vendredi 14 octobre 2011

"Que la lumière soit!..."



...et ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. Il n'y aura plus de nuit, et ils n'auront besoin ni de la lumière de la lampe, ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera; et ils régneront aux siècles des siècles.

                                                  (Apocalypse)

jeudi 13 octobre 2011

"...pas dans dix secondes, mais tout de suite !" (Jean Bouchart d'Orval)





Nous ne sommes pas faits pour travailler !
Le travail se réfère à la durée, la pénible durée, et c’est très fatiguant. Notre corps essaie parfois de nous le dire, mais nous sommes trop occupés par nos projets pour l’écouter.
Les moments de  grande tranquillité, de grande paix, ne nous viennent pas dans des moments de concentration. A l’école, on nous a enseigné à nous concentrer pour apprendre. Dans les cercles spirituels, on prêche aussi la concentration – parfois même à coups de bâtons… - sur un mantra, sur la respiration ou autre objet. On regroupe même souvent les adeptes dans des camps, parfois appelés ashrams : en somme des camps de concentration ! Mais les moments de grande tranquillité, ou d’ouverture, dans ma vie ne me sont jamais venus dans des moments de « concentration », ou parce que quelqu’un avait décrété une période de « méditation ». Cela me venait dans des moments de vacance : quand j’avais complètement oublié de m’inquiéter de moi-même, quand je n’étais plus obsédé par une image de moi-même. C’est immédiat : dès que cesse cette obsession, on est bien. Ce bien-être ne survient pas demain, pas dans dix secondes, mais tout de suite !
La souffrance peut s’effondrer à n’importe quel moment, sans raison. C’est le danger qui nous guette tous… Cet effondrement peut survenir sans travail ni préparation. Il suffit d’être là, d’être présent.


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Réponse de Nisargadatta Maharaj :



"Oui,vous existiez avant l'apparition du Christ, cela il vous faut le comprendre. Celui qui observe, qui est témoin de la conscience sait qu'alors la conscience était absente."

vendredi 7 octobre 2011

La science du Réel (Jean-Lucien JAZARIN)



    "Comprendre vraiment, c’est « être » ce que l’on veut comprendre."



Ceci n’est pas un ouvrage de philosophie, il n’expose aucune croyance et ne désire convertir personne à quoi que ce soit. Il souhaite seulement attirer l’attention sur des faits qui sont évidents mais qu’on ne voit généralement pas. La reconnaissance de ces évidences peut changer complètement notre vision du monde et de nous-mêmes.

Les méthodes scientifiques qui s’appuient, en premier, sur la perception, la constatation et l’observation des faits, ne sont pas des méthodes nouvelles. D’une façon sous-jacente mais omniprésente, l’objectif du vrai, c’est-à-dire de ce qui est réel, est présent dans toute recherche. Sans la rigueur dans l’exigence absolue de ce qui est vrai et réel, aucune science de ce nom n’est possible.
Mais la perception, la constatation, l’observation des faits sont inséparables de leur classement intellectuel, de leur groupement, de leurs relations  et des hypothèses explicatives
qui accompagnent ces investigations. Les méthodes scientifiques ont créé des moyens, des instruments d’investigation et d’observation de plus en plus perfectionnés pour observer les objets que les expérimentateurs désirent connaître. Toute hypothèse formulée n’est valable qu’après stricte vérification expérimentale persévérante et renouvelée aussi souvent et aussi longtemps que c’est nécessaire.

Mais les instruments d’investigation de plus en plus fins, aigus, perfectionnés, ouvrent un champ de plus en plus vaste et subtil à l’expérimentation et à l’observation.
Si bien que, loin de résoudre les énigmes de l’homme et de l’Univers, chaque expérience soulève et propose des énigmes encore plus vastes, des problèmes plus nombreux, des notions de plus en plus subtiles et profondes.
De plus, avec les moyens actuels de recherche, les chercheurs du monde entier forment des équipes plus ou moins solidaires qui doivent ou devraient échanger les résultats de leurs travaux. Les possibilités de communication avec l’électronique, l’audiovisuel, les télétransmissions (ce livre a été écrit à partir de 1976, Ndr) devraient dynamiser et accélérer les recherches. Cela se fait mais trop peu, hélas !

Paradoxalement, l’abondance des observations, des expériences, des hypothèses est telle que fort peu parviennent à chaque chercheur.
Et si de d’aventure elles lui parviennent, le malheureux est écrasé sous une documentation telle qu’il n’a ni le temps ni les possibilités d’en prendre connaissance. Pour pallier ces graves inconvénients, chaque discipline s’est créée pour son usage et ses inters échanges un vocabulaire spécialisé, un jargon, qui est littéralement ésotérique et que seuls les initiés comprennent. Il en résulte une nouvelle Babel scientifique inaccessible à l’immense majorité des hommes moyennement cultivés.
Ces immenses foules d’hommes pourtant intelligents et ayant les lumières suffisantes, celles de « l’honnête homme », se sentent à l’extérieur et comme exclus de ces cénacles.
Ils en conçoivent une admiration sans mesure pour ces « savants » auxquels ils s’en remettent aveuglément pour la connaissance de tout ce qui touche au réel. Mais l’homme, la nature, la terre, la vie sont-ils réellement améliorés par les découvertes scientifiques ?
Les écologistes qui étudient ces vastes problèmes sont atterrés et savent bien que si l’on continue, il n’y aura même pas besoin de bombes atomiques pour détruire la vie qui périra de ses déchets.

Comment en sortir ? Revenir en arrière ? Retourner à des modes de vie antérieurs, se raccrocher aux croyances de nos pères ? Adopter des croyances exotiques ou des religions étrangères ?                            
Pratiquer le remède Pascal : se mettre à genoux et prier en attendant que nos doutes s’apaisent et que la foi éclate dans notre cœur ? Si c’était toujours possible, il y a longtemps que, depuis que les hommes souffrent de vacuité et d’incertitudes, ils auraient appliqué ces cautères.
Hélas ! Ces tentatives ne réussissent pas souvent.
Une « croyance » consiste à accepter et se fier à ce qu’on ignore, comme on ferait un coup de poker. La « croyance » est donc fragile.
L’homme ne peut se contenter de « croire ». Ce dont il a besoin absolument, c’est de « certitude », de certitude absolue. Il ne peut se contenter à moins. Sans certitude, il ne peut trouver ni la force, ni la paix. La certitude, c’est voir, sentir, vivre, penser, réaliser ce qui est vraiment, ce qui est vraiment vrai, ce qui est Réel.
Non ! L’homme ne peut se contenter à moins. Son tourment ne peut fondre que sous l’ardeur, la chaleur et la puissance de la certitude. Mais est-ce possible ? La réponse est oui !

Il existe une science du Réel, une science de l’évidence. Cette science a la même rigueur, la même probité, la même valeur expérimentale que toutes les disciplines scientifiques les plus strictes et avec des méthodes aussi probantes.
L’alternance scientifique : « expérience –hypothèse », utilise toujours des données antérieures. Ces données, qu’on le veuille ou non, sont marquées par des connaissances antécédentes, donc entachées de jugement antérieurs. Pour tout dire, de préjugés. Ils sont, parfois, écartés par l’expérience, mais pas toujours, et l’on pourrait faire un inventaire édifiant de tous les préjugés des plus grandes sommités  scientifiques qui ont paralysé et parfois scandaleusement persécuté les chercheurs de tous ordres.
Dans notre propre démarche nous verrons que la connaissance du Réel, science de l’évidence et de la certitude embrasse un domaine infiniment plus étendu et complet.
Il s’agit, dans la plus large mesure possible, de purger « l’esprit de découverte » de tout préjugé. C’est plus facile à dire qu’à faire, car cela implique une douloureuse remise en question de toutes, et quand nous disons touts, c’est toutes, nos acquisitions intellectuelles, émotives et passionnelles. Cela donc supposé accompli, il convient d’aborder, avec un esprit libre et disponible, de nouvelles façons de voir.

Les sciences ne se préoccupent que  de la connaissance des objets extérieurs aux observateurs. Même lorsqu’il s’agit d’observer l’observateur lui-même, cette observation est effectuée en l’observant non comme sujet, mais comme un objet qu’il n’est pourtant pas.
C’est ainsi qu’une science psychologique moderne ne peut être qu’une science du comportement. En observant le comportement de ce qui est observé, on tente d’en induire la nature du sujet et l’on essaie de le préciser par le recoupement d’expériences multiples. Finalement ces observations, toutes extérieures, ne décrivent que des structures et des mécanismes de perception ou d’expression du sujet, mais ne parviennent jamais ni à le « cerner », ni à le définir, encore moins à le saisir.

C’est pourtant le sujet qui est important. Il est l’Être de l’objet quel qu’il soit : atome, molécule, cellule, végétal, animal, homme, minéral, métal, planète, soleil, étoile ou univers, c’est l’Être de ces objets, c’est-à-dire leur Réalité propre qui est le but final conscient ou inconscient de toute recherche.
Or, l’Être de l’Objet ne peut être atteint ni pénétré au moyen de l’examen extérieur de cet Objet si poussé soit-il.
La méthode extérieure ne peut appréhender que des formes extérieures. Le sujet, le Centre, le Réel au fond des apparences échappent à ces techniques. Si décevantes que soient, à ce point de vue, les recherches scientifiques, les chercheurs persévèrent dans ces méthodes parce qu’ils n’en connaissent pas d’autres. Et pourtant d’autres voies existent.
Depuis des millénaires et plus, des hommes ont étudié, approfondi, appliqué, expérimenté, des techniques de recherche par la voie intérieure. Il s’agissait alors de connaître « ce » par quoi tout le reste peut être connu.
Comme dans toute science, les instruments d’investigation doivent être forgés. Forgé par le sujet, par l’entraînement minutieux des facultés innées de la conscience. C’est donc à une transformation profonde de ses facultés et de leurs mécanismes que le chercheur ici est invité.
Ce n’est plus seulement l’information mais la transformation qui est requise. Sans cette transformation, il n’est pas possible de pénétrer au cœur des choses.
Comprendre vraiment, c’est « être » ce que l’on veut comprendre. L’intellect, la raison suivent et accompagnent ce travail mais s’intègrent finalement dans la Connaissance dont ils ne sont que des instruments.
Ces méthodes intérieures ne sont pas essentiellement difficiles, ni compliquées, car il ne s’agit pas tant d’acquérir quoi que ce soit que d’écarter, par un clair discernement, toutes les obstructions mentales et passionnelles qui étouffent la lumière inhérente au sujet, résidant au cœur des choses.

(…)Cette voie devrait conduire à la liberté intérieure, à la paix intérieure, à la force intérieure et à la profonde dignité de l’homme. Cela n’est possible que par un Réalisme total, une passion inextinguible de la Vérité.
Cela pourra être, enfin, le règne de l’Esprit Sain en ceux qui le voudront. Esprit Sain est écrit ici intentionnellement sans « t » pour éviter toute confusion religieuse. Et après tout un esprit pour être Saint avec un « t » ne doit-il pas être d’abord « sain » ?
L’Esprit Sain donnerait naissance à une civilisation de « l’Être » différente de notre civilisation qui est celle de « l’Avoir ».


Le pauvre des pauvres ( Angelus Silesius)




Tu voyages beaucoup, tu es à l’affût de tout : si tu n’as pas croisé le regard de Dieu, tu n’as rien vu. Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi : et chercher Dieu ailleurs, c’est le manquer toujours. Laisse tout ce que tu as pour pouvoir emporter tout. Dieu est le pauvre des pauvres. Il se tient là tout nu et libre.
Dieu est pour moi bâton, lumière, sentier.
Ô mon créateur et mon Dieu, à ta lumière je reconnais de quelle façon admirable je suis fait. Je suis fait de l’univers et je suis dans l’univers et l’univers est en moi. Je suis fait de toi et je reste en toi et toi en moi. Je suis issu de l’univers, l’univers me porte en soi, m’enveloppe et je porte en moi l’univers et j’embrasse l’univers. Je suis son enfant et son fils, et il est devenu ce que je suis et je suis devenu ce qu’il est : puisque tout ce qui vit dans l’immensité de l’univers vit aussi spirituellement et c’est ainsi que je suis un avec lui et que je ne pourrai être sans lui.

Qui a suffisamment a tout.

Qui aime la liberté aime Dieu.



mercredi 5 octobre 2011

Maktub (Paulo COELHO)




Le disciple s’approcha de son maître :
« Pendant des années, j’ai cherché l’illumination et je sens que je suis sur le point de la rencontrer.
Je veux savoir quelle est la prochaine étape.
-     -     Comment subvenez-vous à vos besoins ? demanda le maître.
-      -    Je n’ai pas encore appris à subvenir à mes besoins, mon père et ma mère m’entretiennent.
  Mais ce n’est là qu’un détail.
-         La prochaine étape consiste à regarder le soleil pendant une demi-minute », répondit le maître.
Le disciple obéit.
Le maître lui demanda alors de décrire le champ qui les entourait.
« Je ne le vois pas, l’éclat du soleil a troublé ma vision.
-        Un homme qui ne cherche que la lumière et se dérobe à ses responsabilités ne rencontrera jamais l’illumination. Un homme qui garde les yeux fixés sur le soleil finit par devenir aveugle », expliqua le maître.



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Le maître dit :
« Fermez les yeux. Il n’est même pas nécessaire de fermez les yeux, il vous suffit d’imaginer la scène suivante : une bande d’oiseaux en vol.
Bon, maintenant dites-moi, combien d’oiseaux voyez-vous : cinq ? onze ? dix-sept ?
« Quelle que soit la réponse – et il est toujours difficile de donner le nombre exact -, une chose est évidente dans cette petite expérience. Vous pouvez imaginer une bande d’oiseaux, mais leur nombre échappe à votre contrôle. Pourtant, la scène était claire, définie, précise. Quelque part se trouve la réponse à cette question.
« Qui a déterminé le nombre d’oiseaux devant apparaître dans la scène imaginée ? Ce n’est pas vous. »

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Le maître dit :
«  L’esprit de Dieu présent en nous peut être décrit comme un écran de cinéma. Diverses situations y sont présentées : des gens s’aiment, des gens se séparent, on découvre des trésors, on explore des pays lointains.
« Quel que soit le film projeté, l’écran demeure toujours le même. Peu importe que les larmes roulent ou que le sang coule, rien ne peut atteindre la blancheur de la toile.
« Tel l’écran de cinéma, Dieu est là, derrière tous les malheurs et toutes les extases de la vie. Nous Le verrons tous lorsque notre film se terminera. »

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Le maître dit :
« D’une part, nous savons qu’il est important de chercher Dieu. De l’autre, la vie nous éloigne de Lui. Nous nous sentons ignorés par la Divinité, ou bien nous sommes accaparés par notre quotidien. Il en résulte un sentiment de culpabilité : nous pensons soit que nous renonçons  à la vie à cause de Dieu, soit que nous renonçons à Dieu à cause de la vie. Ce conflit apparent est une illusion : Dieu est dans la Vie et la Vie est en Dieu. Il suffit d’en avoir conscience pour mieux comprendre le destin.
Si nous parvenons à pénétrer dans l’harmonie sacrée de notre quotidien, nous serons toujours sur la bonne voie, et nous accomplirons notre tâche. »

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ANTONIO MACHADO dit :
« Coup par coup, pas à pas,
Voyageur, il n’y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant.
Le chemin se fait en marchant
Et si l’on regarde en arrière
On voit le sentier que jamais
On ne foulera de nouveau.
Voyageur, il n’est pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant. »

dimanche 2 octobre 2011

La vague et l'océan (Jeff Foster)


Seule la vague parle. L’océan reste silencieux : il n’a rien à dire. Il « n’existe » pas, car il ne peut « sortir de lui-même », il ne peut se séparer en aucune manière.


Imaginez une vague dans un océan. La vague se dit à elle-même : « Je suis séparée de l’océan ». Elle se croit et  s’expérimente comme existant séparément de l’océan. Elle croit qu’elle est née en tant  qu’entité séparée et qu’elle mourra un jour.
Elle a une histoire d’un passé et d’un futur, elle peut parler de ses expériences passées, ses succès, ses échecs, ce qu’elle a accompli, ses espoirs, ses regrets et ses peurs.
Et de milliers de façons différentes elle passe sa vie à chercher : chercher l’amour, l’approbation, le succès ou l’illumination spirituelle, et ce qu’elle recherche vraiment, bien sûr, c’est l’océan. Pourtant la vague est déjà l’expression parfaite de l’océan – elle l’était depuis le tout début. L’océan s’exprime au travers de toutes ces vagues apparemment différentes. L’Un s’exprime, au travers du « multiple », même si en réalité, le « multiple » n’est pas séparé de l’Un.
Aucune vague ne peut être une autorité.
Aucune vague de l'océan ne peut transcender l'océan - car elles sont seulement l'expression de l'océan.
Une vague qui prétend avoir transcendé l'océan ou être allé au-delà de l'océan, n'est toujours qu'une vague qui fait certaines déclarations.
Toutes les vagues sont égales en essence : elles sont eau.




"La vie est l'autorité, et tous les systèmes de croyances s'effondrent face à elle."




Source :  3e Millénaire

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jeudi 29 septembre 2011

La puissance des mots




Source : It Is Not Real

Le "Juste avant" (Franck Terreaux)


Il n'y a rien à chercher, il n'y a rien à trouver, c'est le avant, le "Juste avant" de toute chose. Ce que je suis en train de vous dire est si proche, si simple, si immédiat que nous n'avons pas même le temps de l'imaginer.


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mercredi 28 septembre 2011

Je suis Cela (Jean Yves Leloup)

Voici un itinéraire parmi d’autres, une pratique du retour de l’exil, un chemin vers la demeure, parfois oubliée, reniée ou bafouée, du Réel souverain, qui selon la parabole ne cesse de nous attendre, c’est-à-dire d’être ce qu’Il est indéfiniment disponible à l’écoute de notre écoute attentif à notre attention.

Ces exercices n’ont pas d’autre but que de nous faire ressentir que « Je suis » est là, vivant, conscient, libre et bienveillant, et de nous recentrer dans sa présence réelle.
Cette présence est « grâce », « gratuité », qui ne se mérite ni ne s’ achète.
Ces exercices devraient donc se pratiquer sans attente et sans exigence.
Plus qu’ à tout acte de volonté ou d’effort le Don de l’Être est offert à notre détente et à notre disponibilité, c’est-à-dire à l’essence du cœur qui est gratitude.
La grâce ne peut pas nous manquer. Le Réel, comme le Présent, ne peut pas nous manquer, il est toujours là !






1. Demeurer ou revenir sans cesse dans la simple sensation :

« Je suis » - l’éprouver dans tout mon corps, tous mes sens.
Je suis vivant – cela respire, cela est agréable, désagréable, plaisant, douloureux.
Je suis cela – le souffle, le plaisir, cette douleur.
Plus profondément :
Je suis vivant,
je suis la Vie,
je suis la Vie qui souffre, qui jouit, qui meurt, qui passe, qui se donne,
qui rend vivant tout ce qui vit et respire :
les pauvres et les riches,
les grands et les petits,
les justes et les injustes.
Je suis la Vie éternelle.
« Je suis ».


2. Revneir sans cesse dans la simple pensée:          
              
 « Je suis »
 je suis conscient,
  non seulement je suis la Vie et les manifestations de la Vie,
  mais je suis conscient d’être vivant, d’être « je »,
  une forme unique et particulière dans laquelle s’incarne la Vie.
  Je suis conscient d’être vivant, je suis conscient d’être, d’être cela.
  Je suis conscient d’être cette conscience d’être.
  Je suis Conscience.
  Je suis Lumière qui n’efface pas les choses,
  Mais leur permet d’être connues, de les connaître et d’être aimées.
  Je suis une clarté qui éclaire tout ce qui vit et respire,
  Les justes et les injustes, les riches et les pauvres, les grands et les petits.
  Je suis Conscience, je suis Lumière,
  Je suis Cela.
  « Je suis ».


3. Revenir sans cesse dans la simple intuition ou pressentiment :

« Je suis ».
Je suis libre
De tout conditionnement,
De toute limite,
De toute mémoire,
De tout savoir,
De toute hérédité
De tout passé,
De tout avenir.
Je suis un espace qui contient et accueille tout ce qui vit et respire :
Les justes et les injustes, les grands et les petits, les pauvres et les riches.
Je suis présent,
Présence réelle du Réel souverain,
Je suis Cela,
L’inconditionné, l’innommable, l’impensable,
L’intangible, l’incréé, l’infinie liberté,
Pur espace, pure vacuité,
Je suis Cela.
« Je suis ».


4. Revenir sans cesse dans le simple sentiment :

« Je suis ».
Je suis bonté,
Bienveillance,
« bien diffusif de lui-même »,
Amour-affection-compassion,
Je suis Cela.
Je suis un soleil qui brille et réchauffe
Les justes et les injustes,
Qui aime les riches et les pauvres,
Les grands et les petits.
Je suis l’Amour qui fait tourner la Terre, le cœur humain et les autres étoiles,
Je suis Cela.
« Je suis ».


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samedi 24 septembre 2011

Les araignées sans mémoire (Alexandro Jodorowsky)

Personne ne savait pour quelle raison, les araignées avaient soudain perdu les facultés constructives leur permettant de tisser leurs toiles.
 C’est au début de l’amnésie que la vie devint très difficile pour elles, accoutumées qu’elles étaient à sécréter de manière naturelle leur fils visqueux et à attendre, paisiblement, les insectes qui tomberaient comme une manne céleste dans le piège tendu par les filières.

A cette époque heureuse, elles n’étaient pas conscientes de leur œuvre. La complexe et transparente architecture émergeait comme un songe autour de leur corps, sans qu’elles aient eu à produire le moindre effort. La toile grandissait si naturellement, comme la feuille autour de la branche ou le parfum exhalé des pétales. Débarrassées du souci essentiel et vital de la chasse, les petites bêtes devinrent très actives et acquirent une certaine vélocité.

Avec le temps elles apprirent à construire des maisons sous la surface de la terre. Mais ce type de civilisation semblait les incommoder parce qu’il ne correspondait pas à la nature intrinsèque de leur organisme.
L’obscurité des galeries les angoissait, la vie en commun développait la violence et, surtout, elles sentaient aux extrémités de leurs chélicères crochues comme une inexplicable démangeaison.
Elles faisaient le geste de tisser et parallèlement rougissaient de honte parce qu’elles n’en comprenaient pas la signification.
Certaine se proclamèrent alors « artistes » et commencèrent à tisser des objets qui rappelaient vaguement les anciennes toiles. Elles n’étaient ni rondes, ni fines, ni visqueuses, incapables d’attraper le plus petit insecte, mais remplissaient d’orgueil leurs créatrices ventrues.

La mélancolie de l’amnésie s’installant, les araignées placèrent bientôt ces approximations de toiles, ces arachnéennes tentatives, sur des autels familiaux et se mirent à les vénérer.
Avec le cours du temps, elles les entassèrent dans des musées puis dans des temples.
On finit par les appeler des « symboles ».
Surgirent alors des araignées opportunistes qui se dirent « maîtresse » et « magiciennes » et affirmaient pouvoir percer le fabuleux secret.
Promettant, grâce à de grandes sommes théologico-philosophico-encyclopédiques, de révéler le mystère de ces toiles absurdes…

Un jour, une petite araignée recouvra subitement la mémoire et se mit à tisser une toile sur la place publique. Les araignées firent un scandale, la couvrirent d’injures et après avoir nettoyé la ville de ces « débris immondes », exécutèrent sommairement la « monstrueuse » citoyenne, porteuse d’opprobre et de souillure.

jeudi 22 septembre 2011

Le Magicien (Douglas Harding)




Nous nous félicitons d’un million de choses, nous nous attribuons de bonnes notes. Mais il y a une chose qui est superbe et nous ne réalisons jamais à quel point c’est incroyable : Je suis . J’existe. Non pas Je suis ceci ou je suis cela, mais simplement Je suis. Ca, c’est la grande merveille. Je suis ! Après cela, des milliards d’univers sont une bagatelle.

Les êtres humains sont si incroyablement blasés. Vous leur montrez quelque chose comme ça et ils disent : « Et après ! Qu’est-ce qu’il y a là de si extraordinaire ? Bien sûr, l’Être doit forcément être. La Conscience doit forcément exister. C’est naturel. »

C’est tout à fait irrégulier. C’est contre toutes les règles. Et c’est vous qui le faites en cet instant même, Ici. Ce n’est pas un  miracle qui se produit quelque part ailleurs. Cela se passe exactement Ici, oui, Ici même. Vous êtes un magicien, vous vous faites sortir vous-même de ce chapeau du Non-Être, et vous n’avez pas la moindre idée de comment vous le faites. Pour moi, je me fonde précisément sur cela que je ne peux pas comprendre.
Cela est une qualité qui n’a pas son pareil sur terre à mes yeux. Il n’y a rien qui l’égale, c’est une qualité absolument unique et totalement inexplicable. Songez ! Il n’y qu’une seule Conscience (je ne trouve aucune preuve de l’existence de conscience multiples), appelez-la Dieu, ou le Je suis, ou votre véritable Soi. Appelez-la comme vous voulez. Et cette Conscience unique vit dans l’émerveillement constant devant sa propre création de la Conscience, ignorant totalement comment elle le fait, et infiniment réjouie. Je suis impossible, se dit-elle, et pourtant Je suis. Bang, me voici !


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samedi 10 septembre 2011

Le cauchemar (Anthony de Mello)




Vous devez être prêt à haïr père, mère, et même votre propre vie; vous devez être prêt à vous débarrasser de toutes vos possessions. Comment ? Pas en renonçant à elles ou en vous en débarrassent car on s'attache pour toujours à ce dont on se débarrasse avec trop de violence, mais en les considérant comme le cauchemar qu'elles représentent. Alors, que vous les gardiez ou que vous vous en débarrassiez, elles n'auront plus d'emprise sur vous, ni le pouvoir de vous faire souffrir, et vous sortirez enfin de votre rêve, de vos ténèbres, de votre peur, de votre tristesse.

Efforcez-vous donc de voir ces choses auxquelles vous vous accrochez comme ce qu'elles sont réellement, un cauchemar qui provoque exaltation et plaisir mais également inquiétude, tension, anxiété, peur et tristesse.

Père et mère : cauchemar. Femme et enfants, frères et soeurs : cauchemar. Toutes vos possessions : cauchemar. Votre vie telle qu'elle est en ce moment : cauchemar. Chaque chose à laquelle vous vous accrochez et dont vous êtes convaincu qu'elle vous est indispensable et que votre bonheur en  dépend : cauchemar.
Lorsque vous aurez compris cela, vous haïrez père et mère, femme et enfants, frère et soeurs et même votre propre vie. Et vous vous détacherez si aisément de vos possessions que vous n'aurez plus besoin de vous y accrocher de nouveau et que vous détruirez ainsi leur pouvoir de vous faire souffrir.



"Celui qui ne se libère pas de son père et de sa mère ne pourra devenir mon disciple.
Celui qui ne se libère pas de ses frères et de ses soeurs
et ne porte sa croix, comme je la porte,
il n'est pas digne de moi."

"Celui qui ne haïra pas son père et sa mère,
comme moi,
ne peut pas devenir mon disciple.
Et celui qui n'aimera pas son père et sa mère,
comme moi,
ne pourra pas devenir mon disciple,
car ma mère m'a fait pour mourir,
mais ma mère véritable,
elle, m'a donné la Vie."

"Le jour où vous serez nus
comme des enfants nouveau-nés
qui marchent sur leurs vêtements,
alors vous verrez le Fils du Vivant.
Pour vous, il n'y aura plus de crainte."

(Evangile selon Thomas)

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vendredi 2 septembre 2011

"...c'est le monde qui est en vous" (Douglas Harding)




N’êtes-vous pas espace, capacité d’accueil pour recevoir l’autre ?
Pouvez-vous constater que vous n’êtes pas face à face avec autrui mais espace (de votre côté) à visage (de l'autre côté) ?
S’agit-il d’une relation symétrique, basée sur la dualité ou au contraire un accueil à partir de la vacuité source d’unité ?
N’est-il pas évident que vous voyez des couleurs là-bas à partir de l’absence de couleurs de votre côté ?
N’est-il pas évident que vous voyez les formes à partir de l’absence de formes ?
Le temps à partir de l’absence de temps ?
La complexité à partir de la simplicité ?

Et la conscience n’est-elle pas de votre côté seulement ?
Nous pensons que l’univers est peuplé de multiples consciences ; qu’il y a sur terre des milliards de consciences toutes différentes, disjointes et séparées. Mais combien de consciences comptez-vous de votre côté ?
Pouvez-vous trouver de la matière de votre côté ?
Pouvez-vous trouver de la conscience dans la matière là-bas ?
La conscience ne se trouve-t-elle pas du côté de l’ouverture ? (de  votre côté)
Pour le savoir cherchez s’il y a plusieurs visions.
Regardez les yeux là-bas (sur un autre visage) : ce sont de petites boules colorées.
Voyez-vous une vision là-bas de l’autre côté ?
Il y a bien des yeux mais où est la vision ?
N’est-elle pas de votre côté uniquement ?
N’êtes-vous pas la vision, la conscience unique ?
Mais cette conscience est-elle personnelle ?
Porte-elle une étiquette personnelle ?
N’est-elle pas assez vaste pour toutes les créatures vivantes ?
N’est-elle pas universelle ?
Cette conscience n’est-elle pas la conscience de l’Un ?


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Nous pensons que les objets ont une taille fixe. Mais ce n’est pourtant pas ce que nous percevons car la vue nous révèle tout au contraire que les objets possèdent des grandeurs variables.
(…) L’observation de la taille relative des choses nous révèle notre immensité en tant que Première Personne.
(…) En tant que Première Personne, vous contenez tous les objets ; vous êtes l’espace immense. De plus, voir que les objets ont des grandeurs relatives vous montre que le spectacle du monde se donne comme un écran plat.







(Un immense merci  à José le Roy pour l’enseignement qu’il transmet.)
(Le texte de cet article  est tiré du livre : 54 expériences de spiritualité quotidiennes, par José le Roy et Lorène Vergne)



mercredi 17 août 2011

Voir autrement (Jean Klein)








Rien ne peut être changé du point de vu de la société : ce que nous pouvons modifier, c’est notre façon de voir, nous devenons alors automatiquement le membre le plus efficace de la société pour instaurer un changement.

Dès que nous abandonnons la vision morcelée de l’ego, pour adopter le point de vue impersonnel – celui  de la conscience – le conflit s’apaise. Le monde en lui-même ne peut être la cause du conflit. C’est nous, et nous seuls, qui l’élaborons à partir de rien.

Aussi longtemps qu’un homme estime qu’il est son corps, il est l’esclave de son système glandulaire, de ses fonctions physiques, de ses projections mentales, de ce que nous pourrions nommer ses conditionnements. Mais s’il prend conscience que son corps n’a nulle réalité en soi, c’est-à-dire aucune autonomie quelle qu’elle soit, qu’il est entièrement dépendant du percipient, il parvient à appréhender que le corps n’est rien d’autre qu’un objet.

Dans cette appréhension, il n’est plus le complice du corps qu’il a reçu. Il verra qu’il est harmonie parfaite. Cela correspond à un point de vue impersonnel. Il se produit une ouverture, un déploiement, où le corps découvrira sa sagesse interne, sa conscience interne.
Toute activité sera alors libre de préjugé, de prévention, adaptée à toute situation, toute condition et tout problème.
La conscience est le cœur d’où s’envolent les étincelles pour se perdre. Nous nous identifions par erreur à ces étincelles. Elles ne sont que ces fragments. La dualité est étrangère à ce cœur.

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jeudi 4 août 2011

La Réalisation est déjà là (Ramana Maharshi)




La Félicité n’est pas quelque chose à atteindre. Vous êtes toujours félicité. Le désir de Félicité provient de votre sentiment d’être incomplet.
Qui éprouve ce sentiment ? Cherchez.

Le Soi toujours présent ne nécessite aucun effort pour être réalisé, la Réalisation est déjà là.
Il suffit de faire disparaître l’illusion. Il n’y a rien à réaliser. Il n’y a rien de nouveau à gagner ; on ne doit que perdre son ignorance. C’est tout.

Il n’y a pas de plus grand mystère que celui-ci : nous cherchons à atteindre la Réalité alors que nous sommes la Réalité. Nous pensons que quelque chose nous cache notre Réalité et qu’il faut le détruire avant d’obtenir cette même Réalité. C’est ridicule. Un jour viendra où vous rirez vous-même de tous les efforts passés. Et ce qui sera le jour où vous rirez est déjà ici et maintenant.
En fait, la seule chose dont nous faisons l’expérience, c’est la Réalité ; pourtant nous ne le savons pas. N’est-ce pas la merveille des merveilles ?

La Soi est toujours là, il n’y a pas à l’obtenir. La Réalisation n’est rien de nouveau. Elle est éternelle. Il ne peut donc être question de réalisation instantanée ou graduelle.
En ce moment même, vous êtes le Soi. La Réalisation est déjà là. Il n’y a pas lieu d’essayer de l’atteindre. Car elle est n’est pas quelque chose d’extérieur ni de nouveau. Elle est toujours et partout, ici et maintenant.



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jeudi 28 juillet 2011

"L’éternité est là entre les deux."


L’homme créé est situé entre le commencement et la fin.
L’homme créateur se situe entre la fin et le commencement.
Entre le commencement et la fin est le temps.
Entre la fin et le commencement, l’éternité.

La fin de l’an passé est commencement du nouveau.
La fin du monde passé est commencement du Nouveau.
Le miracle est entre Oméga et Alpha.
Depuis les temps les plus reculés,
l’homme fête ce qui ne peut pas se fêter.

La porte de la voie étroite est : Oméga – Alpha.
Celui qui désire la franchir dans le temps
Avec son corps, entre dans la mort.
Celui qui la franchit en esprit, hors du temps,
entre dans l’éternité.

Un an commence – il se termine.
Une nouvelle année commence,
mais pas la même, une autre.
Peux-tu mesurer le temps entre Oméga et Alpha ?
L’instant est passé – un nouveau commence.
Entre les deux il n’y a pas de temps.
L’éternité est là entre les deux.

Il y a une porte qui ouvre sur l’éternité.
Pas au commencement, mais à la fin.
Le père lance l’instant et le nouvel instant n’est pas l’ancien.
A la mort de chaque instant,
tu peux entrer dans l’éternité, dans le monde créateur –
et de là, c’est toi-même qui peux lancer l’instant.
Cela est visible à tous les yeux, et ils ne le voient pas.

La porte est ouverte,
mais la voie est tellement étroite
que ce qui est né, fini, ne peut pas y entrer.
C’est le plus grand mystère :
chaque instant et l’instant de l’instant sont portes.

Il n’y a pas d’ « instant sacré ».
Chaque instant est sacré.
Ainsi, vous vivez dans l’éternité
et dans la vie,
car la vie éternelle unit les deux.
Tu est balle et joueur à la fois.
Ne porte plus ton attention sur le commencement.
Le commencement est déjà la fin.
Ce qui commence se termine.
On ne peut plus le changer,
car force et matière se sont mises en mouvement.
Entre fin et commencement –
là où tout est conçu –, là, dirige ton attention !
La création est une balle avec laquelle joue le Père.
Il la lance, mais juste pour qu’elle revienne,
dans la joie.
Et tout est à cette image,
corps céleste comme atomes.

Je t’enseigne : seule la joie est sûre.
Pour tout il y a une explication.
Pour la joie il n’y en a pas.
Nous ne savons pas dire
pourquoi nous nous réjouissons,
Mais c’est là notre service.
Et ce que vous avez reçu est source de joie
pour les sans-joie.

L’instant éternel est rayon de la Lumière éternelle.
La tâche de l’homme est d’ouvrir une brèche
dans la sphère ou il vit.
Le rayon pénètre tout seul.
Inutile de démolir la maison pour que soit la clarté.
Une fenêtre suffit.
Et il est certain que la lumière y pénètre.

Pour que tu accèdes à la Lumière infinie,
tu dois dépasser le plan de la création.
Autrement, tu n’y arrives pas.
En dépassant le plan créé,
tu te libères et tu libères.
Quelle tromperie au-dedans de cette sphère !
Avec ses soleils, ses lunes et avec son espace infini –
en réalité fini –,
avec ses milliards et ses milliards d’années,
qui ne sont rien auprès d’un instant éternel.

Il n’y a plus de prisons
si une brèche ouvre vers le dehors.
Cette brèche, c’est la Délivrance.
Il n’y aura plus de prisonniers,
mais des habitants dans la sphère.
Plus de malédiction, mais Bénédictions. –
Plus d’obscurité, mais Lumière.
Plus de tourments, mais Joie.
Cette petite brèche est la Délivrance.

Fais attention à la mesure !
Car ce qui est plus, soit vers le haut,
soit vers le bas,
c’est s’écarter du chemin.
C’est pour cela que nous avons le sentiment
du peu – du trop.
Entre les deux se trouve le chemin, le « assez ».
La juste mesure,
c’est l’équilibre entre force et matière,
entre fini et infini.
Sois attentive, ne quitte pas le chemin !
Ta mesure est unique, et elle ne se répète jamais.
Chacun a sa clé pour sa mesure.

Retournement de tout – Oméga – Alpha est l’issue.


(Dialogues avec l'ange. Entretient 28 avec Gitta Mallasz)

dimanche 24 juillet 2011

Le voile (Jalâl al-dîn Rûmî)


La parole qui de l’âme s’élève, sur l’âme forme un voile

Sur les perles et le rivage de la mer, la langue forme un voile

L’expression de la sagesse est certes un prodigieux soleil

Mais sur le soleil des vérités, l’expression forme un voile

Le monde est écume et les attributs de Dieu comme l’océan

Sur la surface de l’océan, l’écume de ce monde forme un voile

Fends donc l’écume pour arriver à l’eau

Ne regarde pas l’écume de l’océan car elle forme un voile

Aux formes de la terre et aux cieux, ne songe pas

Car les formes de la terre et du temps forment un voile

Brise la coquille des mots pour atteindre la substance du Verbe

Car la chevelure, sur le visage des idoles, formes un voile

Toute pensée dont tu crois qu’elle enlève un voile

Rejette-la, car c’est elle qui alors, devant toi, forme un voile

C’est le signe du miracle de Dieu que ce monde vain

Mais sur la beauté de Dieu, ce signe forme un voile.





mercredi 29 juin 2011

Un roc d'éternité (Roger GODEL)



Le "réalisme"des choses est là -devant nous- qui nous presse d'agir.Un goût invétéré pour l'action, transmis par la coutume depuis des millénaires, nous impose d'assumer des rôles dans un scénario chargé d'intrigues, de passions, de combats. De combats surtout!
Une foule de désirs brûlant d'être satisfaits, nous incite à porter des masques et à parader dans des costumes qui ne sont pas à nous.

Le Sage regarde en paix l'homme d'action jouer sa pièce. Seulement, dans les coulisses, il lui propose de déposer son personnage et de laisser là tous les masques de rechange pour découvrir la vérité en lui-même derrière l'impermanence des rôles.
Avec la venu de la Sagesse voici que le temps des songes inconscients est aboli -abolie avec eux la multitude sans nombre des temps et des espaces possibles.
Après l'épuisement des expériences exhaustives de la relativité un résidu demeure, inaltérable.
Contre ce roc éternellement irréductible, l'océan des âges est sans pouvoir.
Un roc d'éternité, tel est le socle vierge sur quoi repose la nature réelle de l'homme : centre immuable d'un déploiement d'images, de pensées, de passions, d'agissements dont le flux laisse inaltéré.

C'est en ce lieu où l'action se résout en contemplation, et la contemplation verse en action que le Sage réside. Sa vision est pareille -quant aux silhouettes des choses- à la nôtre. Mais elle est fixée hors des contingences du temps.
Mourir selon lui, c'est recevoir la visitation d'un songe et d'une pensée après tant d'autres -ce songe annonce l'approche d'une frontière temporelle de l'esprit. De même que les contours d'un objet en circonscrivent le volume particulier dans l'espace, semblablement à travers le champ des durées multiples, la naissance et la mort encadrent une séquence de phénomènes.
Mais la conscience d'éternité -suprême invariant du Sage- est affranchie des lois du temps et de l'epace. Sans commencement ni terme, elle repose par sa pointe invisible dans la paix de l'Insondable.

jeudi 23 juin 2011

Le mensonge suicidaire (Douglas Harding)




Si un mensonge a pu opérer de tels miracles, qu'est-ce que la vérité ne ferait pas?










Le mensonge consiste à dire que vous êtes ce que vous paraissez être. Il consiste à penser que ce que vous êtes, ici, au cœur de vous-même ressemble à l'apparence que nous avons de vous. Que là ou vous êtes, se trouve quelque chose de fermé qui exclue toute autre chose, au lieu d'une non-chose qui accueille tout.
Nous pouvons, de notre côté, vérifier que vous êtes une absence de choses en avançant progressivement dans votre direction avec un appareil photo dotée de lentilles de plus en plus puissantes. Nos photographies nous montrent comment vous finissez par disparaître dans l'Espace.

De votre côté, tournez-vous en direction d'une personne près de vous (votre visage dans le miroir fera l'affaire) et vérifiez que vous êtes Espace pour celui-là. Examinez l'évidence présente comme pour la première fois. Observez à quel point la scène présente est face à 'non-face', deux petits yeux face à un 'Œil' immense, des formes colorées face à une absence de formes et de couleurs, une opacité face à une transparence, le son face au silence, le mouvement face à l'immobilité, le conflit face à la paix, le contenu face au contenant... Une éternelle asymétrie, une non-confrontation - pour la première personne du singulier, au temps présent.

Chaque animal et chaque nouveau-né - quelle que soit sa combativité innée - vit de cette manière, inconsciemment, à partir de son Espace, de son état de 'non-chose'.
Seul l'homme trouve moyen de se 'chosifier', de bloquer cet Espace avec un Ceci opposé à un Cela. La confrontation est son jeu de prédilection, la trouvaille géniale, vieille d'un million d'années, à laquelle il doit sa survie, son extraordinaire succès, et tout ce qui lui est cher...
Et tout ce qui, désormais, le terrifie. Car la confrontation, comme d'autres illusions, nous laisse finalement démunis en tant qu'individus, en tant que nations et maintenant en tant qu'espèce. Elle est devenue contre productive. Ses valeurs nous permettant de survivre sont devenues destructrices. Et nous désespérons, ignorant la cause de notre condition, de notre erreur fondamentale, et la manière simple d'y remédier.

Nous ne pourrons retrouver l'essence de ce qui constitue notre humanité qu'en revenant au point ou nous nous sommes trompés: en redécouvrant et en vivant consciemment à partir cette 'absence de chose' que nous sommes - à partir de l'Espace qui (comme un miroir) n'est pas altéré par ce qu'il enregistre et pourtant ne fait qu'un avec son contenu. C'est exactement ce que quelques personnes extraordinaires - des voyants appartenant aux diverses religions ou n'appartenant à aucune - ont fait, depuis 5 000 ans. Et aujourd'hui, enfin, cette vérité salvatrice est démythifiée et évidente, et nous est accessible à nous, gens ordinaire - en nombre suffisant et à temps (nous l'espérons) pour toucher nos dirigeants avant que la Confrontation fictive se termine en un Omnicide bien réel.

Pour nous aider à rompre la profonde habitude consistant à négliger l'Espace que nous sommes - et qui est notre fondation commune - partageons sa vision et participons activement au deuxième (et beaucoup plus réaliste) coup de génie de l'humanité, et à sa nouvelle et beaucoup plus passionnante aventure évolutive.
Si un mensonge a pu opérer de tels miracles, qu'est-ce que la vérité ne ferait pas?



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dimanche 19 juin 2011

Le même endroit qui dit "Je suis". (Selim Aïssel)





Trouve en toi l' endroit qui accepte le réel tel qu'il est. C'est le même endroit qui dit "Je suis". Alors la vie devient réelle. Si tu pense qu'elle ne devrait pas être comme elle est, c'est fini, tu es emprisonné. Penser que tout est exactement comme ce doit être et que maintenant, tu peux le changer, c'est être libre. Une toute petite différence apparemment, mais un monde en réalité : maintenant, les choses sont exactement comme elles doivent être et maintenant, je peux entrer dans le flux de la vie et intervenir. Pour pouvoir faire quelque chose, il suffit d'accepter ce qui est et ce qui a été. Mais si tu refuse quelque chose...

Tu n'es pas responsable, mais tu porte la responsabilité et le poids de tes actes et de tes paroles, et tu devras assumer.
Plus tu es en toi, plus l'autre a de l'espace et plus tu peux être dans une relation saine avec lui.
Tu ne peux vivre le présent que si tu es libéré du passé et tu ne peux créer le futur que si tu es dans le présent.

mercredi 15 juin 2011

Peur de la mort (Michel de Montaigne)



La mort est la condition de votre création : elle fait partie de vous, et en la fuyant, vous vous fuyez vous-mêmes.






Qu’il est sot de nous tourmenter à propos du moment où nous serons dispensés de tourment !
C’est par notre naissance que toutes choses sont nées ; de même la mort fera mourir toutes choses. Il est donc aussi fou de pleurer parce que  nous ne vivrons pas dans cent ans que  de pleurer parce que nous ne vivions pas il y a cent ans. La mort est l’origine d’une autre vie. Il nous en coûta d’entrer en celle-ci et nous en avons pleuré. Car nous avons dû  dépouiller notre ancien voile en y entrant.
Rien ne peut être vraiment pénible si cela n’a lieu qu’une seule fois. Y a-t-il une raison de craindre si longtemps quelque chose qui dure aussi peu ?
Vivre longtemps ou peu de temps, c’est tout un au regard de la mort. Car ni le long ni le court ne peuvent s’appliquer aux choses qui ne sont plus.
(…) La nature d’ailleurs nous y contraint : « Sortez dit-elle, de ce monde, comme vous y êtes entrés. Le passage qui fut le vôtre de la mort à la vie, sans souffrance et sans frayeur, refaites-le de la vie à la mort. Votre mort est l’un des éléments de la l’édifice de l’univers, c’est un élément de la vie du monde. »

Pourquoi changerais-je pour vous ce bel agencement des choses ? La mort est la condition de votre création : elle fait partie de vous, et en la fuyant, vous vous fuyez vous-mêmes. Cette existence dont vous jouissez, appartient également à la mort et à la vie. Le jour de votre naissance est le premier pas sur le chemin qui vous mène à la mort aussi bien qu’à la vie.
Tout ce que vous vivez, vous le dérobez à la vie, c’est à ses dépens. L’ouvrage continuel de votre vie, c’est bâtir la mort. Vous êtes dans la mort pendant que vous êtes en vie, puisque vous êtes au-delà de la mort quand vous n’êtes plus en vie.
Ou, si vous préférez ainsi : vous êtes mort après la vie, mais pendant  la vie même, vous êtes mourant ; et la mort affecte bien plus brutalement le mourant que le mort, plus vivement et plus profondément.

Si vous avez tiré profit de la vie, vous devez en être repu, allez vous-en satisfait.
Si vous n’avez pas su en profiter, si elle vous a été inutile, que peut bien vous faire de l’avoir perdue ? A quoi bon la vouloir encore ?

La vie n’est en elle-même ni bien, ni mal. Le bien et le mal y ont la place que vous leur y donnez.
Et si vous avez vécu ne serait-ce qu’un seul jour, vous avez tout vu : un jour est égal à tous les autres. Il n’y a point d’autre lumière ni d’autre nuit.
Ce soleil, cette lune, les étoiles, cette ordonnance du monde, c’est de cela même que vos aïeux ont joui, et qui s’offrira à vos petits-enfants.
Et de toute façon, la distribution et la variété des actes de ma comédie se présente en une année.
Avez-vous remarqué que le mouvement de mes quatre saisons embrasse l’enfance, l’adolescence, l’âge mûr et la vieillesse du monde ? Quand il a fait son tour, il ne sait rien faire d’autre que recommencer. Il en sera toujours ainsi.

Faites de la place aux autres comme les autres en on fait pour vous. L’égalité est le fondement de l’équité. Qui peut se plaindre d’être inclus dans un tout où tout le monde est inclus ? Vous aurez beau vivre, vous ne réduirez pas le temps durant lequel vous serez mort : cela n’est rien en regard de lui.

La mort est moins à craindre que rien – s’il peut y avoir quelque chose de moins que rien.
Elle ne nous concerne ni mort, ni vivant : vivant, puisque vous existez, et mort puisque vous n’existez plus. Personne ne meurt avant son heure. Le temps que vous abandonnez n’étais pas plus le vôtre que celui d’avant votre naissance : il ne vous concerne pas plus que lui.

Quel que soit le moment où votre vie s’achève, elle y est toute entière. La valeur de la vie ne réside pas dans la durée, mais dans ce qu’on en a fait. Tel a vécu longtemps qui pourtant a peu vécu. Accordez-lui toute votre attention pendant qu’elle est en vous. Que vous ayez assez vécu dépend de votre volonté, pas du nombre de vos années. Pensiez-vous ne jamais arriver là où vous alliez sans cesse ? Il n’est pas de chemin qui n’ait d’issue. Et si la compagnie peut vous aider, le monde ne va-t-il pas du même train que vous ?
Tout ne va-t-il pas du même mouvement que le vôtre ? Y a-t-il quelque chose qui ne vieillisse pas en même temps que vous ? Mille hommes, mille animaux, et mille autre créatures meurent à l’instant même où vous mourrez.

A quio bon reculer devant la mort si vous ne pouvez vous y soustraire ? Vous en avez bien vus qui se sont bien trouvés de mourir, échappant ainsi à de grandes misères. Mais quelqu’un qui n’y ait trouvé son compte, en avez-vous vu ? C’est vraiment d’une grande sottise que de condamner une chose que vous n’avez jamais éprouvée, ni par vous-même, ni par l’entremise d’un autre. Pourquoi te plaindre de moi, et de ta destinée ? Te faisons-nous du tort ? Est-ce à toi de nous gouverner ou à nous de le faire de toi ? Même si ton âge n’a pas atteint son terme, ta vie, elle, est achevée. Un petit homme est un homme complet, comme l’est un grand.

Pourquoi craindre ton dernier jour ? Il ne donne pas plus de sens à ta mort que chacun des autres. Ce n’est pas le dernier pas qui fait cause de lassitude ; il révèle seulement. Tous les jours mènent à la mort : le dernier y parvient.

Je crois, en vérité, que ce sont les mines que nous prenons et les cérémonies effroyables dont nous l’entourons, qui nous font plus de peur qu’elle-même.
Une toute nouvelle façon de vivre, les cris des mères, des femmes et des enfants, la visite de personnes stupéfaites et émues, l’assistance de nombreux valets pâles et éplorés, une chambre obscure, des cierges allumés, notre chevet assiégé par des médecins et des prêcheurs : en somme, effroi et horreur tout autour de nous.
Nous voilà déjà ensevelis et enterrés. Les enfants ont peur même de leurs amis quand ils les voient masqués. De même pour nous. Il faut ôter le masque, aussi bien des choses que des personnes ; quand il sera ôté, nous ne trouverons dessous que cette même mort par laquelle un valet ou une simple chambrière passèrent dernièrement sans peur. Heureuse la mort qui ne laisse le temps d’un tel appareillage !



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