samedi 26 mars 2011

Ne rien faire est le royaume de Dieu ( Sri Siddharameshwar Maharaj )

Le chercheur pense qu’il doit faire quelque chose pour acquérir la connaissance. Quel remède le maître va-t-il prescrire pour qu’il l’obtienne ? Si un homme en bonne santé demande au médecin comment soigner son mal, que peut-il répondre ? Il lui dira qu’il est en pleine forme, mais cet homme ne sera pas satisfait de cette réponse et posera la même question à tous les gens qu’il rencontrera.
Il ira voir le chef du village, le juge ou les notables qui lui diront tous la même chose « tu es en pleine forme ! ». Il retournera alors voir son médecin pour connaître la raison de cette bonne santé ! Ce dernier lui répétera qu’il ne peut le soigner puisqu’il n’est pas malade. Puis, un jour cet homme rencontrera quelqu’un de rusé comme moi qui lui affirmera qu’il est atteint d’une grave maladie ! Que dire d’autre !
La quête spirituelle est à l’image de cet exemple. On commence à faire quelque chose parce qu’on a besoin d’agir et aussi parce qu’on a entendu qu’on est une pauvre créature ignorante. Comprenez plutôt que rien ne se passe et que rien ne s’est jamais passé, car c’est ainsi que vous serez complètement libre ! Peut-on parler de ce qui n’a jamais existé ? Vous dites tous « je » et ce « je », avec les notions de « mien » et de « tien » qui en découlent, est le seul problème.
Il n’y a qu’une et une seule vérité. Quand vous avez mal à la main, vous dites bien « ma main est blessée », cela signifie que vous n’êtes pas cette main. En fait, la connaissance ne fait qu’authentifier ce que vous avez déjà entendu et qui est « Tu n’es pas cela » ! Vous devez connaître Dieu tel qu’il est, et il n’y aura plus rien à accomplir.
Quand vous comprenez la vérité, il n’y a plus rien à faire, mais avant cela l’illusion doit être complètement éradiquée.

Vous vous efforcez donc de la vaincre, mais l’illusion a plus d’un tour dans son sac et elle siège précisément dans celui qui dit « je l’ai vaincue ».
Vous vous posez aussi la question de savoir comment agir dans ce monde après avoir atteint la compréhension. La réponse est qu’il n’y a rien à faire en ce qui concerne votre corps, votre vie familiale etc. Laissez les choses telles qu’elles sont.
Dans un rêve vous rencontrez un ours alors que vous marchez tranquillement sur la route. Vous vous battez avec lui, vous faites des pirouettes, virevoltez et finissez par vous asseoir sur son poitrail, vous pouvez même le tuer ! Quand vous vous réveillez l’ours a disparu, il n’y a plus rien. Ainsi, ressentir que « je suis un éveillé, un sage, un disciple, un chercheur de vérité » est chimérique. Croire que Dieu apparaît avec l’éveil et qu’il aurait pu être absent auparavant est encore une illusion. Vos concepts illusoires jouent le rôle de l’ours, parfois vous arrivez à les vaincre et parfois ce sont eux qui ont le dessus.

Mais le maître vous interpelle : « Pourquoi vous mêlez-vous de ça ? Tout cela est encore le chaos, le chaos de l’illusion ! ». Laissez donc les choses être comme elles sont, car dès que vous interférez vous vous oubliez. L’action est l’illusion et la non-action le Soi.
Le disciple pense toujours à ce qui est faux et ensuite il demande : « Que faire Maharaj ? ». Le maître lui dit d’arrêter de priser du tabac et la première chose qu’il fait c’est de plonger le nez dans sa blague à tabac ! Vous dites que tout est faux mais vous vous y complaisez quand même. Il n’y a que deux choses en ce monde : l’existence mondaine et la réalité. Si l’on s’intéresse à ce qui ce passe dans le monde on s’y enlise très vite ; c’est pourquoi les hommes sont tous aliénés.

Si vous arrêtez de vous préoccuper du monde, la connaissance vous sera révélée. C’est l’implication du mental dans le monde matériel qui créé l’état d’ignorance, la non-action est en revanche le signe de l’état divin. Dieu demeure dans un temple dont l’extérieur n’est que désert et désolation. Pourquoi donnez-vous une valeur a ce désert ? Pour ce Dieu qui est en nous-mêmes, vivre dans ce désert c’est vivre dans l’état misérable de l’ignorant.

Saint Toukaram dit que ce Dieu préexiste à tout. Nous sommes antérieurs à tout. L’être réalisé est celui qui a compris que la réalité qui siège dans ce corps est antérieure à tout. L’ignorant, lui, ne prête aucune attention à ce Dieu qui l’habite et reste enfermé entre bien, et mal par sa propre pensée. C’est ainsi qu’il fonctionne. Le pouvoir de l’illusion peut rendre un homme érudit et fin commentateur des Vedas, mais elle peut aussi le manipuler tel une marionnette dans la comédie du monde. Le véritable chercheur comprend que cette illusion n’est rien. Quelle que soit l’intensité de votre lutte avec l’ours dans le rêve, il n’en reste pas moins irréel. Mais l’illusion ne laisse pas la victoire au chercheur aussi facilement…

Les concepts du « je » et du « vous » sont illusoires, mais le concept du disciple l’est aussi. L’affirmation « je suis Dieu » est également illusion.
La racine même de ce monde est illusion. Il s’agit donc, comme nous l’avons dit auparavant, de tout abandonner. L’ignorant commence alors à jouer frénétiquement des cymbales sous prétexte de dévotion, il se réclame d’une connaissance qui n’est en fait qu’ignorance. Tout ce que vous faites dans ce monde est ignorance et même si la connaissance détruit l’ignorance, elle reste elle-même une illusion. Le disciple vit dans un perpétuel dilemme « je dois faire ceci ou je dois faire cela », et quoi qu’il fasse il est floué, car l’illusion a de longues cornes qui vous transpercent si vous la prenez de face et qui vous accueille d’une bonne ruade si vous tentez de la contourner !

Le non-agir est la clef qui permet de transcender l’illusion. Puisque bonheur et souffrance résident dans l’illusion, il n’y rien à changer, rien à abandonner. Le fait d’agir et son contraire sont tous deux du domaine de l’illusion. Ceux qui ne comprennent pas l’illusion sont condamnés à danser selon son bon vouloir. Elle est un rêve et que vous soyez victorieux ou vaincu dans la bataille contre l’ours, cela n’a aucune importance puisque tout se passe dans un rêve. C’est pour cela qu’il est dit que l’illusion ne peut être conquise tant qu’on la considère comme vraie et que même les Seigneur Brahma, Vishnou, et bien d’autres encore, ne peuvent la conquérir.
Vishnou prétend protéger touts les êtres et pour cela il est devenu le dieu aux quatre bras. Mais il est une illusion et tout le monde est aveuglé par elle ! Le fils d’une femme stérile dit avoir tenu la chandelle au mariage de Maruti, l’éternel célibataire ! Ce monde est une fiction du même genre. Ceux qui prétendent avoir conquis l’illusion y baignent encore et toujours.

Le disciple en marche vers Dieu n’est plus soumis à l’expérience du bonheur et du malheur qui sont du domaine de l’illusion. Sa gloire est petite mais bien supérieure à celle des dieux, car il sait que rien n’est vrai. Il n’y a ni action, ni cause, ni agissant. Le sentiment de la cause et de l’effet découle du concept « je suis ». Ce sentiment de causalité est l’illusion primordiale du divin. Vous êtes ignorant si vous ne vous considérez pas comme Dieu, mais par la compréhension que vous n’êtes ni Dieu ni l’ignorant, vous devenez la réalité finale. Le bien, le mal et le sentiment d’être une petite créature ne sont que les signes de l’illusion de la nature, du monde matériel. C’est un jeu de colin-maillard. Celui qui bande les yeux des joueurs ne fait pas partie du jeu, mais il rend tout les autres aveugles en un tournemain et pas seulement celui qui a les yeux bandés, mais aussi tous ceux qui participent au jeu.

La nature de la connaissance comme celle de l’ignorance est illusion. Les pratiques spirituelles que l’homme entreprend comme pénitence, les chants, l’étude toutes autres méthodes sont placées sous l’influence hypnotique de l’illusion. Le monde n’est transcendé que lorsque vous êtes libres de toute entrave et de tout devoir. Pratiques et devoirs sont utiles aux premiers temps de la recherche, mais sachez que temps que la connaissance subsiste il y a illusion. Abandonnez toute idée préconçue sur vous-même. « Abandonner » signifie ici : ne vous embarquez pas dans ce bourbier ! Continuez cependant votre pratique dévotionnelle et méditative « je suis le Soi, je suis Dieu, je ne suis ni untel, ni une telle, je ne suis pas le corps » mais sachez que celui qui parle en vous est Dieu, il est vous-même. Soyez en convaincu.

Voici l’histoire d’une princesse qui fit annoncer à tout le royaume qu’elle épouserait l’homme le plus paresseux du pays. De nombreux prétendants se présentèrent en faignant la paresse par toutes sortes d’artifices. Les uns refusaient de marcher et se faisaient transporter, les autres ne parlaient qu’en baillant, d’autres encore ne mangeaient pas pour ne pas avoir à lever les bras. Mais la princesse n’était pas satisfaite de leurs performances jusqu’au jour où un homme déclara tout simplement qu’il voulait l’épouser parce qu’il était paresseux. On ne peut pas prouver sa paresse par des actes extérieurs, on est paresseux de nature ou on ne l’est pas.
De même, le sage sait qu’il est la réalité, pour lui c’est une évidence. Ce qui le caractérise c’est le fait qu’il ne considère pas le monde comme réel. Si vous n’avez pas compris que tout est le jeu de la nature, que tout est illusion, alors vous ne pourrez pas épouser la princesse ! Si la paresse ne se prouve pas par des signes extérieurs, il en est de même de la sagesse. Renoncer à l’action d’une manière extérieure ne signifie pas que vous êtes dans le non-agir. L’être humain a une tendance compulsive à l’action. Mais au fait, qu’y a-t-il à faire pour qui ? Agir est dans la nature du corps et de la conscience. « Il a commencé à vénérer Dieu une fois fatigué de faire des choses », dit un proverbe.

Vous devenez Dieu quand vous rejetez toute projection « je dois faire ceci ou cela de manière à devenir riche ou à devenir saint… ».
Et vous décidez alors de changer pour atteindre votre but, mais tout cela se passe sous l’emprise de l’illusion. Laissez donc les choses telles qu’elles sont, car vos interventions ne feront qu’accroître l’ego de la connaissance. Le désir d’agir est un obstacle à l’accomplissement de la réalité finale. Puisque vous n’êtes pas le corps pourquoi ressasser toutes ses pensées à propos de votre santé ou de la pauvreté etc. ? Tout est faux ! Ne rien faire est le royaume de Dieu. Vous affirmez volontiers qu’il faut savoir rester tranquille comme un dieu, mais vous ne faites que vous agiter en vous laissant dominer pas la conscience du corps.
Ne s’inquiéter de rien et être en paix est appelé Om Shanti. C’est ma bénédiction pour vous tous.

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jeudi 24 mars 2011

Comprendre les choses (Nisargadatta Maharaj)



 La spiritualité n’est rien d’autre que comprendre ce jeu de la conscience – essayez de comprendre la supercherie en remontant à sa source.
Les pensées arrivent dans la conscience ; l’observation aussi se produit dans la conscience. Il faut vous convaincre que vous êtes cette conscience. Une fois que c’est bien établi, il n’y a plus rien à faire ; laissez cette conscience faire ce qu’il faut faire. Tout ce qui arrive, arrive automatiquement.


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mardi 22 mars 2011

Rien n'est caché. (Nathan Gill)

"La vérité" n'est pas un grand secret caché qui a besoin d'être révélé à travers une approche graduelle d'acquisition de connaissance. Toute chose est actuellement en train d'apparaître au sein de pas-de-chose. Un point c'est tout ! C'est ce qui est, même si cela inclut une histoire à propos de l'ignorance-qui-doit-être-dissipée. Ce qui est est immédiatement et totalement. Sons, pensées, sensations, images visuelles - quoi qu'il apparaisse maintenant et en compagnie de ce en quoi cela apparaît - est ce qui est. Ce qui est n'est pas révélé par la connaissance - c'est, simplement.

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lundi 21 mars 2011

Ce qui est ici est tout ce qu'il y a. C'est simple, c'est la conscience. (U. G)

Ce que l'on appelle la réalisation de soi, c'est la découverte pour vous-même et par vous-même qu'il n'y a pas de soi à découvrir.
Vous êtes vivant. Dès que vous introduisez la question : "comment vivre ?" vous avez fait de la vie un problème. Comment vivre a rendu la vie insignifiante. Dès que vous posez cette question, vous vous tournez vers quelqu'un pour la réponse et vous devenez dépendant. Et ce monsieur-là vous fait marcher .
Le désir de libération est la cause de notre problème. Vous tenez à vous voir libre. Mais la recherche est la servitude, le refus de liberté.
Le passé entier de l'humanité vous étouffe - qu'il disparaisse et il ne reste plus que le courage d'être."

Les saints essaient de vous enseigner et ils sont toujours ainsi dans le domaine de la dualité ; tandis que le sage...est dans l'état de conscience indivise. Il ne sait pas qu'il est libre, il n'est donc pas question pour lui de libérer les autres.....Pouvez-vous expliquer à quelqu'un qui n'a jamais eu d'expériences sexuelles à quoi ressemble une telle expérience ? "

Tout acte volontaire quelle que soit sa direction est violence. Tout effort est violence. Tout ce que vous faites avec le concours de la pensée pour créer en vous un état de paix utilise la force et, par là même, est violence. Vous tentez d'imposer la paix par la violence. Yoga, méditations, prières, mantras sont des techniques violentes. L'organisme est très paisible. Vous n'avez rien à faire
Vous personnellement, pouvez vous dire avec certitude que vous êtes né? Pouvez-vous expérimenter votre propre naissance? Non! Impossible! Vous pouvez vivre l'expérience de la naissance des autres, et de la mort des autres également, et en plus vous pouvez penser qu'un jour vous connaitrez l'expérience de votre propre mort (...) Mais la structure qui se soucie de comprendre la naissance et la mort pourrait ne plus être là. Ainsi la vie comme telle n'a ni début ni fin; c'est un mouvement sans début ni fin et vous êtes l'une de ses expressions. Vous n'êtes qu'une expression de la vie, comme l’oiseau, le ver de terre ou le nuage.
Nous ne sommes pas créés dans un but plus grand que les fourmis qui sont là ou les mouches qui rôdent autour de nous ou les moustiques qui sucent notre sang.

Là où il y a division il y a destruction.
Comprendre est dualisme. Si cette division n'est pas là, il n'y a rien à comprendre.
Il n'existe rien de tel que l'éveil, parce que je ne peux jamais me dire que : "Je suis éveillé".
Ma façon de fonctionner c'est que je suis toujours occupé avec ce qui se passe en ce moment et il n'y a aucune place pour quelque préoccupation que ce soit. Vous vous préoccupez des choses qui ne sont pas en train de se dérouler ici. S'il y a une différence, c'est peut-être la seule. Les gens s'imaginent que je vis dans un vide où il ne se passe rien. Comment y-aurait-il quelqu'un dans un tel état ? Il est rempli de ce qui se passe en ce moment. Vous savez, il est impossible d'y ajouter quoi que ce soit ou de s'en éloigner.
Ce qui est ici est tout ce qu'il y a. C'est simple, c'est la conscience.
Ce qui m’intéresse c’est de vous montrer que vous pouvez marcher, et s’il vous plaît, jetez toutes ces béquilles. Si vous étiez vraiment handicapés, je ne vous conseillerais pas de le faire. Mais l’idée d’être un handicapé vous est imposée par les autres qui veulent vous vendre leurs béquilles. Jetez-les et vous pouvez marcher. C’est tout ce que je peux dire. “Si je tombais…” : c’est là votre peur. Abandonnez vos béquilles, et vous n’allez pas tomber.”
Dieu est inutile… il n’y a pas de pouvoir à l’extérieur de l’homme. C’est le même pouvoir, la même vie, qui fonctionne là en vous.

( textes choisis sur Eloge de l'état naturel )

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Un voyage d'ici à ici (Gary Crowley)


"Ce qui est extraordinaire c’est de voir que l’ordinaire est extraordinaire et l’extraordinaire ordinaire."





S’éveiller à l’ « illumination » est un voyage d’ici à ici, et non d’ici à là. Il n’y a nulle part où aller et rien à atteindre. L’illumination consiste simplement à prendre conscience de ce qui a toujours été là. Il y a simplement prise de conscience de notre ignorance. Le voyage devient un cercle, parce qu’il se termine là où il avait commencé, mais à l’arrivée le même monde nous apparaît complètement différent. En conséquence, votre fausse identité disparaît d’elle-même.
La disparition d’un moi illusoire séparé se produit spontanément par la compréhension de ce qui n’avait jamais réellement existé. Le faux moi, bien que n’ayant finalement aucune réalité ultime ne s’en relève pas. Dans son sillage demeure seulement ce que nous sommes, à savoir l’illumination.
Beaucoup de maîtres ont déclaré : « Vous êtes déjà réalisés. » Cela créé une confusion si l’on ne fait pas la distinction en le « moi » et ce que l’on est en tant que conscience. Ceux qui disent « vous » êtes déjà réalisés ne s’adressent pas à un « moi » qui interprète le monde d’une manière personnelle. Ils parlent du « moi » illusoire et de son concept erroné de volonté consciente. En fait, ils parlent de tout sauf de ce petit « moi » illusoire qui empêche de voir « ce qui est ».

Il serait plus exact de dire : « Le ‘je suis’ toujours présent, en tant que ressentir permanent de ‘ceci-ici-maintenant’, est déjà réalisé. » Ce qui fait de l’éveil à l’illumination une simple réorientation vers cela que vous êtes déjà. Le ‘moi’ illusoire, en tant qu’entité douée de volonté consciente, ne peut jamais atteindre l’illumination. Aucun moi séparé ne parvient à obtenir l’illumination. Telle est la plaisanterie cosmique !

Quand le chercheur spirituel finit par comprendre ‘ce qui est’, la formule devient quelque chose comme :

‘Je suis’
Néant (conscience)
Faisant l’expérience de
Deux (dualité, état de séparation)
En tant qu’Unicité (‘ceci-ici-maintenant’)

L’éveil est simplement la compréhension sans ambiguïté de ‘ce qui est’. Ce n’est pas autre chose. C’est voir que la manière dont tout ce monde semble fonctionner est une illusion. Cela ne veut pas dire qu’un organisme physique, un ‘costume terrestre’, devient « parfait ». L’éveil n’entraîne pas la soudaine apparition de pouvoirs psychiques. On ne devient pas brusquement capable de transcender les lois de la physique et d’accomplir des miracles. Il y a simplement une prise de conscience du miracle permanent du ressentir qui survient ici et maintenant.  Le chercheur spirituel aspire à quelque chose d’extraordinaire, mais ce qui est extraordinaire c’est de voir que l’ordinaire est extraordinaire et l’extraordinaire ordinaire.

Tout ce qui est nécessaire pour cet éveil, c’est voir que le ‘moi’ en tant qu’entité indépendante douée de volonté consciente est une illusion. Quand vous avez pleinement conscience de votre néant, la seule chose qui vous reste à être c’est la totalité du ressentir. Ensuite le corps continue à vivre en ce monde en tant que partie du ressentir de ‘ceci-ici-maintenant’. D’où le dicton :
Avant l’éveil, coupe du bois et charrie de l’eau. Après l’éveil, coupe du bois et charrie de l’eau.
Au moment de l’éveil, un sage s’est paraît-il exclamé : « Est-ce donc tout ? » Puis il s’est mis à rire et est allé vaquer à ses occupations.

Chercher l’illumination, c’est chercher les lunettes qui se trouvent perchées sur le dessus de votre crâne. Une fois que l’on a compris la situation, tous les efforts fournis pour retrouver les lunettes semblent ridicules. Comme c’est drôle de découvrir ce qui avait toujours été là !

Et si la seule chose compliquée à propos de l’illumination était de remarquer ce qui avait toujours été là ? Comment ne pas se sentir amusé après toute cette recherche ?

La ‘progression’ du chercheur spirituel commence quand il s’arrête de courir et comprend qu’il lui faut simplement voir le paysage actuel tel qu’il est. Pour s’éveiller, il doit simplement voir que son impression de séparation est une illusion.

L’illumination est toujours ici, maintenant. Elle est ce que nous sommes toujours. L’illumination est simplement la réalisation de ce qui est déjà.

dimanche 20 mars 2011

Le meilleur du monde (TLF/ Corneille)




"Quoi que l’on puisse écrire, c’est dans le pire que dort le meilleur du monde.
Le meilleur du monde, c’est quand on tombe et que l’on touche enfin au plus fort de soi."


Il n’y a jamais que ceci (Tony parsons)

La réalisation, ce n’est pas devenir un îlot séparé, une chose séparée et indépendante qui contemple tout le reste de haut, lui apportant sa bénédiction ou en y déversant de la compassion. L’éveil est vie. C’est une histoire d’amour avec la vie. Cela tient de l’abandon de l’idée que qui que ce soit a une vie et à la réalisation que tout ce qui est est vie. Vous n’avez pas une vie – vous êtes vie, et dans la vie, l’ego, le désir, la haine, l’amour, tous surviennent. Je suis celui en qui cela survient. Et vous de même.
C’est le lâcher de l’idée qu’il y ait quoique ce soit à trouver et le lâcher de ce qui furète partout en quête de « quelque chose ». C’est simplement laisser la vue, l’ouïe, l’odorat être, le toucher, la reconnaissance des sentiments… C’est permettre simplement aux sentiments d’être reconnus, sans aucune idée qu’il faille les changer ; ils sont simplement ce qui est.
Laissez simplement fleurir la vision de ceci – simplement être debout là, ou entendre la voiture qui passe, ou rire… C’est ce qui est. C’est le bien-aimé. C’est l’amour qui parle. Une auto ? Ce n’est pas une auto, c’est le bien-aimé disant : « Je suis l’un ». Tout ce qui se présente est simplement le bien-aimé – tout.

Il s’agit simplement de la perte de l’identité personnelle – qui ne fut, de toute façon, jamais une réalité. Tout tombe et dans un sens le « moi »est tout. Nous sommes des riches essayant de trouver le royaume des cieux. Tout le temps où il y a un « moi » qui chérit des concepts sur lui-même, sur l’importance de la vie et l’importance d’atteindre l’illumination, nous sommes des gens riches.
Et tout cela tombe et il ne reste plus rien outre la vision de ceci ; simplement une claire vision des sensations, de la vie apparemment en marche. Cette claire vision vient de nulle part. C’est comme s’il n’y avait personne là pour voir la vie se dérouler. Sans aucun sentiment que ce qui se passe a besoin d’être changé, pour le meilleur ou pour le pire. Sans aucun jugement, ou une quelconque idée que tout cela va quelque part. Et au-delà de la vision claire réside l’unicité.
Ce que vous cherchez est déjà. Ce que vous cherchez est déjà ceci. En fait, toute votre vie il y eu claire vision. Ce qui recouvre cela est l’identification, comme s’il y avait un « voyant » séparé. Et ce voile aussi est divin.
Il s’agit simplement d’un glissement de la perception de cela à ceci. C’est parfaitement simple, parfaitement direct et disponible. L’illumination est tout à fait disponible. La lumière est tout ce qui est. N’adoptez-pas l’idée que l’éveil ne peut se produire que dans le cas de gens ayant été intensément en recherche durant des années.
Toutes ces idées que vous avez de grimper au sommet d’une montagne et de vous mettre à méditer pendant vingt ans, en renonçant au désir… L’éveil n’a rien à voir avec tout ça. La lumière est tout ce qui est. Il n’est rien qui ait besoin d’être fait, simplement parce qu’il s’agit seulement de la vision de ceci. Qui a besoin de faire quoique ce soit à ce propos ? Il y a toujours ceci. Il n’y a jamais que ceci. Où que vous alliez, il n’est que ceci.

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vendredi 18 mars 2011

C'est parfaitement simple (Douglas Harding)

 « Illuminé, illumination » sont des mots que je n'ai pas l'habitude d'employer. Mais s'il faut les utiliser, je dirais qu'il y a deux points de vue traditionnels. Selon l'un, pour voir Qui vous êtes et être « illuminé », vous devez vous perfection­ner, observer une certaine discipline, acquérir la qualification nécessaire pour faire cette découverte capitale sur votre identi­té. C'est l'aboutissement d'une longue période d'entraînement - des mois, des années, peut-être une vie de discipline. Un grand nombre de gens ont cru cela et tenté de suivre cette voie. Mais de l'avis général, si jamais ces gens finissent par voir Qui ils sont, ils éclatent de rire et disent qu'ils ont passé leur temps à essayer de polir une brique pour la transformer en ce miroir que (si seulement ils l'avaient réalisé) ils étaient déjà. Au bout du compte, ils voient que cette entreprise d'astiquage est pure ineptie. Ils voient que discipline, accomplissements, perfection­nements n'ont absolument rien à voir avec « l'illumination » et que dès le début ils étaient Qui ils sont vraiment et « illuminés ». Et bien sûr, il y a l'autre école qui reconnaît que vous commen­cez par « l'illumination », et qu'ensuite vous travaillez, vous pratiquez pour la mériter. Vous commencez par ce qui est faci­le : voir Qui vous êtes.
Toute cette discipline spirituelle en vue d'une « illumina­tion » future est sacrement difficile. Elle exige une grande force de caractère. C'est à bien des égards une entrave, et cela vous coûte très cher. Par contraste, cette vision intérieure, ce retour­nement de la flèche de votre attention vers l'intérieur vous per­mettant de découvrir Ici cette Perfection centrale qui est notre source même, est la chose la plus facile. C'est parfaitement simple, et c'est la seule chose que je puisse faire parfaitement. Et pourtant, c'est quelque chose que nous évitons de faire.

La suite sur "Eveil et Philosophie "le Blog de José Le Roy

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jeudi 17 mars 2011

Choix et conséquences (Nathan Gill)

C’est seulement lorsque le regard sur les choses se produit exclusivement à travers le filtre de la pensée qu’il semble y avoir une entité subjective psychologique opérant des choix.
Ce qui apparaît maintenant est réel : l’image visuelle de cette pièce pleine de monde, les sensations qui surgissent dans le corps, le bruit de l’avion au dessus de nos têtes… et aussi toutes les pensées qui pourraient surgir. Mais lorsque la réalité et vue à travers le filtre de la pensée, elle apparaît différemment de la vision qu’elle offre lorsque la pensée est vue comme simplement un autre aspect du tableau global.

Les pensées sont comme les bulles de texte d’une bande dessinée. Lorsque vous regardez simplement une bande dessinée, vous voyez les images et vous voyez les bulles de textes. Lorsque vous lisez la bande dessinée, vous entrez dans le monde que paraissent créer les mots des bulles de texte, et cela peut devenir plus significatif, "plus la réalité", si vous voulez, que les seules images. Et c’est analogue à ce à quoi il est fait référence comme la dimension psychologique, où apparaît ce sentiment de séparation.

Lorsque l’histoire mentale est prise pour la réalité exclusive, il y a concurremment division et fragmentation.
« Je » apparaît comme une entité distincte sujette au temps – qui, en allant plus loin, implique cause et effet. En ce sens, ce qui apparaît maintenant est réel mais se trouve vu de manière fragmentée.

Les pensées apparaissent dans la présence – la présence n’apparaît pas dans les pensées. Lorsque la réalité est vue à travers le filtre de la pensée, il y a l’idée de causalité ; l’idée que la présente configuration des apparences a été causé par des effets passés. En fait, toutefois, si ce n’était pour la simple présence, il ne pourrait être aucune pensée.
Dans la vue filtrée par la pensée, les possibilités sont sans fin. Il peut y avoir tout ce que vous voulez : cause et effet, choix et conséquence, différents univers, le futur, le passé, tout ce qui vous passe par la tête. Mais comme cette vie se limite à la seule pensée – qui représente seulement une fraction de la totalité de ce qui apparaît maintenant – la vision est inévitablement partielle. Cette façon de voir les choses est seulement une partie, un fragment du tableau entier. Et s’y confiner est accompagné d’un sentiment de manque, assorti d’une quête de complétude.
Toutefois, si un monde fragmenté apparaît indubitablement comme la réalité, alors effectivement il en est ainsi, et en ce cas, c’est le Tout qui paraît illusoire ! Ce n’est pas que la vue causale soit fausse, mais ce n’est qu’une façon de percevoir les choses.
Lorsque les pensées sont vues en tant que pensées et que le point de vue qui en dérive n’est pas présumé exclusif et seul valide, il y a simplement présence, sans temps et par conséquent sans cause ni effet.



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Cessez et restez tranquille. (Adyashanti)





La réalisation soudaine, c’est de simplement laisser tomber toute exigence par rapport à l’instant présent, à vous-même et à autrui. Tout ce qu’il faut, c’est de lâcher prise pendant une fraction de seconde. Cessez de poursuivre la paix et cessez de rechercher l’amour, et votre cœur se remplit. Cessez de tenter d’être meilleur et vous êtes meilleur. Cessez d’essayer de pardonner et le pardon s’installe. Cessez et restez tranquille.
La beauté du Soi ne réside pas dans l’acquisition de quoi que ce soit, dans le fait d’être tenu en haute estime, d’être vu ou remarqué. Il s’agit de la beauté intrinsèque de ce que vous êtes, ce caractère sacré interne.
Ce que vous êtes est la seule chose que vous ne pouvez acquérir. Vous pouvez tout acquérir sauf Dieu. Impossible de se l’approprier. Il suffit de cesser de mentir et de réaliser que vous êtes Dieu. On l’a exprimé dramatiquement autrefois en l’appelant « mort de l’ego » ; mais cette expression donne au phénomène une saveur dramatique au point de le rendre ridicule.
L’ego n’est que le mouvement du mental qui cherche inlassablement à acquérir quelque chose – l’amour ou Dieu, le fric ou un nouveau gadget. Il passe son temps à croire que ce quelque chose le rendra heureux.
La seule chose que l’ego ne peut acquérir, c’est la nature essentielle de ce que vous êtes. Il peut se procurer cent mille expériences spirituelles, mais il ne peut obtenir qui vous êtes. L’essence de cet instant ne peut être acquise, car c’est la seule chose qui se passe.
Voilà pourquoi cette essence s’appelle réalisation. Vous réalisez ce qui est de tout temps, ce qui a toujours été, ce qui sera toujours.
Vous réalisez que vous avez toujours été en possession de ce que vous avez tenté d’acquérir toute votre vie.


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mardi 15 mars 2011

Bienveillance et Justice. (Zhuang Zi )


Confucius était désireux d’aller vers l’Ouest pour déposer ses écrits à la bibliothèque des Zhou. Zilu* lui dit :
« On m’a parlé d’un certain Lao Dan (Lao Tseu), bibliothécaire des Zhou. Il s’est démis de ses fonctions et vit retiré. Puisque vous projetez de déposer vos écrits, pourquoi ne pas lui demander son aide ?
-Soit ! » répondit Confucius.
Il alla trouver Lao Dan, mais celui-ci refusa de l’aider.
Alors Confucius tenta de le convaincre en lui exposant le contenu des Douze classiques. Lao Dan l’interrompit et dit :
« Trop long et fastidieux. Allez à l’essentiel !
-L’essentiel réside dans la bienveillance et la justice, répondit Confucius.
-Permettez-moi de vous demander si bienveillance et justice sont le fond de la nature humaine.
-Assurément ! L’homme de bien ne peut atteindre la perfection sans bienveillance ni vivre sans justice. Bienveillance et justice sont, en vérité, le fond de la nature de l’homme. Que pourrait-il faire sans elles ?
-Permettez-moi de vous demander ce que vous entendez par bienveillance et justice.
-Vouloir le bonheur des hommes et aimer tous les hommes avec altruisme, telle est l’essence de la bienveillance et de la justice.
-Malheureux ! Vos derniers propos représentent un vrai danger ! Parler d’amour universel est excessif. L’altruisme conduit à l’égoïsme. Souhaitez-vous que le monde entier perde sa nature propre ? Le ciel et la terre suivent leur course, le soleil et la lune ont leur lumière, les étoiles et les astres ont leur ordonnance, les oiseaux et les animaux vivent en groupes, les arbres et les végétaux croissent vers le haut. Agissez en suivant votre propre vertu, suivez le Dao, et vous atteindrez la perfection. Pourquoi voulez-vous promouvoir la bienveillance et la justice en vous comportant comme un père à la recherche de son fils égaré ?
Malheureux ! Vous n’apportez que confusion dans la nature humaine ! »

*Un des disciple de Confucius


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lundi 14 mars 2011

Les Hommes-plantes (Nisargadatta Maharaj)


La spiritualité n'existe pas ; il n'y a que la vie dans le monde, le jeu des cinq éléments. Vous n'êtes pas plus que du végétal. Les arbres poussent, les êtres humains poussent aussi.

dimanche 13 mars 2011

L'homme dans l'oeil (Sagesse Musulmane)



L’homme est à Dieu ce qu’est la pupille à l’œil (la pupille s’appelle en arabe  « l’homme dans l’œil »), la pupille étant ce par quoi le regard s’effectue ; car par lui (c’est-à-dire par l’Homme universel) Dieu contemple  Sa création et lui dispense Sa miséricorde.


Ibn ' arabî



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Une parenté éternelle entre Dieux et l'homme. (Mâ Ananda Moyî)

L'homme croit être l'auteur de ses actions, alors qu'en réalité tout est dirigé par "Cela"; le lien est "Cela", et "Cela" est la source d'énergie. Et pourtant les gens disent : "Je fais". Comme c'est merveilleux ! Quand quelqu'un rate le train en dépit de tous ses efforts, ne voit-on pas clairement d'où sont dirigés tout nos mouvements ? Tout ce qui arrive à n'importe qui, n'importe où, n'importe quand, tout est fixé par Lui. Les dispositions qu'il prend sont parfaites. Il existe une parenté éternelle entre Dieux et l'homme. Mais dans Son jeu, ce lien de parenté est parfois tranché ou plutôt semble l'être; il n' en est pas vraiment ainsi car ce lien est éternel.

La lumière de ce monde va et vient, elle est instable. La Lumière qui est éternelle ne peut jamais s'éteindre. Par cette Lumière vous percevez la lumière extérieure à vous et toutes choses dans l'univers; mais ce n'est que parce qu'elle brille toujours en vous que vous pouvez voir la lumière extérieure. Tout ce qui vous apparaît dans l'univers n'est dû qu' à cette grande Lumière en vous et ce n'est que parce que la Connaissance suprême de l'essence de toutes choses gît cachée dans les profondeurs de votre être qu'il vous est loisible d'acquérir une connaissance quelconque.


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samedi 12 mars 2011

L'histoire Ramana Maharshi (Nathan Gill)




En cet instant même vous êtes le Soi .






Votre nature véritable est l'absolu de l’Être, apparaissant sous toutes les formes relatives de la vie ordinaire et de la recherche spirituelle.




Comment se fait-il que Ramana Maharshi recommande le questionnement de soi alors que vous et d’autres tels que vous avancent que rien n’a besoin d’être fait ?


Ici, nous nous occupons de ce qui est là, tangible, et Ramana Maharshi est simplement une histoire, aussi inspirante soit-elle, apparaissant à présent sous la forme d’un livre ou d’une vidéo. Toutefois ayant reconnu que nous parlons d’une histoire, l’histoire Ramana Maharshi donne lieue à des observations intéressantes.
Si vous épluchez un livre de Ramana, son enseignement semble impliquer qu’il y a un karma à surmonter, des nœuds à défaire, des actions à engager, un questionnement de soi à entreprendre, etc. Et au beau milieu de ce faisceau d’idées, de concepts et de choses devant être faites, il peut être trouvé ici et là – représentant un petit pourcentage du texte entier – des affirmations telles que « Le Soi est déjà atteint » ou « En cet instant même vous êtes le Soi ».
Ces affirmations ne signifient pas : « En cet instant vous êtes le Soi, mais vous êtes obligé de vous livrer au questionnement de soi pour le réaliser » ! Elles veulent dire précisément ce qu’elles disent. Si leur sens direct est instantanément évident, tout « accroche » sous forme d’instruction qui pourrait les accompagner est totalement sans effet, impuissante à engager l’attention dans l’histoire « moi » en tant qu’entité séparée. Ce n’est, cependant, pas toujours le cas.

L’Être apparaît en tant que chaque personnage de la pièce, et au sein de ce grand théâtre de la vie, les rôles de chacun sont joués à ce qui paraît être différent niveaux d’une voie d’évolution.
Chaque fois qu’il est présumé dans une histoire donnée que « je » suis une entité distincte et séparée qui à besoin d’aplanir son karma, s’adonner au questionnement de soi, à la méditation ou quoi que ce soit d’autre semblant approprié, cette thématique apparaît comme la réalité.
Un manque de clarté là-dessus donne lieu à d’interminables arguties à propos de comment cette façon de faire est meilleure que cette autre, et sur combien il est trompeur d’affirmer qu’il n’est rien besoin de faire pour réaliser ce que l’on est déjà, quand « il est bien connu que l’on doive s’y atteler sans faiblir. » L’argument étant que ceux qui auraient seulement une compréhension intellectuelle qu’il n’est rien à faire pourraient devenir fous furieux, faisant tout ce qui leur passerait par la tête, habités par le malentendu qu’ils sont au-delà de tous châtiments.
Ceci, bien sûr, est entièrement basé sur l’idée « moi » en tant qu’entité séparée, aussi subtile et ténue que cette notion de séparation puisse être. Les « enseignants » qui pourraient faire des recommandations visant à se débarrasser ou à transcender la séparation, l’individualité, l’ego, etc., sont également vus comme des entités séparées.

Chaque fois qu’est présente l’idée qu’il y a des entités quelles qu’elles soient, devant méditer, questionner, comprendre ou faire quoi que ce soit d’autre pour transcender le sens de la séparation, cette idée de l’existence d’une entité séparée pouvant ou devant faire quelque chose, renforce en fait – dans l’histoire – le sentiment même de séparation qu’elle cherche à éradiquer.
Il y a aussi la présomption fondamentale au sein de l’histoire que paraître être une entité séparée est intrinsèquement mal, et que tout malaise doit être – ou sera – surmonté en transcendant ce sens de la séparation par l’illumination.
Mais tout survient entièrement spontanément. Personne n’est aux commandes de tout cela. Être apparaît de façon immanente en tant que tout ce qui est, en tant que chaque personnage, en tant que toutes ces histoires de séparation.
Tout effort, toute lutte, et toute paix ou félicité se produit au sein de l’Être, en tant qu’Être. Ceci peut ou non devenir évident, mais le voir ou le savoir n’est pas une condition préalable à Être. Rien n’est requis pour être ; confusion et séparation font tout aussi bien l’affaire !

Si un personnage lit un livre sur les enseignements de Ramana Maharshi (ou de n’importe quel autre personnage du théâtre de la vie apparaissant sous les traits d’un enseignant, d’un maître ou d’un gourou) et que surgit l’idée qu’il est nécessaire de s’engager dans le questionnement de soi, dans la méditation ou même de se rendre à Tiruvannāmalai c’est alors entièrement approprié au déroulement de l’histoire concernant ce personnage particulier. Un autre pourrait lire : « En cet instant même vous êtes le Soi », et dès lors vivre de façon naturelle dans cette reconnaissance, avec très peu ou aucun changement apparent dans sa vie.
Tout cela survient en l’Être et n’a pas d’importance relativement à Votre nature en tant qu’Être. Il n’est qu’Être, alors il n’est d’importance que dans le cadre de l’histoire de cette formidable pièce de la vie.

Les « enseignements » de Ramana seront interprétés selon le point de vue d’où ils sont perçus. Ils peuvent ou non être interprétés comme une instante recommandation du questionnement de soi comme voie royale vers l’émancipation. Les enseignements de Ramana Maharshi contiennent nombre de possibilités pouvant donner naissance à une variété incalculable d’histoires. Rien de tout cela ne conduit quelque part, bien qu’il puisse le sembler. Votre nature véritable est l'absolu de l’Être, apparaissant sous toutes les formes relatives de la vie ordinaire et de la recherche spirituelle.
Ce qu’affirme Ramana au plus haut niveau ne ressemble ni à une instruction ni à une prescription. Il s’agit plutôt d’une description de Votre nature véritable telle qu’elle est déjà. Si des affirmations dans le fil de : « En cet instant même vous êtes le Soi » ou « le Soi est déjà atteint » résonnent en vous, alors aucune prescription pour le questionnement de soi ou quoi que ce soit d’autre ne sera prise au sérieux. Par contre en l’absence de résonnance avec ces affirmations, le contexte dans lequel elles apparaissent pourrait être pris au sérieux, et il y aura croyance que le karma a besoin d’être aplani, ou que le questionnement de soi doit être mis en œuvre ou toute autre chose semblant appropriée pour une réalisation « authentique ».

Et tout cela est perfection. Quoi qu’il se passe, il n’est qu’Être. Vous ne pouvez faire un pas de travers, car rien ni personne ne vas nulle part. « Vous » n’êtes pas un personnage en route pour un voyage vers la réalisation de soi. C’est entièrement une jeu d’apparences – y compris l’apparence, à présent en mot et en image, d’un personnage historique présumé appelé Ramana Maharshi.

 Mais pourquoi, s’il y a un réel savoir que ces personnages de chercheurs ne sont pas essentiellement réels, l’instructeur spirituel s’adresse-t-il à eux comme s’ils étaient vrais, et comme si les actions qu’ils entreprennent pouvaient avoir un impact sur « la voie vers l’illumination » ? Cela indique-t-il le manque d’une pleine compréhension de la part de Ramana ou d’autres que « En cet instant même vous êtes le Soi » ?

Dès lors qu’il y a identification en tant que « moi » en tant qu’entité séparée, assujettie au temps et en route pour la réalisation de soi, il y a la présomption que Ramana Maharshi était une personne réelle vivant à une époque connue comme étant le vingtième siècle. C’est à partir de cette perspective que survient le besoin d’évaluer, de défendre ou de critiquer ce qu’a dit Ramana et de le relier à « mon » histoire.
Suivant (entre autres facteurs) votre degré d’allégeance à sa personne, différentes conclusions sur le fait que sa compréhension était complète ou non apparaîtraient alors.
L’une des conclusions pourrait être qu’il a dû y avoir un manque de compréhension complète chez lui pour qu’il ait répondu à certaines questions de la façon dont il l’a fait, et même peut-être qu’il faisait preuve de condescendance en opérant une distinction entre ceux qui comprennent et ceux qui se trouvent en maternelle et en son encore à avoir besoin de suivre des instructions.

Lorsqu’il y a identifications en tant que « moi » et qu’une histoire quelconque apparaît comme étant vraie, comme étant quelque chose qui est réellement arrivée à un moment ou à un autre, à une époque ou à une autre, il y a alors toutes les chances qu’il y autant d’explications au « pourquoi » du scénario qu’il est de personnages s’intéressant à la question et y portant un jugement. Chaque opinion peut sembler comporter une certaine validité et – si une controverse devait naître – a toutes les chances d’être farouchement défendue par son tenant.

Comme je l’ai spécifié au début de notre conversation, nous sommes ici intéressé par ce qui est, et non par la justification de positions particulières relatives à une histoire.
En l’absence d’identification en tant que « ‘moi ‘ engagé sur une voie vers l’illumination », il devient tout à fait évident que le contenu de quelque histoire que ce soit est un simple divertissement et pas quelque chose qui puisse être considéré sérieusement comme offrant un moyen d’influer d’une façon quelconque sur ce qui est.

Il n’est que présence, ce qui estCeci est tout ce qui est. La présence demeure totalement non affectée par les histoires qui apparaissent en elle. Donner sérieusement une réponse au pourquoi Ramana Maharshi a dit certaines choses, c’est raffermir l’idée du temps et de l’ « autre », l’idée qu’il y a une réalité au-delà ou hors de la présence, hors de ce qui est.
S’il n’est aucune identification et qu’il y a la vision que réellement ceci est tout ce qui est, des conversations distrayantes restent possibles. Des opinions peuvent être échangées sur la raison pour laquelle Ramana a dit certaines choses, ou pourquoi le Prince a ambrassé la Belle au Bois Dormant ou pourquoi les dinosaures se sont éteints, et cela sans le prendre le moins du monde au sérieux.
Alors qu’en présence d’une identification de la conscience en tant que « moi » et de la croyance que de telles histoires sont en fait la réalité, il est possible que les opinions finissent en querelles explosives.
Et, en fait, cela aussi serait parfaitement OK !


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vendredi 11 mars 2011

Les "on dit"



Les « on dit » sont comme une maladie, une fois que vous les avez acceptés, il est difficile de s’en débarrasser.


Proverbe swahili


Sagesse Africaine

...être soi-même, Un sans second. (José Le Roy)





Quand l'état de veille apparait le matin, il y a un petit moment où nous sommes libres de l'identification avec notre individualité, un moment où le visage de notre ego n'est pas encore venu occulter notre vraie nature.
S'éveiller c'est rester avec cette intuition, c'est se reposer consciemment dans le fond de l'Être pur, qui est plein de lui-même et qui demeure toujours là.

S'éveiller ne donnera jamais plus que ce que nous connaissons chaque nuit dans le sommeil profond.
Et cela suffit : être soi-même, Un sans second.

 (revue 3e Millénaire n° 97)


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jeudi 10 mars 2011

Soyez vous-même, pas vos expériences. (Nisargadatta Maharaj)





Vous vous intéressez à votre état d’expérience. Il y a tant d’expériences ; par exemple:" J’ai vu une lumière bleue, j’ai flotté dans l’air", etc ; ne venez pas me raconter tout ça. C’est aussi une phase temporaire, et vous lui donnez trop d’importance en disant : « Oh ! Ca c’est quelque chose ! » Ca arrive naturellement.
Un monsieur est venu me voir, pour me dire qu’il se mettait à pleurer et à sangloter pendant dix minutes quand il méditait. Il pensait qu’il lui arrivait quelque chose de magnifique, le "processus de la réalisation du Soi." Pourquoi s’exciter et s’écrier : " Oh j’ai pleuré ! " ? Et alors ! Vous n’êtes pas celui qui pleure, vous n’êtes pas vos émotions, n’est-ce pas ? Tant de gens viennent me voir pour me faire part de leurs expériences spirituelles durant la méditation juste pour dire : « Regardez-moi, je suis quelque chose ! ».

Rien de ce que vous constatez, rien dont vous pouvez être témoin ne restera avec vous, c'est de l'imperfection. Celui qui connaît l'imperfection, celui-là est parfait.
Je ne suis rien. Comment se fait-il que j'ose parler ainsi ? Parce que je sais que je ne suis associé à aucune expérience !
Tout le monde se sent concerné par cette expérience - de la naissance à la mort - mais personne n'accorde la moindre attention à l'état qui a précédé cette expérience ! Celui qui possède une claire compréhension de cette conscience ne peut plus attacher la moindre importance à une expérience quelconque.
Soyez vous-même, pas vos expériences.

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Pas de conscience = pas de problèmes (Mila)


Toute recherche épuisante de quoi que ce soi se déroule pendant que la conscience est présente.
Pas de conscience = pas de problèmes.

Le corps et le monde apparaissent et disparaissent au gré du mouvement de la conscience.
Je n’ai aucun pouvoir sur cette conscience.
A quel libre arbitre puis-je prétendre puisque tout cela se fait tout seul ?
Toutes les fonctions vitales du corps s’effectuent d’elles-mêmes.(et en y regardant bien, tout, absolument tout, se fait de lui-même.)
Quand j’étais enfant, je ne me souciais même pas de faire fonctionner  "ma"vie.
La vie, la nature, créée (m’impose) un corps qui fonctionne par lui-même. Et un jour, soudainement, je prends la responsabilité de le faire fonctionner  ?????
Pourquoi prendre la responsabilité de quelque chose que je n’ai jamais souhaité ?
Si je ne l’ai jamais souhaité c’est que ça ne m’appartient peut-être pas, non ?
Alors pourquoi ne pas laisser arriver ce qui, de toute façon, arrive par lui-même et  juste profiter du spectacle ?

mardi 8 mars 2011

Il n’y a rien à faire, seulement à comprendre. (Franck Terreaux)



Relaxez-vous...


On s’imagine que l’éveil est quelque chose que l’on va « atteindre » en se soumettant à une pratique, exactement comme on pratiquerait le piano, le violon, ou le tennis.
Ce qui est extrêmement important de comprendre, c’est que dans cette merveilleuse aventure, il n’y a pas à partir d’un point B, que l’on pourrait appeler « existence », pour revenir à un point A, que l’on appellerait « être », car en vérité il n’y a toujours eu que l’être, il n’y a toujours eu que « Suis ». Il n’y a pas à aller vers, il n’y a pas de chemin à emprunter. Seulement depuis l’aube de notre quatrième anniversaire, quelque chose nous a donné l’impression qu’il y avait une existence au sein de l’être, mais il ne s’agit évidemment que d’une impression. B, l’existence, n’existe pas en tant qu’entité, mais en tant qu’expression de A, l’être mis en forme. Il n’y a rien à pratiquer puisque ce que nous cherchons, nous le sommes déjà. Il n’y a que la vie, sans vie à l’intérieur de la vie. Tout est « Suis », il n’y a que « Suis », et tout arrive en « Suis ».

Il n’y a pas à faire, mais seulement à comprendre.
Abdiquer totalement, mais sans volonté d’abdiquer, car s’il y a abdication, c’est parce qu’il nous est totalement impossible de faire autrement. Lorsque le fruit est mûr, il se détache de la branche, ni la branche ni le fruit ne font quoi que ce soit, c’est la maturité qui amène le fruit au bord du détachement, c’est alors qu’il tombe entraîné par son propre poids. C’est en parvenant à cette compréhension, à ce nulle part qu’est compris ce qui doit être compris, il ne nous reste plus alors qu’a vivre cette compréhension, ou plutôt de la laisser vivre.
Ainsi ce qui l’avait en quelque sorte formulé fini par se noyer dans la compréhension, c’est ce que Jean Klein appelait « Être compréhension ». « Tu » n’est que compréhension, il n’y a que compréhension, et comme il n’y a plus rien à comprendre, il n’y a plus rien à faire, et quand il n’y a plus rien à faire, il ne se passe plus rien, et si l’éveil dé-survient, c’est justement parce qu’il se passe moins de choses que s’il ne se passait rien.
Le « avant » le « juste avant » en est la clef de voûte, de ce fait elle doit donc être présente dès le début.

Avant toute chose, le chercheur doit disparaître. Pour ça il faut pouvoir, au travers du ressenti, démontrer à l’intellect l’inutilité de toute recherche, jusqu’au point qu’il en soit absolument convaincu, non pas comme une idée mais comme une certitude absolue. Mais cette démonstartion ne peut se faire qu’à une seule condition : que se qui doit être ressenti soit ressenti, sans que l’intellect vienne y fourrer son nez. C’est seulement le ressenti qui doit parler, et c'est uniquement à cette condition que l'intellect peut être informé, car il est absolument capital qu'il soit informé.
Tant qu'il est là, le ressenti est inopérant, tant qu'il est là, il y a du FAIRE, et tant qu'il y a du FAIRE, rien ne peut dé-survenir. Le chercheur c'est l'intellect, c'est lui qui doit abdiquer, non pas en l'empêchant de penser comme demande de le faire tous ces ânes de la spiritualité, mais en l'amenant à la conviction que quoi qu'il fasse, cela créera inévitablement un obstacle. Autrement dit, là où il n'y a plus de chercheur, il n'y a plus de recherche. La recherche fait obstacle, seulement la recherche, mais pas le questionnement.

En lisant les entretiens de Ramana Maharshi, il y est pourtant stipulé noir sur blanc qu'il faut supprimer les pensées avec courage et détermination. Ce que je te dis là je ne l'invente pas, je l'ai lu, c'est écris noir sur blanc.

Il y est aussi écrit noir sur blanc "Reste tranquille". D'ailleurs je ne vois pas comment l'acte de se forcer à supprimer les pensées ait un quelconque rapport avec le fait de rester tranquille ?
Ce n'était certainement pas dans ce sens-là qu'il a voulu le dire.
Les paroles de Ramana Maharshi comme celles de beaucoup d'autres d'ailleurs ont été recueillies lors d'entretiens qu'il avait avec des personnes qui lui rendaient visite. Quelqu'un était là pour les annoter, et à partir de là on en ressortait un texte qu'il fallait traduire en anglais avant de  le traduire en français. Mais l'englais qui traduisait ses propos provenait d'un anglais mijoté à la sauce victorienne, si bien que ce qu'il en reste aujourd'hui peut effectivement se trouver en totale contradiction avec ce que l’auteur a voulu dire. Sans vouloir me montrer provocateur, certes pas, je dirai que Ramana Maharshi c’est « Reste tranquille », cette phrase si simple, si belle, qui heureusement est passée au travers des balles.
Quant au reste, faute de mauvaise traductions, c’est de la littérature qui justement t’empêche de rester tranquille.

Si je te dis que contrairement à ce que tu crois, « tu es, toujours, ici, maintenant », que même si tu ne le voulais pas, il te serait impossible de ne pas être. Le sachant, tu vas tout de même chercher le moyen d’y accéder. Pourquoi ? parce que tu n’en es pas tout à fait sûr, car dans le fond ce serait beaucoup trop simple que de se contenter de le savoir. Tu vas donc chercher un moyen, même si celui-ci consiste à éliminer l’idée de ne pas être. Seulement, tant que tu chercheras le moyen d’y parvenir tu resteras toujours en exil car c’est la recherche qui t’exile en t’éloignant inexorablement de ce que tu es. L’intellect méditant doit donc parvenir à l’ultime conviction qu’il n’y a strictement aucun effort à faire pour être.
Si tu te pose la question : C’est quoi d’être là tout simplement ? » et qu’à ce moment-là tu laisse seulement le ressenti parler, sans intervenir, sans vouloir faire ou être quoi que ce soit. Alors cette réponse, ce n’est pas toi qui vas la chercher dans l’usine à penser qui te sert de tête.
Bien au contraire, sans effort, sans absolument aucun effort, elle surgit du tréfonds de ce que
« tu » es, sans que la pensée ou qu’un quelconque acte méditatif ne participe d’aucune façon.

La personne que nous croyons être ne pourra jamais s’éveiller, car elle fait partie intégrante de la manifestation, elle fait partie elle aussi de l’existence. Que cette personne soit présente à soi ou complètement dans la lune, n’y change rien, son attention, qu’elle le veuille ou non, sera toujours dirigée vers quelque chose quelque part.

La vigilance, la méditation c’est du FAIRE, celle-ci dépend toujours d’un quelqu’un qui se dit : maintenant je vais m’assoir et méditer. Cela s’inscrit toujours dans la dualité, faire non faire, autrement dit dans l’existence, dans ce qui est soumis à un début et à une fin.

Il n’y a rien à faire, seulement à comprendre. Et si maintenant nous essayions de comprendre ?

Cette compréhension repose sur une constatation extrêmement simple :

Si j’essaye de ne pas être,
Je me rends compte
Qu’il est impossible de ne pas être.
Que même l’acte de méditer apparaît dans l’être,
Et ne change rien au fait que l’ÊTRE,
Lui, était déjà là, et sera toujours là,
Sans le moindre effort.
Là ou il n’y a que 1, le méditant lui, voit 2. Il se voit, lui, en tant que témoin, en tant qu’impression d’existence et en plus il voit l’ÊTRE. En méditant, il veut être l’ÊTRE, alors qu’il n’y a que l’ÊTRE, ou « SUIS », c’est-à-dire CE QUI EST. « Suis » l’être que (tu) EST, est déjà éveillé, il n’y a donc rien ni personne à éveiller. C’est pour cette raison que je dis que lorsque l’éveil dé-survient, il se passe moins de chose que si il ne se passait rien.
Le contenu ne pouvant se substituer au contenant, il n’y a donc rien à faire, il n’y a rien à être non plus puisque sans effort EST déjà ce que tu cherches. Sans effort tu es déjà méditation. Pourquoi ajouter un méditant ? Le méditant c’est l’effort. L’effort, nous en avons besoin pour toutes nos poursuite humaines, pour atteindre tous les buts que nous nous sommes fixé, mais là, c’est tout le contraire, là, c’est précisément l’inverse car, c’est justement l’effort qui fait obstacle, l’effort est l’obstacle suprême. C’est absence d’efforts qui est ÊTRE peut être vécu au beau milieu d’activités puisque c’est dans l’ÊTRE que ça creuse et que ça rebouche, c’est dans l’ÊTRE que ça médite, c’est dans l’ÊTRE que ça veut à tout prix se détendre, lâcher-prise, c’est aussi dans l’ÊTRE que surgissent tout les états, toutes les pensées, à commencer par celles qui s’expriment en ce moment même et qui me font dire tout ceci. Tout ceci baigne dans l’ÊTRE, mais encore une fois, non pas comme des entités séparée, mais comme expression de l’ÊTRE mis en forme. L’ÊTRE ou attention non attentive est pure réceptivité. Il ne fait rien, ne regarde rien, au point qu’il ne sait même pas que le méditant existe.


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samedi 5 mars 2011

Tout arrive en moi ici et maintenant. (Mila)



Soudain, de lui-même, tout apparaît.
Je n’ai rien à faire pour ça. C’est automatique.
Le monde, les formes, arrivent d’eux-mêmes, se succèdent, changent et se transforment en permanence dans cet instant que je suis toujours. Ni hier, ni demain, Maintenant, toujours.

Auparavant, rien n’est connu. J’existe mais je ne le sais pas. Je ne peux le savoir qu’à l’état de veille, en disant : « J’ai bien dormis, je n’ai pas fait de rêves ».
En disant cela, je confirme ma présence pendant le sommeil Profond.
Et, aussi :
« Avant ma naissance, je ne me souviens de rien, il n’y avait rien. » ou bien « Je n’existais pas avant de naître ».
Je sais qu’auparavant, il n’y avait rien (je n’étais pas) et que maintenant il y a quelque chose (je suis).
J’ai constaté qu’il n’y avait rien. Et ce souvenir apparait lui-même ici-maintenant dans la présence que je suis.

Et si simplement c’était ça ? (Yolande Duran-Serrano)



"Pas besoin d’en faire tout un monde…"


Tout ce "je suis", toute cette manifestation est en moi. Les autres, ça n’existe pas : tout fait partie du "je suis", de cela qui apparaît et disparaît d’instant en instant dans cette "chose".
Je vous vois dans le rêve tel qu’il est.
Notre rêve collectif.
C’est ce silence, cette tranquillité, cette présence qui occupe le premier plan. Cette puissance guide. Elle sait ce qu’elle a à faire.
Il n’y a qu’elle. Il n’y a que cette « chose » dans laquelle apparaît tout ce qui existe, aussi bien dans le concret - les objets, les phénomènes – que dans l’abstrait – les pensées, les émotions. Le pouvoir est dans l’unité. Il est dans cette « chose » qu’on ne peut nommer. Dans ce qui apparaît, il ne peut y avoir séparation – puisque le pouvoir est dans l’unité.


Rester simplement avec ce point d’interrogation, sans vouloir comprendre ni avoir de réponse à cette question, en laissant tout ce qui arrive à soi être au second plan ; et accepter tout ce qui arrive, que ce soit des moments d’extase ou de mal-être. Avoir toute son attention posé sur cette question sans réponse, dans cet espace de silence ; et l’accepter, surtout, cet espace ! L’accepter silencieusement, pas mentalement.
Mentalement, juste accepter que tout soit au second plan : tout existe, tout est là, tout apparaît, mais ça apparaît dans ce silence et ce point d’interrogation sans réponse… Vraiment l’accepter totalement, en étant…simplement.
Beaucoup de gens croient que la réalisation, l’illumination, c’est un truc bouleversant avec de la lumière, une grande lumière qui se fait, des couleurs… Et si simplement c’était ça ? Juste ces moments de totalité. Si c’était simplement ça ?... Et se laisser faire après, tout simplement, dans ce calme, cette tranquillité, ce silence. Découvrir au fur et à mesure la légèreté que ça te donne, de voir que tout ça est là, bien sûr, mais c’est au second plan et ce n’est pas toi – donc pas besoin d’en faire tout un monde…



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jeudi 3 mars 2011

Celui qui est en votre présence (Evangile de Thomas)




Ils lui demandaient :
Dis-nous celui que tu es ?
afin que nous croyions en toi.
Jésus leur dit :
vous sondez le visage
du ciel et de la terre,
et celui qui est en votre présence,
vous ne l'avez pas reconnu,
et ce moment présent,
vous ne savez pas l'éprouver.


Vous ne pourrez jamais vous trouver. (Jean Klein)




Notre vraie nature est ouverture, silence. Elle se manifeste dans la compréhension instantanée que la vérité ne peut jamais être acquise. Tout ce que nous cherchons et trouvons est un objet. Il apparaît clairement que le chercheur est le cherché, que le chercheur est cela même qu’il cherche ; alors toute tentative pour trouver quelque chose cesse.
Quand vous voyez réellement que ce que vous cherchez est vous-même et que vous trouvez, au terme de nombreuse années d’investigation diverses, à travers tous les systèmes, toutes les techniques, que vous êtes ce que vous cherchez, il y a alors une révélation fantastique. Parce que, lorsque vous voyez cela, il vous apparaît que toutes ces directions, expériences et techniques ne sont que des objets. Eux, vous les trouvez, mais le sujet, jamais, car le sujet ne peut jamais être objectivé.
Voir cela entraîne un arrêt de cette investigation multidirectionnelle, et tout alors renvoie à ce moment d’arrêt, toute chose ne fait plus référence qu’à elle-même. Vous percevez clairement qu’il n’y a nulle part où aller. C’est une révolution dans votre vie. Tel est le sens du Tao : « le Tao que vous pouvez trouver et nommer n’est pas le Tao ».

Quand vous comprendrez qu’il n’y a rien à trouver, que tout ce que vous pouvez trouver est un objet et une limitation, quand vous saurez que vous êtes cela même que vous cherchez, alors vous saurez que vous êtes un joyau. Toute votre activité changera.



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mercredi 2 mars 2011

N'est-ce pas un miracle que je sois ?





Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Ce ‘je ne sais quoi’ qui nous sépare du néant ?
Que s’est-il passé au début des temps pour donner naissance à tout ce qui existe aujourd’hui ? A ces arbres, ces fleurs, des passants qui marchent dans la rue, comme si de rien était ? Quelle force a doté l’Univers des formes qu’il revêt aujourd’hui ?


Jean Guitton

mardi 1 mars 2011

Elle est ici et maintenant. (Nisargadatta Maharaj)



La vérité n'est pas le résultat d'un effort, le bout de la route. Elle est ici et maintenant, dans la soif que l'on a d'elle, dans la recherche même. Elle est plus proche que le mental ou le corps, plus proche que la sensation "je suis". Vous ne la voyez pas parce que vous cherchez trop loin de vous-même, hors de votre être le plus profond.
Vous avez fait de la vérité un objet et vous demandez avec insistance des preuves et des épreuves conformes à vos normes qui ne peuvent s'appliquer qu'aux choses et aux pensées.

Non seulement vous êtes qualifié, mais, de plus, vous êtes la vérité elle-même. Ce qui se passe, c'est que vous prenez le faux pour le vrai.
La découverte de la vérité se trouve dans le discernement du faux. Vous pouvez connaître ce qui n'est pas. Ce qui est, vous ne pouvez que l'être.
La vérité n'est pas un bon point pour bonne conduite, ni un prix pour avoir été reçu à un examen. Sa venue ne peut pas être provoquée. Elle est la source primordiale, non née, antique , de tout ce qui est. Vous êtes habilité parce que vous existez. Vous n'avez pas besoin de mériter la vérité. Elle est vous-même. Simplement, arrêtez de vous en éloigner en lui courant après. Tenez-vous tranquille, soyez calme.


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