chose qui ne bouge pas. Identifiez-vous à l’écran même.
Vous êtes l’écran, ou le substrat sur lequel ces états apparaissent. Et cela est invisible. Quand vous voyez quelque chose, l’écran n’est pas vu ; quand vous voyez l’écran, rien n’est vu. Quand l’écran est vu, les images ne sont pas vues.

Sagesse de l' Inde



Lorsque Brahmâ s'éveille, aussitôt cet univers accomplit son cycle d'existence ; lorsqu'il s'endort, l'esprit plongé dans un profond repos, alors le monde se dissout.

Lois de Manu


Le monde phénoménal, qui abonde en désir, haine, etc., est, en vérité, comme un rêve. Tant qu'il dure, il semble réel. Mais lorsque'on s'éveille, il devient irréel.

Shankara


Etat de rêve ou état de veille,c'est tout un aux yeux du sage.

Gaudapada


Je suis seul, à jamais libre de toute tache. Le monde existe comme un mirage à l'intérieur de moi. Devant qui m'incliner ? Lecteur, existes-tu ?

Avadhutagîta


Demeurant assis, le méditant voyage au loin ; demeurant immobile, il se déplace partout.

Katha Upanishad



Un mauvais maître doit être abandonné, de même qu'une mère ou un père car celui qui provoque le malheur est un ennemi, non un allié.

Râmâyana



Le monde est autant existant que non existant, au sein de la réalité unique qui est immuable, sans forme, sans qualifications.

Adhyatama Upanishad



Le monde phénoménal est impermanent, étant l'émanation de Brahmâ qui, seul, est réel; il est semblable aux visions de nos rêves, à un éléphant volant dans le ciel. De façon similaire, cet agrégat de menues particules qu'est notre corps est perçu à travers un réseau d'illusions multiples et nous imaginons qu'il existe réellement, comme nous croyons voir un serpent dans une corde au loin, en conséquence de perceptions imparfaites et de la connaissance imparfaite qui en découle.

Nirvana Upanishad



Eveillés, nous voyons l'irréel ; rêvant, nous voyons une image de la même illusion; rêvant, nous voyons l'irréel; à notre réveil, il n'y a plus rien.

Gaudapada



Les êtres vivants qui ont pris naissance en réalité n'ont pas d'origine; leur naissance est un mirage, et celui-ci ne constitue pas la réalité !

Gaudapada



Le mental et le monde sont en fait la fleur éclose de l' Être suprême.

Maha Upanishad

Votre souffrance individuelle est-elle différente de la mienne,ou de celle d'un homme vivant en Asie,en Amérique ou en Russie?Les circonstances,les incidents peuvents varier,mais en essence la souffrance de l'autre est identique à la mienne,n'est-ce pas?La souffrance est la souffrance,elle n'est ni la vôtre ni la mienne,bien sûr.Le plaisir n'est ni vôtre plaisir ni le mien-c'est le plaisir.


Lorsque vous avez faim,cette faim ne concerne pas que vous,c'est aussi la faim de l'Asie toute entière.Lorsque vous êtes mû par l'ambition,lorsque vous êtes sans scrupules,c'est la même absence de srupules qui meut le politicien,l'homme de pouvoir,qu'il soit en Asie,en Amérique ou en Russie.


C'est cela,voyez-vous que nous refusons d'admettre.Nous ne voyons pas que nous ne sommes tous qu'une seule et même humanité-mais tous enclos dans des sphères différents,des zones,différents de l'existence.



Krishnamurti