lundi 13 août 2012

Ici et maintenant (Taisen Deshimaru)





L’homme qui a cessé d’étudier (et ne cherche plus rien), l’homme qui ne veut ni stopper ses illusions ni poursuivre la vérité, cet homme est le vrai Bouddha, le vrai Bodhisattva, le vrai Maître, celui qui a obtenu la vie cosmique : l’homme véritable, en harmonie avec la vérité des choses. Il a abandonné son  propre ego et suit de façon absolue le véritable système cosmique.
Il a obtenu le vrai satori inconsciemment.
Ceux qui ont le satori ne le savent pas consciemment.
Si quelqu’un pense : « Je suis un homme bon », il n’est pas si bon que cela. S’il pense : « je suis un peu fou », en fait il n’est pas si fou, et inversement. Pour le satori, il en est de même.





« Ici et maintenant » est la continuité du cosmos. Le temps et l’espace existent dans notre corps et dans notre esprit. Notre corps, lui-même, est le cosmos. «  Ici et maintenant », le présent est éternel et continu dans l’éternité.







Nous devons comprendre que notre corps apparaît sur le globe terrestre comme un champignon. Mais le champignon, lui, ne se fait pas d’illusions sur lui-même.
Il est toujours dressé, immobile et tranquille ; les hommes remuent, s’agitent, parlent, pensent, se compliquent la vie.







Si les hommes n’existaient pas, il n’y aurait pas besoin de Dieu ou de Bouddha. Aussi ne devons-nous pas chercher ces concepts dans le lointain, dans un autre monde. Ils existent ici et maintenant, dans notre corps et dans notre esprit.







Corps et esprit forment une unité. Nous pensons qu’ils constituent notre ego et existent en tant que tels, mais ils ne sont en fait que mouvement, changement continuel depuis notre conception jusqu’à notre mort, comme des nuages qui flottent dans le ciel.
Notre mental, avec ses désirs, ses colères, ses illusions, est comme une bulle à la surface de l’océan.







Pratiquer zazen, ici et maintenant, c’est pratiquer le véritable enseignement du Bouddha. Il n’existe pas de degrés ni d’étapes, zazen lui-même est satori, ici et maintenant nous sommes Bouddha.







La morale authentique est celle qui est en harmonie avec l’ordre cosmique. Elle se crée à partir de notre propre équilibre et de l’harmonie de notre esprit avec cet ordre cosmique.







Notre vie est comme un rêve. Quand nous entrons dans notre cercueil, elle nous apparaît ainsi. Après la mort, même zazen, le bouddhisme, le satori, tout semble comme un  rêve.





Le satori n’est pas une condition spéciale de l’esprit, ni un état de conscience transcendantal : c’est simplement s’éveiller à notre vie.
Aussi Bouddha a-t-il dit : « Nous devons regarder les phénomènes comme des phénomènes, regarder la réalité ici et maintenant, et suivre l’ordre cosmique. »







Notre corps ne se limite pas à nous, il fait partie du système cosmique comme un champignon sur la terre.







Pas besoin de penser à ce qu’il y a après la mort. Seuls ici et maintenant demeurent importants. Si vous vous concentrez ici et maintenant, inconsciemment vous pourrez pénétrer dans votre cercueil.
Vous ne devez pas douter que vous possédez la nature de Bouddha et que vous pouvez la trouver. La nature de Bouddha est en vous, partout, dans votre corps, dans vos cellules.







Les montagnes, les rivières, les arbres, les pigeons, les gouttes de pluie, le bruit du vent…Tout est Dieu, Bouddha.







Nous allons toujours seuls. La Voie de la pratique est profondément solitaire. Même un profond amour pour un autre être ne supprime pas cette solitude.
Mari et femme dans un même lit ne font pas les mêmes rêves.
Les autres ne sont pas moi. Mon maître insistait beaucoup sur ce point. Souvent il calligraphiait cette phrase : « Nous allons toujours seuls ».







Le nirvana existe ici et maintenant et non dans un autre monde. C’est le satori.







La nature de Bouddha, nous devons la trouver par nous-mêmes seulement. Les autres ne peuvent le faire à notre place. Inutile de chercher à imiter les autres, ou Bouddha. Nous devons trouver l’esprit du Bouddha et créer la Voie. C’est très important. Rejeter les ornements, les imitations et trouver l’esprit authentique en nous-mêmes, trouver la vie cosmique en nous-mêmes et par nous-mêmes. Vous n’êtes pas les autres, vous êtes vous. Chacun est différent, chaque vie est différente. Chacun doit trouver sa propre vie.
Nul besoin de faire étalage devant les autres de ses qualités et caractères. La religion n’est pas un ornement. La vraie religion se trouve à l’intérieur de nous, profondément, et il est difficile d’en parler à autrui. Voilà le trésor que nous devons découvrir dans notre poche et par nous-mêmes.






On vient sans rien et on repart sans rien. Lorsqu’on naît, on ne possède rien, lorsqu’on meurt, on n’emporte rien.
«  La Voie ne doit pas être cherchée, mais être pratiquée. » Pas à pas : ici et maintenant. Se concentre ici et maintenant, car ici et maintenant est éternité. Chercher consciemment la Voie est une action de la volonté et l’esprit s’y épuise.







Il n’est pas nécessaire de vous retirer au fond des montagnes. Le véritable ermitage est au fond de votre esprit, « ici et maintenant ». Ici et maintenant est la nuit neigeuse, que ce soit au centre de Paris ou dans la montagne la plus reculée.







Si nous avons la compréhension suprême, il n’y a plus rien, ni illusion, ni satori. Quand on a le satori, on peut comprendre qu’il n’y a pas de satori.
Satori est le retour  à l’originel.
Si on n’a pas d’illusions, on n’a pas le satori.
Si on ne naît pas on ne meurt pas.
Si vous aimez la vie, si vous comprenez ce qui est avant la naissance, il n’est plus nécessaire de craindre la mort. Entrer dans son cercueil revient à rentrer dans l’originel, dans l’avant-naissance, ou après la mort. Maintenant notre vie est comme un champignon, un phénomène, un théâtre, l’amour, l’argent, le mariage : avoir vingt ans, cinquante ans, tout cela défile comme un rêve… Si on comprend cela, l’éternité se trouve avant la naissance, après la mort.
Le ventre de la mère est aussi tranquille que la tombe.







Rien n’est tellement important. Aucun besoin de craindre la mort. Mourir est la suite naturelle de la vie. La vie est un phénomène, un champignon sur la terre. Nous naissons éternellement. Ce qu’on appelle la vie et la mort n’existe pas, elles ne sont pas séparées.
En fait le Zen signifie : se concentrer sur son comportement dans la vie quotidienne de façon à agir de la manière la plus adéquate à chaque instant de la vie.







Personne n’est revenu de la mort pour raconter ce qui s’y passe. L’idée de réincarnation me semble issue de la peur de mourir. Où va-t-on après la mort ? On espère le plus souvent vivre éternellement, dans un autre monde, que l’on imagine. Ou bien on pense que l’on renaît dans ce monde. Mais personne n’en sait rien. Nous ne pouvons rien nier, ni affirmer.







La vie, la naissance, la mort sont comme un océan. Tous les hommes baignent dans cet océan et souffrent.







Tomber dans l’eau est signe de peur, sauter dans l’eau signifie que l’on a surmonté cette peur.
Tomber dans l’eau signifie que l’on n’aime pas l’eau et qu’on se laisse entraîner par son propre karma, sa propre conscience.
Plonger dans l’eau dénote l’absence de peur, et la volonté de suivre le système cosmique conduit par une conscience indépendante.







Il n’est pas besoin de faire un choix, la vérité est l’une et l’autre : la vie est Bouddha, la mort aussi. Alors vie et mort n’existent pas.









Qu’est-ce que l’éveil ? Se comprendre soi-même.
Quand on est éveillé, plus besoin de chercher et de faire de vains efforts. La plupart des gens cherchent sans cesse, à droite, à gauche, dans les livres, à travers des pratiques compliquées, etc. Mais cela est vain. Il est possible d’aller tout droit et directement, en suivant l’ordre cosmique. Dans notre civilisation, tous les phénomènes de la vie courante, la vie sociale, l’économie nous dressent contre la vie cosmique ; aussi parfois devons-nous revenir aux sources, à la vie primitive et originelle.









Une décision de notre part est le fruit de notre milieu social, de l’histoire, de l’argent, du karma de nos parents, d’une maladie passée, de ce que nous avons mangé la veille, de notre sommeil, de notre maison, de la conversation de nos amis, des livres, des films, du dojo, du Maître, des critiques des autres, de la température extérieure, des taches noires du soleil, de la marche du cosmos…Finalement qu’est-ce que l’ego ? Où existons-nous, où se trouve le véritable ego ? Nous avons un corps, mais le corps n’est pas l’ego. Nous avons un esprit, mais l’esprit n’est pas l’ego. L’ego n’est rien, il n’est qu’interdépendance avec le milieu, sans noumène. Ainsi, si nous voulons comprendre l’ego, nous devons comprendre notre place dans le monde.









Nous existons dans le cosmos avec toutes les autres existences. Notre lumière ici et maintenant illumine aussi le passé. Notre vie quotidienne, ici et maintenant illumine aussi le passé. Notre vie quotidienne, ici et maintenant, notre pureté, notre sincérité reflètent notre passé et l’illumine.
La philosophie du Zen est sans profit, inconsciente, automatique, naturelle.
Alors, tout, autour de nous, devient beau, comme la lune sur la rivière et le vent dans les pins. Ainsi, nous-mêmes, par l’abandon de l’ego, sommes les créatures de ce frais et pur matin d’une longue nuit paisible. Nous devenons la vie cosmique.











Nous devons comprendre qu’il est inutile d’aller chercher ailleurs. La vérité est là, ici et maintenant, en nous-mêmes. Sinon, nous demeurons comme des enfants désirant un chocolat et qui, lorsqu’ils voient une poupée…, puis un bonbon…, puis autre chose, changeant sans cesse. Notre société de consommation déclenche le même mouvement : on veut une belle maison, une belle auto, une belle femme…Puis le changement perpétuel.
Dans le sutra du Lotus il est écrit : « La vérité est toute proche, le vrai trésor se trouve tout près, il n’est ni compliqué ni éloigné…Mais nous sommes incapables de le voir. » Le Dieu véritable, le Bouddha authentique existe dans notre esprit, mais nous le recherchons très loin. On veut définir le satori, on fait des catégories et on finit par tomber en enfer. Pourquoi échouons-nous dans l’enfer ? Parce que nous imaginons un monde utopique et lointain comme le mirage de l’homme assoiffé dans le désert. On approche et il n’y a plus rien, seulement vent et sable : c’est cela l’enfer. L’extase aussi se révèle semblable à cet état. On veut s’échapper de là où l’on est, on ne veut pas rester ici et maintenant. Mais lorsqu’on a changé, on regrette ce qu’on avait auparavant et cela apparaît alors comme un paradis perdu. Toujours chercher crée une très grande souffrance. La vraie paix, la tranquillité d’esprit est absente de ce désir, désir de changement…de gagner de plus en plus, en amour, en affaires…d’obtenir le satori.









Le fou qui soudain comprend qu’il est fou n’est plus fou.









Vouloir échapper à l’illusion pour ne saisir que la vérité reste aussi le fait d’un esprit de sélection et de discrimination, artificiel et imitateur.
Ne pas sélectionner, ne pas seulement chercher la vérité, ne pas abandonner les illusions, telle est l’essence du Mahayana. Les bouddhistes européens ne l’ont pas bien compris.
En Europe, le spiritualisme est très développé, l’intellectualisme aussi : des « ismes » étroits. Les idées, les conceptions, les opinions et les livres se multiplient et, pour finir, rien n’est résolu. Là se trouve tout le problème de notre civilisation. Comment embrasser les contradictions, en faire une unité ? Voilà le principe du Zen.









Vouloir abandonner les illusions et posséder la vérité est aussi une illusion. Cela signifie que nous ne devons pas créer des illusions ou une vérité dans notre esprit par notre propre volonté. Affirmer que la pauvreté et le malheur et la richesse bonheur est une erreur. Pour l’enfant qui vient de naître, cela n’existe pas et n’a aucun sens. Sans illusion, il ne connaît ni dieu, ni fantômes, ni enfer. Par la suite, les hommes lui enseignent les noms de ces catégories, de ces illusions de l’esprit.









La vraie religion n’est pas pour les morts. La vraie religion est vivante et s’adresse aux vivants. Seul «  ici et maintenant » reste important.









Le satori ne s’obtient pas « après » la pratique de zazen, le satori se trouve ici et maintenant, en zazen.
Le satori n’est ni une énergie ni une condition spéciale, mais un retour à la condition normale.









En un instant, le temps éternel est terminé. Un seul moment est complet et dure l’éternité. Vivre ici et maintenant. Ne pas penser au futur.
L’instant présent est comme le temps éternel. Si l’instant n’est pas vécu, il n’existe pas d’éternité.
Votre conscience, ici et maintenant, exerce une influence éternelle.
Dogen écrit toujours : « Ici et maintenant est important. »









Ici et maintenant, nous ne devons pas nous échapper de nous-mêmes. Je parle toujours de « ici et maintenant », notion très importante. Par exemple, vous pensez toujours : « Mon travail n’est pas parfait aujourd’hui, je dois penser au futur, je ne suis pas heureux… » Vous n’êtes jamais heureux au moment présent, mais c’est pourtant ici et maintenant qui demeure important. Si vous ne pouvez être heureux ici et maintenant, vous ne pourrez jamais l’être.
La vérité est ici et maintenant. Quand vous êtes en train de manger, elle est dans votre nourriture. Quand vous buvez du café, dans votre café, sur votre table. La vérité est dans  les montagnes, dans les rivières, dans le ciel, les champs, les rues, le métro…Partout.
Je vous dis souvent que la vérité est aussi dans les toilettes ; les toilettes sont un vrai dojo. Quand vous faites la cuisine, la cuisine devient un dojo.
Le restaurant où vous mangez devient aussi un dojo. Partout, en tous lieux, votre posture est importante, la façon dont vous mangez, ce que vous dites…La Voie est partout, sous vos pieds.









Je dis toujours que si vous avez un but, si vous vouez obtenir le satori, vous échouerez. Si vous vous concentrez sans but, vous aurez le satori, inconsciemment.
La plupart des gens veulent trouver la vérité, avoir le satori, comprendre le Zen. Inutile de posséder la vérité, c’est de l’égoïsme ; et d’ailleurs, elle existe partout, ici et maintenant. Inutile de la prendre et de la mettre dans sa poche, ou au fond de sa main. En ouvrant la main vous l’obtiendrez. Partout, ici et maintenant, vous pouvez la trouver, elle est partout comme le satori ou les koans. Zazen est satori. En zazen, vous devenez Dieu, Bouddha. Qu’est-ce que Dieu Bouddha ? Ils existent ici et maintenant, dans votre esprit.









Inutile de discuter sur les différences entre Bouddhisme, catholicisme, islam ; ne cherchez pas à imiter le Bouddha, le Christ ou Mahomet. Conformez-vous à leur enseignement et à partir de l’essence, créez votre propre voie.









Le temps éternel est « ici et maintenant », l’illimité se trouve ici et maintenant.









Vérité, illusion, phénomène…ne sont que des catégories, des conceptions de l’homme.
Comment définir le bien, le mal ? Bonheur ou malheur ? Où se situent les critères de jugement ?
Il faut abandonner les catégories. Petit, grand, on compare toujours. Mais dans l’univers, qu’est-ce qui est petit ou grand ? Ces conceptions sont toutes relatives et suivent le jugement de l’homme.









Ici et maintenant est très important. Mais le véritable « maintenant » n’a pas d’existence, on ne peut le saisir. Le temps lui-même n’a pas de temps, mais il fuit dans l’éternité.







Il ne faut pas stopper l’inconscient mais, au contraire, le laisser se manifester avec ses illusions et s’épuiser peu à peu : c’est là le véritable satori.
« Ne pas chercher le satori, ne pas couper les illusions » comme il est écrit au début du Shodoka
Les livres actuels sur le Zen, aux Etats-Unis ou en Europe, font beaucoup d’erreurs à ce sujet.









Autour du Bouddha, tout le monde faisait zazen et connaissait la paix. Après sa mort on a dû créer un enseignement, des sutras, un dharma. De même autour du Christ, les hommes n’avaient pas besoin des Evangiles pour comprendre.
La dégénérescence vient trop grand matérialisme, d’un trop grand individualisme et égocentrisme, d’absence de spirituel. Cette dégénérescence ne fait que s’accentuer depuis le Bouddha et le Christ. La spiritualité est devenue comme un vin mêlé avec l’eau, qui a perdu sa saveur et sa couleur.









Certains pensent : « Je ne peux pas devenir Bouddha, je suis trop stupide, mon zazen est mauvais… »
Mais lorsque l’on fait zazen, la posture elle-même est satori, Bouddha. Ces états n’existent pas ailleurs, nous ne devons ni les chercher au-dehors, ni les séparer de notre corps et de notre esprit. Trouver son véritable ego en soi-même et ne pas se disperser.
Dogen a écrit une phrase célèbre : « Les autres ne sont pas moi. » Il faut lui donner tout son sens…











Aussi ne faut-il pas imiter, mais trouver sa propre nature. Ne pas subir l’influence des autres, car l’essence de vous-même, de votre personnalité, est unique et se trouve en vous : véritable ego, vrais sens de l’individualisme qui n’a rien à voir avec l’égoïsme, qui, lui, reste le fruit de notre ego remplis de désirs.
La vraie religion n’a aucun degré, aucune étape, aucune section. Elle inclut tout, elle est au-delà des religions.
La vraie religion diffère pour chacun, car chacun est différent de par sa personnalité, ses pensées, son inconscient et son subconscient.
La vraie religion est au-delà des catégories, des limites qu’impose notre cerveau humain : le paradis, c’est merveilleux, l’enfer, terrible…
Dans le Zen, si vous aimez l’enfer, il devient merveilleux…
Pour ma part, j’aime la vraie liberté ! A paradis, auprès de Bouddha, il n’y a pas de liberté : on ne peut pas boire de cognac Napoléon !...Mais le zen inclut tout. Le démon ne diffère pas du Bouddha.









Le satori est le retour à la condition normale, à celle de Bouddha ou de Dieu, car nous sommes identiques à eux, chacun possède la nature de Bouddha.









Nous sommes remplis d’illusions, nous rêvons à une autre vie après la mort, à un autre monde, un paradis où nous voudrions renaître ; tout cela n’est pas nécessaire. Tel est le véritable paradis. Ceux qui oublient l’ici et maintenant, et qui ne pensent qu’a leur avenir et à ce qui suivra leur mort, oublient l’essence et la racine de la vie : remplis d’illusions et du désir de posséder, ils ne peuvent avoir le vrai satori.









Ne pas manger de viande et de poisson pour préserver son corps et vivre mieux, ne pas se marier pour devenir un grand moine avec une personnalité forte et réussir dans la vie religieuse – cette attitude égoïste reflète un manque d’harmonie et un manque d’amour des autres.









On ne peut emporter son or dans son cercueil. Une belle femme sans sa peau est comme un lapin écorché.









Zazen, le vrai zazen consiste à saisir le véritable ego par l’ego et pour l’ego. C’est réaliser l’ego.









La plupart des religions apprennent à craindre l’enfer, et à désirer le paradis ; tout cela n’est que du théâtre pour enfants. Pas nécessaire d’avoir peur ou de se réjouir à cause de l’argent, du pouvoir, de la possession, ni de vouloir obtenir le satori.









Avoir le satori signifie « devenir comme une feuille de papier blanc », tout est sans forme, sans différences.






Cet esprit, où existe-t-il ? Dans le corps, hors du corps ? De même, où est le crime, où existe-t-il ? Où sont les existences de l’univers ? Pur ou impur comment décider ? Ce ne sont que des catégories de notre esprit, des concepts.
Dans le Zen, la notion d’ici et maintenant est importante. Comprendre ici et maintenant représente la véritable révolution intérieure. Même si vous avez commis une erreur, mais que, ici et maintenant, vous la comprenez, vous pouvez devenir bon et avoir l’esprit du Bouddha.
On peut continuer zazen jusqu’à la mort et ne jamais avoir le satori. D’autres l’obtiennent à travers leur travail ou au toilettes, sans même être moine. Tel est le pouvoir merveilleux et mystérieux du satori.






Lorsque on a le satori, qui n’est pas une condition spéciale de l’esprit, chaque activité de notre vie est remplie par l’élan vital, chaque acte devient merveilleux, naturel comme Dieux ou Bouddha.






L’homme qui se connaît lui-même, celui qui demeure en harmonie avec le système cosmique. Cela signifie devenir le Bouddha, ne pas courir après la vérité, ne pas fuir les illusions, être toujours naturel, dans la condition normale, suivre le système cosmique inconsciemment, naturellement, automatiquement.





« Dans le monde du satori, il n’y a rien à trouver. »
Obtenir inconsciemment, automatiquement et naturellement le satori signifie suivre inconsciemment, automatiquement et naturellement le système cosmique.
Inutile de désirer obtenir quelque chose, de s’attacher à une recherche par soi-même, par sa propre volonté.
Avant l’obtention du satori, le satori est une illusion. Après son obtention, il n’est plus besoin de satori.
L’homme qui a le satori n’a plus besoin de satori, l’homme qui n’a pas le satori veut obtenir le satori.
Le satori échappe à ceux qui veulent l’obtenir. Le satori vient inconsciemment, naturellement automatiquement. Il vient du cosmos, de Bouddha ou de Dieu : c’est un présent que l’homme ne peut se faire lui-même. Si l’on devient Dieu ou Bouddha, ensuite plus n’est besoin d’un Dieu ou d’un Bouddha objectif.
Zazen lui-même est satori : il n’ya plus ni homme ni Bouddha dans le monde du satori. Pas de dualité ou de relativité entre homme et le Bouddha, mais unité complète.