samedi 22 septembre 2012

Le mythe de l'éveil









La voie progressive entretien l’idée que l’éveil est le résultat d’actions posées d’une certaine façon et maintient l’illusion du « je » en lui laissant croire qu’il est aux commandes du processus. Cette voie appartient au domaine du mental et piège le chercheur qui attendra qu’un résultat se produise dans le futur. Comme il vit dans le mental, il ne peut être dans le moment présent, là où se trouve l’éveil.
La voie progressive suggère de s’améliorer et d’acquérir des apprentissages pour se libérer. Les pratiques ou techniques peuvent facilement nourrir l’avidité, caractéristique du moi. Toute technique suppose une distance entre l’action accomplie maintenant et le but recherché, devant être atteint plus tard. Toute activité tournée vers un but perpétue le temps mental ; c’est un obstacle à la révélation du présent. La méditation ou la récitation de mantras peuvent être une aide pour arrêter le mental, revenir ici et maintenant et accéder à son espace de silence intérieur, mais pas pour s’éveiller.

On y traite des expressions de la vie, pas de « Je suis la vie ».

 

Sur la voie directe, il est convenu que ce qui est cherché ne peut être obtenu dans le futur. Ca ne peut être développé, capturé ou appris. La Présence est déjà là et se révèle lorsque les efforts cessent. Cette prémisse est indispensable. C’est une voie de non-recherche et de non-volonté.
La voie directe n’utilise pas l’effort. C’est la conscience qui devient l’outil de prédilection. Lorsqu’elle devient consciente d’elle-même en tant qu’objet captif dans la dualité, ça lâche. Un sourire accompagne parfois cette reconnaissance.

Sur la voie directe, des actions peuvent être suggérées. Ce sont des non-actions pour l’ego. Ces actions sont des mouvements de la conscience et ramènent à Être. Être  présent à ses émotions n’est pas une action, c’est une non-action. Ce n’est pas faire quelque chose, c’est être.


L’éveil n’est pas une performance spirituelle ou une rareté réservée à quelques  rares êtres privilégiés.

 L’éveil n’est pas le résultat d’une technique ou d’un long chemin parcouru avec succès. Il est plutôt le résultat d’un abandon total, d’un lâcher prise complet de tout ce que vous croyez être.

 
L’éveil n’est pas le résultat d’un acte volontaire ; au contraire, le volontarisme de l’ego est une entrave à l’éveil. L’éveil n’est pas réservé aux personnes en bonne santé ou équilibrées, bien que les personnes très perturbées arrivent difficilement à rester ouvertes et à s’abandonner totalement.

 
L’éveil n’est pas compliqué, c’est simple et naturel. La complexité empêche l’éveil.

 
L’éveil n’est pas une expérience. Bien que le basculement engendre une certaine expérience, cette expérience n’est pas l’éveil. L’éveil, c’est ce qi reste après l’expérience. L’expérience de chaque personne est différente ; l’éveil est le même pour tous, c’est le vide absolu. S’il y a quelque chose, ce n’est pas l’éveil.

 L’éveil n’est pas un attachement à quoi que ce soit, surtout pas à l’éveil. Désirer s’éveiller ou désirer ne rien désirer est un obstacle à l’éveil. Si vous vous attachez à un désir quelconque, vous n’êtes plus libre.

 L’éveil ne rend pas infaillible. Comme l’éveil se produit chez un être humain, la nature humaine poursuit son évolution, ses apprentissages. Seul le Soi est immuable.

 
L’éveil n’apporte rien au chercheur. C’est plutôt la disparition de celui-ci.

 
L’éveil ne rend pas spécial, exceptionnel ou intelligent. Ca ne donne aucun pouvoir et ça passe souvent inaperçu. La plupart des gens ne se rendent pas compte qu’ils côtoient un être éveillé. Certains voient bien qu’il y a quelque chose de particulier, mais ne savent pas ce que c’est. Ils sont simplement attirés.

 L’éveil ne supprime aucune douleur. Seules les souffrances engendrées par le mental n’existent plus. Les émotions continuent d’émerger, mais personne ne se les approprie.

 
Que vous soyez pauvre, malade, ou ignare, vous pouvez vous éveiller. La Source est sans préjugé !

 
L’éveilleur c’est vous, l’éveillé c’est vous, l’éveil c’est vous. Vous êtes tout ce qui existe !

 

La Vie est le gourou suprême. Il est en nous, avec nous en permanence.

 Pour celui qui voit, chaque instant révèle un apprentissage, une découverte ou un ravissement. Celui qui ne voit pas cherche sans cesse, il demeure insatisfait car il attend quelque chose de particulier ; il s’est fabriqué une image de ce qu’il doit trouver.

 Nous n’avons besoin de personne pour être ce que nous sommes, la Conscience sait qui elle est depuis toujours. Personne ne peut vous transmettre l’éveil. Vous seul pouvez réaliser votre vraie nature. Si quelqu’un prétend faire ça pour vous, c’est un imposteur. Cette personne ne peut qu’ajouter de la confusion en essayent de prendre le pouvoir sur vous.

 
L’éveil est la reconnaissance que Je suis.  Ce que Je suis est espace, silence, conscience. Je suis l’éternité du moment présent. Cette reconnaissance passe par la radiation du « je » personnel, limité et inscrit dans le temps. S’éveiller, c’est sortir du mensonge que nous sommes séparés les uns des autres et la découverte qu’il y a un seul Être, l’Un.
Être contient et apparaît à travers six milliards et demi de formes humaines. La majorité des gens fonctionnent à l’envers. Ils cherchent Dieu sans se rendre compte qu’ils sont Dieu ayant la croyance je ne suis pas Dieu. Le chercheur est ce qui est cherché. Se trouver c’est tout trouver.
L’éveil c’est la réalisation que je suis un être spirituel vivant une expérience humaine plutôt qu’un être humain cherchant un Dieu.
L’éveil n’est pas un état qu’expérimente le « je ». L’éveil révèle qu’il n’y a personne à éveiller. Celui qui voulait tant s’éveiller n’est qu’une idée. Il n’a pas d’existence réelle. L’évanouissement de l’idée que vous êtes le petit « je » révèle « Je Suis » Impersonnel. Le petit « je » et « Je Suis » ne peuvent exister simultanément.





Claudette Vidal