mercredi 16 février 2011

Aucun effort à faire. Detendez-vous...




Il est dit que Dieu et le monde sont très anciens, éternels. Quand je n’étais pas, je n’avais pas connaissance de ce monde et de ce Dieu éternels. Quand je n’étais pas ils n’existaient pas.
Prenez pour exemple le monde du rêve. Dans ce monde j’aperçois un magnifique paysage de vieux châteaux, des monuments anciens, mais mon rêve est très jeune, très nouveau. Mon rêve n’est que momentané. Dès lors comment le paysage serait-il ancien ? Le monde, quant à lui, est également très passager. Il ne dure que le temps de l’être. Sans l’être il n’y a pas de monde.
L’espace est un, l’air est un, le feu est un. D’une manière similaire la conscience est une également.


L’être comporte deux principaux états : la veille et le sommeil. Qu’y avait-il avant eux ? Est-ce vous qui naissez ou les états de veille et de sommeil ? La veille est l’état où l’on se rappelle le « je suis » et le sommeil profond l’état où l’on oublie le « je suis ». Qu’y a-t-il, hormis la naissance de ces deux états ? Pourquoi ne parlez-vous pas d’eux, de ces états de mémoire et de non-mémoire ? S’ils n’existent pas, que voulez-vous ?

A chaque instant la conscience universelle donne naissance à tant de formes de toutes espèces : des insectes, des animaux, des êtres humains ; et il y a des gens qui prétendent que nous avons connu de multiples naissances. Ces gens se rappellent-ils toutes ces naissances ? Je n’ai pas consciemment connaissance de ma naissance, mais l’on m’accuse d’être né. En réalité vous acceptez ces concepts parce que vous avez peur de la mort.
L’idée de renaissance est un concept, car la renaissance implique forcément la mort. Qu’est-ce qui meurt ? Rien. Qui va renaître ? Personne n’est né.
Avez-vous fait l’expérience de cette mort et de cette renaissance dont vous avez lu et entendu parler ? Vos idées sont celles d’autres personnes. Découvrez par vous-même ce que vous êtes ; n’acceptez pas les réponses faites par d’autres.
Vous êtes capables de penser par vous-même. Réfléchissez sur le sujet, découvrez ce que vous êtes.
Avant d’apparaître dans ce monde aviez-vous le souvenir de votre précédente histoire ? Aviez-vous le souvenir de quoi que ce soit ?
Je ne veux pas savoir ce qu’écrivent les autres. Je ne veux pas d’intermédiaire, je veux connaître votre histoire de votre propre bouche. Si tout d’abord vous n’êtes pas, peut-il y avoir quoi que ce soit d’autre… ?
Vous parlez d’existence après la mort, avez-vous un souvenir particulier de vos vies précédentes ?
Vous souvenez-vous de vos parents dans cette vie là ?
Tout cela n’est qu’imagination. C’est un phantasme, un concept qui a pris naissance en vous.


Il n’est pas question de réaliser le Soi. Ce « vous » réalise tout, fait l’expérience de tout, est témoin de tout. Vous lui êtes antérieur.
Renoncez à agir. Ce n’est jamais vous qui agissez.
L’état de veille représente l’activité ; le sommeil profond la paix, la tranquillité. L’existence de ces deux états implique celle du « je suis », mais vous, l’Absolu, n’êtes ni l’état de veille, ni le sommeil profond, ni le « je suis ».
Cessez de penser à votre corps ; retenez uniquement les états de veille et de sommeil profond comme étant vous.
L’existence de trois états : la veille, le rêve et le sommeil profond, le fait que vous êtes ces trois états ; quand ils disparaissent, la mémoire disparait avec eux. Par conséquent, la question de la réincarnation se pose-t-elle ? Une fois mort, le corps se décompose et quantité de vers se forment. Ils se forment à cause de la présence de l’essence de nourriture, car c’est d’elle qu’émane la vie.
Vous ne cessez jamais d’être conscient.
Si tout à coup l’idée vous prend de vous rendre quelque part, vous allez vous lever et partir. Vous avez connaissance de cela.
Ce matin vous étiez assis en méditation ; ensuite vous vous êtes levé et êtes parti. Vous êtes sorti, non ? Vous faut-il une autre dimension pour être témoin ?
Ce matin votre mental vous a incité à sortir et vous lui avez obéi. N’est-ce pas là être témoin ?

La conscience agit en tant que totalité, en l’absence d’entité agissante. Nous nous considérons comme agissant, et donc voulons être témoin de cette entité, ce qui est impossible.
Le début et la fin de la compréhension sont dans la connaissance « je suis ». Le concept est né à l’apparition du concept initial « je suis ». Après avoir erré par tous les concepts et les avoir tous rejetés, vous devez vous débarrasser de ce dernier ou premier concept.
Vous voyez cette flamme de briquet ? Elle apparaît, puis disparaît – c’est exactement pareil. Cette flamme nourrit-elle des concepts ? Ce qui est sans concept est ce qu’il y a de plus parfait, de plus juste.





SRI NISARGADATTA MAHARAJ


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