jeudi 17 mars 2011

Choix et conséquences (Nathan Gill)

C’est seulement lorsque le regard sur les choses se produit exclusivement à travers le filtre de la pensée qu’il semble y avoir une entité subjective psychologique opérant des choix.
Ce qui apparaît maintenant est réel : l’image visuelle de cette pièce pleine de monde, les sensations qui surgissent dans le corps, le bruit de l’avion au dessus de nos têtes… et aussi toutes les pensées qui pourraient surgir. Mais lorsque la réalité et vue à travers le filtre de la pensée, elle apparaît différemment de la vision qu’elle offre lorsque la pensée est vue comme simplement un autre aspect du tableau global.

Les pensées sont comme les bulles de texte d’une bande dessinée. Lorsque vous regardez simplement une bande dessinée, vous voyez les images et vous voyez les bulles de textes. Lorsque vous lisez la bande dessinée, vous entrez dans le monde que paraissent créer les mots des bulles de texte, et cela peut devenir plus significatif, "plus la réalité", si vous voulez, que les seules images. Et c’est analogue à ce à quoi il est fait référence comme la dimension psychologique, où apparaît ce sentiment de séparation.

Lorsque l’histoire mentale est prise pour la réalité exclusive, il y a concurremment division et fragmentation.
« Je » apparaît comme une entité distincte sujette au temps – qui, en allant plus loin, implique cause et effet. En ce sens, ce qui apparaît maintenant est réel mais se trouve vu de manière fragmentée.

Les pensées apparaissent dans la présence – la présence n’apparaît pas dans les pensées. Lorsque la réalité est vue à travers le filtre de la pensée, il y a l’idée de causalité ; l’idée que la présente configuration des apparences a été causé par des effets passés. En fait, toutefois, si ce n’était pour la simple présence, il ne pourrait être aucune pensée.
Dans la vue filtrée par la pensée, les possibilités sont sans fin. Il peut y avoir tout ce que vous voulez : cause et effet, choix et conséquence, différents univers, le futur, le passé, tout ce qui vous passe par la tête. Mais comme cette vie se limite à la seule pensée – qui représente seulement une fraction de la totalité de ce qui apparaît maintenant – la vision est inévitablement partielle. Cette façon de voir les choses est seulement une partie, un fragment du tableau entier. Et s’y confiner est accompagné d’un sentiment de manque, assorti d’une quête de complétude.
Toutefois, si un monde fragmenté apparaît indubitablement comme la réalité, alors effectivement il en est ainsi, et en ce cas, c’est le Tout qui paraît illusoire ! Ce n’est pas que la vue causale soit fausse, mais ce n’est qu’une façon de percevoir les choses.
Lorsque les pensées sont vues en tant que pensées et que le point de vue qui en dérive n’est pas présumé exclusif et seul valide, il y a simplement présence, sans temps et par conséquent sans cause ni effet.



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