lundi 28 février 2011

La delivrance n'est pas quelque chose a accomplir (Adi Shankara)


Nous avons maintes fois expliqué que la délivrance n'est pas quelque chose à accomplir, mais quelque chose d' éternellement accompli, à quoi la connaissance donne accès. Bien que la connaissance soit susceptible de diversité en ce sens qu'elle peut surgir au bout d'une période plus ou moins longue, il est inconcevable que la délivrance sur laquelle elle débouche porte elle-même la marque de cette diversité.
Bien que chez tous les vivants l'intellect soit potentiellement capable de procurer l'éveil à (la réalité du) Soi, diverses impuretés telles que l'attachement aux objets extérieurs viennent d'ordinaire le polluer et le troubler. Dès lors, tel un miroir terni ou une eau agitée, il devient incapable de révéler le Soi, bien que ce dernier soit toujours proche.

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Une immense deception. (Mila)



J’ai cherché pendant très longtemps à obtenir une expérience similaire à celles que je pouvais lire ou entendre dans de nombreux témoignages. Quelle folie !!!! Quel délire !!! C’est complètement impossible !!!!
Comment puis-je commander à la nature une expérience alors que « Je » n’existe pas. « Personne » n’est là.
Si une quelconque expérience doit arriver, elle se produira d’elle-même, pas à cause de moi.
Une fois que je comprends que « Je » ne contrôle absolument rien car « Je » n’existe pas, tout est fini.

Mais cette compréhension peut prendre du temps pour s’enraciner solidement, si bien que j’ai quand même cherché à obtenir une expérience comme """preuve""" d’ « « « Eveil » » » » (c’est du grand n’importe quoi !!!)

Réaliser que « Je » n’y suis pour rien dans toute cette « histoire » (la venue au monde, les événements de la vie, cette maudite recherche, etc…) est ma délivrance.

C’est étonnant comme nous pouvons nous séparer de la nature et de la vie. On dit : « la nature m’adonné un corps… », on mange, on digère, on se retrouve sur le « trône » et on dit : « c’est la nature » ou « c’est des besoins « naturels » .
Quand on parle des plantes, des animaux, du temps qu’il fait, des intempéries, on dit encore : « c’est la nature ».

Pourtant, pour parler de nous, humains, ce n’est pratiquement jamais la « nature ».
Nous sommes en dehors de la nature.
Comment pourrions-nous fonctionner, sans l’air de la « nature » que nous respirons.
Comment pourrions-nous rester en vie sans manger la nourriture de la « nature » et sans boire l’eau de la « nature ».
Comment pourrais-je être ici présent, sans la volonté de la « nature » (ou Dieu, c’est pareil).
Je n’ai jamais voulu exister.

Si tu a choisi de venir au monde, (mais j’en doute) ne te plains pas que la vie est difficile car tu savait alors ce qui t’attendais.

Si j’avais pu choisir, je ne serais jamais venu. Et pourtant, il y a quand même des moments magnifique dans la vie.

Je n’ai pas eu le choix. La vie à voulu me vivre. Je la laisse faire. Mais ça ne veut pas dire ne rien faire.

Je ne veux pas me réveiller.
Je me réveille.

Je ne veux pas m’endormir.
Je m’endors.

Je ne veux pas sentir.
Je sens.

Je ne veux pas ressentir.
Je ressens.

Je ne veux pas voir.
Je vois.

Je ne veux pas entendre.
J’entends

Je ne veux pas avoir faim.
J’ai faim.

Je ne veux pas digérer.
Je digère.

Je ne veux pas que mon cœur batte.
Il bat.

Je ne veux pas que mon sang circule.
Il le fait de lui-même.

Je ne veux pas que ce corps vieillisse.
Il vieillit quand même. (C’est « la nature »)

Je ne veux pas tomber malade.
Je tombe malade.

Je ne veux pas tomber amoureux.
Je tombe amoureux.

Je ne veux pas être
Je suis.



Je ne veux pas travailler,… c'est chiant (…bon là je m’égare.)

Tout, absolument tout, se fait tout seul.
« Il n’y a rien à chercher car il n’y a rien à trouver ». J’ai envie de dire : « Oui, mais… »
Car au bout de cette recherche, je découvre ( ou redécouvre) quand même mon immensité, qui était toujours présente et qui n’a absolument rien à voir avec ce que je m'imaginais être.
C’est au bout du compte, quand le mental abandonne la partie, qu’on se rend compte qu’effectivement, il n’y avait rien à chercher.

Je ne peux dire à personne d’arrêter de chercher, car c’est impossible. La recherche se poursuivra d’elle-même de toute façon. Car il y a recherche mais personne pour chercher. La recherche arrive, « Je » n’ai jamais voulu chercher.
Par contre je peux certifier à la même personne qu’il n’y a rien à chercher, rien à comprendre, rien à devenir, rien à améliorer, rien à enlever ou ajouter. Mais elle doit le réaliser, le comprendre, le découvrir par elle-même, au plus profond d’elle-même.
Personne ne peut découvrir ce que je suis à ma place. Je dois le découvrir par moi-même.


Au final, tout cela est une histoire de confiance en soi.
Se faire confiance à soi-même, à son expérience propre, à ce que je vis et pas ce que me raconte les autres qui prétendent me connaître mieux que moi-même.

C’est peut être ce que veut nous enseigner la vie:
-« Aie confiance en moi (en toi), n’aie pas peur, on sort s’amuser un peu et on rentre à la maison. »


Finalement, c'est une immense déception pour le mental car il immagine tellement de choses.
C'est un sentiment de : Tout ça pour ça ?!!!!

-"Oui, mais quand même... " répond la conscience...



"Le mental doit apprendre que quelque chose de plus grand le précède." Nisargadatta Maharaj

dimanche 27 février 2011

Je suis libre ! ( H.W.L Poonja)






Vous êtes déjà libre. Qui vous dit que n'êtes pas libre ? Vous ne vous ouvrez pas à lui. Vous craignez jusqu'à prononcer les mots "Je suis libre". Je ne sais quelle est cette peur.

Les gens se sentent libres de dire "Je suis lié, je souffre, je suis malheureux". Personne ne dit : "Je suis libre ! Je suis éternel !" A qui la faute ? Quoi que vous disiez, quoi que vous pensiez, cela se produira.
Si vous pensez "Je suis libre", alors vous êtes libre.
Je vous dis que vous êtes déjà libre et vous ne l'acceptez pas. Vous voulez agir. La liberté n'a besoin d'aucun effort.
D'autres choses en ont peut-être besoin. La liberté est libre. Elle est libre de vos efforts.
Quand vous ne faites pas d'effort, elle est là. Quand vous essayez de la saisir, elle s'éloigne car vous faites un effort pour ce qui est déjà là.
Acceptez totalement et il n'y aura pas de problème.
Si vous acceptez "Je suis libre", vous êtes libre. Si vous acceptez "Je ne suis pas libre", vous n'êtes pas libre.

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samedi 26 février 2011

La justice parfaite d' Allah. (Sagesse de Nasr Eddin)



Trois gamins du quartier ont trouvé par terre un cornet de papier dans lequel il y a sept dattes et ils se disputent pour savoir comment se les partager.
L'un argue qu'elles lui reviennent toutes parce qu'il a eu l'idée de venir ici, un autre qu'il les a vues en premier, et le dernier que c'est lui qui s'est donné la peine de les ramasser.
N'arrivant à rien par eux-mêmes, ils décident d'aller porter le différend auprès de leur maître Nasr Eddin.
-Calmez-vous, calmez-vous d'abord, les enfants !
Vous me demandez justice et je vais vous la rendre, mais voulez-vous la justice parfaite d'Allah ou la justice imparfaite des hommes ?
-La justice parfaite d'Allah ! s'écrient-ils d'une seule voix.
-Vous êtes déjà de bons musulmans. Tiens, Malik, prends ces cinq dattes. Toi, Ahmed, tu en auras deux. Quant à toi, mon pauvre Yunus, tu n'auras rien du tout.



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La vie comme un art (Eric Baret)



"Une impersonnalité propre aux arts traditionnels."





Ce que vous êtes est plus proche de vous que tout objet que vous pouvez percevoir. Aussi ne pouvez-vous pas savoir ce que vous êtes. Pour voir quelque chose, l'objet doit être loin de vous. Vous n'êtes pas ce que vous voyez, puisque vous le voyez.
Vous n'êtes pas ce que vous sentez, puisque vous le sentez. Vous n'êtes pas ce que vous pensez puisque vous le pensez. Quelque chose survient, et vous sentez comment vous êtes touché. Ne concluez pas. Ne mettez pas un mot, un qualificatif, ne vous dites pas: "c'est ça". Car justement, ce n'est pas ça. Car "ça" est une pensée. Ne mettez pas de pensée sur ce que vous vivez, et vivez sans conclure. Voyez ce qui arrive lorsque vous vivez sans savoir ce que vous pourriez être.

L'action qui vient sans intention ou comme le dit la Gita, "sans s'approprier les fruits de l'action", n'est pas personnelle mais cosmique.
Action sans acteur, elle n'est pas séparée du mouvement constant de la vie, elle est créativité sans référence à la mémoire. Sans auteur, elle ne se distingue, ni ne se sépare de rien. Ce n'est que pour les commodités de langage qu'elle semble avoir un début et une fin. Soumission à l'ordre cosmique, elle retrouve l'impersonnalité propre aux arts traditionnels. En l'absence d'auteur la vie la prend en charge. Sans attente ni espoir, cette action ne connait ni la réussite ni l'échec. Elle est célébration sans objet à célébrer.


(Lu  dans la revue 3e Millénaire n° 98)


Lien:
Site de Eric Baret

jeudi 24 février 2011

L’eveil n’est pas une experience. (José le Roy)

            
       "Pour faire de l’espace, il suffit d’enlever les objets.L’espace n’est pas apporté d’ailleurs."
                                                                                             



L’éveil n’est pas une expérience, une monté d’énergie, ou un sentiment de félicité. Toutes les expériences passent, même les plus agréables ; mais le Soi ne passe pas ; il est notre état naturel. Il est la conscience qui rend toutes les expériences possibles ; il est la trame de notre vie.
L’éveil n’est pas non plus un état parmi d’autres ou l’obtention d’un état nouveau ; le Soi est déjà éveillé. Il s’agit juste d’en prendre conscience. L’éveil ne va pas vous plonger dans une béatitude extatique même si de telles extases peuvent se produire ; le Soi est neutre, au-delà des paires d’opposés, au-delà de la tristesse et de l’excitation, au-delà du désir et de l’aversion : ce n’est pas quelque chose de spécial.
Le Soi est évident par lui-même car il est Être et Conscience ; nous ne pouvons douter que nous sommes et que nous sommes conscients d’être. Nous sommes déjà le Soi mais nous nous limitons à un corps, à des pensées, à une personne. Cessons de nous identifier à ce que nous ne sommes pas et nous verrons clairement que nous n’avons jamais cessé d’être la conscience pure, libre, immuable et universelle.
Ainsi nous sommes déjà le Soi mais nous ne le savons pas et il nous faut en prendre conscience. L’éveil est cette prise de conscience.
Cependant l’éveil n’est pas une expérience qui arrive à un individu, mais la réalisation immédiate que l’individu ne constitue pas notre véritable identité. Jamais l’individu ne s’éveille, mais simplement il cède la place au Soi. L’individu s’imagine qu’il va un jour obtenir l’éveil, mais l’éveil constitue paradoxalement la compréhension vécue que l’individu n’est pas notre identité.
Ainsi aucun individu jamais ne s’éveille.

Au contraire, l’individu disparaît alors du centre de notre vie, et la vraie nature de la conscience se lève soudainement comme un soleil.
Dans l’éveil, il n’y a plus de dualité entre un individu qui voit et un objet vu, mais le monde jaillit au sein d’une vacuité impersonnelle, sans limite et sans forme qui est pure vision.
La vie se déroule non plus à partir de la croyance d’être une personne, mais à partir d’une présence non humaine immobile, hors du temps et de l’espace, immense non-chose englobant toutes choses.

Cet éveil ne doit pas non plus être compris comme un événement psychologique ; il ne s’agit pas de prendre conscience de ses pensées, d’apaiser ses émotions, de purifier son inconscient, de dénouer des complexes ou d’améliorer son caractère. Il faut bien distinguer ici les niveaux psychologiques et spirituel. L’éveil  spirituel ne modifie pas l’ego mais nous en libère en nous révélant que notre vraie nature est au-delà de la psyché humaine.

Notre vraie nature est aussi au-delà des mots, mais « Je Suis » pointe plus qu’aucun autre peut-être vers cette ultime réalité ; non pas « je suis ceci ou cela » mais juste « Je Suis ».


Ramana Maharshi écrit :

« La réalisation n’est pas quelque chose de nouveau à atteindre ; c’est déjà là. Tout ce qui est nécessaire est d’être débarrassé de la pensée : « Je ne suis pas réalisé ». La tranquillité ou la paix est la réalisation. Il n’y a aucun moment où le Soi n’est pas. Tant qu’il y a un doute ou un sentiment de non-réalisation, on doit tenter de se débarrasser soi-même de ces pensées. Elles sont dues à l’identification du Soi et du non-Soi. Quand le non- Soi disparaît, seul le Soi reste. Pour faire de l’espace, il suffit d’enlever les objets. L’espace n’est pas apporté d’ailleurs. »




Liens:
Blog de José le Roy
Site Vision Sans Tête
Richard Lang
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L'ouverture est votre nature (Francis Lucille)



"Vous n'avez rien à faire pour vous trouver dans l'ouverture, si ce n'est comprendre qu'elle est votre nature réelle, que vous y êtes déjà."

Liens:
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Site de Francis Lucille

mercredi 23 février 2011

mardi 22 février 2011

Comme une vague... (Tony Parsons)


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C'est comme une vague à la surface de l'océan. Vous savez, il y a une vague qui roule à la surface de l'océan: "Voyez, je suis une vague ! Je suis totalement séparée, totalement indépendante. Je suis plus grande que la plupart des autres vagues, bien plus importante."C'est exactement ce que nous faisons - fondamentalement, c'est cela qui se passe. Mais en fait, tout ce que c'est, c'est l'océan "vaguant". L'Un, faisant la vague.
Nous sommes l'Un "vaguant", et nous nous prenons pour des "vagueurs" séparés...de très importants "vagueurs" en route pour une plage ensoleillée, au merveilleux sable fin car nous en sommes résolument dignes.



Lien Tout ce qui Est

Tout est ici maintenant (Svami Prajnanpad)





Vous devez faire un très gros effort, aussi grand que possible. Pour aller où ? Là vous êtes. Tout est ici maintenant. Mais vous ne le voyez pas.



Sagesse de Svâmi Prajnânpad

En toi, cherche cela ! (Rumi)



Dans ton âme il y a une âme
Cherche-la !
Dans le mont de ton corps, une perle
Trouve-la !
Ô soufi qui avance
Si tu cherches
Ne cherche pas hors de toi
En toi, cherche cela !



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dimanche 20 février 2011

Tout est Conscience (Amano)


Tout est comme cela doit être, ni plus ni moins.
La Vie se vit d’elle même nous apprenant continuellement sur elle même et sur nous même.
Tout est Conscience, nous sommes Conscience.
De pas à pas, sans aucune alternative, nous ne pouvons faire autre que Réaliser Cela.
Il en est ainsi de ce passage temporel vers l’intemporel, de l’Humain vers le Divin.



Suite:
Dieu seul sait car lui seul Est. Le Blog d'Amano.

vendredi 18 février 2011

C'est un reve! Alors sachez-le, et realisez-le! C'est tout. (NISARGADATTA MAHARAJ)







Ce qui est vraiment nécessaire c’est une compréhension correcte de ma vraie nature, et non toutes ces petites méthodes et techniques.
Toutes ces disciplines, ces yogas, ces pratiques sont inutiles, à moins de connaître vraiment l'entité qui en bénéficie.
Toutes ces pratiques viennent à travers la conscience de Je suis, qui, elle-même, n'est qu'une illusion.
Tout ce qui ce produit à traver cette illusion, le yoga, la kundalini ou tout autre, est relatif et temporel.
Aucun effort n'est requis. N'essayez pas de supprimer vos désirs, simplement retenez-vous de vous identifier à eux: "Je ne suis pas ce désir". Le désir diparaîtra de lui-même.
Je n'accepte pas les Ecritures, car toutes ont été écrites avec l'attribut Je suis.
Elles ne décrivent pas ma véritable nature, qui elle, est sans attribut, au-delà des mots et des concepts.
Tout le monde objectif se lève et se couche avec cette conscience de Je suis. Cette conscience a le pouvoir infini de devenir tout ce qu’elle veut, mais il n’en sera jamais ainsi que dans le rêve, pas dans la Réalité. Car dans la Réalité, rien ne se passe jamais, ni ne change. Vous voyez, nous n’avons rien à apprendre, en fait, nous avons même plutôt à désapprendre, à nous déconditionner complètement et à lâcher tous les concepts et idées, car mots et idées ne sont pas réels.
Peu importe ce que les gens peuvent achever spirituellement, que ce soit des visions, des pouvoirs, etc., tout cela n’est que temporaire, voire saisonnier.
Lorsque vous aurez perdu le sens d’être un homme ou une femme, il n’est même plus question, pour vous, d’avoir la connaissance, puisque celle-ci ne vient que de la mémoire.
Je vous dis seulement que vous êtes Cela (Suprême Réalité), il n’y a rien à accomplir.
Vous ne pourrez pas saisir la Vérité, vous pouvez seulement l’être.
Vous êtes déjà Cela.
Vous êtes antérieur à toute expérience. Toute peine ou plaisir ressenti n’est rien d’autre que l’extension de votre propre Soi.
La conscience est comme la flamme de la bougie dont je suis le témoin. Elle apparaît et disparaît et c’est compris par moi. Quand la conscience de Je suis est pure, elle est encore un attribut. Elle apparaît et disparaît, comme cette flamme. Les différents noms et formes ne sont que des descriptions de cette conscience et je suis au-delà, à tout moment.
La chose essentielle est la conscience de « ce que je suis ».
Quand cela n’est pas présent, je ne suis pas ici et aucune autre personne ne peut l’être.
Toute idées de Dieu, ciel, enfer, ne sont que cela – des idées venant de la conscience de vous. Celle- ci va et vient, mais vous (la Réalité, le Soi) êtes au-delà. La pure ignorance est pure science.
A la naissance, vous obtenez la connaissance que vous existez. Combien de temps avant d’avoir acquis cette connaissance étiez-vous sans connaissance ?
Votre essence est pure Conscience.
Quand je suis seul (après la mort du corps ou en sommeil profond), cette illusion (du monde) disparaît et je reste dans mon état naturel.
La conscience de vous doit être là, avant que vous puissiez faire une déclaration.
Le ciel, l’espace, la mémoire, la conscience ne sont rien d’autre que le mental. Tout cela constitue le mental et c’est aussi le premier attribut ou la connaissance Je suis, mais ce mental est vu par la Réalité.
Le monde apparaît sur vous et en vous. En réalité, il n’y a aucune séparation.
Vous devez prendre cette ferme posture mentale de « je ne suis pas le corps » et celui qui dit « je » est celui auquel il faut se raccrocher.
Vous ne pourrez jamais devenir sage, car vous l’êtes déjà.
Que voulez-vous donc atteindre dans ce monde, qui est né de votre conscience ?
Il n’existe personne d’autre que moi ou ma conscience.
Lorsque vous vous êtes manifesté, la dualité est apparue, et vous avez ressenti de l’amour pour des noms et des formes particulières, mais il ne s’agit pas du véritable amour. Vous devez retourner à l’essence (le Soi) et, alors, seulement, vous êtes l’amour véritable.
Tout ce que je ne possédais pas avant la naissance de cette conscience de Je suis, disparaîtra, à la mort.
En réalité, la conscience Je suis n’a jamais été présente, aussi, quand elle disparaît qu’est-ce que je perds ? Est-ce que je meurs ou est-ce que je demeure ce que j’ai toujours été ? Là, dans cet état, il n’y a pas de « Dieu » - pas de sens de la séparation, pas de Je suis.
Sans l’intellect, vous connaissez, ou vous êtes, l’état véritable. Mais dès, que l’intellect entre en jeu, c’est une manifestation de la conscience Je suis.
Mon véritable état est, toujours, sans la conscience Je suis.
Mon état est au-delà de la connaissance et, pour toujours, sans la connaissance.
L’idée de Krishna (ou Dieu, ou Jésus, ou Maharaj) vient seulement avec la conscience de Je suis. Je ne suis vraiment rien, ni personne. J’existe mais sans aucune identité.
Mon véritable état est, depuis toujours, sans aucun support, besoin ou nécessité.
Quoi que vous observiez, vous devez savoir que ce n'est pas vous.
Votre conscience est l'essence même de votre monde, sans laquelle ce monde n'existerait pas.
Au moment où commence la conscience de Je suis, le monde de la division apparaît.
Le sommeil est ignorance, il équivaut au non-manifesté silencieux, rien n'est connu. L'état de veille et le rêve sont des extensions du sommeil.
Avant l'éveil, rien n'est connu. C'est seulement quand la conscience se manifeste qu'il y a quelque chose à connaître.
Vous êtes cet inconnu - qui cherche à connaître l'inconnu. Le connu survient et se dissipe dans l'inconnu (le Soi) de sorte que la connaissance ne vous aidera pas à connaître l'inconnu.
Toutes les actions sont accomplies par la conscience de Je suis, qui est temporelle et a son être dans l'inconnu.
Que pourriez vous faire qui soit à votre avantage ou désavantage, quand vous êtes déja le Soi ?
Vous pouvez seulement résider dans le Soi en refusant d'estampiller du sceau de la Réalité, quoi que ce soit d'autre.
Pourquoi dire que vous faites quoi que ce soit ? La conscience Je suis fait tout et ce Je suis n'est rien d'autre que la connaissance sans attribut qui est temporelle.
Tout ce que vous pensez être n'est que pensées, et comme les pensées, elles  cèdent leurs place à d'autre pensées puis disparaissent.
Cette conscience de Je suis est le monde. C'est au contact de cette conscience de Je suis que le monde vient à l'existence. Sans la conscience de Je suis, vous demeurez intouché et absolument pur.
Cette conscience de Je suis est apparue, sans aucune raison ou cause.
Elle va et vient. Elle est impermanante.
Dans l'état de rêve quelqu'un vous dit quelque chose, mais ni la personne qui vous parle, ni la  personne qui écoute, n'est réelle, car toutes deux n'existent que dans le rêve. C'est exactement notre situation, en ce moment. Je suis l'enseignant et vous êtes celui qui écoute, mais,  tout cela n'est qu'un rêve ou une apparence.
Lorsque vous vous éveillez complètement, il n'y a ni enseignant, ni enseignés.
Une fois que j'ai réalisé la nature de cette conscience de Je suis: comment elle est apparue sur mon état véritable, qu'elle est réellement quelque chose d'illusoire; lorsque j'en ai donc pris pleinement connaissance, alors, la conscience de Je suis, (dans laquelle est contenu l'univers entier), se dissout et se fond dans le Moi.
A la lumière de cette conscience de Je suis, l'univers entier s'est formé, mais la lumière de cette conscience de "Je" n'est rien d'autre que la réflection de la lumière de l'état véritable ou Réalité.
Ce monde n'a jamais vraiment existé, il n'a jamais été créé, c'est un rêve! Alors sachez-le, et réalisez-le! C'est tout.

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mercredi 16 février 2011

Aucun effort à faire. Detendez-vous...




Il est dit que Dieu et le monde sont très anciens, éternels. Quand je n’étais pas, je n’avais pas connaissance de ce monde et de ce Dieu éternels. Quand je n’étais pas ils n’existaient pas.
Prenez pour exemple le monde du rêve. Dans ce monde j’aperçois un magnifique paysage de vieux châteaux, des monuments anciens, mais mon rêve est très jeune, très nouveau. Mon rêve n’est que momentané. Dès lors comment le paysage serait-il ancien ? Le monde, quant à lui, est également très passager. Il ne dure que le temps de l’être. Sans l’être il n’y a pas de monde.
L’espace est un, l’air est un, le feu est un. D’une manière similaire la conscience est une également.


L’être comporte deux principaux états : la veille et le sommeil. Qu’y avait-il avant eux ? Est-ce vous qui naissez ou les états de veille et de sommeil ? La veille est l’état où l’on se rappelle le « je suis » et le sommeil profond l’état où l’on oublie le « je suis ». Qu’y a-t-il, hormis la naissance de ces deux états ? Pourquoi ne parlez-vous pas d’eux, de ces états de mémoire et de non-mémoire ? S’ils n’existent pas, que voulez-vous ?

A chaque instant la conscience universelle donne naissance à tant de formes de toutes espèces : des insectes, des animaux, des êtres humains ; et il y a des gens qui prétendent que nous avons connu de multiples naissances. Ces gens se rappellent-ils toutes ces naissances ? Je n’ai pas consciemment connaissance de ma naissance, mais l’on m’accuse d’être né. En réalité vous acceptez ces concepts parce que vous avez peur de la mort.
L’idée de renaissance est un concept, car la renaissance implique forcément la mort. Qu’est-ce qui meurt ? Rien. Qui va renaître ? Personne n’est né.
Avez-vous fait l’expérience de cette mort et de cette renaissance dont vous avez lu et entendu parler ? Vos idées sont celles d’autres personnes. Découvrez par vous-même ce que vous êtes ; n’acceptez pas les réponses faites par d’autres.
Vous êtes capables de penser par vous-même. Réfléchissez sur le sujet, découvrez ce que vous êtes.
Avant d’apparaître dans ce monde aviez-vous le souvenir de votre précédente histoire ? Aviez-vous le souvenir de quoi que ce soit ?
Je ne veux pas savoir ce qu’écrivent les autres. Je ne veux pas d’intermédiaire, je veux connaître votre histoire de votre propre bouche. Si tout d’abord vous n’êtes pas, peut-il y avoir quoi que ce soit d’autre… ?
Vous parlez d’existence après la mort, avez-vous un souvenir particulier de vos vies précédentes ?
Vous souvenez-vous de vos parents dans cette vie là ?
Tout cela n’est qu’imagination. C’est un phantasme, un concept qui a pris naissance en vous.


Il n’est pas question de réaliser le Soi. Ce « vous » réalise tout, fait l’expérience de tout, est témoin de tout. Vous lui êtes antérieur.
Renoncez à agir. Ce n’est jamais vous qui agissez.
L’état de veille représente l’activité ; le sommeil profond la paix, la tranquillité. L’existence de ces deux états implique celle du « je suis », mais vous, l’Absolu, n’êtes ni l’état de veille, ni le sommeil profond, ni le « je suis ».
Cessez de penser à votre corps ; retenez uniquement les états de veille et de sommeil profond comme étant vous.
L’existence de trois états : la veille, le rêve et le sommeil profond, le fait que vous êtes ces trois états ; quand ils disparaissent, la mémoire disparait avec eux. Par conséquent, la question de la réincarnation se pose-t-elle ? Une fois mort, le corps se décompose et quantité de vers se forment. Ils se forment à cause de la présence de l’essence de nourriture, car c’est d’elle qu’émane la vie.
Vous ne cessez jamais d’être conscient.
Si tout à coup l’idée vous prend de vous rendre quelque part, vous allez vous lever et partir. Vous avez connaissance de cela.
Ce matin vous étiez assis en méditation ; ensuite vous vous êtes levé et êtes parti. Vous êtes sorti, non ? Vous faut-il une autre dimension pour être témoin ?
Ce matin votre mental vous a incité à sortir et vous lui avez obéi. N’est-ce pas là être témoin ?

La conscience agit en tant que totalité, en l’absence d’entité agissante. Nous nous considérons comme agissant, et donc voulons être témoin de cette entité, ce qui est impossible.
Le début et la fin de la compréhension sont dans la connaissance « je suis ». Le concept est né à l’apparition du concept initial « je suis ». Après avoir erré par tous les concepts et les avoir tous rejetés, vous devez vous débarrasser de ce dernier ou premier concept.
Vous voyez cette flamme de briquet ? Elle apparaît, puis disparaît – c’est exactement pareil. Cette flamme nourrit-elle des concepts ? Ce qui est sans concept est ce qu’il y a de plus parfait, de plus juste.





SRI NISARGADATTA MAHARAJ


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mardi 15 février 2011

Avoir et paraître ( Cheikh Khaled Bentounès )







"Bien que le désir du Vivant reste fondamental chez l’homme, dès qu’il en perd la trace il ne se préoccupe plus d’être ou de mieux être mais d’avoir et de paraître."

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Bon sens de Marc- Aurele



Celui qui craint la mort, craint de n'avoir plus aucun sentiment, ou d'éprouver d'autres sentiments. Mais, s'il n'y a plus aucun sentiment, tu ne sentiras aucun mal. Et si tu acquiers d'autres sentiments, tu seras un être différent, et tu n'auras pas cessé de vivre.

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lundi 14 février 2011

Récompense et châtiment ( Râbi'a al-'Adawiyya*)



On la voit partir avec un fagot de bois sous un bras et un seau d'eau à l'autre. On lui demande: "Où vas-tu ainsi Râbi'a ?"
Elle répond alors: "Je vais brûler le paradis avec le fagot pour que personne n'adore Dieu par désir de recevoir une récompense, et je vais éteindre l'enfer afin que personne n'adore Dieu par crainte du châtiment."


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*(Râbi'a al-'Adawiyya (713-801) femme soufie, grande figure mystique de l'islam.)

dimanche 13 février 2011

"Le savoir est le verrou..." (Alî Ibn Abî Tâlib)



Vivifie ton âme par la morale, étouffe tes désirs par la tempérance, fortifie ta foie par la certitude, embellis ton être par la sagesse, humilie-le par le souvenir de la mort, rends-le certain de sa mort, éclaire-le  sur les malheurs de ce monde, met-le en garde contre le retournement du sort et les vicissitudes du temps. Sois toujours noble de sentiments, ne troque pas l'autre monde contre celui-ci, évite de parler de ce que tu ignores, d'opiner sur ce dont  tu n'es pas chargé; évite de prendre une décision si tu en crains les conséquences, car il vaut mieux s'abstenir dans les cas douteux de s'engager aveuglément. Ordonne le bien et tu seras parmis les hommes de bien; combats l'injustice par la parole et par les actes, évite par ton action les injustes. Qu'aucune critique ne t'arrête; affronte les difficultés, s'il le faut, pour servir la vérité; approfondis tes connaissances; accoutume ton âme à l'endurance devant l'adversité, car l'une des plus belles qualités est la perspicacité au service de la vérité et n'oublie pas: "Le savoir est le verrou dont la clé est la question."

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samedi 12 février 2011

"J'accepte tout." (Ramakrishna)

La peau, la pulpe et l'amande d'un fruit sortent toutes trois d'une seule et même graine. De même, c'est d'un seul Dieu que provient toute la création, animé ou inanimé, spirituelle ou matérielle.
J'accepte tout: l'état supraconscient, l'état de veille, le rêve, le sommeil profond, Brahman, jîva, la création; j'accepte tout cela comme manifestations variées de l'Être. Sans quoi Sa valeur intégrale serait diminuée; donc j'accepte à la fois l'Absolu et la manifestation.
Le jnânin qui n'est que jnânin est monotone. Il analyse toujours "pas ceci, pas cela", "tout ceci n'est qu'un rêve". Moi j'accepte à la fois l'Absolu et le phénomène.
Il faut atteindre l'Eternel par l'éphémère, le réel par l'irréel, et le noumène par le phénomène.

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Sagesse d'Adi Shankara






Les passions, les désirs, le bonheur, la tristesse, etc. exercent leur fonction quand la conscience est présente, et n’existent pas dans le sommeil profond alors que la conscience est absente. Ils appartiennent, par conséquent, à la conscience, non au Soi.

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vendredi 11 février 2011

"...le multiple ne mène que vers l’Un." (Cheikh Khaled Bentounes)






Une société dont les valeurs dominantes et les institutions n’encouragent pas à cultiver les qualités relationnelles et les vertus de l’âme humaine laisse le champ libre à des peurs incontrôlables et à des désirs exacerbés. L’agressivité, la méfiance et les excès en tous genres finissent bientôt par être les seuls guides de la conduite humaine. La publicité, la télévision, les films et de nombreux aspects de l’éducation actuelle ne font qu’amplifier ce phénomène en poussant les jeunes toujours plus loin dans la compétition et la consommation. Cela développe seulement en eux le goût de l’argent et de la célébrité, ainsi que la fascination pour des valeurs éphémères qui auront pour effet, à la longue, de provoquer de grandes frustrations et une uniformisation des modes de vie et de pensée. Car c’est bien là le tour de force magistral des sociétés contemporaines, renforcé par la globalisation économique, que de donner l’illusion d’étendre sans limites les libertés et les droits de chacun tout en mettent simultanément en place une nouvelle forme de servitude à laquelle la plupart des individus adhèrent, faute de modèle sociétal alternatif, en suivant des normes de plus en plus standardisées, restrictives et complexes.

Aussi assistons-nous parfois à des réactions violentes et soudaines contre les institutions et ceux qui les représentent, à des crises identitaires et mystiques, qui ont toutes pour point commun le rejet du monde. L’individu se persuade qu’il vit dans un monde d’adversité et d’hostilité où il se sent incompris et seul contre tous, sans s’apercevoir que son désir d’émancipation à l’égard des contraintes normatives est lui-même alimenté par toutes sortes de peurs, fabriquées artificiellement et entretenues avec complaisance par les médias, les représentants de l’autorité ou encore par les organismes internationaux.
Il se laisse piéger, à son insu, par la multiplicité des réalités de ce monde qui le pousse à mener une vie frénétique et dispersée. Mais en réalité, un tel comportement traduit intérieurement une véritable détresse à laquelle il pense pouvoir échapper en ayant recours à la violence !

Or la seule et véritable révolte possible contre la condition actuelle de l’homme semble ne pouvoir passer que par une révolte silencieuse et intérieure, capable de l’affranchir des contraintes normatives en devenant le témoin et le garant de l’existence d’une noblesse d’âme, et pourquoi pas d’une « chevalerie spirituelle » ! S’il fut un temps où les chefs de gouvernement exhortaient les peuples à s’enrichir, peut-être viendra-t-il un temps où ils les exhorteront à ennoblir leur âme !

C’est justement par l’éveil de la conscience que peut s’opérer cette conversion spirituelle, aussi bien à l’échelle individuelle que collective, pour nous libérer de l’emprise dissolvante de la multiplicité. Si nous vivons effectivement dans un monde où règne la multiplicité de langues, de savoirs, de connaissances et de richesses, celle-ci ne nous empêchera pas de donner du sens à notre existence dès lors que nous apprendrons à le rattacher à son principe d’unicité grâce à une éducation spirituelle.
Celui qui s’est efforcé de nourrir sa conscience au cours de son éducation va s’apercevoir que le multiple ne mène que vers l’Un. Les six milliards d’êtres se résument à un seul : Adam. Et qui est Adam ? C’est lui-même. Et lui-même, c’est Lui, l’Ineffable !

Cette fuite et ce rejet du monde nous amène forcément à militer dans un parti, à adhérer à une secte, à avoir une religion ou à appartenir à une communauté. C’est toujours « moi contre les autres », ou « moi avec certains, contre les autres ». Cette opposition est l’illusion dans laquelle nous tombons tous. Et c’est somme toute normal. Pourtant, nous devons toujours garder à l’esprit qu’il existe un lien subtil entre tous les êtres ! Même lorsque certaines rencontres nous réservent des surprise et peuvent paraître fortuites, un regard plus attentif aux liens cachés qui nous unissent nous donne bientôt le pressentiment que nous ne sommes pas là par hasard et que nous ne faisons jamais que vivre des événements qui ont déjà été, en quelque sorte, écrit par avance.

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"La maladie est en toi, et tu ne vois rien.
Le remède ne peut venir que de toi, et tu n'en sais rien.
Tu crois que tu n'es rien de plus qu'un corps minuscule,
Alors qu'en toi se trouve le Macrocosme avec une majuscule."

(Cité par chekh al-'Alâwî,
. Traité de soufisme)

Il n'y a que le Soi (Sri Siddharameshwar Maharaj)






Le Soi est Un, unique, sans dualité aucune et à part lui rien d’autre n’existe. Alors comment se fait-il qu’il apparaisse sous la forme de l’univers ?


Il n’y a que l’or dans les bijoux, quelle que soit leur forme, c’est ensuite qu’on leur attribue des noms différents : bracelets, collier ou bagues. Leur différence n’est qu’apparente, car leur base est commune. Ainsi, ce qui apparaît différent est illusoire car, quel que soit le façonnage des bijoux, ils n’en restent pas moins or. L’orfèvre travaille l’or et lui fait prendre toutes sortes de formes mais l’or reste toujours de l’or. Noms et formes ne sont rien, ils ne sont qu’apparence. Pourquoi le diamant est-il appelé diamant, Ce n’est qu’un nom qui sert à mettre cette pierre en valeur pour la distinguer des autres. Le monde du nom et de la forme est irréel, seule la conscience pure est vraie. La statue en or d’un chameau ou celle du Seigneur Vishnou n’est faite que d’or. Dans les deux cas il n’y a que l’or qui existe. L’existence est en toute chose, même dans un objet inanimé comme la chaise. Dans la chaise c’est le bois qui existe. De la même façon, dans le monde noms et formes ne sont que concepts, rien d’autre n’existe que le Soi.


Le « je » est comme Rahou et Kétou, les deux démons qui avalent le soleil. Dans votre véritable nature vous êtes rayonnant comme le soleil mais le « je »(Rahou) vous fait de l’ombre.
Le Soi qui est si lumineux est dissimulé par le « je ».
La lumière ne dit jamais qu’elle éclaire la maison d’un intouchable ou celle d’un Brahmane ! Tout est conscience, il n’est donc même pas nécessaire de dire : « Je suis le Soi ».
La naissance et la mort appartiennent à ce « je ». Il n’y a de mort que pour ce corps subtil plein de désirs et qui se nomme lui-même « je ».
Les cinq éléments et la conscience restent tels qu’ils sont. Quand on dit par exemple : »Waman Rao est mort », cela signifie que seul le nom est mort. Il est apparu, aussi disparaît-il. Il est né, aussi meurt-il. Supprimer de votre mental l’idée que vous êtes un « je » particulier, c’est cela le signe de la connaissance.
La main bouge et vous dites « je bouge », les yeux voient et vous dites « je vois », le nez sent et vous dites « je sens », pourtant tout cela se fait par le pouvoir du Soi, mais vous dites « je fais ».


Le Soi n’a ni son ni couleur, il n’est ni jaune ni noir. Il reste égal à lui-même. On peut le comparer au beurre qui passe de l’ état solide à l’état liquide mais qui reste quand même du beurre. Il en va de même pour l’eau dont la nature ne change pas quand elle se transforme en glace. Une graine est une forme subtile de l’élément terre et quand elle rencontre la terre à nouveau, le pouvoir de la conscience se manifeste. C’est au contact du pouvoir de la conscience que tous les objets se concrétisent, mais ils ne sont fondamentalement rien d’autre que Dieu. Tout ce que vous voyez est vu à travers le filtre de la « conscience altérée », cette lentille déformante vous fais voir différentes formes de bijoux plutôt que leur base commune : l’or.


Arrêtez de penser que seul le positif doit arriver à ce corps particulier auquel vous vous identifiez ! Vous êtes devenu ce corps grossier parce qu’un corps unique, le vôtre, occupe votre pensée. Serviteurs et maîtres doivent êtres considérés comme étant Dieu car rien d’autre n’existe que le Soi. Avec ou sans attributs, il n’y a que Dieu. L’ego, L’individu limité n’existe que parce que nous créons des séparations. Nous percevons des différences entre l’épouse et la fille, le cheval et le chien, mais le Seigneur est en tous. Ne cherchez pas à changer la forme des objets, seule l’attitude de celui qui perçoit doit changer. Qu’il soit dans l’état conditionné ou non conditionné, le Soi est identique à lui-même et vous devriez le voir quel que soit son état. Tout est Krishna, même les atomes qui composent la chaise ! Celui qui adopte cette attitude devient le Soi. Quoi qu’il fasse, dormir, agir ou bien manger, il n’ a en fait jamais dormis ou mangé…Quand tout est le Soi, qui mange et qui dort ? Celui qui est sans attributs et celui qui endosse les attributs sont Dieu tous les deux. Un roi est toujours un roi, qu’il soit assi sur le trône ou parti à la chasse ! Tous les êtres sont habités par la conscience, mais l’individu qui est dans l’ignorance se croit différent de se qui l’entoure, alors que le sage sait que la création entière est le Soi suprême.
Tout homme est Dieu, que tous soient donc heureux ! Pour qui prend cela à cœur et le met en pratique, tout devient le Soi.

Que faites-vous là, assis devant la porte ? (Rumi)







Que faites-vous là, assis devant la porte ?
Le moment de la séparation et de l’attente est passé ;
Entrez dans la maison, si vous êtes doués d’intelligence !
Le soleil de la beauté s’est exposé aux regards ;
Enlevez vos vêtements devant son rayonnement.



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jeudi 10 février 2011

Pas de continuité ( U.G Krishnamurti)




"La vie, si je peux utiliser ce mot, la façon dont elle fonctionne est un mouvement dont nous n'avons pas la possibilité de découvrir ce qu'il est. Toute tentative de notre part de le capturer dans le cadre de la connaissance déjà acquise est vouée à l'échec"

" Cet organisme vivant n'a que faire d'une continuité temporelle mesurée en années. Il fonctionne d'un moment à l'autre. La perception sensorielle fonctionne d'un moment à l'autre. Il n'y a pas de continuité de la vision au niveau du physique; il n'y a pas de continuité de l'auditif au niveau du physique; il n'y a pas de continuité de l'odorat au niveau du physique; il n'y a pas de continuité quand on mange ou quand on touche - tout est déconnecté et disjoint "
UG.


Vu sur l'exellent Blog de nomind Eloge de l'état naturel

Egalement à lire ici

"Réveille-toi ! Arrête de t’amuser avec tes jouets." (Anthony de Mello)



Spiritualité signifie éveil. La plupart des êtres sont assoupis et l’ignorent. Ils sont nés endormis. Ils vivent dans leur sommeil ; ils se marient dans leur sommeil ; ils conçoivent leur progéniture dans leur sommeil ; et ils meurent sans même se rendre compte qu’ils ont passé leur vie endormis. Ils ne saisissent jamais le charme et la beauté de cette aventure que nous appelons l’existence.

Vous le savez, tous les mystiques – qu’ils soient catholiques, chrétiens ou d’une autre religion (ce n’est ni la théologie ni la religion qui importent) – sont unanimes : ils disent que tout vas bien, que tout vas très bien. La confusion règne, mais ils prétendent que tout va bien. Quel étrange paradoxe ! Mais ce qui est tragique c’est que la plupart des gens ne verront jamais que tout va très bien car ils dorment. Ils sont en plein cauchemar.


L’année dernière, j’ai entendu cette histoire sur une chaîne de télévision espagnole : un monsieur frappe à la porte de son fils.
-« Jaime, dit-il, réveille-toi !
-« Je ne veux pas me lever, Papa », répond Jaime.
Alors le père crie :
-« Lève-toi, tu dois aller à l’école. »
A quoi Jaime réplique :
-« Je ne veux pas aller à l’école.
-« Pourquoi ? » Demande le père.
- Pour trois raisons, dit Jaime. Un l’école m’ennuie ; deux : les élèves me tourmentent ; trois je déteste l’école.
-Eh bien, dit le père, je vais, moi, te donner trois raisons pour lesquelles tu dois aller à l’école.
Un : c’est ton devoir d’y aller, deux : tu as quarante-cinq ans ; trois : tu es le maître d’école. » Réveille-toi, réveille-toi ! Tu es un homme. Tu es trop grand pour rester endormi. Réveille-toi ! Arrête de t’amuser avec tes jouets.

Les plus grands psychologues vous diront que les gens ne désirent pas vraiment être « guéris ». Ils ne veulent qu’un soulagement passager. Le processus de guérison est trop douloureux.
C’est vrai que le réveil est pénible. On est bien dans son lit. C’est agaçant de se faire réveiller. Voilà pourquoi le sage n’essaie pas de réveiller les gens.
J’espère que je vais être aussi sage et ne faire aucune tentative pour vous réveiller si vous êtes endormi. Cela ne me regarde vraiment pas, même si je vous dis parfois : « Réveillez-vous ! »
Mon but est de faire mon travail en restant en accord avec mes convictions. Si vous en profitez, c’est très bien ; si vous n’en profitez pas, tant pis pour vous ! Comme disent les Arabes : « La pluie est toujours de même nature, et pourtant elle fait pousser aussi bien les épines dans les marais que les fleurs dans les jardins. » Lien

mercredi 9 février 2011

Une vertu profonde (Lao Tseu)




Le Tao produit les êtres, les nourrit, les fait croître, les perfectionne, les mûrit, les alimente, les protège. Il les produit, et ne se les approprie point ; il les fait ce qu'ils sont et ne s'en glorifie point ; il règne sur eux et les laisse libres. C'est là ce qu'on appelle une vertu profonde.


Tao-to-king





http://milajesuis.blogspot.com/2010/07/la-voie-qui-peut-senoncer-nest-pas-la.html

Ceux qui Le cherchent Le trouvent.



N’ajoutez pas de lois à celles de celui qui a donné la Thora,
Afin de ne pas en devenir les esclaves.
L’attachement à la matière
Engendre une passion contre nature.
Le trouble naît alors dans tout le corps ;
C’est pourquoi je vous dis :
« Soyez en harmonie… »
Si vous êtes déréglés,
Inspirez-vous des représentations
De votre vraie nature.
Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »

Après avoir dit cela, le Bienheureux
Les salua tous en disant :
« Paix à vous – que ma Paix
Soit engendrée et s’accomplisse en vous ! »
Veillez à ce que personne ne vous égare
En disant :
« Le voici,
Le voilà. »
Car c’est à l’intérieur de vous
Qu’est le Fils de l’Homme ;
Allez à Lui :
Ceux qui Le cherchent Le trouvent.




Evangile selon Marie Madeleine

lundi 7 février 2011

"Arrêtez de rêver."







Les expériences, sentiments de bien-être, bien et mal, haut et bas, sont transitoires et temporels, ils apparaissent et disparaissent. Vous devez toujours aller au- delà et réaliser l'ultime ou leur source.

Celui qui parle est différent de la parole. De même, la conscience est différente de son témoin. L'état dans lequel vous étiez, avant la naissance dans ce corps, est l'état auquel vous devez vous raccrocher, et non l'état actuel de conscience de votre corps. Vous devez être conscient de votre source. Quelle était votre condition, avant la naissance de ce corps ?


La conscience Je suis est le monde, et il n'y a rien de mal dans le fait de voir ou d'être témoin de ce monde. L'erreur vient seulement lorsque vous le prenez pour réel. Dès que vous émergez de l'état de rêve, pour entre dans l'état de veille, vous rejetez systématiquement le rêve et dites qu'il n'était pas réel, que ce n'était qu'un rêve. De même, l'état de veille dans lequel nous percevons ce vaste univers, avec toutes ses étoiles et ses planètes etc. est également un rêve, je le répète donc, éveillez-vous à votre propre Réalité. Eveillez-vous ! Arrêtez de rêver, tout simplement.


SRI NISARGADATTA MAHARAJ

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jeudi 3 février 2011

Le tourbillon éternel du présent.


Pour appréhender ce qui Est, il est strictement indifférent que nous fassions ceci ou cela, que nous nous trouvions dans tel ou tel endroit, que nous ayons telle ou telle attitude. Il n’y a aucun travail à accomplir sur nous ; nul besoin d’essayer de devenir quoi que ce soit : plus sage, plus gentil, plus intelligent.

Toute la question réside dans le recul que nous pouvons prendre. Nous avons à nous détacher de nous-mêmes afin de nous observer. C’est cette distance – et elle seule - qui offre une vision large et profonde

Au quotidien, le changement induit par une telle prise de conscience se situe dans la manière dont nous allons percevoir et vivre les événements ; il ne s’agit pas forcément d’un bouleversement de notre entreprise, mais bien de leur appréhension. Ainsi continuons- nous de vivre avec les personnes qui nous sont proches, de travailler, de nous distraire, de nous cultiver, de voyager, de croiser des inconnus dans la rue, d’observer la nature ; cependant, chacun de ces instants peut être transfiguré par le regard que nous portons sur lui.

Très concrètement, le sentiment est radicalement différent si, dans un bus aux heurs de pointes, nous avons le sentiment d’être un individu à l’espace vital menacé, comprimé au milieu de soixante autres individus, ou si, observant les personnes qui nous entourent, vieillards, jeunes, hommes, femmes, enfants, nous percevons qu’il n’y a là que de l’Être ondulant, mouvant, dont nous faisons totalement partie. Plus personne ne peut nous être étranger, jamais. Cette sensation qui nous étreint dans un bus, nous pouvons l’éprouver à chaque instant dans toutes nos activités : au bureau, en mangeant, seul ou en face de notre compagne, lorsque nous nous promenons en ville ou dans la nature.

Il ne s’agit donc pas de changer l’individu pour qu’il devienne autre, mais bien, par le recul pris, de nous tenir en deçà, pour l’observer et l’animer.


L’identité d’une personne – c’est-à-dire son histoire et sa personnalité – relève de la représentation. Cette identité n’est pas manifeste dans le seul instant présent mais appelle le passé et le futur. Si nous cherchons à appréhender la seule réalité de cette personne, nous sommes tenus de laisser de côté cet aspect. Ceci semblera énorme, mais c’est d’une simplicité enfantine. Il ne s’agit pas de supprimer la représentation, de la nier ou de la juger : il s’agit simplement de la laisser de côté parce que nous cherchons ce qui n’est pas image.

Si nous ne tenons pas compte de nos pensées, que nous reste-t-il à appréhender ? Une présence physique. Un individu se trouve devant nous, mais nous ne sommes plus à même de décliner son identité. Pourtant parler d’un individu, c’est à nouveau avoir recours à une représentation. Nous le distinguons d’autrui et nous l’inscrivons dans une temporalité ; un individu connaît un début et une fin, un passé et un futur, qui sont, nous l’avons vu, de l’ordre de la représentation.

(...) Quelque chose est, dont nous ne pouvons strictement rien dire. L’effet de surprise passé, nous découvrons que tous les phénomènes possèdent cette même présence. A ce moment, nous commençons d’entrevoir l’unité des phénomènes. Autrui et nous-mêmes sommes une seule et même présence. Et tous les phénomènes relèvent de cette manifestation qu’il est légitime d’appeler le réel.

Il est donc possible et nécessaire de déconstruire notre conscience du monde dans un effort de distinguer la réalité et les représentations. Ainsi, dans une situation où deux amis se rencontrent, nous avons un premier niveau d’appréhension : Eric rencontre Jean. Mais nous pouvons distinguer un second niveau : un être humain rencontre un être humain. Simple constatation d’une apparence qui écarte la connaissance que nous en avons. Enfin, nous découvrons un autre niveau où ce qui Est appréhende ce qui Est. Le réel se rencontre. C’est l’extraordinaire découverte de pouvoir se reconnaître dans autrui. Autrui et nous-mêmes sommes du réel.

En devenant conscient de ces différents niveaux de lecture du réel, nous pouvons les embrasser d’un regard. Ainsi, face à un ami, nous voyons non seulement quelqu’un que nous aimons et que nous connaissons bien, mais également la présence émanant du réel dont nous faisons, nous-mêmes, partie. Quand nous sommes pris dans une discussion avec cet ami, il ne nous est pas nécessaire d’apprécier à chaque instant la profondeur de ce qui Est, mais nous en sommes constamment conscients.

Nous remarquons également de quelle manière un individu habite le présent. Nous découvrons comment, à partir du présent, nous construisons cette sphère de représentations dans laquelle nous évoluons psychologiquement. Ainsi, par exemple, quand quelqu’un nous parle, nous voyons la présence de l’être et comment cette présence déploie son imaginaire. Devant nous se trouve de l’être se pensant individu, exactement de la même manière que nous pouvons, nous-mêmes, le faire. A partir de là, nous pouvons également ressentir quelle conscience notre interlocuteur possède de cette situation. Ce qu’il nous dit et la manière dont il le communique révèle sa perception de la situation. Entre la personne obnubilée par son imaginaire, préoccupée uniquement de communiquer les images produites par son cerveau, vivant dans cette rêverie, et une personne constamment attentive à ce qui se produit à l’instant où elle vous parle, il y a là toute une gamme possible d’attitudes qui témoignent de ce que nous pensons être, de comment nous habitons notre individualité, de comment nous entrons en relation avec autrui.
Cette prise de conscience du réel s’apparente à un abîme s’ouvrant sous nos pieds : nous perdons tous les critères que nous utilisons pour apprécier une situation. Il s’agit d’un plongeon en chute libre dans ce qui Est. Mais, et c’est sa grande beauté, ce plongeon ne peut connaître de fin : il se révèle plongeon éternel.

Dès lors que nous plongeons mais que cette chute ne connaît ni temps, ni direction, elle s’apparente plutôt à un envol grâce auquel nous nous arrachons à la pesanteur de nos représentations.





NEANT

Le propre du réel est d’être ce qui existe. Si quelque chose existe – que nous nous garderons de définir – ce quelque chose, nous pouvons néanmoins le nommer le réel. Mais, dès lors, pouvons-nous concevoir ou appréhender une dimension de l’inexistence ; si quelque chose existe, y a-t-il quelque chose qui n’existe pas ? Autrement dit qu’est ce que le néant ?

Le concept de néant contient en lui-même une contradiction fondamentale : le néant est ce qui n’existe pas. Mais ce qui n’existe pas ne peut pas être quelque chose. Il ne peut y avoir une dimension où existerait ce qui n’existe pas. Le fait de l’existence exclut la possibilité d’une non-existence.

Penser le néant nous amène forcément à reconnaître l’inexistence de cette dimension, exactement de la même manière que lorsque nous pensons, à son extrémité, notre individualité, nous sommes obligés de reconnaître son inexistence.

Aussi étonnant que ce la puisse paraître, le concept de néant et celui de l’individualité sont totalement liés. Nous pouvons penser notre individualité grâce au néant ! Car l’unique possibilité de concevoir une individualité est de se référer à ce que ne sommes plus et à ce que nous serons. Penser l’individu dans l’unique instant présent est impossible. Nous avons besoin d’être conscients de ce qu’il a été (et qu’il n’est plus) et de ce qu’il sera (qu’il n’est pas encore). Cela signifie que nous inventons le néant pour pouvoir imaginer notre individualité !

Nous créons de toutes pièces une dimension qui n’existe pas, le néant, afin de pouvoir dégager une identité, l’individu, qui n’existe pas plus. Puis, amenés à croire que nous sommes cet individu, nous appréhendons de le voir disparaître dans le néant. Nous craignons de voir tomber ce qui n’existe pas dans ce qui n’existe pas. La chute ne sera pas très douloureuse ! Le réel s’amuse à se faire peur. En fait, l’appréhension de voir disparaître un phénomène révèle l’irréalité de ce dernier.

Si nous essayons d’appréhender le seul instant présent, qu’allons-nous faire de notre savoir ? La réponse est simple : rien ! C’est là un point excessivement important : il ne s’agit pas de combattre le connu, il n’est pas questions de le juger, de le nier ou de vouloir le supprimer ; nous ne nous préoccupons pas de découvrir pourquoi nous possédons tel ou tel savoir. Non, nous le laissons tranquille dans son coin ! Face à l’inconnu, toute préoccupation qui nous ramène au connu est une distraction qui nous éloigne de notre but.

Nous l’avons dit, dans un premier temps, nous ne pouvons pas, par un effort de notre volonté, nous détacher du connu. Ce n’est pas grave : ne nous occupons pas du connu et concentrons notre attention sur l’instant présent. Le moins que l’on puisse dire est que l’instant présent semble, pour notre esprit, excessivement fugace à saisir. Comme un éclaire qui zèbre le ciel par un soir orageux, à peine l’avons-nous aperçu qu’il a disparu. Or, il s’agit bien non seulement d’attraper un éclair, mais également de le chevaucher et de parvenir à tenir en équilibre sur son dos !

Cet instant présent nous confronte à une réelle énigme. Face à lui – et si nous refusons à recourir au passé et au futur - nous ne pouvons strictement rien dire : nous sommes en présence de quelque chose d’absolument inconnu.
Quand notre attention est tournée vers l’instant présent, quand nous tentons de saisir le mouvement de ce qui est, il n’est pas nécessaire qu’en plus nous nous préoccupions du sens donné à cet instant ; personne ne nous le demande ! Nous pouvons très bien nous contenter d’observer.

Dès lors, nous découvrons que nous pouvons nous distancier de notre savoir : il joue un rôle important et indispensable, mais il n’est pas nécessaire qu’il soit omniprésent dans toutes nos activités. Nous réalisons qu’il est possible de se passer du savoir. Nous avons accompli un premier pas – sans nous tenir au savoir, en lâchant prise – dans l’inconnu !
Tous les phénomènes que nous pouvons appréhender participent de l’unité. Ainsi, assis sur un banc public au centre ville et regardant les dizaines de personnes qui passent devant nous, déambulant ou se hâtant, se suivant ou se croisant, si nous nous contentons d’observer ce qui se produit dans l’instant présent, nous pouvons découvrir le mouvement de ce qui Est.

Nous observons une unique présence en perpétuel changement. C’est cette unité que nous découpons en distinguant différents individus. Il est particulièrement émouvant de nous rendre compte qu’il n’y a plus de distance entre nous. Nous sommes tous et toutes l’unité du réel.

Ce mouvement est absolument fascinant. Toujours assis sur notre banc public, nous pouvons observer un inconnu qui s’avance vers nous. Nous voyons une personne étrangère qui se déplace dans l’espace et le temps. Mais, augmentant le degré de notre attention, nous pouvons faire éclater cette apparence. Nous nous plaçons au cœur de l’instant et nous découvrons un mouvement, une ondulation, un kaléidoscope de l’être en perpétuelle mutation.
Les deux étrangers pris chacun dans son univers, dont les regards se sont à peine croisés, effleurés, ne le sont plus : il n’y a que de l’Être absolument insécable.

Il n’y a que de l’Être et, tous, nous sommes pris dans son mouvement. Tous nous dansons dans la parfaite harmonie de ce rythme. Et nous ne pourrons plus jamais écraser maladroitement les pieds de notre partenaire. Tous, nous sommes danseurs étoiles ! Etoile le grain de sable ! Etoile le brin d’herbe ! Etoile l’insecte ! Etoile l’animal ! Pris à jamais dans le tourbillon éternel du présent.

Mais comment danser éternellement puisque nous allons mourir ? Envisageons-nous une danse macabre ? Une sarabande de squelettes ? Un cliquetis joyeux d’ossements entrechoqués ? Les douces volutes d’une fumée ? Le bal pour nous va forcément se terminer, les lumières s’éteindront, le rideau tombera.

Non ! Cette danse ne dure pas : elle est ! Elle ne connaît ni début, ni fin ! Et si nous entrevoyons cette pulsation, si nous saisissons cette pulsation, nous découvrons que nous sommes cette pulsation. Ce qui disparaît alors est l’image d’un phénomène qui dure. Ce qui disparaît est la croyance en l’existence d’un phénomène qui dure.

Il n’y a que ce mouvement incessant du réel dans lequel scintillent des myriades d’étincelles, reflets d’une lumière première. Notre existence n’est pas celle d’une pauvre étincelle isolée qui à peine apparue, disparaît déjà dans l’obscurité des siècles infinis. L’étincelle a pris conscience de sa nature. Et par l’étincelle éphémère, nous parvenons à la plénitude infinie du réel.

Nous sommes liés, cher ami. En contact. A des dizaines ou des milliers de kilomètres. Sans lever le petit doigt. Sans bouger une oreille. Sans nous déplacer d’un millimètre. Nous sommes un seul et même être.






Extrait du magnifique livre "Cela qui Rêve" de Alain GALATIS.

"""Nouvel an chinois""""





Chúc Mừng Nǎm Mới


(Bonne année en vietnamien)


Ma compagne est d’origine vietnamienne et dans sa famille, on fête le«Têt» (nouvel en chinois)
Bonne et heureuse nouvelle année à tous.

mercredi 2 février 2011

Tout est Un (Abd el-Kader )






Il est impossible que la Réalité divine ou la
Création se manifestent l'un sans l'autre: Dieu sans la création est non manifesté et la Création sans Dieu est dépourvue d'être.

La lumière est la cause de la manifestation des créatures - parmis lesquelles la terre et les cieux - ainsi qu'il en va dans le monde physique, où l'obscurité de la nuit rend les choses comme inexistantes par rapport aux observateurs jusqu'au moment où l'apparition de la lumière entraîne celle des choses et les distingue les unes des autres; et cela au point qu'un des philosophes a dit que les couleurs étaient inexistantes dans l'obscurité et que la clarté était une condition sine qua non de leur existence.

Il est avec vous où que vous soyez...(Coran 57,4)
"Il" a pour fonction de représenter le Non-Manifesté absolu, qui transcende toute illusion. Il est à la fois le Non-Manifesté et la Manifestation.

La réalité divine et les formes des créatures sont deux choses distinctes d'un certain point de vue et une seule et même chose d'un autre point de vue.




Sagesse Musulmane:

http://milajesuis.blogspot.com/2010/09/blog-post_24.html