vendredi 31 août 2012

Être et Conscience

 



Dans le milieu dit « spirituel », la périphérie, est bien souvent inconsciemment considérée comme "moins belle "et "de moins d’importance" que le centre ville.
Pourtant, les deux sont liés car ils sont une seule et même chose.
 Si l’on sait regarder, la banlieue recèle elle aussi, des trésors introuvables dans le centre

J’ai redécouvert sur le net ce film, qui est un de mes préférés et que j’ai vu il y a quelques années déjà…

 A voir ou à revoir :






mercredi 29 août 2012

La volonté de Dieu

   
 
Les hommes qui se laissent en Dieu et cherchent seulement sa volonté en tout zèle, quoi que Dieu donne à l’homme, cela est le meilleur ; quant à toi, sois aussi certain de cela que tu l’es de ce que Dieu vit, qu’il faut de nécessité que cela soit le meilleur, et qu’il ne peut y avoir aucun autre mode qui serait meilleur. Que s’il se trouve pourtant que quelque autre chose paraisse meilleure, elle ne te serait pourtant pas aussi bonne, car Dieu veut ce mode et non un autre mode, et ce mode il faut de nécessité qu’il te soit le meilleur mode. Que ce soit maladie ou pauvreté ou faim ou soif ou quoi que ce soit que Dieu t’inflige ou ne t’inflige pas, ou quoi que Dieu te donne ou ne te donne pas, tout cela est pour toi le meilleur ; que ce soit ferveur ou intériorité, que tu n’aies aucune des deux, et quoi que tu aies ou n’aies pas : mets-toi exactement dans cette disposition que tu vises l’honneur de Dieu en toutes choses, et quoi qu’il te fasse alors, c’est là le meilleur.
 Or tu pourrais peut-être dire : comment est-ce que je sais si c’est la volonté de Dieu ou non ?
Sachez-le : si ce n’était volonté de Dieu, ce ne serait pas non plus. Tu n’as ni maladie ni rien de rien que Dieu ne veuille. Et lorsque tu sais que c’est volonté de Dieu, tu devrais avoir en cela tant de plaisir et de satisfaction que tu n’estimerais aucune peine comme peine ; même si cela en venait au plus extrême de la peine, éprouverais-tu la moindre peine ou souffrance, alors ce n’est pas du tout dans l’ordre ; car tu dois le recevoir de Dieu comme ce qu’il y a de meilleur, car il faut de nécessité que ce te soit ce qu’il y a de meilleur. Car l’être de Dieu tient en ce qu’il veut le meilleur. C’est pourquoi je dois le vouloir aussi et aucune chose ne doit m’égarer d’avantage. Si vous aimez Dieu, aucune chose ne pourrait vous être plus plaisante que ce qui lui plairait le mieux et que sa volonté se trouve  accomplie le plus complètement en nous. Si lourds paraissent la peine ou le préjudice, si tu n’as pas en cela aussi grands plaisir, alors ce n’est pas dans l’ordre.
 
Nous crions tous les jours et clamons dans le Pater Noster : « Seigneur, que ta volonté advienne ! » Lorsque ensuite sa volonté advient, nous voulons nous mettre en colère, et sa volonté ne nous satisfait pas. Alors que quoi qu’il fasse cela devrait nous plaire le mieux. Ceux donc qui le reçoivent comme le meilleur demeurent en toutes choses dans une paix totale. Or il vous semble parfois et vous dites : « Ah, serait-ce arrivé autrement que ce serait mieux », ou « Ne serait-ce pas arrivé ainsi que ce serait peut-être arrivé mieux ». Aussi longtemps qu’il te semble de la sorte, jamais tu n’acquerras la paix.

 
 
Maître Eckhart




Voir ou revoir




 

mercredi 15 août 2012

Le retour du sommet de la montagne




On pourrait présumer que si la conscience a transcendé suffisamment pour s’affranchir de la gravitation de l’état onirique, nous ne revenons jamais en arrière.
On nous imagine disparaissant dans un brouillard transcendant. Pourtant, les choses ne se passent pas ainsi.
En présence d’un lâcher-prise intégral, d’une dévotion absolue à la vérité en soi, l’illusion même dont nous nous délestons – le rêve dualiste, notre sentiment d’identité, la réalité que nous donnions à l’existence – nous rappelle de manière nouvelle. Nous sommes, simplement et de façon très ordinaire, de retour à notre vie.
Nous devions d’abord la quitter pour revenir de nouveau. Pour reprendre les paroles de Jésus, nous devons être « dans le monde, sans appartenir au monde », c’est-à-dire nous trouver au sein du monde sans toutefois en être captif, consentir à l’incarnation, mais à une incarnation consciente et délibérée.
Une fois ce territoire franchi, le rêve traversé, nous pouvons alors habiter la forme – celle de notre corps et de la vie elle-même. La conscience ne revient pas à l’identification. Le voyage vers l’éveil ne se restreint pas au parcours menant à s’éveiller, à s’affranchir d’un moi et à réaliser que l’existence telle que nous la percevions était un songe. C’est également un voyage de rentrée, un retour du sommet de la montagne, pour ainsi dire. Tant que nous demeurons sur les crêtes de l’éveil, dans la transcendance de l’absolu, là où nous sommes à jamais incréés, intacts et à jamais immortels, notre réalisation demeure incomplète.

Après notre rentrée, la vie prend étonnamment une allure toute simple et ordinaire. Nous ne cherchons plus les instants extraordinaires, les expériences transcendantes. Être attablé le matin devant une tasse de thé nous convient parfaitement. Le fait d’avaler ce thé est vécu comme la pleine expression de la réalité ultime. Chaque pas à déambuler dans le couloir est l’expression parfaite de la réalisation le plus profonde. Elever une famille, éduquer des enfants, se rendre au travail, partir en vacances – tout est l’expression authentique de l’ineffable.

En un sens, l’illumination signifie mourir dans l’ordinaire ou en un ordinaire extraordinaire. Nous comprenons que l’ordinaire est en fait extraordinaire. Un peu comme si nous percions un secret voilé, à savoir que depuis toujours nous étions sur la Terre promise, au paradis. Dès le début, il n’y a eu que le nirvana, comme le déclarait le Bouddha. Nous percevions faussement la nature des choses. En accordant foi aux images dans notre esprit, en nous contractant autour de la peur, de l’hésitation, du doute, nous percevions mal le lieu où nous étions. Nous ignorions notre présence au paradis, sur la Terre promise. Nous ne comprenions pas que le nirvana est ici et maintenant, précisément là où nous sommes.

Cette vue, cette perception, n’a aucun sens pour le mental ordinaire. Celui-ci objecterait : « Eh bien, cela paraît merveilleux, mais les gens meurent encore de famine, des enfants souffrent de la faim. La maltraitance, la violence, la haine, l’ignorance et l’avidité prévalent. » Sans nul doute, toutes ces choses existent ; elles sont indéniables. Toutefois, nous avons en même temps conscience que toute cette dualité est le produit de l’esprit humain qui rêve. Nous ne la rejetons pas pour autant ni ne l’évitons ; bien au contraire. Nous percevons cependant la perfection sous-jacente  de l’existence. C’est à partir de ce canevas de perception, d’expérience et de cognition de la perfection sous-jacente de la vie qu’une force totalement différente nous anime. Nous ne sommes plus tiraillés ; nous n’éprouvons plus le besoin de réussir. Peu nous importe d’être célèbres, reconnus, validés, aimés, détestés, appréciés ou rejetés. Ce sont là de simples états de conscience au sein du mental qui rêve. Une fois que nous avons réconcilié ces antithèses, que ces dernières se sont harmonisées en nous, une force autre nous anime. Elle est extraordinairement simple. Cette force, cette énergie qui nous anime  est la substance même de notre être, de notre individualité.

Cette énergie est non duelle. Elle est à jamais complètement transcendante tout en étant ici et maintenant, à l’instant même. Il n’y a nul besoin d’un moment différent, meilleur. Si nous percevons cet  instant tel qu’il est vraiment, nous percevons quelque chose d’extraordinaire. Nous n’éprouvons aucun besoin de le transformer en quoi que ce soit d’autre, car il est extraordinaire tel qu’il est. L’éveil est notre plus superbe contribution à l’humanité. Être illuminé, c’est quitter l’état de conscience de la collectivité humaine pour découvrir la réalité de notre être, qui correspond à celle de tous les êtres. Quand nous faisons cela, nous revenons sous la forme de cadeaux, de nouveau-nés. En un sens, nous renaissons.

La tradition chrétienne décrit la transfiguration du Christ – sa métamorphose, au sens propre. Ce n’était pas que l’achèvement d’un état de conscience, mais bien aussi une métamorphose, une renaissance qui a eu un impact et une influence incommensurables. En tentant d’apporter des secours extérieurs, nous oublions parfois que le secours le plus efficace est celui de notre propre éveil. Mais je ne veux pas dire ici qu’il ne faut pas fournir une aide extérieure – prêter main-forte, nourrir les affamés, s’occuper des indigents et des malades. En effet, ces gestes ne sont pas pour autant à éviter, car ils sont utiles. Nous devrons ultimement comprendre que notre plus grande contribution consistera à guérir la dualité illusoire en nous-mêmes. Voilà le don ultime à offrir à l’humanité ; voilà ce qui la transformera. La race humaine ne changera pas par l’établissement d’un nouveau système gouvernemental. Elle ne changera pas à l’aide de procédures imposées de l’extérieur, en raison de principes nobles ou de doctrines illustres. Une véritable métamorphose provient invariablement de l’intérieur. Nous voyons que l’univers extérieur n’est qu’une expression de l’intérieur. Le manifesté n’est que l’expression de ce qui ne l’est pas.




Adyashanti



lundi 13 août 2012

Ici et maintenant (Taisen Deshimaru)





L’homme qui a cessé d’étudier (et ne cherche plus rien), l’homme qui ne veut ni stopper ses illusions ni poursuivre la vérité, cet homme est le vrai Bouddha, le vrai Bodhisattva, le vrai Maître, celui qui a obtenu la vie cosmique : l’homme véritable, en harmonie avec la vérité des choses. Il a abandonné son  propre ego et suit de façon absolue le véritable système cosmique.
Il a obtenu le vrai satori inconsciemment.
Ceux qui ont le satori ne le savent pas consciemment.
Si quelqu’un pense : « Je suis un homme bon », il n’est pas si bon que cela. S’il pense : « je suis un peu fou », en fait il n’est pas si fou, et inversement. Pour le satori, il en est de même.





« Ici et maintenant » est la continuité du cosmos. Le temps et l’espace existent dans notre corps et dans notre esprit. Notre corps, lui-même, est le cosmos. «  Ici et maintenant », le présent est éternel et continu dans l’éternité.







Nous devons comprendre que notre corps apparaît sur le globe terrestre comme un champignon. Mais le champignon, lui, ne se fait pas d’illusions sur lui-même.
Il est toujours dressé, immobile et tranquille ; les hommes remuent, s’agitent, parlent, pensent, se compliquent la vie.







Si les hommes n’existaient pas, il n’y aurait pas besoin de Dieu ou de Bouddha. Aussi ne devons-nous pas chercher ces concepts dans le lointain, dans un autre monde. Ils existent ici et maintenant, dans notre corps et dans notre esprit.







Corps et esprit forment une unité. Nous pensons qu’ils constituent notre ego et existent en tant que tels, mais ils ne sont en fait que mouvement, changement continuel depuis notre conception jusqu’à notre mort, comme des nuages qui flottent dans le ciel.
Notre mental, avec ses désirs, ses colères, ses illusions, est comme une bulle à la surface de l’océan.







Pratiquer zazen, ici et maintenant, c’est pratiquer le véritable enseignement du Bouddha. Il n’existe pas de degrés ni d’étapes, zazen lui-même est satori, ici et maintenant nous sommes Bouddha.







La morale authentique est celle qui est en harmonie avec l’ordre cosmique. Elle se crée à partir de notre propre équilibre et de l’harmonie de notre esprit avec cet ordre cosmique.







Notre vie est comme un rêve. Quand nous entrons dans notre cercueil, elle nous apparaît ainsi. Après la mort, même zazen, le bouddhisme, le satori, tout semble comme un  rêve.





Le satori n’est pas une condition spéciale de l’esprit, ni un état de conscience transcendantal : c’est simplement s’éveiller à notre vie.
Aussi Bouddha a-t-il dit : « Nous devons regarder les phénomènes comme des phénomènes, regarder la réalité ici et maintenant, et suivre l’ordre cosmique. »







Notre corps ne se limite pas à nous, il fait partie du système cosmique comme un champignon sur la terre.







Pas besoin de penser à ce qu’il y a après la mort. Seuls ici et maintenant demeurent importants. Si vous vous concentrez ici et maintenant, inconsciemment vous pourrez pénétrer dans votre cercueil.
Vous ne devez pas douter que vous possédez la nature de Bouddha et que vous pouvez la trouver. La nature de Bouddha est en vous, partout, dans votre corps, dans vos cellules.







Les montagnes, les rivières, les arbres, les pigeons, les gouttes de pluie, le bruit du vent…Tout est Dieu, Bouddha.







Nous allons toujours seuls. La Voie de la pratique est profondément solitaire. Même un profond amour pour un autre être ne supprime pas cette solitude.
Mari et femme dans un même lit ne font pas les mêmes rêves.
Les autres ne sont pas moi. Mon maître insistait beaucoup sur ce point. Souvent il calligraphiait cette phrase : « Nous allons toujours seuls ».







Le nirvana existe ici et maintenant et non dans un autre monde. C’est le satori.







La nature de Bouddha, nous devons la trouver par nous-mêmes seulement. Les autres ne peuvent le faire à notre place. Inutile de chercher à imiter les autres, ou Bouddha. Nous devons trouver l’esprit du Bouddha et créer la Voie. C’est très important. Rejeter les ornements, les imitations et trouver l’esprit authentique en nous-mêmes, trouver la vie cosmique en nous-mêmes et par nous-mêmes. Vous n’êtes pas les autres, vous êtes vous. Chacun est différent, chaque vie est différente. Chacun doit trouver sa propre vie.
Nul besoin de faire étalage devant les autres de ses qualités et caractères. La religion n’est pas un ornement. La vraie religion se trouve à l’intérieur de nous, profondément, et il est difficile d’en parler à autrui. Voilà le trésor que nous devons découvrir dans notre poche et par nous-mêmes.






On vient sans rien et on repart sans rien. Lorsqu’on naît, on ne possède rien, lorsqu’on meurt, on n’emporte rien.
«  La Voie ne doit pas être cherchée, mais être pratiquée. » Pas à pas : ici et maintenant. Se concentre ici et maintenant, car ici et maintenant est éternité. Chercher consciemment la Voie est une action de la volonté et l’esprit s’y épuise.







Il n’est pas nécessaire de vous retirer au fond des montagnes. Le véritable ermitage est au fond de votre esprit, « ici et maintenant ». Ici et maintenant est la nuit neigeuse, que ce soit au centre de Paris ou dans la montagne la plus reculée.







Si nous avons la compréhension suprême, il n’y a plus rien, ni illusion, ni satori. Quand on a le satori, on peut comprendre qu’il n’y a pas de satori.
Satori est le retour  à l’originel.
Si on n’a pas d’illusions, on n’a pas le satori.
Si on ne naît pas on ne meurt pas.
Si vous aimez la vie, si vous comprenez ce qui est avant la naissance, il n’est plus nécessaire de craindre la mort. Entrer dans son cercueil revient à rentrer dans l’originel, dans l’avant-naissance, ou après la mort. Maintenant notre vie est comme un champignon, un phénomène, un théâtre, l’amour, l’argent, le mariage : avoir vingt ans, cinquante ans, tout cela défile comme un rêve… Si on comprend cela, l’éternité se trouve avant la naissance, après la mort.
Le ventre de la mère est aussi tranquille que la tombe.







Rien n’est tellement important. Aucun besoin de craindre la mort. Mourir est la suite naturelle de la vie. La vie est un phénomène, un champignon sur la terre. Nous naissons éternellement. Ce qu’on appelle la vie et la mort n’existe pas, elles ne sont pas séparées.
En fait le Zen signifie : se concentrer sur son comportement dans la vie quotidienne de façon à agir de la manière la plus adéquate à chaque instant de la vie.







Personne n’est revenu de la mort pour raconter ce qui s’y passe. L’idée de réincarnation me semble issue de la peur de mourir. Où va-t-on après la mort ? On espère le plus souvent vivre éternellement, dans un autre monde, que l’on imagine. Ou bien on pense que l’on renaît dans ce monde. Mais personne n’en sait rien. Nous ne pouvons rien nier, ni affirmer.







La vie, la naissance, la mort sont comme un océan. Tous les hommes baignent dans cet océan et souffrent.







Tomber dans l’eau est signe de peur, sauter dans l’eau signifie que l’on a surmonté cette peur.
Tomber dans l’eau signifie que l’on n’aime pas l’eau et qu’on se laisse entraîner par son propre karma, sa propre conscience.
Plonger dans l’eau dénote l’absence de peur, et la volonté de suivre le système cosmique conduit par une conscience indépendante.







Il n’est pas besoin de faire un choix, la vérité est l’une et l’autre : la vie est Bouddha, la mort aussi. Alors vie et mort n’existent pas.









Qu’est-ce que l’éveil ? Se comprendre soi-même.
Quand on est éveillé, plus besoin de chercher et de faire de vains efforts. La plupart des gens cherchent sans cesse, à droite, à gauche, dans les livres, à travers des pratiques compliquées, etc. Mais cela est vain. Il est possible d’aller tout droit et directement, en suivant l’ordre cosmique. Dans notre civilisation, tous les phénomènes de la vie courante, la vie sociale, l’économie nous dressent contre la vie cosmique ; aussi parfois devons-nous revenir aux sources, à la vie primitive et originelle.









Une décision de notre part est le fruit de notre milieu social, de l’histoire, de l’argent, du karma de nos parents, d’une maladie passée, de ce que nous avons mangé la veille, de notre sommeil, de notre maison, de la conversation de nos amis, des livres, des films, du dojo, du Maître, des critiques des autres, de la température extérieure, des taches noires du soleil, de la marche du cosmos…Finalement qu’est-ce que l’ego ? Où existons-nous, où se trouve le véritable ego ? Nous avons un corps, mais le corps n’est pas l’ego. Nous avons un esprit, mais l’esprit n’est pas l’ego. L’ego n’est rien, il n’est qu’interdépendance avec le milieu, sans noumène. Ainsi, si nous voulons comprendre l’ego, nous devons comprendre notre place dans le monde.









Nous existons dans le cosmos avec toutes les autres existences. Notre lumière ici et maintenant illumine aussi le passé. Notre vie quotidienne, ici et maintenant illumine aussi le passé. Notre vie quotidienne, ici et maintenant, notre pureté, notre sincérité reflètent notre passé et l’illumine.
La philosophie du Zen est sans profit, inconsciente, automatique, naturelle.
Alors, tout, autour de nous, devient beau, comme la lune sur la rivière et le vent dans les pins. Ainsi, nous-mêmes, par l’abandon de l’ego, sommes les créatures de ce frais et pur matin d’une longue nuit paisible. Nous devenons la vie cosmique.











Nous devons comprendre qu’il est inutile d’aller chercher ailleurs. La vérité est là, ici et maintenant, en nous-mêmes. Sinon, nous demeurons comme des enfants désirant un chocolat et qui, lorsqu’ils voient une poupée…, puis un bonbon…, puis autre chose, changeant sans cesse. Notre société de consommation déclenche le même mouvement : on veut une belle maison, une belle auto, une belle femme…Puis le changement perpétuel.
Dans le sutra du Lotus il est écrit : « La vérité est toute proche, le vrai trésor se trouve tout près, il n’est ni compliqué ni éloigné…Mais nous sommes incapables de le voir. » Le Dieu véritable, le Bouddha authentique existe dans notre esprit, mais nous le recherchons très loin. On veut définir le satori, on fait des catégories et on finit par tomber en enfer. Pourquoi échouons-nous dans l’enfer ? Parce que nous imaginons un monde utopique et lointain comme le mirage de l’homme assoiffé dans le désert. On approche et il n’y a plus rien, seulement vent et sable : c’est cela l’enfer. L’extase aussi se révèle semblable à cet état. On veut s’échapper de là où l’on est, on ne veut pas rester ici et maintenant. Mais lorsqu’on a changé, on regrette ce qu’on avait auparavant et cela apparaît alors comme un paradis perdu. Toujours chercher crée une très grande souffrance. La vraie paix, la tranquillité d’esprit est absente de ce désir, désir de changement…de gagner de plus en plus, en amour, en affaires…d’obtenir le satori.









Le fou qui soudain comprend qu’il est fou n’est plus fou.









Vouloir échapper à l’illusion pour ne saisir que la vérité reste aussi le fait d’un esprit de sélection et de discrimination, artificiel et imitateur.
Ne pas sélectionner, ne pas seulement chercher la vérité, ne pas abandonner les illusions, telle est l’essence du Mahayana. Les bouddhistes européens ne l’ont pas bien compris.
En Europe, le spiritualisme est très développé, l’intellectualisme aussi : des « ismes » étroits. Les idées, les conceptions, les opinions et les livres se multiplient et, pour finir, rien n’est résolu. Là se trouve tout le problème de notre civilisation. Comment embrasser les contradictions, en faire une unité ? Voilà le principe du Zen.









Vouloir abandonner les illusions et posséder la vérité est aussi une illusion. Cela signifie que nous ne devons pas créer des illusions ou une vérité dans notre esprit par notre propre volonté. Affirmer que la pauvreté et le malheur et la richesse bonheur est une erreur. Pour l’enfant qui vient de naître, cela n’existe pas et n’a aucun sens. Sans illusion, il ne connaît ni dieu, ni fantômes, ni enfer. Par la suite, les hommes lui enseignent les noms de ces catégories, de ces illusions de l’esprit.









La vraie religion n’est pas pour les morts. La vraie religion est vivante et s’adresse aux vivants. Seul «  ici et maintenant » reste important.









Le satori ne s’obtient pas « après » la pratique de zazen, le satori se trouve ici et maintenant, en zazen.
Le satori n’est ni une énergie ni une condition spéciale, mais un retour à la condition normale.









En un instant, le temps éternel est terminé. Un seul moment est complet et dure l’éternité. Vivre ici et maintenant. Ne pas penser au futur.
L’instant présent est comme le temps éternel. Si l’instant n’est pas vécu, il n’existe pas d’éternité.
Votre conscience, ici et maintenant, exerce une influence éternelle.
Dogen écrit toujours : « Ici et maintenant est important. »









Ici et maintenant, nous ne devons pas nous échapper de nous-mêmes. Je parle toujours de « ici et maintenant », notion très importante. Par exemple, vous pensez toujours : « Mon travail n’est pas parfait aujourd’hui, je dois penser au futur, je ne suis pas heureux… » Vous n’êtes jamais heureux au moment présent, mais c’est pourtant ici et maintenant qui demeure important. Si vous ne pouvez être heureux ici et maintenant, vous ne pourrez jamais l’être.
La vérité est ici et maintenant. Quand vous êtes en train de manger, elle est dans votre nourriture. Quand vous buvez du café, dans votre café, sur votre table. La vérité est dans  les montagnes, dans les rivières, dans le ciel, les champs, les rues, le métro…Partout.
Je vous dis souvent que la vérité est aussi dans les toilettes ; les toilettes sont un vrai dojo. Quand vous faites la cuisine, la cuisine devient un dojo.
Le restaurant où vous mangez devient aussi un dojo. Partout, en tous lieux, votre posture est importante, la façon dont vous mangez, ce que vous dites…La Voie est partout, sous vos pieds.









Je dis toujours que si vous avez un but, si vous vouez obtenir le satori, vous échouerez. Si vous vous concentrez sans but, vous aurez le satori, inconsciemment.
La plupart des gens veulent trouver la vérité, avoir le satori, comprendre le Zen. Inutile de posséder la vérité, c’est de l’égoïsme ; et d’ailleurs, elle existe partout, ici et maintenant. Inutile de la prendre et de la mettre dans sa poche, ou au fond de sa main. En ouvrant la main vous l’obtiendrez. Partout, ici et maintenant, vous pouvez la trouver, elle est partout comme le satori ou les koans. Zazen est satori. En zazen, vous devenez Dieu, Bouddha. Qu’est-ce que Dieu Bouddha ? Ils existent ici et maintenant, dans votre esprit.









Inutile de discuter sur les différences entre Bouddhisme, catholicisme, islam ; ne cherchez pas à imiter le Bouddha, le Christ ou Mahomet. Conformez-vous à leur enseignement et à partir de l’essence, créez votre propre voie.









Le temps éternel est « ici et maintenant », l’illimité se trouve ici et maintenant.









Vérité, illusion, phénomène…ne sont que des catégories, des conceptions de l’homme.
Comment définir le bien, le mal ? Bonheur ou malheur ? Où se situent les critères de jugement ?
Il faut abandonner les catégories. Petit, grand, on compare toujours. Mais dans l’univers, qu’est-ce qui est petit ou grand ? Ces conceptions sont toutes relatives et suivent le jugement de l’homme.









Ici et maintenant est très important. Mais le véritable « maintenant » n’a pas d’existence, on ne peut le saisir. Le temps lui-même n’a pas de temps, mais il fuit dans l’éternité.







Il ne faut pas stopper l’inconscient mais, au contraire, le laisser se manifester avec ses illusions et s’épuiser peu à peu : c’est là le véritable satori.
« Ne pas chercher le satori, ne pas couper les illusions » comme il est écrit au début du Shodoka
Les livres actuels sur le Zen, aux Etats-Unis ou en Europe, font beaucoup d’erreurs à ce sujet.









Autour du Bouddha, tout le monde faisait zazen et connaissait la paix. Après sa mort on a dû créer un enseignement, des sutras, un dharma. De même autour du Christ, les hommes n’avaient pas besoin des Evangiles pour comprendre.
La dégénérescence vient trop grand matérialisme, d’un trop grand individualisme et égocentrisme, d’absence de spirituel. Cette dégénérescence ne fait que s’accentuer depuis le Bouddha et le Christ. La spiritualité est devenue comme un vin mêlé avec l’eau, qui a perdu sa saveur et sa couleur.









Certains pensent : « Je ne peux pas devenir Bouddha, je suis trop stupide, mon zazen est mauvais… »
Mais lorsque l’on fait zazen, la posture elle-même est satori, Bouddha. Ces états n’existent pas ailleurs, nous ne devons ni les chercher au-dehors, ni les séparer de notre corps et de notre esprit. Trouver son véritable ego en soi-même et ne pas se disperser.
Dogen a écrit une phrase célèbre : « Les autres ne sont pas moi. » Il faut lui donner tout son sens…











Aussi ne faut-il pas imiter, mais trouver sa propre nature. Ne pas subir l’influence des autres, car l’essence de vous-même, de votre personnalité, est unique et se trouve en vous : véritable ego, vrais sens de l’individualisme qui n’a rien à voir avec l’égoïsme, qui, lui, reste le fruit de notre ego remplis de désirs.
La vraie religion n’a aucun degré, aucune étape, aucune section. Elle inclut tout, elle est au-delà des religions.
La vraie religion diffère pour chacun, car chacun est différent de par sa personnalité, ses pensées, son inconscient et son subconscient.
La vraie religion est au-delà des catégories, des limites qu’impose notre cerveau humain : le paradis, c’est merveilleux, l’enfer, terrible…
Dans le Zen, si vous aimez l’enfer, il devient merveilleux…
Pour ma part, j’aime la vraie liberté ! A paradis, auprès de Bouddha, il n’y a pas de liberté : on ne peut pas boire de cognac Napoléon !...Mais le zen inclut tout. Le démon ne diffère pas du Bouddha.









Le satori est le retour à la condition normale, à celle de Bouddha ou de Dieu, car nous sommes identiques à eux, chacun possède la nature de Bouddha.









Nous sommes remplis d’illusions, nous rêvons à une autre vie après la mort, à un autre monde, un paradis où nous voudrions renaître ; tout cela n’est pas nécessaire. Tel est le véritable paradis. Ceux qui oublient l’ici et maintenant, et qui ne pensent qu’a leur avenir et à ce qui suivra leur mort, oublient l’essence et la racine de la vie : remplis d’illusions et du désir de posséder, ils ne peuvent avoir le vrai satori.









Ne pas manger de viande et de poisson pour préserver son corps et vivre mieux, ne pas se marier pour devenir un grand moine avec une personnalité forte et réussir dans la vie religieuse – cette attitude égoïste reflète un manque d’harmonie et un manque d’amour des autres.









On ne peut emporter son or dans son cercueil. Une belle femme sans sa peau est comme un lapin écorché.









Zazen, le vrai zazen consiste à saisir le véritable ego par l’ego et pour l’ego. C’est réaliser l’ego.









La plupart des religions apprennent à craindre l’enfer, et à désirer le paradis ; tout cela n’est que du théâtre pour enfants. Pas nécessaire d’avoir peur ou de se réjouir à cause de l’argent, du pouvoir, de la possession, ni de vouloir obtenir le satori.









Avoir le satori signifie « devenir comme une feuille de papier blanc », tout est sans forme, sans différences.






Cet esprit, où existe-t-il ? Dans le corps, hors du corps ? De même, où est le crime, où existe-t-il ? Où sont les existences de l’univers ? Pur ou impur comment décider ? Ce ne sont que des catégories de notre esprit, des concepts.
Dans le Zen, la notion d’ici et maintenant est importante. Comprendre ici et maintenant représente la véritable révolution intérieure. Même si vous avez commis une erreur, mais que, ici et maintenant, vous la comprenez, vous pouvez devenir bon et avoir l’esprit du Bouddha.
On peut continuer zazen jusqu’à la mort et ne jamais avoir le satori. D’autres l’obtiennent à travers leur travail ou au toilettes, sans même être moine. Tel est le pouvoir merveilleux et mystérieux du satori.






Lorsque on a le satori, qui n’est pas une condition spéciale de l’esprit, chaque activité de notre vie est remplie par l’élan vital, chaque acte devient merveilleux, naturel comme Dieux ou Bouddha.






L’homme qui se connaît lui-même, celui qui demeure en harmonie avec le système cosmique. Cela signifie devenir le Bouddha, ne pas courir après la vérité, ne pas fuir les illusions, être toujours naturel, dans la condition normale, suivre le système cosmique inconsciemment, naturellement, automatiquement.





« Dans le monde du satori, il n’y a rien à trouver. »
Obtenir inconsciemment, automatiquement et naturellement le satori signifie suivre inconsciemment, automatiquement et naturellement le système cosmique.
Inutile de désirer obtenir quelque chose, de s’attacher à une recherche par soi-même, par sa propre volonté.
Avant l’obtention du satori, le satori est une illusion. Après son obtention, il n’est plus besoin de satori.
L’homme qui a le satori n’a plus besoin de satori, l’homme qui n’a pas le satori veut obtenir le satori.
Le satori échappe à ceux qui veulent l’obtenir. Le satori vient inconsciemment, naturellement automatiquement. Il vient du cosmos, de Bouddha ou de Dieu : c’est un présent que l’homme ne peut se faire lui-même. Si l’on devient Dieu ou Bouddha, ensuite plus n’est besoin d’un Dieu ou d’un Bouddha objectif.
Zazen lui-même est satori : il n’ya plus ni homme ni Bouddha dans le monde du satori. Pas de dualité ou de relativité entre homme et le Bouddha, mais unité complète.











mercredi 8 août 2012

Le sommet de la montagne.




Comme le disait le 16e Karmapa du Tibet sur son lit de mort en 1981 : « Rien ne se passe ».
Nous pouvons faire notre propre expérience à l’instant même. Nous y sommes ! Comment découvrir cette réalité même qui permet aux sages de demeurer imperturbables tandis qu’ils affrontent des expériences qui nous projettent dans la confusion, l’obsession, la colère ou la peur ? Comment demeurer imperturbable et tranquille face aux inévitables défis qui se manifestent dans la vie, tels que revers de fortune, problèmes de santé, perte d’un être cher et finalement, perte de tout ce que nous connaissons au moment de notre mort ?Excellente nouvelle : nous ne manquons de rien pour faire cette découverte. Nous n’avons pas besoin de plus de temps ni d’être autre part ni de recevoir un enseignement de haut niveau ou de nous engager dans une pratique particulière. La seule chose nécessaire est de constater que nous pouvons être, qu’en fait nous sommes, déjà accompli. A cet instant, nous n’avons besoin de rien d’autre. Nous n’avons besoin ni de plus d’argent ni d’un corps différent ni d’un autre conjoint, pas à cet instant précis.
Cet instant, là-maintenant, nous donne tout ce dont nous avons besoin pour seulement être ici ; sans prétention, sans effort, en n’étant « personne » en particulier, et sans nécessité d’être autre part, où que ce soit.
C’est la magie de cet instant. Cet instant est parfait. Pourquoi ? Parce que cet instant nous donne tout ce qui est nécessaire pour être là, de la façon la plus simple mais pourtant la plus totalement épanouissante. A cet instant, nous n’avons pas besoin de distractions, suffisamment de choses se passent. Nous n’avons pas besoins d’une voiture bien voyante, nous ne sommes pas dedans !
A cet instant, nous ne ressentons aucune nécessité de changer de niveau de vie, ou d’obtenir un meilleur retour sur nos investissements, nous sommes vêtus, nourris et à l’aise. Nous avons tout ce dont  nous avons besoin pour reposer en « ce qui est ».
La beauté de cet instant est qu’il est sans effort et sans artifice. La magie de cet instant est qu’il est insaisissable et ineffable. On ne peut dire ce qu’est « cela », cet instant. Il s’en va sans laisser de trace ni d’histoire. A l’instant même où il apparaît, il disparaît. On ne peut dire d’où ça vient ni où ça va. Nous ne pouvons même pas dire « où » cela se trouve, sauf que « cela » est là où ça est, où que ce soit !
Nous ne pouvons pas penser à « cela » parce qu’il n’y a rien à quoi penser. C’est exactement ce que signifient les sages quand ils parlent de « cela » comme étant ineffable.
Et dès lors nous pouvons également  constater que si nous sommes « là » au moment de notre mort, nous ne ressentons aucune peur. Si nous demeurons dans cet état, notre mort est un non-événement. Le processus de la mort n’est rien d’autre qu’un lâcher prise continuel de tout ce qui existe au niveau conditionné : notre corps, nos amis, ce que nous possédons, nos souvenirs et en fait, la totalité du monde connu. Lors de notre mort, nous disons adieu pour toujours à tout ce que nous connaissons et qui ne reviendra jamais.
Si nous sommes là, demeurant dans la conscience inconditionnée, tout peut être abandonné sans saisie ni attachement.

Alors, comment nous y prendre ? Comment rester en lien avec « la conscience présente », pas seulement maintenant mais au milieu de tous les changements qui arrivent dans la vie, qui se produisent au cours d’une journée ordinaire. Comment cultive-t-on cette manière d’être ?
D’une certaine façon, c’est très simple, être « là » suffit, chaque fois que possible.
En ce moment même, nous en avons l’occasion et nous l’utilisons.
Vous êtes en train de lire ce texte et cela vous mène au cœur du « moment présent «, là où rien ne manque.
Vous êtes accompli, exactement là où vous êtes. Et de telles occasions se présenteront encore et encore.
Visiter ce « lieu », y demeurer, permet au « moment présent » de passer au premier plan. Faire cela ne nécessite aucune pratique. Il s’agit plus de reconnaître que de pratiquer. Nous reconnaissons l’instant où il est possible d’être « là », de demeurer dans la conscience intemporelle. Notre capacité à reconnaître ces occasions d’être « là » créé un changement de perspective et avec le temps, le contraste devient clair.

Cette conscience est comme un miroir : elle reflète ce qui se passe, mais n’est pas modifiée par les activités elles-mêmes. Ce n’est pas une « chose », mais c’est pourtant là et nous pouvons reconnaître cette conscience invisible, tels que nous sommes.
Beaucoup de gens n’y ont pas accès, parce que c’est invisible. Nous ne pouvons pas l’entendre, ni y toucher, ni même y penser, c’est pourquoi il est si facile de ne pas y avoir accès. Et pourtant rien n’est plus simple que cela. Rien n’a besoin de changer. Nous n’avons pas à faire quoi que ce soit de différent. Il n’y a aucun travail à faire.
Quand nous lisons ce que les grands sages ont écrit il ya des milliers d’années, nous savons qu’ils ont connus « cela ». Ils étaient là, exactement à cet endroit, reconnaissant cette conscience-là dans leurs écrits et leurs enseignements.

D’une certaine manière, tout ce que nous faisons a pour but ultime d’être là, parce que c’est là que s’arrête le chemin. Il n’y a plus aucun chemin et nulle part où aller plus loin. Le travail est terminé, il a été accompli. Nous avons atteint l’état ultime. Nous demeurons dans cet état qui est le but ultime de toutes les activités humaines, dans tous les domaines. Depuis mener une guerre jusqu’à démarrer une relation, en passant par essayer de gagner des milliards de dollars, quoi que nous fassions, notre seul but est d’être là. Tout s’oriente vers cet état où la partie est terminée, où nous pouvons vraiment et profondément dire que tout est accompli.
Et c’est là que nous sommes, à cet instant, là, maintenant. Nous sommes au sommet de la montagne. Il n’y a nulle part où aller plus loin.  Et ce qui est vraiment incroyable, c’est qu’il ne s’agit même pas d’un accomplissement. Nous pouvons dire ce que c’est, mais on n’en ressent pas le besoin.




Peter Fenner



                                     
               Source: 3e Millénaire n°  104   été/ 2012 :








lundi 6 août 2012

Ni ceci, ni cela







Cela, que la parole n’exprime, et par quoi
elle est exprimée, sache que le Brahman,
c’est Cela, et non ceci qu’on recherche ici-bas.

Cela, qui ne pense pas par le mental, et par
quoi le mental est pensé,
sache que le Brahman, c’est Cela, et non ceci
qu’on recherche ici-bas.

Cela, qui ne voit pas par l’œil, et par quoi
l’on voit les vision de l’œil,
sache que le Brahman, c’est Cela, et non ceci
qu’on recherche ici-bas.

Cela, qui n’entend pas par l’oreille, et par
quoi l’audition est ouïe,
sache que le Brahman, c’est Cela, et non ceci
qu’on cherche ici-bas.

Cela, qui ne respire pas par le souffle, et
par quoi le souffle de vie est mené en ses voies,
sache que le Brahman, c’est Cela, et non ceci
qu’on recherche ici-bas.




KENA UPANISHAD