mercredi 25 mai 2011

Être est déjà (Nathan Gill)

Vous avez été partout et avez tout essayé dans votre quête pour l’illumination sans jamais remettre en question l’idée que l’illumination soit la solution. La quête elle-même aggrave le désespoir. Vous êtes constamment en train de fuir une chose pour en poursuivre une autre, sans jamais vous interroger pour savoir si cette course a un sens quelconque.
Mais « notre » nature véritable est toujours Être et ne requiert aucune illumination, aucun éveil. Elle est déjà, tout simplement, qu’il y ait croyance ou non en une histoire personnelle.
Être n’exige absolument rien. Il n’est aucune nécessité de changer ou d’atteindre quoi que ce soit pour être.
Ce qui apparaît en cet instant même est déjà la parfaite expression de l’Être et ne peut être évité.



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lundi 23 mai 2011

Un seul et même être. (Alain Galatis)




Cher ami ! Puis-je me permettre  : est-il difficile d'envisager que, peut-être, le lieu où tu te trouves n'existe pas ? Oui, assurément.

Est-il triste d'envisager que, peut-être, tu n'es pas toi-même la personne que tu penses être ? Oui, c'est douloureux.

Mais regarde ! Si nous arrêtons de définir ce qui est. Si nous cessons de vouloir dire le monde. Nous soulevons le coin du voile. En dessous : l'illimité.

Oui, tu perds beaucoup. Enormément. Tu perds tout. Et tu te perds toi-même. Mais vois les flots qui t'assaillent ! Qui te dissolvent ! Vois l'ampleur de ce qui est !

Regarde : tu deviens l'illimité ! Et dans l'illimité, nous nous retrouvons tous. Toi et moi. Et les autres. Par dizaines. Par milliers. Par millions.

Non pas une foule anonyme d'inconnus. Non pas des individus. Non pas des amis. Nous sommes ce qui est. Inséparables. Indissociables. Tous unis, à chaque instant.

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jeudi 19 mai 2011

C’est tellement évident que personne ne s’en préoccupe ! (Cheikh Khaled Bentounes)



L’homme se prend en quelque sorte pour le Créateur alors qu’il n’est qu’une créature dont la destinée est liée à une volonté divine qui le dépasse.




Il n’y a donc rien d’autre que Lui. Ne pas vouloir le reconnaître, c’est se détourner de cette réalité ultime pour vivre comme un mort vivant. Le plus extraordinaire, c’est que nous n’avons même pas à Le chercher puisqu’Il est «  ce qui subsiste par Lui-même » ! Chercher le Vivant est encore une façon de le fuir et de L’éloigner car nous introduisons en nous une dualité. Ce qui retient l’homme de le reconnaître, c’est son orgueil qui se place entre lui et le Réel vrai et qui le maintient dans l’illusion qu’il est le seul maître de son destin. Si nous sommes capables de dépasser notre suffisance, de transcender notre condition humaine, alors tout se révélera sous l’angle du Vivant.

Si le Vivant est immuable et subsistant en toute chose, comment pouvons-nous nous en détourner ? La raison en est que nous vivons dans l’oubli, mais pas n’importe lequel : celui de Dieu !
Lorsque nous sommes dans cet état, nous avons l’impression de créer librement notre existence mais en réalité, nous créons notre propre prison. Nous nous limitons sur tous les plans alors que Dieu est pur liberté.
Ce n’est pas en s’imposant toutes sortes de limitations mentales que nous nous rendrons plus proches de Lui. C’est ignorer qu’Il est doué d’une liberté absolue, qu’Il est au-delà de toute limite et forme. Pour comprendre ce que cela signifie véritablement, nous devons apprendre à désapprendre !

Le problème est que nous remplaçons, le Vivant infini et intemporel en nous par  une volonté individuelle limitée et capricieuse prenant sa source dans notre imaginaire, dans nos fantasmes et dans nos croyances.
Réduire l’origine de notre existence à notre petite vie éphémère alors qu’elle émane d’une source remontant au temps primordial donne une idée fausse de ce que nous sommes. L’homme se prend en quelque sorte pour le Créateur alors qu’il n’est qu’une créature dont la destinée est liée à une volonté divine qui le dépasse.
L’ignorance et l’oubli de notre véritable essence nous rendent semblables  à des prisonniers qui auraient troqué leur liberté contre des chaînes invisibles par peur d’avoir à assumer pleinement leur existence. Cette condition que nous partageons pour la plupart d’entre nous ne procure aucune satisfaction ; elle est, au contraire, la source de nos souffrances.

 Pourtant, nous préférons le plus souvent nous complaire dans nos limitations mentales et culturelles que de devoir affronter la perte de nos illusions. Le pire est que nous imposons cette souffrance à l’autre ! Nous aimerions qu’il fasse exactement comme nous, qu’il partage notre prison que nous jugeons parfaite alors qu’elle est exiguë et obscure.
Nous nous demandons alors pourquoi il ne devient pas, comme nous, musulman, juif, chrétien ou bouddhiste. Pourquoi ne se convertit-il pas à notre foi ou à notre croyance puisque, à nos yeux, elle est le garant de notre salut et du paradis dans l’au-delà ? Une telle attitude se révèle être insensée pour celui qui a su se libérer de toutes ses chaînes.

(...) Nous savons, certes, que nous sommes vivants, nous en faisons l’expérience immédiate, mais sans être conscients que nous n’existons que par le Vivant.
C’est tellement évident que personne ne s’en préoccupe ! Un thérapeute doit rappeler le patient à l’essentiel et à l’immédiateté de cette réalité s’il veut l’aider à guérir. Mais il ne peut parvenir à un diagnostic que dans la mesure où le malade est capable de décrire ses maux, alors le remède à lui prescrire sera à la mesure de la maladie. Si nous demeurons dans l’ignorance des troubles qui agitent notre âme, aucun médecin ne sera capable de nous guérir. L’idéal serait de pouvoir arriver par soi-même à diagnostiquer son mal et à trouver en soi le moyen d’y remédier, ce qui nous obligerait fondamentalement à revenir au principe de l’unité de l’être qui est la source de notre équilibre.
Commençons donc par nous éveiller à la présence du Vivant en nous et hors de nous. Montrons-nous plus vigilants à l’égard de cet attribut divin essentiel pour ne pas nous laisser aller et sombrer dans une vie inconsciente.


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"Tu l'entends maintenant." (Khalil Gibran)






J'ai dit à la Vie :"Je voudrais entendre parler de la Mort."
Alors la Vie a élevé à peine la voix et elle a dit : "Tu l'entends maintenant."

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lundi 16 mai 2011

"Je" qui "Suis" ( Nisargadatta Maharaj)

Le Nisargadatta Sadhana


 Avez-vous compris que la connaissance elle-même est ignorance ? Si elle était réelle, elle aurait été là éternellement – elle n’aurait pas de début et une fin.
Maintenant l’expérience "Je Suis" est ressentit, auparavant elle ne l’était pas. Lorsqu’elle n’existait pas, aucune preuve n’était nécessaire, mais une fois qu’elle est, beaucoup de preuves sont requises.

 Avant que l’idée "Je Suis" ait germée, vous êtes, mais vous ne savez pas que vous êtes. Vous êtes antérieur à l’idée "Je Suis". Campez-vous là, antérieurement aux mots "Je Suis".
Ce dont vous devez être témoin n’est pas les pensées mais la conscience "Je Suis". Tout est une expression du "Je Suis", mais vous n’êtes pas cela, vous êtes antérieur au "Je Suis".

 L’état dans lequel vous étiez avant d’acquérir cette connaissance "Je Suis", est l’état réel. Seulement après avoir eu cette connaissance vous êtes vous identifié avec le corps-esprit. Qu’importe ce que vous avez acquis, incluant le corps-esprit, cela partira et est inutile. Mais votre état original, avant d’avoir acquis le corps, la vérité, est l’état véritable et elle demeurera.
 Le "Je Suis" est la somme totale de tout ce que vous percevez. Il apparaît spontanément et disparaît, il ne réside dans aucun endroit. C’est comme un monde de rêve. Vous êtes séparé du "Je Suis". Le "Je Suis" est lui-même une illusion.
Avant que le sens de présence n’arrive, j’étais dans cet état où le concept du temps n’était jamais là. Alors qu’est ce qui naît ? C’est le concept du temps, et, cet évènement qu’est la naissance, la vie et la mort ensemble, ne constitue rien d’autre que le temps, une période de temps.
 Présentement vous êtes ce "Je Suis", mais ce "Je Suis" n’est pas la vérité. Peu importe ce que vous êtes précédant l’apparition du "Je Suis", cela est votre véritable nature.



dimanche 15 mai 2011

Chacun sa prière (Nasr Eddin Hodja)

Pendant l'office du vendredi à la mosquée, l'immam monte au minbar et s'écrie d'une voix forte, au ton d'inspiration sacrée :
-Ô Allah Tout-Puissant et Tout-Bienveillant!
Donne-nous la foi ! Donne-nous l'humilité, la générosité et la tolérance! Donne-nous le repentir de nos fautes! Eloigne de nous les mauvaises pensées!...
Là-dessus Nasr Eddin se lève et crie encore plus fort :
- Ô Allah Tout-Puissant ! Donne-moi des pièces d'or ! Donne-moi une belle maison ! Donne-moi des vierges ! Donne-moi du halva à chaque repas !
-Arrête, suppôt de Satan ! Tu blasphèmes ! Hors d'ici !
-Mais pourquoi ? s'étonne le Hodja. Nous faisons pourtant la même chose, toi et moi. Chacun demande ce qu'il n'a pas.

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jeudi 12 mai 2011

Notre véritable place (Jeanne Guesné)

Se sentir intégré dans la grande nature guérit inévitablement l’homme de sa mégalomanie. Les couleurs, les sons, les parfums et les saveurs qu’elle nous dispense avec une prodigalité incessante se révèlent à nous dans un accord parfait qui nous «  remet à notre véritable place ».
Nous oublions toujours combien nous sommes petits et futiles.
Imbus de notre savoir et de nos techniques perfectionnées dont nous sommes si fiers, nous oublions l’immensité des océans, l’énormité des montagnes, la puissance de la foudre et la fabuleuse énergie du vent. Il faut que la nature nous adresse par ses douloureux avertissements, raz de marée, éruption de volcans, sécheresse, inondation, séismes, etc., le signe originel de notre erreur fondamentale, qui nous fait placer l’homme axe de la création.
Il est urgent de retrouver une certaine sagesse qui donne primauté au développement de la vie personnelle de l’individu. Méfions-nous de la rigueur dialectique à laquelle nous attachons tant de prix.
 Le facteur humain qu’elle méconnaît habituellement est cependant déterminant dans le détournement des théories, le bouleversement des prévisions et se révèle la cause de bien des erreurs politiques qui conduisent à des désastres dans le passé des nations.
La Vie, la Conscience, l’Amour sont des Valeurs universelles latentes au niveau humain, qui réclament notre ATTENTION pour s’actualiser en se libérant de la complexité de nos mouvances psychologiques.

jeudi 5 mai 2011

Un Présent (Jeff Foster)


La vie n'a pas de centre, car elle n'a pas de circonférence. Elle ne finit, ni ne commence nulle part. C'est une expression spontanée du vivant qui se passe maintenant, maintenant et maintenant, ne laissant aucune trace d'elle-même, ne projetant rien dans le futur, ne cachant rien, se donnant totalement et entièrement et s'épuisant elle-même dans cette expression, sans rien laisser.La vie est un mouvement unique, parfois bruyant, violent, parfois féroce, parfois doux, tendre, léger comme une plume, la vie rugit, parfois elle murmure, mais elle est toujours en mouvement.
C'est tout, et pourtant rien.

Vous voyez toujours ceci pour la dernière fois. Vous n’avez jamais la garantie d’un autre moment. C’est si précieux, si fragile. C’est toujours la dernière fois que vous voyez la chaise, le plafond, le tapis, vos mains, c’est la dernière respiration. Ce n’est qu’arrogance de penser que vous avez un autre jour, un autre instant. Quelle arrogance ! Pourquoi mériterions-nous un autre moment ? La beauté c’est qu’il nous est accordé, sans que nous le méritions. C’est la grâce. Nous ne le méritons pas, mais il nous est donné jusqu’à ce qu’il ne le soit plus.

Mon Dieu, nous avons été des enfants si terribles ! Nous avons fait tant de mauvaises choses dans nos vies, ressenti tant de colères envers les autres, nous avons tant jugé ! Nous ne méritons pas cette grâce, et pourtant, elle nous est donnée, là.

Ce n’est pas mérité, c’est indu. Un Présent qui est donné, malgré nos actes, ce que nous avons accompli ou pas accompli, cru ou pas cru. Nous ne sommes rien et cependant en cet instant tout est donné, tout ce qui est nécessaire. Quelle arrogance d’imaginer que nous méritons plus !

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mercredi 4 mai 2011

Être et Présence intemporels. (Nisargadatta Maharaj)

Le plus grand maître est votre Soi intérieur.
En vérité, il est le maître suprême.
Lui seul peut vous conduire à votre but et lui seul vient à votre rencontre au bout du chemin.
Faites-lui confiance et vous n’aurez besoin d’aucun maître extérieur.
Vous n’êtes jamais sans lui car il est éternellement présent en votre cœur.
Ce qu’il veut de vous est simplement que vous appreniez la présence à soi, le contrôle de soi, l’abandon au Soi.
Plongez profondément en vous-même et vous le trouverez facilement et simplement.
Cherchez ce qui est permanent dans le transitoire, réel dans le non-réel.
Il ne vous est pas possible d’acquérir la connaissance car vous êtes connaissance. Vous êtes ce que vous cherchez.
Votre être véritable est antérieur à l’apparition de tout concept.
Vous venez de nulle part et n’allez nulle part.
Vous êtes Être et Présence intemporels.

lundi 2 mai 2011

Voilà en vérité ce que nous sommes. (Adyashanti)

Il faut impérativement savoir ce que l’éveil n’est pas, pour cesser de rechercher ses effets secondaires et renoncer à cette quête d’états émotionnels extatiques par la pratique spirituelle.

L’essentiel de ce que l’on nous transmet au sujet de l’éveil donne l’impression d’une publicité pour l’illumination. Les publicités révèlent uniquement les aspects positifs ; il est même possible qu’elles ne soient rien d’autre que des bobards. La propagande pour l’éveil affirme que l’illumination est tout amour tout extase, compassion et union, ainsi qu’une foule d’états merveilleux. Souvent sertie de récits fantasmagoriques, cette propagande nous amène à croire que l’éveil a trait à l’acquisition de miracles et de facultés mystiques. Un boniment courant associe l’illumination à la félicité. On croit dès lors qu’en s’éveillant on atteint l’union avec Dieu et on accède à une extase sans fin. Il s’agit là, bien sûr, d’une méprise grave sur la nature de l’éveil.

Une autre équivoque très répandue au sujet de l'éveil ou de l'illumination l'associe à une forme d'expérience mystique. Nous attendons peut-être à une sorte d'union avec Dieu, à une symbiose avec l'environnement ou à nous fondre dans l'océan. Ce n'est rien de tel. L'éveil n'est pas non plus l'accession soudaine à une myriade d'intuitions cosmiques, des intuitions sur la structure de l'univers, sur les fonctionnements internes de ce que nous concevons comme la réalité. Il est impératif pour chacun de réaliser que l'éveil spirituel diffère absolument des expériences mystiques.

L’éveil s’accompagnera peut-être de félicité, car celle-ci en est un sous-produit, mais ce n’est pas le propre de l’éveil. Tant que nous recherchons ces sous-produits, nous passons à côté de l’expérience authentique. C’est un problème, car nombre de pratiques spirituelles cherchent à reproduire les effets secondaires de l’éveil sans toutefois engendrer l’éveil. La conscience humaine est formidablement malléable, et en s’adonnant à des méthodes, des techniques, des disciplines, il est en effet possible d’accéder à nombre des dérivés de l’éveil – félicité, états d’ouverture, etc. Il est toutefois fréquent d’aboutir uniquement au sous-produit, dépourvu de l’éveil authentique.



 La voie vers l’éveil n’a rien à voir avec les émotions agréables. Au contraire, l’illumination peut s’avérer difficile ou déplaisante. Il est pénible de voir s’effriter ses illusions. Il n’est pas facile de délaisser ces perceptions de longue date. Percer à jour ces illusions qui nous font souffrir pourrait même rencontrer une forte résistance en nous.
Dans son expression la plus simple, la connaissance expérientielle de l'éveil est un changement de perception. Voilà l'essence de l'éveil; une transformation de perception qui passe d'un individu isolé, s'il advenait qu'un tel sentiment d'identité personnel persiste après ce changement, à un être beaucoup plus universel - toute chose, tout le monde et tout partout simultanément.
Cette métamorphose n'est pas révolutionnaire. C'est un peu comme de vous regarder dans la glace le matin et de sentir intuitivement que le visage reflété est le vôtre. l'expérience n'est pas mystique; elle demeure toute simple.
L’éveil spirituel est une souvenance. Il ne s’agit pas de nous transformer ou de nous métamorphoser. C’est la mémoire de ce que nous sommes, tel que nous le savions naguère, un souvenir que nous avions oublié.
L’Esprit universel, ou conscience universelle, s’éveille à lui-même. Au lieu du « moi » qui s’éveille, nous nous éveillons du moi. Notre être véritable s’éveille du chercheur spirituel. Ce que nous sommes s’éveille de la quête.

Il est pratiquement impossible de décrire la nature de la réalité ; on ne peut qu’affirmer qu’elle est au-delà de toutes nos conceptions et qu’elle ne correspond à rien de ce qu’on nous a enseigné. A vrai dire, nous sommes incapables d'imaginer ce que nous sommes. Notre nature se situe littéralement au-delà de tout imaginaire. Ce que nous sommes, c’est ce qui observe – cette conscience qui nous observe tandis que nous prétendons être une personne distincte. Notre nature essentielle goûte invariablement l’ensemble de toute expérience, elle est éveillée à chaque instant, sans exception.
Nous ne sommes ni une chose, ni une personne, ni une entité. Nous sommes ce qui se manifeste sous la forme de toute chose, toute expérience, tout être. Nous sommes ce qui rêve l’univers tout entier et lui accorde ainsi l’existence. L’éveil spirituel ne révèle que ce qui est ineffable et indéfinissable. Voilà en vérité ce que nous sommes.


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