mercredi 29 décembre 2010

Voyez votre monde tel qu’il est, non pas comme vous l’imaginez. (Nisargadatta MAHARAJ)




Vous êtes tous trempés car il pleut beaucoup aujourd‘hui. Dans mon monde, le temps est toujours au beau fixe. Il n’y fait ni nuit ni jour, ni chaud ni froid. Pas la moindre inquiétude, ni regrets ne m‘assaillent. Mon esprit est libre des pensées, car tous les désir dont l‘assouvissement me réduirait à l‘esclavage en sont absents.

Est-ce qu’il existe deux mondes ?

Votre monde est transitoire, changeant. Mon monde est parfait, sans le moindre changement. Vous pouvez me dire ce que voulez concernant votre monde je vous écouterai attentivement, et même avec intérêt, cependant pas à un seul instant je n’oublie que votre monde n’existe pas ; que vous êtes en train de rêver.

Qu’est-ce qui distingue votre monde du mien ?

Mon monde ne possède pas de caractéristiques par lesquelles on pourrait le définir. Vous ne pouvez rien en dire. Je suis mon monde. Mon monde est moi-même. Il est entier et parfait. Toutes les impressions sont effacées, chaque expérience est rejetée. Je n’ai besoin de rien, même pas de moi-même, car je ne puis perdre ce que je suis.

Même pas de Dieu ?

Toutes ces idées et distinctions existent dans votre monde ; il n’existe rien de tel dans le mien. Mon monde est unique et très simple.


Il ne s’y passe donc rien ?

Quel que soit ce qui se produit dans votre monde n’a de validité et ne demande une réponse qu‘en lui. Dans mon monde, il ne se passe rien.

Le fait même que vous faites l’expérience de votre propre monde sous-entend la dualité propre à toute expérience.

Verbalement - oui. Mais vos paroles ne m’atteignent pas. Mon monde n’est pas un univers verbal. Dans votre monde, l’inexprimé n’existe pas ; dans le mien, les mots et leur contenu sont dénués de vie. Dans votre monde, rien n’est stable ; dans le mien - rien ne change. Mon monde est réel, alors que le vôtre est fait de rêves.

Pourtant, nous avons une conversation.

Le dialogue appartient à votre monde. Dans le mien il règne le silence éternel. Mon silence chante, mon vide est plein, je ne manque de rien. Vous ne pouvez connaître mon monde tant que vous n’y êtes pas.

Vous semblez être seul dans votre monde.

Comment pouvez-vous dire seul ou pas seul, quand les mots ne s’y rapportent pas ? Bien sûr que je suis seul, car je suis tout.

Ne venez-vous jamais dans notre monde ?

Que signifient aller et venir pour moi ? A nouveau, ce sont des mots. Je suis. D’où puis-je venir et où pourrais-je aller ?

En quoi votre monde m’est-il utile ?

Vous devriez observer votre monde de plus près, l’examiner de façon critique et, un jour vous vous retrouverez soudainement dans le mien.

Qu’avons-nous à gagner en faisant cela ?

Vous ne gagnez rien. Vous n’emportez pas ce qui n’est pas vôtre et vous découvrez ce que vous n’avez jamais perdu - votre propre être.

Qui commande dans votre monde ?

Il n’est sous la gouvernance d’aucun dirigeant, et personne n’y est gouverné. Il ne comprend pas la moindre dualité. Vous ne faites que projeter vos propres idées. Vos Ecritures et vos dieux ne représentent rien ici.

Vous possédez cependant un nom et une forme, vous faites preuve de conscience et d’activité.

C‘est l‘impression que je donne au sein de votre monde. Dans le mien, seul être existe ; et rien d’autre. Vous autres ressentez de la richesse avec vos idées de possession, de quantité et de qualité. Je suis entièrement dénué d’idées.

Mon monde est sujet au trouble, à la détresse et au désespoir. Vous semblez vivre avec des revenus cachés, alors que je dois trimer pour gagner ma vie.

Faites comme bon vous semble. Vous êtes libre de quitter votre monde pour rejoindre le mien.

Comment faire la traversée ?

Voyez votre monde tel qu’il est, non pas comme vous l’imaginez. Le discernement mènera au détachement ; le détachement vous assurera d’agir de façon juste ; l’action juste construira le pont intérieur qui conduira vers votre être véritable. L’action est une preuve de votre ferveur. Faites ce que l’on vous dit avec diligence et foi, et tous les obstacles s’évanouiront.

Etes-vous heureux ?

Dans votre monde, je serais des plus malheureux. Se réveiller, manger, parler, dormir à nouveau - quelle barbe !

Alors, vous ne voulez même pas vivre ?


Vivre, mourir - comme ce sont des mots dénués de sens ! Alors que vous me voyez en vie, je suis mort. Quand vous me pensez mort, je suis en vie. Vous êtes dans la confusion la plus totale !

Ce que vous pouvez être indifférent ! Toutes les souffrances de notre monde sont telles un néant à vos yeux.

J’ai parfaitement conscience de vos problèmes.

Alors, que faites-vous pour les soulager ?

Je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit. Ils vont et viennent.

Disparaissent-ils rien qu’en leur accordant de l’attention ?

Oui. La difficulté peut être de nature physique, émotionnelle ou mentale ; mais elle est toujours individuelle. Les calamités à grande échelle sont la somme de destinées individuelles innombrables et prennent du temps à se résorber. Mais la mort n’est jamais une calamité !

Même quand un homme est assassiné ?

La calamité est celle du tueur.

Quand-même, deux mondes me semblent exister : le mien et le vôtre.

Le mien est réel, le vôtre est mental.

Imaginez un rocher dans lequel il y a un trou où se trouve une grenouille. Disons que sa vie se déroule dans la félicité parfaite, sans distractions ni dérangements. Le monde continue à tourner à l’extérieur du rocher. Si la grenouille était au courant du monde extérieur, elle tiendrait ce propos : " Une telle chose n’existe pas. Mon monde est fait de paix et de félicité. Votre monde n’est qu’une structure en mots, il est sans existence. " Il en va de même pour vous. Quand vous nous dites que notre monde n’existe tout bonnement pas, il n’y a pas de discussion possible. Ou, prenons un autre exemple. Je vais consulter un médecin pour des douleurs au ventre. Il m’ausculte et me dit : " Vous n’avez rien. " " Mais, j’ai mal ", lui dis-je. " Votre douleur est mentale ", m’assure-t-il. Je dis : " Savoir que ma douleur est mentale ne m‘est d‘aucune aide. Vous êtes docteur, soignez cette douleur. Si vous n’en êtes pas capable, alors vous n’êtes pas mon médecin. "

Tout-à-fait juste.

Vous avez construit les rails, mais sans pont, aucun train ne peut traverser. Veuillez construire le pont.

Il n‘est besoin d‘aucun pont.

Quelque lien entre votre monde et le mien doit bien exister.

Aucun lien n’est nécessaire entre un monde réel et un monde imaginaire, car il ne peut pas y en avoir.

Alors que pouvons-nous faire ?

Examinez votre monde, appliquez-vous à cette observation de tout votre esprit, examinez-le de manière critique, inspectez attentivement chaque idée le concernant ; cela suffira.

Le monde est trop grand pour ce genre d’investigation. Tout ce que je sais, c’est que j‘existe, le monde existe, le monde me cause des problèmes et je lui en cause également.

Dans mon expérience, tout est félicité. Mais le désir de félicité crée la souffrance. Ainsi, la félicité devient le germe de la souffrance. L’univers entier de la souffrance nait du désir. Abandonnez l’aspiration au plaisir et vous ne saurez même pas ce qu’est la souffrance.

Pourquoi le plaisir doit-il être le germe de la souffrance ?

Parce que vous commettez de nombreux péchés au nom du plaisir. Et les fruits du péché sont la souffrance et la douleur.

D’après vous, le monde ne nous est pas utile - il n’est que tribulation. Je ne le ressens pas ainsi. Dieu n’est pas si insensé. Le monde m’apparaît comme une grande entreprise dont le but est de transformer le potentiel en actuel, le matériel en vivant, l’inconscient en pleine conscience. Pour réaliser le suprême il nous faut l’expérience des contraires. De la même façon que pour construire un temple nous devons avoir des pierres et du mortier, du bois et du fer, du verre et des tuiles ; pour transformer l’homme en sage divin, en maître sur la vie et la mort, il nous faut le matériau de chaque expérience. Tout comme la femme se rend au marché, achète toutes sortes de provisions, rentre à la maison, fait la cuisine, cuit des gâteaux et nourrit son seigneur, nous nous cuisons nous-mêmes à point dans le feu de la vie et nourrissons notre Dieu.

Bien, si c’est-ce que vous pensez, allez-y. Nourrissez alors votre Dieu.

Un enfant va à l’école et apprend beaucoup de choses, qui plus tard ne lui serviront pas. Cependant, il grandit pendant tout ce processus d’apprentissage. Nous aussi, traversons un nombre incalculable d’expériences puis les oublions, mais tout du long, nous grandissons. Et qu’est-ce qu’un jnani, sinon un homme qui a du génie pour la réalité ? Ce monde, qui est mien, ne peut pas être fortuit. Il a un sens, il n’est pas sans dessein. Mon Dieu a un plan.

Si le monde est faux, alors le dessein et son créateur le sont également.

A nouveau, vous déniez le monde. Il n’y a pas de pont entre nous.

Un pont n’est pas nécessaire. Votre erreur est de croire que vous êtes né. Vous n’êtes jamais né et jamais vous ne mourrez, mais vous croyez être né à une date particulière, en un lieu donné, et que ce corps-ci est le vôtre.

Le monde est, je suis. Ce sont des faits.

Pourquoi vous inquiétez-vous du monde avant de vous occuper de vous-même ? Vous voulez sauver le monde, n’est-ce pas ? Pouvez-vous faire passer le salut du monde avant le vôtre ? Et que signifie être sauvé ? Sauvé de quoi ? De l’illusion. Le salut c’est voir les choses telles qu’elles sont. Je ne me perçois pas du tout comme étant lié à qui que ce soit, ni à quoi que ce soit. Même pas à un soi, quoi qu’il puisse être. Je demeure à jamais non défini. Je suis au-dedans et au-delà - intérieur et inaccessible.

Comment y-êtes vous arrivé ?

Par la confiance en mon Guru. Il m’a dit : " Vous seul êtes ", et je n’ai pas un seul instant douté de sa parole. Je n’ai fait qu’essayer de la comprendre, et cela, jusqu’à ce que je réalise combien elle était absolument véridique.

La conviction par la répétition ?

Par la réalisation du soi. Je me suis découvert être absolument conscient et heureux. J’ai vu que par erreur je pensais devoir l’être-conscience-félicité au corps et au monde des corps.

Vous n’êtes pas un érudit. Vous n’avez pas beaucoup lu et ce que vous avez étudié, ou entendu dire, n‘était peut-être pas souvent contradictoire. J’ai, pour ma part, une grande érudition et j’ai beaucoup lu. Mes découvertes m’ont montré que les livres et les enseignants se contredisent à n’en plus finir. C’est pourquoi j’aborde tout ce que je lis et entends avec beaucoup d’hésitation. Ma première réaction est la suivante : " Il se peut qu’il en soit ainsi, mais peut-être pas. " Comme mon esprit est incapable de juger de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est pas, je reste dans le doute. Dans le yoga, un esprit en proie au doute est un grand inconvénient.

Je suis heureux de vous l’entendre dire ; mais mon Guru m’a aussi enseigné à douter - de tout et de façon absolue. Il m’a dit : " N’accorde pas la moindre existence à quoi que ce soit, sauf à toi-même. " C’est par désir que vous avez créé le monde avec son lot de souffrances et de plaisirs.

Doit-il être également pénible ?

Comment peut-il en être autrement ? Le plaisir est limité et transitoire par nature. Le désir naît de la douleur, dans la douleur il recherche l’accomplissement et il trouve sa fin dans la souffrance de la frustration et du désespoir. L’affliction est l’arrière-plan du plaisir, toute quête de plaisir naît dans la douleur et prend fin dans la douleur.

Ce que vous dites est très clair pour moi. Mais quand il m’arrive quelque trouble d’ordre physique ou mental, mon esprit devient morose et s’assombrit, ou encore, il se met en quête d’un soulagement de manière effrénée.

Et alors ? C’est l’esprit qui vit la morosité ou l’agitation, pas vous. Regardez, toutes sortes de choses se passent dans cette pièce. Sont-elles de mon fait ? Elles se produisent d’elles-mêmes. Il en est de même en vous - le rouleau de la destiné se déploie et actualise l’inévitable. Vous ne pouvez pas changer le cours des choses, mais vous pouvez changer votre attitude, et ce qui compte vraiment, c’est l’attitude et non le seul évènement. Le monde est le royaume des désirs et des peurs. Vous ne pouvez y trouver la paix. Pour vivre la paix, vous devez dépasser le monde. La cause première du monde est l’amour de soi-même. C’est à cause de lui que nous recherchons le plaisir et que nous voulons éviter la souffrance. Remplacez l’amour de soi-même par l’amour du Soi, et tout le tableau se transforme. Brahma, le Créateur, figure la somme de tous les désirs. Le monde est l’instrument qui sert à leur accomplissement. Les âmes s’adonnent aux plaisirs qu’elles désirent et payent le prix dans les larmes. Le temps harmonise les comptes. Le règne de la loi de l’équilibre est souverain.

On doit d’abord être un homme avant d’être surhumain. L’âge d’homme est le fruit d’expériences innombrables. Le désir pousse à l’expérience. En conséquence, au moment opportun et à un certain niveau, le désir est à sa place.

Tout ceci est vrai, d’une certaine manière. Mais un jour vient, où vous avez accumulé suffisamment et où il est temps de vous mettre à construire. Alors, il devient absolument nécessaire de trier et rejeter [viveka-vairagya]. Tout doit être minutieusement examiné et ce qui n’est pas nécessaire doit être détruit sans concession aucune. Croyez-moi, on ne peut pas trop détruire. Car il n’y a rien de valeur dans la réalité. Soyez passionnément impartial - c’est tout.

mardi 28 décembre 2010

L'éveil est je (jeu?) Stephen Jourdain


« L’éveil » est je, moi, « un sujet sans yeux voyant, sans lumière, un objet sans apparence qui n’est autre que ce sujet voyant, se voyant. Ceci, à bout portant ». « Je » s'engendre lui-même. « Je » est cause pure de soi. »


Stephen JOURDAIN

dimanche 26 décembre 2010

"Nous sommes des êtres illuminés" (Maître YODA)





Tu dois désapprendre tout ce que tu as appris.

Mon alliée est la force et c’est de mes alliés la plus puissante. La vie la crée, la fait grandir, son énergie nous entoure et nous relie.
Nous sommes des êtres illuminés, pas une simple matière brute.
Tu dois sentir la force autour de toi, ici, entre toi, moi, l’arbre, la roche, partout.


Maître YODA

jeudi 23 décembre 2010

Karl RENZ








L'on prête à Jésus cette parole : aime ton prochain comme toi-même. Un tel amour est-il possible?


Réfléchis un peu! Il ne peut en être autrement. Aimer signifie se reconnaître en tout. L'amour est par-delà la dualité, si bien qu'il n'y a pas non plus d'effort à faire pour aimer quelqu'un, qui tout compte fait, n'est pas si extraordinaire que ça. L'amour est une réalité allant de soi, parce que tu te reconnais pleinement dans l'autre. Ce n'est pas comme de se dire: en essence, ce type que je vois dans le métro est certainement identique à moi-même, donc salut! Cette essence, tu la reconnais de façon immédiate, en ce qu'elle est ta propre réalité. L'amour et la connaissance de soi sont une seule et même chose. Sur le fronton du temple de Delphes il pourrait aussi bien être écrit :"Aime toi toi-même". Mais c'était peut être trop demander aux prêtres!

C'est aussi que connais-toi toi-même exprime mieux la voie à suivre. Il faut d'abord trouver l'accès à soi-même.

Il n'y a ni voie d'accès, ni voie de sortie - pas d'échappatoire à soi-même. L'on ne peut devenir quelque chose que l'on est déjà. Il n'y a ni voie d'approche, ni devenir. Imaginer que tu es séparé de toi-même est aussi insensé que d'imaginer que tu es séparé d'autrui. Tu n'es pas séparé de toi. Penser que tu l'es t'incite à construire des relations avec toi-même - des relation sur lesquelles tu travailles merveilleusement bien et qui, à n'en pas douter, peuvent être améliorées indéfiniment. Comme s'il y avait deux soi, premièrement toi, la personne, et deuxièmement toi-même, ce que tu es. Il n'y a pas de séparation entre les deux. Mais tu crois à la possibilité de relations et penses en avoir avec quelqu'un, c'est à la séparativité que tu prêtes réalité.

As-tu un enseignement et, si oui, quel est-il ?

Réalise que tout est un mensonge, et surtout celui qui reconnaît que tout est un mensonge .

Comment peut-on intégrer ce que vous dites dans la vie quotidienne ?

Ce qui est ne requiert aucune intégration, et ce qui n'est pas ne sera jamais intégré. Reconnais la parfaite réalisation de la réalité et sois ce que tu es. Tout est exactement comme c'est, car l'Être s'est manifesté de cette manière et pas autrement.

Peux-tu parler de la mort ? Certains affirment qu'il faut " mourir avant de mourir ".

La seule mort possible est celle de l'ego (la notion de séparation). Mais comment ce qui n'existe pas peut-il mourir ? Voilà la question. Comment ce qui n'est qu'une apparence, et ne se laisse appréhender que par les sens, peut-il mourir ? Comment le mensonge de la séparation peut-il disparaître ? Pour quelle raison, ou pour qui, " ce qui n'existe pas " doit-il disparaître ?

Seulement lorsque le Soi se reconnaît absolument dans tout ce qui est, car rien n'existe que l'Être indivisible ; la vérité et rien que la vérité, le Soi et rien que le Soi.

Lorsque la vérité ne voit qu'elle dans tout ce qu'elle perçoit, lorsque Cela et seulement Cela est ce que tu es, lorsque le rêve et le rêveur ne font qu'un dans l'absolu.

Pour l'absolu, rien ne doit disparaître, car l'absolu est la seule réalité. Reconnaître que l'ego n'est qu'une ombre éphémère dans le présent éternel annihile son apparente réalité.



Tu es Cela. C'est ta nature véritable, éternelle, précédant l'émergence du temps et de l'espace et de tout ce qui y apparaît, éternellement non affectée : la conscience pure et absolue se percevant elle-même en elle-même.


Peinture de Karl RENZ




http://www.karlrenz.com/francais/

mercredi 22 décembre 2010




La présence dans le maintenant est un état qui est toujours à portée de la main mais que l'on remarque rarement.


SRI NISARGADATTA MAHARAJ




http://milajesuis.blogspot.com/2010/02/la-fierte-davoir-reussi-jai-travaille.html

lundi 20 décembre 2010

Rien ni personne à illuminer (Tony Parsons)





«Fondamentalement, la réalisation de l’illumination apporte avec elle la soudaine compréhension qu’il n’y a personne ni rien à illuminer. L’illumination est, tout simplement. Elle ne peut être possédée, pas plus qu’elle ne peut être atteinte ou gagnée comme une sorte de trophée. Tout et toute chose est unicité, et tout ce que nous faisons en essayant de la trouver se met en travers de sa survenue.

Ceux qui se déclarent être illuminés, ou le laissent croire, n’ont simplement pas réalisé la nature paradoxale de l’illumination et présument posséder un état qu’ils imaginent avoir obtenu. Il est vraisemblable qu’ils ont eu une profonde expérience personnelle d’une certaine sorte, mais cela n’a absolument rien à voir avec l’illumination. En conséquence, ils restent encore enfermés dans leurs propres concepts individualistes, fondés sur leurs propres systèmes de croyances particuliers.

Ces gens ont souvent besoin de prendre un rôle d’“enseignants spirituels” ou de “maîtres illuminés” et attirent inévitablement ceux qui éprouvent le besoin d’être étudiants ou disciples. Leur enseignement, encore enraciné dans le dualisme, encourage inévitablement une distance entre l’“enseignant” et ceux qui se trouvent amenés à suivre l’enseignement. (...)

Ceux qui ont complètement compris et embrassé l’illumination n’on rien à vendre. Quand ils partagent leur compréhension, ils n’ont aucun besoin de s’embellir eux-mêmes, ni ce qu’ils partagent. Pas plus qu’ils n’éprouvent d’intérêt à tenir le rôle de mères, de pères, ou d’enseignants.

Ce qui est “à part” engendre l’exclusion, alors que la liberté se partage au travers de l’amitié.”

Tony Parsons, Ce qui est, Trad. de l’anglais, Ed. Accarias L’Originel, 2002, p. 32-34.



http://milajesuis.blogspot.com/2010/09/tou-ce-qui-se-passe-est-que-lorsque.html

vu sur :http://www.cafe-eveil.org/archives/tony-parsons.html

dimanche 19 décembre 2010

Mon véritable Corps (Douglas Harding)




Quel est le véritable Corps de tous les corps qui composent cet univers étroitement et merveilleusement entrelacé dans lequel nous vivons tous en étroite connexion, où tout dépend de et conditionne tout le reste ? Quel est-il donc sinon - l’Univers - et rien de moins ! Vous n’existez pas tant que vous n’êtes pas Tout, l’Ensemble des choses, le Corps unique, strictement indivisible, qui est votre véritable Corps – évidemment pas dans votre dimension humaine, mais en union avec l’Un que vous êtes réellement au Centre et à la Circonférence.
En d’autres termes, il n’y a qu’un seul Corps dont tous les autres corps ne sont que des membres, ou plutôt des organes et organelles. Et en affirmant (à juste titre et explicitement) que vous êtes incarné, vous affirmez (à juste titre et implicitement) que vous êtes Lui. ("Dieu")

Nous demandions s’Il("Dieu") était un corps. La réponse est Non ! Jamais de la vie ! Il est Le Corps ! La Non-chose est Toutes choses.


Douglas HARDING





http://milajesuis.blogspot.com/2010/08/univers-d-la-playlist-life-zone-avec.html




jeudi 16 décembre 2010

L'éveil n'existe pas (Nisargadatta Maharaj)


Non seulement vous n'allez rien acquérir, mais vous allez perdre tout ce que vous avez pu "acquérir" au prix de tant d'efforts pendant toutes ces années. Qui plus est, vous allez même perdre votre soi ! Vous êtes prévenus ! Vous allez, si vous revenez me voir, parvenir à la conclusion qu'il n'existe aucun "moi" ou "vous" pour rechercher l'éveil, et qu'en fait "l'éveil" lui-même n'existe pas. L'aperception de ce fait est elle-même l'éveil !



SRI NISARGADATTA MAHARAJ

mercredi 15 décembre 2010

Cet instant est tout ce qui Est (Tony Parsons)

Cet instant même est tout ce qui est. Ce moment-ci, ici même, est tout ce qui est. Dans ce corps/mental, une vue clair s'opère à chaque instant; il y a simplement un voir. Mais quelque part dans l'esprit il y a cette idée - et c'est tout le drame - qu'il y a quelqu'un là opérant cette vision. C'est toute la subtilité et l'évidence de la chose.
Lorsque se produit l'éveil (comme cela arrive maintenant très souvent), ce que les gens disent plus que tout autre chose est que ce qui est vu à présent est absolument évident. Tellement évident.
C'est étroitement accolé à ce que vous imaginez qui ce passe en ce moment. Vous pensez que vous me voyez - en fait tout ce qui se produit en réalité est qu'il y a un voir, vision de moi qui survient, ou de quoique ce puisse être. La différence entre éveil et pas d'éveil - entre voir et ne pas voir - est simplement la reconnaissance qu'il n'est personne là. Il n'est aucun "moi".



Si vous le voulez, vous pouvez fermer les yeux et vous mettre en quête du "moi". Ce qui surgit à la conscience sont des sensations. Il peut y avoir des sensations dans le corps, des pensées...
Peut importe ce qui surgit - un "moi" ne peut être trouvé là-dedans. Cherchez donc "moi"- il n'est pas possible de trouver une localisation fixe, un point fixe qui soit "moi". Où est votre "moi" ? Continuez à chercher "moi" et tout ce que vous trouverez, en fait
,sont des sensations, sensations corporelles, conscience du corps, conscience de la pensée "Je ne peux trouver "moi""...



Et la chose étrange est que ce qui cherche "moi" est ce que vous êtes. Vous êtes celui qui cherche. Ce que vous êtes est unicité. L'unicité est ce qui voit, ce qui voit toute chose. L'unicité est tout et voit tout comme étant elle-même.
Ce que vous cherchez est déjà. Ce que vous cherchez est déjà ceci. En fait, toute votre vie il y a eu claire vision. Ce qui recouvre cela est l'identification, comme si il y avait un "voyant" séparé. Et ce voile aussi est Divin. La lumière est tout ce qui est. Il n'est rien qui est besoin d'être fait, simplement parce qu'il s'agit seulement de la vision de ceci. Qui a besoin de faire quoique ce soit à ce propos ? Il y a toujours ceci. Il n'y a jamais que ceci. Où que vous alliez, il n'est que ceci.



Tony PARSONS

http://milajesuis.blogspot.com/2010/09/tou-ce-qui-se-passe-est-que-lorsque.html

Mental ( entretien avec Ramana Maharshi)



Puis-je méditer sur mon mental ?

Le mental de qui ?

Mon propre mental.

Qui êtes-vous ? Ainsi votre question se résoudra d'elle-même.

(...)Le Maharshi recommande de dépouiller le mental de toutes pensée.

Cela est en soi une pensée.

Quand toutes les pensées disparaissent, que reste-t-il alors ?

Le mental est-il différent des pensées ?

Non. Le mental est fait de pensées. Mon idée est la suivante : Quand toutes les pensées ont disparu, comment puis-je alors concentrer mon mental ?

Cela n'est-il pas aussi une pensée ?

Oui, mais l'on me recommande de me concentrer.

Pourquoi devriez-vous vous concentrer ? Pourquoi ne donneriez-vous pas libre cours à vos pensées ?

(...)Vous dites que je dois plonger dans l'océan du Soi comme un pêcheur de perles au fond de la mer.

Parce que vous pensez maintenant que vous êtes en dehors de l'océan de la Conscience.

(...) Vous ne pourrez jamais trouver le mental par le mental. Passez au-delà afin de découvrir qu'il n'existe pas.
(...)Mental, ego, intellect sont des noms différents pour un seul et même organe intérieur. Le mental n'est qu'un agrégat de pensées. Les pensées ne peuvent exister que pour l'ego. Toutes les pensées sont donc imprégnées de l'ego. Recherchez d'où s'élève le "je" et les pensées disparaîtront.

Ce qui reste ne peut pas être le "je" mais la pure conscience.

Tout à fait. Au départ, vous cherchez le bonheur. Vous vous apercevez, à l'analyse, que la souffrance est causée par les pensées. On les appelle le mental. En vous efforçant de contrôler celui-ci, vous cherchez le "je" pour finalement vous établir dans l'état Être-Conscience-Félicité.

Qu'est-ce que le mental alors ?

Le mental est la conscience qui a posé des limitations. Vous êtes originellement illimité et parfait. Puis vous vous limitez et devenez le mental.

jeudi 2 décembre 2010

Renonçons à l'observateur et à l'éveil (Steven HARISSON)


La méditation est-elle nécessaire?


Le défi de la méditation est connecté avec la dissociation qui se met en place lors du développement de l'observateur (celui qui est vigilant). En général, chez beaucoup de gens, la méditation semble relâcher certaines tentions, mais elle paraît aussi créer un problème plus subtil. Tout d'abord, nous sommes en souffrance. Puis nous méditons, et nous devenons conscient de la souffrance. Cela fait, certainement que l'on se sent mieux. Le mental capture cette conscience, ainsi appelée, et crée un observateur qui se sent mieux du fait qu'il est conscient de la façon dont la vie se déroule. Mais l'observateur n'est pas en contact véritable avec ce déroulement. Il reste en arrière, à une distance de sécurité.

Renonçons à l'observateur et à l'éveil.

Maintenant nous retombons dans l'actualité de notre vie, la souffrance et tout le reste.

De retour, somme toute, là où nous avons commencé et là où nous sommes. Nous ne sommes plus dissociés par le fait de cultiver en nous-mêmes un observateur-éveillé. Nous voilà pluôt pris dans la nasse des faits de la vie, parfois exténuants.

Il y a aussi une tendance à associer le mouvement de nos vies avec les choses que nous faisons, comme s'il y avait une loi de cause à effet. Nous nous asseyons en méditation, et quelque chose se passe. Peut-être l'ouverture est-elle la cause de la méditation, ou peut-être cela est-il sans cause, ou bien, est-ce un effet de synchronicité. Mais le mental a une tendance à structurer, à se souvenir des évenements comme ayant une cause. Il obscurcit ainsi la réalité.


Je pense comprendre ce que vous dites sur les techniques. Mais la paix que j'ai ressentie pendant la méditation est quelque chose dont je n'avais jamais eu l'expérience avant. Comment pouvez-vous simplement rejeter complètement cela ? Pensez-vous que la méditation est utile, peut-être comme moyen de se détendre ? Ma pratique tourne aujourd'hui autour de la décision d'être content de ma souffrance, et même de l'aimer. Vous parlez de la même chose ?


A coup sûr, la méditation a un usage technique. Elle paraît nous détendre, abaisser la pression sanguine, accroître la concentration. Mais je voudrais suggérer que cette méditation n'a aucune utilité pour ce qui est d'une transformation fondamentale. C'est là où toute technologie devient inutile, y compris la méditation ou d'autres techniques psycho spirituelles. En fait la méditation est l'expression d'une recherche ouverte, ce n'est pas un moyen d'atteindre un but.

Si, à ce niveau on ne renonce pas à la méditation en tant que technique, elle devient comme une drogue, et elle génère un état ressenti comme agréable, qui a un intérêt, qui construit une image sociale d'être "spirituel". Nous allons, simplement, répéter le processus méditatif, aller à son plus haut niveau, puis, plus tard, redescendre, et recomencer le cycle. C'est mieux qu'une addiction à la drogue. Mais ce n'est pas vraiment différent sur le fond.

La souffrance et les conflits sont des messagers. L'inconfort se transforme quand la résistance se dissout, et une écoute libre apparaît. Le message émerge, en même temps que la souffrance et le moi résistant s'effacent dans le silence.


Je rigole, et je vais rigoler encore. Je pratique le zen et ma femme dit que je deviens un zombie. Elle a raison. Ce que vous dites a touché un point qui n'avait jamais été touché avant. Je n'avais jamais réalisé combien une personne peut être dure avec elle-même. maintenant je pense que je vais passer plus de temps avec ma femme, au lieu de faire un trajet d'une heure et demie juste pour apprendre un nouveau concept.


Les femmes, général , ont raison.