vendredi 14 octobre 2011

"Que la lumière soit!..."



...et ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. Il n'y aura plus de nuit, et ils n'auront besoin ni de la lumière de la lampe, ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera; et ils régneront aux siècles des siècles.

                                                  (Apocalypse)

jeudi 13 octobre 2011

"...pas dans dix secondes, mais tout de suite !" (Jean Bouchart d'Orval)





Nous ne sommes pas faits pour travailler !
Le travail se réfère à la durée, la pénible durée, et c’est très fatiguant. Notre corps essaie parfois de nous le dire, mais nous sommes trop occupés par nos projets pour l’écouter.
Les moments de  grande tranquillité, de grande paix, ne nous viennent pas dans des moments de concentration. A l’école, on nous a enseigné à nous concentrer pour apprendre. Dans les cercles spirituels, on prêche aussi la concentration – parfois même à coups de bâtons… - sur un mantra, sur la respiration ou autre objet. On regroupe même souvent les adeptes dans des camps, parfois appelés ashrams : en somme des camps de concentration ! Mais les moments de grande tranquillité, ou d’ouverture, dans ma vie ne me sont jamais venus dans des moments de « concentration », ou parce que quelqu’un avait décrété une période de « méditation ». Cela me venait dans des moments de vacance : quand j’avais complètement oublié de m’inquiéter de moi-même, quand je n’étais plus obsédé par une image de moi-même. C’est immédiat : dès que cesse cette obsession, on est bien. Ce bien-être ne survient pas demain, pas dans dix secondes, mais tout de suite !
La souffrance peut s’effondrer à n’importe quel moment, sans raison. C’est le danger qui nous guette tous… Cet effondrement peut survenir sans travail ni préparation. Il suffit d’être là, d’être présent.


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Réponse de Nisargadatta Maharaj :



"Oui,vous existiez avant l'apparition du Christ, cela il vous faut le comprendre. Celui qui observe, qui est témoin de la conscience sait qu'alors la conscience était absente."

vendredi 7 octobre 2011

La science du Réel (Jean-Lucien JAZARIN)



    "Comprendre vraiment, c’est « être » ce que l’on veut comprendre."



Ceci n’est pas un ouvrage de philosophie, il n’expose aucune croyance et ne désire convertir personne à quoi que ce soit. Il souhaite seulement attirer l’attention sur des faits qui sont évidents mais qu’on ne voit généralement pas. La reconnaissance de ces évidences peut changer complètement notre vision du monde et de nous-mêmes.

Les méthodes scientifiques qui s’appuient, en premier, sur la perception, la constatation et l’observation des faits, ne sont pas des méthodes nouvelles. D’une façon sous-jacente mais omniprésente, l’objectif du vrai, c’est-à-dire de ce qui est réel, est présent dans toute recherche. Sans la rigueur dans l’exigence absolue de ce qui est vrai et réel, aucune science de ce nom n’est possible.
Mais la perception, la constatation, l’observation des faits sont inséparables de leur classement intellectuel, de leur groupement, de leurs relations  et des hypothèses explicatives
qui accompagnent ces investigations. Les méthodes scientifiques ont créé des moyens, des instruments d’investigation et d’observation de plus en plus perfectionnés pour observer les objets que les expérimentateurs désirent connaître. Toute hypothèse formulée n’est valable qu’après stricte vérification expérimentale persévérante et renouvelée aussi souvent et aussi longtemps que c’est nécessaire.

Mais les instruments d’investigation de plus en plus fins, aigus, perfectionnés, ouvrent un champ de plus en plus vaste et subtil à l’expérimentation et à l’observation.
Si bien que, loin de résoudre les énigmes de l’homme et de l’Univers, chaque expérience soulève et propose des énigmes encore plus vastes, des problèmes plus nombreux, des notions de plus en plus subtiles et profondes.
De plus, avec les moyens actuels de recherche, les chercheurs du monde entier forment des équipes plus ou moins solidaires qui doivent ou devraient échanger les résultats de leurs travaux. Les possibilités de communication avec l’électronique, l’audiovisuel, les télétransmissions (ce livre a été écrit à partir de 1976, Ndr) devraient dynamiser et accélérer les recherches. Cela se fait mais trop peu, hélas !

Paradoxalement, l’abondance des observations, des expériences, des hypothèses est telle que fort peu parviennent à chaque chercheur.
Et si de d’aventure elles lui parviennent, le malheureux est écrasé sous une documentation telle qu’il n’a ni le temps ni les possibilités d’en prendre connaissance. Pour pallier ces graves inconvénients, chaque discipline s’est créée pour son usage et ses inters échanges un vocabulaire spécialisé, un jargon, qui est littéralement ésotérique et que seuls les initiés comprennent. Il en résulte une nouvelle Babel scientifique inaccessible à l’immense majorité des hommes moyennement cultivés.
Ces immenses foules d’hommes pourtant intelligents et ayant les lumières suffisantes, celles de « l’honnête homme », se sentent à l’extérieur et comme exclus de ces cénacles.
Ils en conçoivent une admiration sans mesure pour ces « savants » auxquels ils s’en remettent aveuglément pour la connaissance de tout ce qui touche au réel. Mais l’homme, la nature, la terre, la vie sont-ils réellement améliorés par les découvertes scientifiques ?
Les écologistes qui étudient ces vastes problèmes sont atterrés et savent bien que si l’on continue, il n’y aura même pas besoin de bombes atomiques pour détruire la vie qui périra de ses déchets.

Comment en sortir ? Revenir en arrière ? Retourner à des modes de vie antérieurs, se raccrocher aux croyances de nos pères ? Adopter des croyances exotiques ou des religions étrangères ?                            
Pratiquer le remède Pascal : se mettre à genoux et prier en attendant que nos doutes s’apaisent et que la foi éclate dans notre cœur ? Si c’était toujours possible, il y a longtemps que, depuis que les hommes souffrent de vacuité et d’incertitudes, ils auraient appliqué ces cautères.
Hélas ! Ces tentatives ne réussissent pas souvent.
Une « croyance » consiste à accepter et se fier à ce qu’on ignore, comme on ferait un coup de poker. La « croyance » est donc fragile.
L’homme ne peut se contenter de « croire ». Ce dont il a besoin absolument, c’est de « certitude », de certitude absolue. Il ne peut se contenter à moins. Sans certitude, il ne peut trouver ni la force, ni la paix. La certitude, c’est voir, sentir, vivre, penser, réaliser ce qui est vraiment, ce qui est vraiment vrai, ce qui est Réel.
Non ! L’homme ne peut se contenter à moins. Son tourment ne peut fondre que sous l’ardeur, la chaleur et la puissance de la certitude. Mais est-ce possible ? La réponse est oui !

Il existe une science du Réel, une science de l’évidence. Cette science a la même rigueur, la même probité, la même valeur expérimentale que toutes les disciplines scientifiques les plus strictes et avec des méthodes aussi probantes.
L’alternance scientifique : « expérience –hypothèse », utilise toujours des données antérieures. Ces données, qu’on le veuille ou non, sont marquées par des connaissances antécédentes, donc entachées de jugement antérieurs. Pour tout dire, de préjugés. Ils sont, parfois, écartés par l’expérience, mais pas toujours, et l’on pourrait faire un inventaire édifiant de tous les préjugés des plus grandes sommités  scientifiques qui ont paralysé et parfois scandaleusement persécuté les chercheurs de tous ordres.
Dans notre propre démarche nous verrons que la connaissance du Réel, science de l’évidence et de la certitude embrasse un domaine infiniment plus étendu et complet.
Il s’agit, dans la plus large mesure possible, de purger « l’esprit de découverte » de tout préjugé. C’est plus facile à dire qu’à faire, car cela implique une douloureuse remise en question de toutes, et quand nous disons touts, c’est toutes, nos acquisitions intellectuelles, émotives et passionnelles. Cela donc supposé accompli, il convient d’aborder, avec un esprit libre et disponible, de nouvelles façons de voir.

Les sciences ne se préoccupent que  de la connaissance des objets extérieurs aux observateurs. Même lorsqu’il s’agit d’observer l’observateur lui-même, cette observation est effectuée en l’observant non comme sujet, mais comme un objet qu’il n’est pourtant pas.
C’est ainsi qu’une science psychologique moderne ne peut être qu’une science du comportement. En observant le comportement de ce qui est observé, on tente d’en induire la nature du sujet et l’on essaie de le préciser par le recoupement d’expériences multiples. Finalement ces observations, toutes extérieures, ne décrivent que des structures et des mécanismes de perception ou d’expression du sujet, mais ne parviennent jamais ni à le « cerner », ni à le définir, encore moins à le saisir.

C’est pourtant le sujet qui est important. Il est l’Être de l’objet quel qu’il soit : atome, molécule, cellule, végétal, animal, homme, minéral, métal, planète, soleil, étoile ou univers, c’est l’Être de ces objets, c’est-à-dire leur Réalité propre qui est le but final conscient ou inconscient de toute recherche.
Or, l’Être de l’Objet ne peut être atteint ni pénétré au moyen de l’examen extérieur de cet Objet si poussé soit-il.
La méthode extérieure ne peut appréhender que des formes extérieures. Le sujet, le Centre, le Réel au fond des apparences échappent à ces techniques. Si décevantes que soient, à ce point de vue, les recherches scientifiques, les chercheurs persévèrent dans ces méthodes parce qu’ils n’en connaissent pas d’autres. Et pourtant d’autres voies existent.
Depuis des millénaires et plus, des hommes ont étudié, approfondi, appliqué, expérimenté, des techniques de recherche par la voie intérieure. Il s’agissait alors de connaître « ce » par quoi tout le reste peut être connu.
Comme dans toute science, les instruments d’investigation doivent être forgés. Forgé par le sujet, par l’entraînement minutieux des facultés innées de la conscience. C’est donc à une transformation profonde de ses facultés et de leurs mécanismes que le chercheur ici est invité.
Ce n’est plus seulement l’information mais la transformation qui est requise. Sans cette transformation, il n’est pas possible de pénétrer au cœur des choses.
Comprendre vraiment, c’est « être » ce que l’on veut comprendre. L’intellect, la raison suivent et accompagnent ce travail mais s’intègrent finalement dans la Connaissance dont ils ne sont que des instruments.
Ces méthodes intérieures ne sont pas essentiellement difficiles, ni compliquées, car il ne s’agit pas tant d’acquérir quoi que ce soit que d’écarter, par un clair discernement, toutes les obstructions mentales et passionnelles qui étouffent la lumière inhérente au sujet, résidant au cœur des choses.

(…)Cette voie devrait conduire à la liberté intérieure, à la paix intérieure, à la force intérieure et à la profonde dignité de l’homme. Cela n’est possible que par un Réalisme total, une passion inextinguible de la Vérité.
Cela pourra être, enfin, le règne de l’Esprit Sain en ceux qui le voudront. Esprit Sain est écrit ici intentionnellement sans « t » pour éviter toute confusion religieuse. Et après tout un esprit pour être Saint avec un « t » ne doit-il pas être d’abord « sain » ?
L’Esprit Sain donnerait naissance à une civilisation de « l’Être » différente de notre civilisation qui est celle de « l’Avoir ».


Le pauvre des pauvres ( Angelus Silesius)




Tu voyages beaucoup, tu es à l’affût de tout : si tu n’as pas croisé le regard de Dieu, tu n’as rien vu. Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi : et chercher Dieu ailleurs, c’est le manquer toujours. Laisse tout ce que tu as pour pouvoir emporter tout. Dieu est le pauvre des pauvres. Il se tient là tout nu et libre.
Dieu est pour moi bâton, lumière, sentier.
Ô mon créateur et mon Dieu, à ta lumière je reconnais de quelle façon admirable je suis fait. Je suis fait de l’univers et je suis dans l’univers et l’univers est en moi. Je suis fait de toi et je reste en toi et toi en moi. Je suis issu de l’univers, l’univers me porte en soi, m’enveloppe et je porte en moi l’univers et j’embrasse l’univers. Je suis son enfant et son fils, et il est devenu ce que je suis et je suis devenu ce qu’il est : puisque tout ce qui vit dans l’immensité de l’univers vit aussi spirituellement et c’est ainsi que je suis un avec lui et que je ne pourrai être sans lui.

Qui a suffisamment a tout.

Qui aime la liberté aime Dieu.



mercredi 5 octobre 2011

Maktub (Paulo COELHO)




Le disciple s’approcha de son maître :
« Pendant des années, j’ai cherché l’illumination et je sens que je suis sur le point de la rencontrer.
Je veux savoir quelle est la prochaine étape.
-     -     Comment subvenez-vous à vos besoins ? demanda le maître.
-      -    Je n’ai pas encore appris à subvenir à mes besoins, mon père et ma mère m’entretiennent.
  Mais ce n’est là qu’un détail.
-         La prochaine étape consiste à regarder le soleil pendant une demi-minute », répondit le maître.
Le disciple obéit.
Le maître lui demanda alors de décrire le champ qui les entourait.
« Je ne le vois pas, l’éclat du soleil a troublé ma vision.
-        Un homme qui ne cherche que la lumière et se dérobe à ses responsabilités ne rencontrera jamais l’illumination. Un homme qui garde les yeux fixés sur le soleil finit par devenir aveugle », expliqua le maître.



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Le maître dit :
« Fermez les yeux. Il n’est même pas nécessaire de fermez les yeux, il vous suffit d’imaginer la scène suivante : une bande d’oiseaux en vol.
Bon, maintenant dites-moi, combien d’oiseaux voyez-vous : cinq ? onze ? dix-sept ?
« Quelle que soit la réponse – et il est toujours difficile de donner le nombre exact -, une chose est évidente dans cette petite expérience. Vous pouvez imaginer une bande d’oiseaux, mais leur nombre échappe à votre contrôle. Pourtant, la scène était claire, définie, précise. Quelque part se trouve la réponse à cette question.
« Qui a déterminé le nombre d’oiseaux devant apparaître dans la scène imaginée ? Ce n’est pas vous. »

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Le maître dit :
«  L’esprit de Dieu présent en nous peut être décrit comme un écran de cinéma. Diverses situations y sont présentées : des gens s’aiment, des gens se séparent, on découvre des trésors, on explore des pays lointains.
« Quel que soit le film projeté, l’écran demeure toujours le même. Peu importe que les larmes roulent ou que le sang coule, rien ne peut atteindre la blancheur de la toile.
« Tel l’écran de cinéma, Dieu est là, derrière tous les malheurs et toutes les extases de la vie. Nous Le verrons tous lorsque notre film se terminera. »

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Le maître dit :
« D’une part, nous savons qu’il est important de chercher Dieu. De l’autre, la vie nous éloigne de Lui. Nous nous sentons ignorés par la Divinité, ou bien nous sommes accaparés par notre quotidien. Il en résulte un sentiment de culpabilité : nous pensons soit que nous renonçons  à la vie à cause de Dieu, soit que nous renonçons à Dieu à cause de la vie. Ce conflit apparent est une illusion : Dieu est dans la Vie et la Vie est en Dieu. Il suffit d’en avoir conscience pour mieux comprendre le destin.
Si nous parvenons à pénétrer dans l’harmonie sacrée de notre quotidien, nous serons toujours sur la bonne voie, et nous accomplirons notre tâche. »

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ANTONIO MACHADO dit :
« Coup par coup, pas à pas,
Voyageur, il n’y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant.
Le chemin se fait en marchant
Et si l’on regarde en arrière
On voit le sentier que jamais
On ne foulera de nouveau.
Voyageur, il n’est pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant. »

dimanche 2 octobre 2011

La vague et l'océan (Jeff Foster)


Seule la vague parle. L’océan reste silencieux : il n’a rien à dire. Il « n’existe » pas, car il ne peut « sortir de lui-même », il ne peut se séparer en aucune manière.


Imaginez une vague dans un océan. La vague se dit à elle-même : « Je suis séparée de l’océan ». Elle se croit et  s’expérimente comme existant séparément de l’océan. Elle croit qu’elle est née en tant  qu’entité séparée et qu’elle mourra un jour.
Elle a une histoire d’un passé et d’un futur, elle peut parler de ses expériences passées, ses succès, ses échecs, ce qu’elle a accompli, ses espoirs, ses regrets et ses peurs.
Et de milliers de façons différentes elle passe sa vie à chercher : chercher l’amour, l’approbation, le succès ou l’illumination spirituelle, et ce qu’elle recherche vraiment, bien sûr, c’est l’océan. Pourtant la vague est déjà l’expression parfaite de l’océan – elle l’était depuis le tout début. L’océan s’exprime au travers de toutes ces vagues apparemment différentes. L’Un s’exprime, au travers du « multiple », même si en réalité, le « multiple » n’est pas séparé de l’Un.
Aucune vague ne peut être une autorité.
Aucune vague de l'océan ne peut transcender l'océan - car elles sont seulement l'expression de l'océan.
Une vague qui prétend avoir transcendé l'océan ou être allé au-delà de l'océan, n'est toujours qu'une vague qui fait certaines déclarations.
Toutes les vagues sont égales en essence : elles sont eau.




"La vie est l'autorité, et tous les systèmes de croyances s'effondrent face à elle."




Source :  3e Millénaire

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