jeudi 29 septembre 2011

La puissance des mots




Source : It Is Not Real

Le "Juste avant" (Franck Terreaux)


Il n'y a rien à chercher, il n'y a rien à trouver, c'est le avant, le "Juste avant" de toute chose. Ce que je suis en train de vous dire est si proche, si simple, si immédiat que nous n'avons pas même le temps de l'imaginer.


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mercredi 28 septembre 2011

Je suis Cela (Jean Yves Leloup)

Voici un itinéraire parmi d’autres, une pratique du retour de l’exil, un chemin vers la demeure, parfois oubliée, reniée ou bafouée, du Réel souverain, qui selon la parabole ne cesse de nous attendre, c’est-à-dire d’être ce qu’Il est indéfiniment disponible à l’écoute de notre écoute attentif à notre attention.

Ces exercices n’ont pas d’autre but que de nous faire ressentir que « Je suis » est là, vivant, conscient, libre et bienveillant, et de nous recentrer dans sa présence réelle.
Cette présence est « grâce », « gratuité », qui ne se mérite ni ne s’ achète.
Ces exercices devraient donc se pratiquer sans attente et sans exigence.
Plus qu’ à tout acte de volonté ou d’effort le Don de l’Être est offert à notre détente et à notre disponibilité, c’est-à-dire à l’essence du cœur qui est gratitude.
La grâce ne peut pas nous manquer. Le Réel, comme le Présent, ne peut pas nous manquer, il est toujours là !






1. Demeurer ou revenir sans cesse dans la simple sensation :

« Je suis » - l’éprouver dans tout mon corps, tous mes sens.
Je suis vivant – cela respire, cela est agréable, désagréable, plaisant, douloureux.
Je suis cela – le souffle, le plaisir, cette douleur.
Plus profondément :
Je suis vivant,
je suis la Vie,
je suis la Vie qui souffre, qui jouit, qui meurt, qui passe, qui se donne,
qui rend vivant tout ce qui vit et respire :
les pauvres et les riches,
les grands et les petits,
les justes et les injustes.
Je suis la Vie éternelle.
« Je suis ».


2. Revneir sans cesse dans la simple pensée:          
              
 « Je suis »
 je suis conscient,
  non seulement je suis la Vie et les manifestations de la Vie,
  mais je suis conscient d’être vivant, d’être « je »,
  une forme unique et particulière dans laquelle s’incarne la Vie.
  Je suis conscient d’être vivant, je suis conscient d’être, d’être cela.
  Je suis conscient d’être cette conscience d’être.
  Je suis Conscience.
  Je suis Lumière qui n’efface pas les choses,
  Mais leur permet d’être connues, de les connaître et d’être aimées.
  Je suis une clarté qui éclaire tout ce qui vit et respire,
  Les justes et les injustes, les riches et les pauvres, les grands et les petits.
  Je suis Conscience, je suis Lumière,
  Je suis Cela.
  « Je suis ».


3. Revenir sans cesse dans la simple intuition ou pressentiment :

« Je suis ».
Je suis libre
De tout conditionnement,
De toute limite,
De toute mémoire,
De tout savoir,
De toute hérédité
De tout passé,
De tout avenir.
Je suis un espace qui contient et accueille tout ce qui vit et respire :
Les justes et les injustes, les grands et les petits, les pauvres et les riches.
Je suis présent,
Présence réelle du Réel souverain,
Je suis Cela,
L’inconditionné, l’innommable, l’impensable,
L’intangible, l’incréé, l’infinie liberté,
Pur espace, pure vacuité,
Je suis Cela.
« Je suis ».


4. Revenir sans cesse dans le simple sentiment :

« Je suis ».
Je suis bonté,
Bienveillance,
« bien diffusif de lui-même »,
Amour-affection-compassion,
Je suis Cela.
Je suis un soleil qui brille et réchauffe
Les justes et les injustes,
Qui aime les riches et les pauvres,
Les grands et les petits.
Je suis l’Amour qui fait tourner la Terre, le cœur humain et les autres étoiles,
Je suis Cela.
« Je suis ».


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samedi 24 septembre 2011

Les araignées sans mémoire (Alexandro Jodorowsky)

Personne ne savait pour quelle raison, les araignées avaient soudain perdu les facultés constructives leur permettant de tisser leurs toiles.
 C’est au début de l’amnésie que la vie devint très difficile pour elles, accoutumées qu’elles étaient à sécréter de manière naturelle leur fils visqueux et à attendre, paisiblement, les insectes qui tomberaient comme une manne céleste dans le piège tendu par les filières.

A cette époque heureuse, elles n’étaient pas conscientes de leur œuvre. La complexe et transparente architecture émergeait comme un songe autour de leur corps, sans qu’elles aient eu à produire le moindre effort. La toile grandissait si naturellement, comme la feuille autour de la branche ou le parfum exhalé des pétales. Débarrassées du souci essentiel et vital de la chasse, les petites bêtes devinrent très actives et acquirent une certaine vélocité.

Avec le temps elles apprirent à construire des maisons sous la surface de la terre. Mais ce type de civilisation semblait les incommoder parce qu’il ne correspondait pas à la nature intrinsèque de leur organisme.
L’obscurité des galeries les angoissait, la vie en commun développait la violence et, surtout, elles sentaient aux extrémités de leurs chélicères crochues comme une inexplicable démangeaison.
Elles faisaient le geste de tisser et parallèlement rougissaient de honte parce qu’elles n’en comprenaient pas la signification.
Certaine se proclamèrent alors « artistes » et commencèrent à tisser des objets qui rappelaient vaguement les anciennes toiles. Elles n’étaient ni rondes, ni fines, ni visqueuses, incapables d’attraper le plus petit insecte, mais remplissaient d’orgueil leurs créatrices ventrues.

La mélancolie de l’amnésie s’installant, les araignées placèrent bientôt ces approximations de toiles, ces arachnéennes tentatives, sur des autels familiaux et se mirent à les vénérer.
Avec le cours du temps, elles les entassèrent dans des musées puis dans des temples.
On finit par les appeler des « symboles ».
Surgirent alors des araignées opportunistes qui se dirent « maîtresse » et « magiciennes » et affirmaient pouvoir percer le fabuleux secret.
Promettant, grâce à de grandes sommes théologico-philosophico-encyclopédiques, de révéler le mystère de ces toiles absurdes…

Un jour, une petite araignée recouvra subitement la mémoire et se mit à tisser une toile sur la place publique. Les araignées firent un scandale, la couvrirent d’injures et après avoir nettoyé la ville de ces « débris immondes », exécutèrent sommairement la « monstrueuse » citoyenne, porteuse d’opprobre et de souillure.

jeudi 22 septembre 2011

Le Magicien (Douglas Harding)




Nous nous félicitons d’un million de choses, nous nous attribuons de bonnes notes. Mais il y a une chose qui est superbe et nous ne réalisons jamais à quel point c’est incroyable : Je suis . J’existe. Non pas Je suis ceci ou je suis cela, mais simplement Je suis. Ca, c’est la grande merveille. Je suis ! Après cela, des milliards d’univers sont une bagatelle.

Les êtres humains sont si incroyablement blasés. Vous leur montrez quelque chose comme ça et ils disent : « Et après ! Qu’est-ce qu’il y a là de si extraordinaire ? Bien sûr, l’Être doit forcément être. La Conscience doit forcément exister. C’est naturel. »

C’est tout à fait irrégulier. C’est contre toutes les règles. Et c’est vous qui le faites en cet instant même, Ici. Ce n’est pas un  miracle qui se produit quelque part ailleurs. Cela se passe exactement Ici, oui, Ici même. Vous êtes un magicien, vous vous faites sortir vous-même de ce chapeau du Non-Être, et vous n’avez pas la moindre idée de comment vous le faites. Pour moi, je me fonde précisément sur cela que je ne peux pas comprendre.
Cela est une qualité qui n’a pas son pareil sur terre à mes yeux. Il n’y a rien qui l’égale, c’est une qualité absolument unique et totalement inexplicable. Songez ! Il n’y qu’une seule Conscience (je ne trouve aucune preuve de l’existence de conscience multiples), appelez-la Dieu, ou le Je suis, ou votre véritable Soi. Appelez-la comme vous voulez. Et cette Conscience unique vit dans l’émerveillement constant devant sa propre création de la Conscience, ignorant totalement comment elle le fait, et infiniment réjouie. Je suis impossible, se dit-elle, et pourtant Je suis. Bang, me voici !


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samedi 10 septembre 2011

Le cauchemar (Anthony de Mello)




Vous devez être prêt à haïr père, mère, et même votre propre vie; vous devez être prêt à vous débarrasser de toutes vos possessions. Comment ? Pas en renonçant à elles ou en vous en débarrassent car on s'attache pour toujours à ce dont on se débarrasse avec trop de violence, mais en les considérant comme le cauchemar qu'elles représentent. Alors, que vous les gardiez ou que vous vous en débarrassiez, elles n'auront plus d'emprise sur vous, ni le pouvoir de vous faire souffrir, et vous sortirez enfin de votre rêve, de vos ténèbres, de votre peur, de votre tristesse.

Efforcez-vous donc de voir ces choses auxquelles vous vous accrochez comme ce qu'elles sont réellement, un cauchemar qui provoque exaltation et plaisir mais également inquiétude, tension, anxiété, peur et tristesse.

Père et mère : cauchemar. Femme et enfants, frères et soeurs : cauchemar. Toutes vos possessions : cauchemar. Votre vie telle qu'elle est en ce moment : cauchemar. Chaque chose à laquelle vous vous accrochez et dont vous êtes convaincu qu'elle vous est indispensable et que votre bonheur en  dépend : cauchemar.
Lorsque vous aurez compris cela, vous haïrez père et mère, femme et enfants, frère et soeurs et même votre propre vie. Et vous vous détacherez si aisément de vos possessions que vous n'aurez plus besoin de vous y accrocher de nouveau et que vous détruirez ainsi leur pouvoir de vous faire souffrir.



"Celui qui ne se libère pas de son père et de sa mère ne pourra devenir mon disciple.
Celui qui ne se libère pas de ses frères et de ses soeurs
et ne porte sa croix, comme je la porte,
il n'est pas digne de moi."

"Celui qui ne haïra pas son père et sa mère,
comme moi,
ne peut pas devenir mon disciple.
Et celui qui n'aimera pas son père et sa mère,
comme moi,
ne pourra pas devenir mon disciple,
car ma mère m'a fait pour mourir,
mais ma mère véritable,
elle, m'a donné la Vie."

"Le jour où vous serez nus
comme des enfants nouveau-nés
qui marchent sur leurs vêtements,
alors vous verrez le Fils du Vivant.
Pour vous, il n'y aura plus de crainte."

(Evangile selon Thomas)

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vendredi 2 septembre 2011

"...c'est le monde qui est en vous" (Douglas Harding)




N’êtes-vous pas espace, capacité d’accueil pour recevoir l’autre ?
Pouvez-vous constater que vous n’êtes pas face à face avec autrui mais espace (de votre côté) à visage (de l'autre côté) ?
S’agit-il d’une relation symétrique, basée sur la dualité ou au contraire un accueil à partir de la vacuité source d’unité ?
N’est-il pas évident que vous voyez des couleurs là-bas à partir de l’absence de couleurs de votre côté ?
N’est-il pas évident que vous voyez les formes à partir de l’absence de formes ?
Le temps à partir de l’absence de temps ?
La complexité à partir de la simplicité ?

Et la conscience n’est-elle pas de votre côté seulement ?
Nous pensons que l’univers est peuplé de multiples consciences ; qu’il y a sur terre des milliards de consciences toutes différentes, disjointes et séparées. Mais combien de consciences comptez-vous de votre côté ?
Pouvez-vous trouver de la matière de votre côté ?
Pouvez-vous trouver de la conscience dans la matière là-bas ?
La conscience ne se trouve-t-elle pas du côté de l’ouverture ? (de  votre côté)
Pour le savoir cherchez s’il y a plusieurs visions.
Regardez les yeux là-bas (sur un autre visage) : ce sont de petites boules colorées.
Voyez-vous une vision là-bas de l’autre côté ?
Il y a bien des yeux mais où est la vision ?
N’est-elle pas de votre côté uniquement ?
N’êtes-vous pas la vision, la conscience unique ?
Mais cette conscience est-elle personnelle ?
Porte-elle une étiquette personnelle ?
N’est-elle pas assez vaste pour toutes les créatures vivantes ?
N’est-elle pas universelle ?
Cette conscience n’est-elle pas la conscience de l’Un ?


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Nous pensons que les objets ont une taille fixe. Mais ce n’est pourtant pas ce que nous percevons car la vue nous révèle tout au contraire que les objets possèdent des grandeurs variables.
(…) L’observation de la taille relative des choses nous révèle notre immensité en tant que Première Personne.
(…) En tant que Première Personne, vous contenez tous les objets ; vous êtes l’espace immense. De plus, voir que les objets ont des grandeurs relatives vous montre que le spectacle du monde se donne comme un écran plat.







(Un immense merci  à José le Roy pour l’enseignement qu’il transmet.)
(Le texte de cet article  est tiré du livre : 54 expériences de spiritualité quotidiennes, par José le Roy et Lorène Vergne)