dimanche 30 septembre 2012

Chercheurs



 

"Il semble y avoir deux sortes de chercheurs : ceux qui cherchent à rendre leur ego différent de ce qu'il est, c'est à dire : sacré, heureux, non égoiste (comme si vous pouviez faire un poisson non poisson), et ceux qui comprennent que toutes ces tentatives ne sont que gesticulations et jeux, qu'il n'y a qu'une seule chose qui puisse être faite, se désidentifier soi même de l'ego, en réalisant sa non réalité, et en devenant conscient de son identité éternelle avec le pur Être."



Wei Wu  Wei
 
 
 



Merci à Jean-marc 





dimanche 23 septembre 2012

Ignorance et Connaissance. (Sagesses concordantes 3)



" Aller vers Lui est l'essence de l'ignorance, le repos en Lui est l'essence de la Connaissance."

 
Ibn' Arabi
 
 
 
 
 
"Dans beaucoup de traditions, l'éveil est au bout du chemin. Dans notre voie, l'éveil est tout de suite, et le chemin consiste à jouir de l'illumination."
 
Douglas Harding
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samedi 22 septembre 2012

Le mythe de l'éveil









La voie progressive entretien l’idée que l’éveil est le résultat d’actions posées d’une certaine façon et maintient l’illusion du « je » en lui laissant croire qu’il est aux commandes du processus. Cette voie appartient au domaine du mental et piège le chercheur qui attendra qu’un résultat se produise dans le futur. Comme il vit dans le mental, il ne peut être dans le moment présent, là où se trouve l’éveil.
La voie progressive suggère de s’améliorer et d’acquérir des apprentissages pour se libérer. Les pratiques ou techniques peuvent facilement nourrir l’avidité, caractéristique du moi. Toute technique suppose une distance entre l’action accomplie maintenant et le but recherché, devant être atteint plus tard. Toute activité tournée vers un but perpétue le temps mental ; c’est un obstacle à la révélation du présent. La méditation ou la récitation de mantras peuvent être une aide pour arrêter le mental, revenir ici et maintenant et accéder à son espace de silence intérieur, mais pas pour s’éveiller.

On y traite des expressions de la vie, pas de « Je suis la vie ».

 

Sur la voie directe, il est convenu que ce qui est cherché ne peut être obtenu dans le futur. Ca ne peut être développé, capturé ou appris. La Présence est déjà là et se révèle lorsque les efforts cessent. Cette prémisse est indispensable. C’est une voie de non-recherche et de non-volonté.
La voie directe n’utilise pas l’effort. C’est la conscience qui devient l’outil de prédilection. Lorsqu’elle devient consciente d’elle-même en tant qu’objet captif dans la dualité, ça lâche. Un sourire accompagne parfois cette reconnaissance.

Sur la voie directe, des actions peuvent être suggérées. Ce sont des non-actions pour l’ego. Ces actions sont des mouvements de la conscience et ramènent à Être. Être  présent à ses émotions n’est pas une action, c’est une non-action. Ce n’est pas faire quelque chose, c’est être.


L’éveil n’est pas une performance spirituelle ou une rareté réservée à quelques  rares êtres privilégiés.

 L’éveil n’est pas le résultat d’une technique ou d’un long chemin parcouru avec succès. Il est plutôt le résultat d’un abandon total, d’un lâcher prise complet de tout ce que vous croyez être.

 
L’éveil n’est pas le résultat d’un acte volontaire ; au contraire, le volontarisme de l’ego est une entrave à l’éveil. L’éveil n’est pas réservé aux personnes en bonne santé ou équilibrées, bien que les personnes très perturbées arrivent difficilement à rester ouvertes et à s’abandonner totalement.

 
L’éveil n’est pas compliqué, c’est simple et naturel. La complexité empêche l’éveil.

 
L’éveil n’est pas une expérience. Bien que le basculement engendre une certaine expérience, cette expérience n’est pas l’éveil. L’éveil, c’est ce qi reste après l’expérience. L’expérience de chaque personne est différente ; l’éveil est le même pour tous, c’est le vide absolu. S’il y a quelque chose, ce n’est pas l’éveil.

 L’éveil n’est pas un attachement à quoi que ce soit, surtout pas à l’éveil. Désirer s’éveiller ou désirer ne rien désirer est un obstacle à l’éveil. Si vous vous attachez à un désir quelconque, vous n’êtes plus libre.

 L’éveil ne rend pas infaillible. Comme l’éveil se produit chez un être humain, la nature humaine poursuit son évolution, ses apprentissages. Seul le Soi est immuable.

 
L’éveil n’apporte rien au chercheur. C’est plutôt la disparition de celui-ci.

 
L’éveil ne rend pas spécial, exceptionnel ou intelligent. Ca ne donne aucun pouvoir et ça passe souvent inaperçu. La plupart des gens ne se rendent pas compte qu’ils côtoient un être éveillé. Certains voient bien qu’il y a quelque chose de particulier, mais ne savent pas ce que c’est. Ils sont simplement attirés.

 L’éveil ne supprime aucune douleur. Seules les souffrances engendrées par le mental n’existent plus. Les émotions continuent d’émerger, mais personne ne se les approprie.

 
Que vous soyez pauvre, malade, ou ignare, vous pouvez vous éveiller. La Source est sans préjugé !

 
L’éveilleur c’est vous, l’éveillé c’est vous, l’éveil c’est vous. Vous êtes tout ce qui existe !

 

La Vie est le gourou suprême. Il est en nous, avec nous en permanence.

 Pour celui qui voit, chaque instant révèle un apprentissage, une découverte ou un ravissement. Celui qui ne voit pas cherche sans cesse, il demeure insatisfait car il attend quelque chose de particulier ; il s’est fabriqué une image de ce qu’il doit trouver.

 Nous n’avons besoin de personne pour être ce que nous sommes, la Conscience sait qui elle est depuis toujours. Personne ne peut vous transmettre l’éveil. Vous seul pouvez réaliser votre vraie nature. Si quelqu’un prétend faire ça pour vous, c’est un imposteur. Cette personne ne peut qu’ajouter de la confusion en essayent de prendre le pouvoir sur vous.

 
L’éveil est la reconnaissance que Je suis.  Ce que Je suis est espace, silence, conscience. Je suis l’éternité du moment présent. Cette reconnaissance passe par la radiation du « je » personnel, limité et inscrit dans le temps. S’éveiller, c’est sortir du mensonge que nous sommes séparés les uns des autres et la découverte qu’il y a un seul Être, l’Un.
Être contient et apparaît à travers six milliards et demi de formes humaines. La majorité des gens fonctionnent à l’envers. Ils cherchent Dieu sans se rendre compte qu’ils sont Dieu ayant la croyance je ne suis pas Dieu. Le chercheur est ce qui est cherché. Se trouver c’est tout trouver.
L’éveil c’est la réalisation que je suis un être spirituel vivant une expérience humaine plutôt qu’un être humain cherchant un Dieu.
L’éveil n’est pas un état qu’expérimente le « je ». L’éveil révèle qu’il n’y a personne à éveiller. Celui qui voulait tant s’éveiller n’est qu’une idée. Il n’a pas d’existence réelle. L’évanouissement de l’idée que vous êtes le petit « je » révèle « Je Suis » Impersonnel. Le petit « je » et « Je Suis » ne peuvent exister simultanément.





Claudette Vidal



jeudi 20 septembre 2012

L'audace d'être soi-même



Devenez silencieux. En vous. Bien sûr, parlez, agissez lorsque la situation le demande. Mais restez connecté à ce silence qui est à la fois au plus profond de vous et qui vous enveloppe. C’est notre matrice. Nous sommes nés de ce silence et nous y retournerons.
 
Lorsque ma conscience s’est déployée à l’infini, le silence s’est révélé avec une telle densité. Il est la conscience. Trouvez votre paix. Où courez-vous sans arrêt ? Quel but poursuivez-vous ? Il est totalement inutile de courir après les phénomènes.
 
 Le but est en vous, pas à l’extérieur, pas auprès de quelqu’un d’autre, pas dans un pays lointain. Le but est vous-même. Si vous ne vous apaisez pas, vous ne pourrez pas découvrir votre fond intime et votre vie deviendra compliquée, pénible.
 
Laissez simplement la vie se vivre à travers vous. C’est là le sens de la vie ; se vivre elle-même à travers toutes les formes et devenir de plus en plus consciente d’elle-même dans ce déploiement que nous lui permettons.
 
 Pourquoi luttez-vous ? Pourquoi vous battez-vous ? Contre quoi ? Contre la vie ? Abandonnez toute lutte qui gaspille inutilement l’énergie. La vie prend soin de vous, elle coule à travers vous naturellement, avec puissance et tendresse. Pourquoi vous en soucier ? Pourquoi agir comme si vous en étiez le propriétaire ? A travers votre être, la vie peut devenir consciente d’elle-même. Laissez-la œuvrer. Arrêtez-vous. Si Lao-Tseu, si Bouddha, si Jésus ne s’étaient pas arrêté aurait-ils découvert la réalité ? C’est le mental qui vous fait courir, qui vous entraine dans la lutte, dans l’effort, dans la poursuite de désirs, même spirituels.
 
 Dès que le mental est en repos, le temps psychique est suspendu. Le mental, c’est du temps. Comment une fonction temporelle, liée au temps, pourrait découvrir la dimension intemporelle de la vie ? Ce mental, créateur de temps, engendre aussi les notions de distances, de buts à atteindre, de séparation avec les autres, avec tout ce qui vit et donc engendre la souffrance.
 
 Pourquoi devrions-nous souffrir pour saisir ce rêve éphémère qu’est notre existence ? Découvrez votre paix. Dans cette paix, vous entendrez votre voix, la votre, elle est unique. C’est elle qui vous mènera à ce que vous êtes, à cet infini qui englobe tout. Suivez-là, ne suivez qu’elle, elle seule peut vous mener à votre réalité qui est universelle. Vous pouvez vous faire aider sur ce chemin par quelques indications qui correspondent  à votre propre parcours et qui vous guideront de l’intérieur. Mais ne suivez jamais la parole de quelqu’un d’autre, n’imitez personne, soyez créatifs, c’est important.
 
  La vie est créative. Vous êtes la vie. Ne suivez aucune règle de quelqu’un d’autre. Toutes ces règles édictées par milliers vous figent, vous enferment et vous tuent. S’attacher aux règles, aux préceptes, c’est de la peur. Si vous suivez des modèles, vous ne vous trouverez jamais. Cherchez en vous-mêmes au lieu d’interroger au dehors. Découvrez par approfondissement personnel au lieu de tenter d’apprendre à l’extérieur. N’écoutez que votre propre voix, elle est comme un flux qui coule sans arrêt à travers vous. Ayez l’audace d’être vous-même, de répondre à votre identité pour réaliser votre être profond, singulier. Lorsque votre réalité sera découverte, à cet instant, elle se révèlera universelle et intemporelle. C’est parce que votre propre être se sera trouvé que vous serez en conscience au sein du tout, que vous serez pleinement ce tout. Alors, l’amour qui est l’essence de ce tout pourra rayonner librement à travers vous.
 

Nicole Montineri





 

mercredi 19 septembre 2012

La Vérité


La Vérité ultime est si simple. Ce n’est rien d’autre que d’être dans l’état de pureté originelle. Il n’y a rien d’autre à dire. Pourtant, c’est extraordinaire qu’il ait fallu, pour enseigner cette Vérité toute simple, qu’apparaissent tant de religions, de croyances, de méthodes et de disputes entre elles. Quel dommage !... Parce que les gens veulent des choses compliquées, attirantes et époustouflantes, alors beaucoup de religions ont vu le jour, et chacune est si compliquée, et chaque croyance dans chaque religion a ses partisans et ses adversaires.

Ainsi, un chrétien ordinaire ne sera pas content si on ne lui dit pas que Dieu est quelque part là-bas dans les cieux où on ne peut l’atteindre sans y être aidé… Si on lui dit la vérité toute simple – « le Royaume des cieux est en vous » – il n’est pas satisfait et il va mettre dans de telles phrases un sens compliqué et tiré par les cheveux. Seuls les esprits matures peuvent comprendre la Vérité toute simple dans toute sa nudité. "



Ramana Maharshi



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jeudi 13 septembre 2012

La conscience et le monde



 

Toute existence est une expression de la conscience. Ce que vous êtes fondamentalement est sans cause, est complètement autonome. Vous considérer comme une personnalité qui agit et vit dans un monde de choix est une illusion de l’ego.

 

Le monde n’existe que lorsque nous le pensons. Les récits de genèse sont des contes pour enfants. En réalité, le monde se crée à tout instant. C’est la mémoire seule qui donne faussement une impression de continuité.

 

Le monde existe parce que vous existez, mais vous n’êtes pas le monde. Les objets de la conscience, les noms et les formes, constituent le monde. Mais la réalité éternellement paisible, est au-delà d’eux. C’est par pur réflexe que vous mettez l’accent sur le nom et la forme, et ainsi la réalité vous échappe.

Il n’y a rien hors de la conscience. L’univers, votre moi personnel, tout apparaît en elle. C’est le jeu de l’imagination qui nous a séparés de cette conscience, et nous nous sommes retranchés, barricadés, avec nos peurs, nos concepts et nos images. L’état de veille et l’état de rêve sont tous les deux surimposés à cette conscience immuable que nous avons tous en commun.

 

Vivez dans l’instant, contentez-vous d’être.

Opérer un choix relève de la mémoire et devient vite un esclavage. Vivez votre être et vous vous éveillerez à la tranquillité.

 

Fondamentalement, il y a deux approches de la vérité, la progressive et la directe. Dans l’approche directe, les prémisses sont que vous êtes la vérité, il n’y a rien à acquérir. Tout effort pour acquérir quelque chose vous en éloigne. La « voie », qui n’est pas, à strictement  parler, un chemin conduisant d’un point à un autre, c’est d’être réceptif, d’être ouvert à la vérité, au « je suis ».

Quand vous avez eu une fois la vision de votre vraie nature, elle vous sollicite. Il n’y a par  conséquent rien à faire, sinon de vous mettre à l’unisson avec elle aussi souvent que vous y êtes convié.

Dans l’approche progressive, vous êtes assujetti à l’esprit. L’esprit entretient l’illusion que s’il change, modifie ses états, ses pauses, etc., il finira par être absorbé par ce qui est au-delà de lui. Cette conception erronée plonge le chercheur de vérité dans l’état le plus tragique qui puisse être : il s’est pris lui-même dans son propre filet, le filet de la plus subtile dualité.

 

Le chercheur fervent ne se rue plus tête baissée dans sa quête, car il voit clairement qu’il n’y a rien à découvrir, parce que rien n’a jamais été perdu. Ce qu’il cherche n’a jamais cessé d’être là.

 

Cet  état ne dépend pas d’une absence de pensée. Il est ce en quoi les pensées apparaissent et disparaissent. Il est « derrière » les pensées. Aussi ne soyez pas violent ou brutal envers vous-même dans l’espoir de vous libérer de toute agitation, mais soyez clairvoyant.

Soyez vigilant, prêt à accueillir toute manifestation, vous découvrirez que vous êtes le spectateur non-impliqué de vos pensées. Une fois établi ce fait-là, que les pensées viennent ou non à votre esprit, vous ne leur serez plus soumis.

 

Il  n’y a pas de gradation d’un état ou d’un niveau à un autre. Pensées et impulsions apparaissent dans cette conscience. Il n’y a pas de progression dans la méditation. Il n’y a pas d’évolution de la conscience. L’être observant, le témoin ultime, est un fait instantané. Les expériences, l’expérimentation ont lieu au sein de ce non-état naturel. Dans le progrès, il n’y a pas de progrès. Progressions et transitions apparaissent également dans le continuum qui jamais ne progresse ni ne régresse.

 

La mémoire est une manière de penser. Quand il y a une pensée, cette pensée se produit dans l’instant. Elle peut se référer à un fait d’il y a 2000 ans ou d’hier, cette référence est aussi une pensée actuelle. Il n’y a qu’une fonction à un moment donné de sorte qu’à ce moment vous ne faites qu’un avec la fonction.

 

En réalité, il n’y a pas de mémoire. Tout se produit dans la conscience.

 

Vous êtes toujours le témoin de vos actions, aussi n’essayez pas de l’être. Etre témoin n’est pas une fonction et ne peut s’illustrer. Il est extrêmement important que vous compreniez que vous êtes le témoin et que par conséquent vous ne pouvez essayer de l’être. Il vous suffit d’être pleinement conscient que vous êtes le témoin, car cela élimine les vieux schémas et l’habitude que vous avez de vous prendre pour celui qui pense ou agit. Quand vous agisses, vous ne faites qu’un avec l’action. C’est seulement après coup que l’ego s’approprie l’action dont il était absent et dit : « j’ai fait ceci ». Dans l’instant de l’action, il n’y a que l’action, il n’y a pas d’agent.

 

Que voulez-vous améliorer ? Vous êtes parfait. Débusquez en vous l’ego qui éprouve un manque. Ce qui reste est perfection. Ce qui est illusoire disparaît de soi-même, une fois qu’il a été vu comme tel. Vous vous identifiez à votre corps et à votre esprit, c’est pourquoi vous voulez vous améliorer. Vous serez soumis à ces outils aussi longtemps que vous croirez en eux.

Une fois que vous comprenez que vous n’êtes ni le corps ni l’esprit, vous pouvez alors accepter tout ce qui arrive. Comprendre que vous êtes fondamentalement libre vous conduit à une attitude de totale acceptation.

 

La tranquillité d’esprit dont je parle n’est pas l’absence de pensée. L’absence de pensée est un état artificiellement provoqué.

 

Si vous voulez aider autrui, vous devez être complètement vide de toute nécessité d’aider autrui. Quand vous touchez cela du doigt, vous êtes de la plus grande aide possible pour votre entourage. C’est dans la non-action que toute action s’accomplit. Vous n’êtes pas l’auteur de vos actes, vous êtes la conscience d’où toute action est issue. Dans les relations entre personnalités, antre objets, il n’y a que recherche de sécurité, il y a seulement demande. Même ce qu’il est classique de nommer « le don » vise à obtenir. Le don pur est votre vraie nature, il est amour. Quand l’occasion réclamera votre aide, vous aiderez spontanément, et l’aide viendra de votre totalité, de l’amour, elle sera hautement efficace. Mais si vous êtes un secouriste professionnel, mu par le concept qua vous avez de vous-même ou du monde, votre aide restera toujours fragmentaire.

Concevoir une aide est une anticipation. C’est une action qui provient d’une réaction. Considérez les mobiles profonds de votre désir d’aider. Une aide authentique, comme je l’ai dit, surgit de la non-action. Si le monde réclame votre aide, aidez-le bien sûr, aidez-le avec discrimination mais ne soyez pas un professionnel de l’aide.

Donnez à votre ami ce dont il a besoin pour accomplir ce que la vie lui demande, à lui. Ne lui imposez pas la façon dont il devrait selon vous, se comporter dans la vie. Nous sommes environnés par une aide endémique. Elle provient de l’ego. En un sens, de telles interventions sont violence, lutte.

 

L’arrière-plan est comme un écran vierge sur lequel nous dessinons : des lignes apparaissent, le dessin prend forme, cependant l’écran vierge ne s’évapore pas. Le tracé recouvre, dissimule la blancheur, mais la blancheur néanmoins demeure au-delà. Les sensations on le même pouvoir de dissimulation que le dessin. Celui qui ne se connaît pas, « celui qui n’est pas conscient » perçoit seulement la discontinuité des lignes séparées les unes des autres, il ne perçoit pas l’écran vierge. Il est perdu dans la sensation, il s’oublie.

 

Il est vital que vous compreniez que cette conscience n’est pas un objet, elle n’est ni  à l’extérieur, ni à l’intérieur, elle est affranchie du temps et de l’espace. Elle est l’immensité (le contenant) en qui tous les états, tous les objets apparaissent. C’est ce qui vous est le plus proche et qui ne peut être perçu, comme l’œil ne peut voir sa vision. Le connaisseur ultime se connaît par lui-même. Il n’a nul besoin d’intermédiaire. La conscience n’est pas une perception, c’est une aperception.

 

S’asseoir est une manière de laboratoire pour sonder les mobiles de notre désir de méditer, pour découvrir l’entité qui cherche Dieu, ma paix, le bonheur. Aussi longtemps que vous n’aurez pas découvert la nature du méditant, vous continuerez à vous asseoir et à la chercher. Puis vous finirez par découvrir que le méditant ne peut jamais trouver la paix, Dieu ou le bonheur, car il appartient à l’esprit, à l’intellect.

Une fois cela vu, et c’est une  vision immédiate, il n’y a plus d’impulsion à la « méditation ». Tout ce qui reste est une présence où personne n’est présent à rien.

A tout moment dans votre vie vous pouvez trouver. Ne faites pas de la position assise une pratique, une habitude, une manie. Attendez de percevoir une invitation à être simplement tranquille.

 

Etre conscient et une écoute, une écoute de ce qui se présente, exactement  comme lorsque des sons différents et nombreux s’offrent à votre oreille, un enfant qui joue, le passage d’une voiture, le chant d’un oiseau dans un arbre, et vous n’opérez pas de choix dans ces sonorités, vous n’en retenez aucun. Vous ne leur accordes pas une attention particulière, vous n’essayez pas de les refouler.

 

L’eau n’est pas affectée par les myriades de poissons qui sillonnent ses profondeurs, elle est toujours l’eau. Je peux vous donner un autre exemple. Vous  ne  goûtez que les choses qui sont dans votre bouche, les objets, or la bouche a son propre goût.

 

Toute chose trouve en vous son existence. Ce que vous voyez et faites sont des créations de l’instant. C’est seulement la mémoire qui créé l’illusion de la continuité. C’est la mémoire qui déclare que vous étiez ici hier ou avant-hier.

 

La méditation vivante n’est pas l’absence d’activité mentale, elle est le « support » de l’action et de la non-action. Si vous mettez l’accent sur le connaisseur de la vacuité d’esprit et non sur la vacuité elle-même, un jour cette vacuité, cette virginité, disparaîtra aussi et vous rencontrerez la tranquillité ultime.

 

Le mot méditation a été mal utilisé par de nombreuses traditions qui se sont augmenté de nombreuses techniques.

 

« Toi » et « Moi » en tant que corps et esprit apparaissent et disparaissent, chacun avec ses propre caractéristiques, mais ils ne sont rien d’autre qu’une collection de souvenirs qui n’ont pas d’existence en eux-mêmes. Comme les vagues et l’écume forment la mer, ils n’ont, en tant qu’entités séparées, qu’une existence éphémère. Aussi longtemps que vous vous prenez pour une « vague » ou pour « l’écume », vous ne pouvez voir cette vérité. Tout ce que je demande est que vous cessiez de vous identifier au corps et à l’esprit. Vous connaîtrez alors votre réelle essence : « la mer ».

 

C’est seulement quand on voit les choses du point de vue de la mer que l’ont peut parler de vagues et d’écume. Elles ne constituent pas des entités séparées, elles ne sont plus des projections isolées de la mémoire. Elles prennent leur vraie signification et leur vraie relation en tant qu’expression d’une totalité.

 

La grâce a toujours été et ne cesse d’être, prête à être accueillie. Quand la grâce est présente, nous ne pouvons plus parler de grâce, sinon cela reste un concept.

 

Vous pouvez seulement formuler et expliquer ce que vous n’êtes pas. La continuité que fondamentalement vous êtes ne peut se traduire en mots ou se rationaliser. Etre est non-duel, absolue présence sans éclipse, quelles que soient les circonstances.

Si nous considérons le connaisseur indépendamment du connu, il se révèle comme pur témoin. Quand connaissance et connaisseur ne font qu’un, il n’y a plus de place pour un témoin.

 

Toute imagination  est irréelle, car basée sur la mémoire. Mais tout ce qui n’est pas anticipé, tout ce qui est inopiné, qui provoque la surprise, l’étonnement, provient de la réalité vivante. La recherche du plaisir naît de la souffrance, de la mémoire.

Accueillez la vie comme elle se présente, ne mettez pas l’accent sur le monde mais changez votre attitude à son égard. Votre conception du monde, de la société, a sa source dans la croyance que vous êtes un ego séparé. Soyez votre totalité et le monde changera. Le monde n’est pas autre chose que vous. Le monde est en vous, la société commence avec vous.

 

Vous ne pouvez changer le film parce que tous les efforts pour le modifier relèvent du film. Vous identifier à votre corps et à votre personnalité vous bride, vous rend dépendant. Nos perceptions sensorielles reposent sur les constructions de la mémoire et impliquent un connaisseur.

 

Se résorber dans la conscience de sa vraie nature est liberté. Notre vraie nature prend tout en charge. Les images naissent et meurent dans le miroir de la conscience, et la mémoire créé l’illusion d’une continuité. La mémoire n’est qu’un mode de pensée, elle est purement transitoire. C’est sur ce fondement instable que nous construisons tout un monde de situations. Cette illusion fait obstacle à la claire vision.

Lutter pour nous améliorer ou pour progresser ne fait que rajouter à la confusion. Les apparences extérieures peuvent nous induire à croire que nous avons atteint un état de stabilité, que des changements ont survenu, que nous progressons et que nous sommes au seuil de la grâce. En fait, rien n’a changé. Nous n’avons fait que changer les meubles de place. Toute activité se déroule dans l’esprit, c’est le roman de notre imagination.

Tout est beaucoup plus simple que cela. Pourquoi faire si compliqué ? Ce que vous êtes fondamentalement est toujours là, dans sa globalité. Cela ne nécessite ni purification, ni changement. Pour votre vraie nature, il n’y a pas de ténèbres. Vous ne pouvez découvrir ou devenir la vérité car vous l’êtes. Il n’y a rien à faire pour vous en rapprocher, rien à apprendre. Rendez-vous seulement compte que vous essayez constamment de vous  éloigner de ce que vous êtes. Cessez de gaspiller votre temps et votre énergie dans des projections. Vivez cet arrêt sans paresse ni passivité, habitez pleinement la fraîcheur que vous trouverez en cessant d’espérer et d’anticiper.

Il n’y a rien à perfectionner dans la réalité. Elle  est perfection. Comment pourriez-vous vous en rapprocher d’avantage ? Il n’y a aucun moyen matériel pour l’atteindre.

 

Celui qui a atteint sa pleine maturité, qui se connaît sciemment, ne se pliera pas nécessairement aux conventions sociales. Un tel être agira au bon moment, suivant ce que la situation indique, sans que personne ne soit lésé d’une quelconque façon. Si vos actes sont régis par vos désirs, vous n’avez aucune espèce de liberté. Par contre, si vous faites ce que réclame la situation, vous faites ce qui est juste, et vous et votre entourage êtes libres. Un  sage n’a pas la moindre pensée d’être une personne quand il agit, sent ou pense. L’ego est totalement absent. L’ego n’est rien de plus qu’une pensée et deux pensées ne peuvent cohabiter simultanément.

 

Vous n’êtes pas le propriétaire de la situation pas plus que vous n’en êtes l’esclave. Votre vraie nature est au-delà. Le silence de la conscience n’est pas un état, c’est le continuum où tout état, toute chose apparaît et disparaît. Les mots que nous utilisons dans l’état de veille pour parler de ce non-état sont une expression de cette conscience. Quand nous vivons dans la conscience, tout est expression de cette conscience.

Le monde que vous percevez n’est rien d’autre que le roman de votre imagination, basé sur la mémoire, la peur, l’angoisse et le désir. Vous vous êtes retranché dans ce monde. Voyez cela sans vous jeter sur des conclusions et vous serez libre. Vous n’avez nul besoin de vous affranchir d’un monde qui n’existe que dans votre imagination.

Ce que vous prenez pour une réalité est simplement un concept surgi de votre mémoire. La mémoire surgit de l’esprit, l’esprit du témoin, le témoin de votre vraie nature. Vous êtes le témoin, le spectateur placé sur la rive et regardant le fleuve couler. Vous ne bougez pas, vous êtes au-delà du temps et de l’espace. Vous ne pouvez percevoir ce qui est permanent car vous l’êtes.

Ne soyez ni personne ni rien, contentez-vous de rester à l’écart de ce que la société vous demande. Ne jouez pas son jeu. Cela vous établira dans votre autonomie.

 

Ce continuum, seule réalité, est là avant que ne commence l’activité. Immergez-vous dans cette tranquillité chaque fois qu’elle se fait sentir.

Vous ne pouvez vous attendre à ce que la réalité surgisse, car elle est toujours là. Les événements apparaissent et disparaissent. N’oubliez jamais le caractère fugitif de toute expérience, c’est tout ce que vous avez à faire et la porte de la grâce s’ouvrira devant vous.

 

Quand vous regarderez le monde depuis votre totalité, le monde changera en vous. Vous êtes le monde.

 

Le maître supposé aide le supposé disciple à se libérer des schémas du corps et de l’esprit, lui permettant de trouver sa véritable autonomie et la sécurité ultime, la permanence d’un non-état.

 

L’accès durable à la réalité est instantané. L’harmonisation de l’énergie du corps-esprit est une question de temps.

 

Au début il est très fructueux de donner à notre croyance sa pleine extension et de considérer nos sentiments, notre corps, nos pensées comme des objets identiques à des simples objets, comme un arbre, un cheval, un oiseau. Cela ménage un espace dans la relation étroite, affective que nous avons de l’ensemble corps/esprit. Nous parvenons à voir que nos pensées, nos idées d’ego, nos émotions, le jeu de nos plaisirs et de nos souffrances sont tous des objets que l’on peut percevoir. Ce point de vue nous conduit à spontanément comprendre que nous sommes le connaisseur, et l’idée d’être une entité à part perd toute raison d’être. L’idée que notre entourage est composé d’une masse d’objets sera transformée. L’objet n’est plus, au sens strict du terme, un objet. A ce moment là, il est une extension, une expression du connaisseur, de la conscience.

Tel est le résultat d’une compréhension totale, captée en un instant. Cette expérience est d’une nature tout à fait différente d’une démarche analytique qui procède pas à pas.

 

La conscience ne dépend pas de l’absence de pensée. Accentuez  seulement la présence de la conscience, de la vie. La conscience est dans l’absence et la présence de la pensée et de la sensation.

 

Quand le corps s’éveille au matin, le monde apparaît. Il est perçu par les cinq sens et intellectualisé par le sixième sens, le cerveau. Les formes et les noms sont infinis, mais ils n’ont aucune existence hors de la conscience.

 

Dieu est perfection au-delà de tout perfectionnement. Si nous voulons parler en termes de but, le monde et les objets sont là pour révéler l’ultime sujet, le « Je suis ».

 

Dans notre absence en tant que quelqu’un, il y a Dieu. Cette absence aussi appartient à Dieu. Il n’existe que Dieu.

 

Ce qui se nomme amour et don entre personne, entre objets, provient encore de l’insécurité et du besoin de sécurité. Un vrai contact se produit lorsqu’il n’y a plus personne à rencontrer, en un lieu qui ne peut être situé dans le temps et l’espace.

 

Ce qu’on appelle un maître ne met jamais l’accent sur la non-connaissance, parce qu’en réalité il n’y a rien à connaître.

 

Vous êtes si habitué à vous percevoir comme un centre que cette habitude vous fait vous rétracter loin de votre totalité. Vous délaissez un immense rien pour un minuscule quelque chose. Vous désertez votre Absence pour créer une présence.

 

La perception de vous-même en tant qu’objet est une habitude qui a de profondes racines. Soyez conscient du passage entre le rien et le désir d’être quelque chose, entre votre déploiement et le fait d’être un centre. Vous pouvez clairement percevoir ce passage entre le sommeil et l’état de veille. Observez comment le corps-esprit et toutes ses habitudes s’éveillent en vous, dans votre vacuité. C’est très important.

 

Faire et ne pas faire reviennent exactement au même. La dernière chose à faire est d’essayer d’obtenir la tranquillité, d’essayer de devenir calme. Vous avez pris note, vous vous êtes déjà vu emporté par vos pensées. Voir cela, seulement voir, implique un transfert d’énergie depuis votre être perdu dans vos ordinaires schémas de pensée vers la réalité. Il se crée déjà une distance, ainsi quand d’autres pensées surviennent, une attitude tout à fait différente se fera jour en vous et vous serez susceptible de vous trouver soustrait au processus. A la fin, vous serez conscient qu’un courant d’énergie précède chaque pensée. La continuelle oscillation entre avoir et devenir cessera aussi et vous serez absorbé dans le présent, dans le « maintenant ». C’est alors qu’il y a paix, silence, tranquillité, mais aucune identité personnelle à rendre silencieuse.

 

Mener sa vie et « être » ne sont pas deux, comme vous semblez encore le penser, car la conscience et son objet, action ou pensée, ne font qu’un. Chaque jour la vie apparaît dans la conscience. Vous êtes cette conscience mais vous n’êtes pas ce qui apparaît jour après jour.

 

Le monde existe en vous, vous n’êtes pas une partie du monde, vous donnez naissance au monde.

 

Ce silence ne peut se situer ni dans le temps ni dans l’espace, vous êtes totalement présent.

 

Vos différents rôles sont en vous, mais vous n’êtes pas en eux. Ils ne sont pas vous, mais ils vous appartiennent, et vous n’êtes pas perdu en eux.

 

Vous cherchez votre vraie nature. Ce que vous cherchez est ce que vous êtes, non ce que vous deviendrez. Ce que vous êtes déjà est la réponse et la source de la question. C’est en cela que réside son pouvoir de transformation. C’est la réalité, le vrai fait présent. Vouloir être quelque chose est complètement conceptuel, relève du monde des idées. Cela n’a aucune réalité, aucune efficacité. Le chercheur découvrira qu’il est ce qu’il cherche et que ce qu’il cherche est la source de l’investigation.

 

Nous ne connaissons jamais notre vraie nature, nous pouvons seulement connaître ce que nous ne sommes pas. Nous ne pouvons jamais connaître la transcendance, nous pouvons seulement connaître ce que nous connaissons déjà. La connaissance du monde des formes n’est pas une authentique connaissance. Le savoir objectif est seulement perception, émotion ou concept surimposés. Le vrai savoir est « être-connaissance ». Cela ne peut ni s’objectiver ni se percevoir.

 

Le corps et l’esprit n’ont aucune réalité en eux-mêmes, ils sont entièrement dépendants de la conscience. Ils changent constamment. C’est l’arrière-plan immuable qui nous permet d’en prendre conscience. Ils apparaissent et disparaissent en nous, dans la conscience, mais nous ne sommes pas en eux. Le corps et l’esprit n’ont d’existence que quand nous le pensons, ainsi pouvons-nous observer leur discontinuité.

 

Ce continuum se  trouve dans l’intervalle qui sépare deux pensées, deux perceptions, ou dans le sommeil profond.

Dès que le chercheur se perdra dans le silence, s’abandonnera à l’intuition de la vérité, il découvrira qu’il est lui-même cette vérité. Le chercheur est ce qui est cherché, et ce qui est trouvé. Cette découverte n’est pas soumise aux limites du temps et de l’espace. C’est une vision immédiate.

 

Une connaissance vivante n’est pas un concept.

 

Le choix, la conquête et l’ambition sont une vaine dépense d’énergie.

 

Quand elle est considérée comme une entité séparée, la pensée est utilisée par la plupart des gens comme un instrument d’agression et de défense. La pensée est faite de passé, de mémoire, mais elle est tout à fait apte à comprendre ses propres limites et à vous donner accès à sa source, la tranquillité, l’être. Elle surgit du silence et se perde dans le silence. Ainsi son mode de fonctionnement est de pointer vers ce dont elle émane, la réalité ultime qui est au-delà du concevable.

 

L’ego n’est rien qu’une pensée parmi beaucoup d’autres. C’est un produit de la mémoire, du passé.

 

Accumuler, choisir, concevoir, tout cela se déroule sur un plan horizontal, dans le temps et la durée.

 

Pensées sentiments subissent flux et reflux, comme une marée, vous vous identifiez à eux et vous dites : « mes pensées, mes sentiments ». Le corps est une combinaison de sensations plus ou moins localisées. L’esprit est également une collection de schémas mentaux et d’émotions, mais votre corps et votre esprit ne sont que des manifestations de votre vraie nature, vous existez parce que vous êtes une expression de la pure conscience. Votre nature est d’être attentif, conscient de ce qui apparaît en vous, mais vous devez en être sciemment conscient, savoir que vous êtes conscient. Vous êtes l’ultime connaisseur de toute chose. Une perception directe vous éveille à ce vécu, à l’être.

Vous ne pouvez connaître votre vraie nature par la logique de l’analyse. C’est en permettant à la méditation de s’épanouir dans votre vie quotidienne que se déploie la plénitude de votre vraie nature.

 

Une vraie compréhension des choses est une compréhension totale où le corps est inclus.

 

La vraie méditation implique l’absence de quelqu’un qui médite et d’un objet de méditation, l’absence d’une relation sujet/objet.

 

L’état de méditation, notre vraie nature, n’est pas à proprement parler un état. C’est l’humus même, le substrat de tous les états. Il n’y a pas d’anticipation, pas de projection, pas de tension vers un but ou un résultat. C’est une présence silencieuse. Nous ne pouvons distinguer ni extérieur ni intérieur, aussi pouvons-nous la situer ni physiquement ni psychologiquement. Au-delà du temps et de l’espace, il y a l’être.

 

Regardez simplement ce qui se présente, sans essayer d’en extraire une réponse. Vous ne pouvez méditer avec intention. Vous avez seulement à apprendre à renoncer à ce qui n’est pas méditation. Tout effort pour supprimer ou obtenir est infructueux, parce que l’effort même appartient à ce que vous tentez de supprimer.

 

Tout objet est une boussole qui pointe vers l’ultime réalité, mais nous devons la ramener à sa forme originelle, la soustraire par là à sa nature mutable pour en dévoiler l’essence, la réalité vivante avec laquelle nous ne faisons qu’un.

 

Notre état naturel n’exige aucun savoir. Il existe des voies où il est proposé de désapprendre un savoir erroné, mais c’est une voie progressive qui se solde encore par un nouveau savoir. Soyez libre de savoir et de non-savoir, d’action et de non-action. Nulle volonté n’est requise pour voir que vous êtes conditionné. En voyant en un instant tout ce que vous n’êtes pas, vous ne vous projetez dans aucun état, parce qu’il n’est pas possible de concevoir un état non-conditionné, au-delà de toute conceptualisation, ce que vous êtes.

C’est pourquoi la voie directe est si simple, vous demeurez dans la vision, et le reste se prend en charge, exactement comme quatre-vingt pour cent de notre fonctionnement s’assume…

 

Etre attaché aux choses, fouiller le passé, se remémorer les expériences passées et leur contenu émotionnel, anticiper et rêver en quête d’une sécurité pour assurer la continuité de l’ego, ce sont les habitudes qui le renforcent. L’ego est temporel, l’être est éternel.

Votre vraie nature est au-delà du corps et de l’esprit. C’est pourquoi à la question : « qui suis-je ? », il ne peut être apporté de réponse. Elle n’offre pas de prise : toutes les références glissent et vous vous éveillez à la réponse du silence. Se chercher est  en un sens  une totale perte de temps. Cela doit devenir pour vous un fait absolument évident. Ne questionnez pas sans fin cette évidence. Vivre se trouve dans le « maintenant » atemporel. N’accumulez pas davantage de choses, ne multipliez pas de nouvelles façons de méditer, de vous détendre ou de vous purifier. Toute cette expérimentation de sensations et de techniques n’est que vanité. Elle relève encore de l’ego qui cherche sécurité et approbation. Les conflits et les problèmes dérivent tous de l’esprit désireux de justifier son existence. Quand vous voyez cela soudainement, dans la plénitude immédiate d’une totale conscience, vous devenez conscient de ce que vous n’avez jamais cessé d’être : l’insondable félicité de l’Être.

 

Les états sont éphémères, ils vont et viennent sur une toile de fond qui est le support de tous les différents états qui surgissent. Ce continuum est sécurité ultime, paix ultime. Si nous manquons de lucidité, nous sommes facilement conduits à croire que la paix de ce non-état est le fruit d’une action. Par conséquent nous l’attribuons à quelque chose d’extérieur à nous-mêmes. Une vision claire, spontanée dissout tous les schémas créés par les états et nous montre que le non-état est sans cause, qu’il existe en lui-même par lui-même. Sans l’objet, il n’y a plus de chercheur. Tout ce qui demeure est ce qu’il y avait au début. On peut appeler cet événement illumination.

 

Le but véritable de notre existence est d’être, sans qualification. C’est la seule façon de vivre qui donne sur la joie, la liberté et la paix. Il y a de nombreuses voies qui conduisent à connaître notre nature, elles dépendent du tempérament de chacun. Cependant, il est essentiel pour l’instant de ne pas perdre de vue que notre vraie nature, le continuum, la vie, ne sont pas des expériences mentales ou psychiques et ne peuvent s’appréhender  sur un plan expérimental  ou par une ascèse mentale. Seul un esprit clair qui connaît ses limites peut se frayer un chemin vers ce qui est au-delà de lui. Si l’esprit reste confus et sans cesse tendu vers la possession de quelque chose, même de subtil, il finira inéluctablement par tourner en rond dans les mêmes structures usées. Une telle approche progressive est parfaitement inefficace.

 

L’illumination est instantanée, tandis que l’esprit devient progressivement plus clair.

 

 Ce que vous êtes n’est pas un état, c’est une perte de temps et d’énergie que de poursuivre l’escalade des expériences dans l’espoir de se rapprocher de la non-expérience.

 

Se voir comme une entité indépendante, comme une individualité, est l’erreur fondamentale de notre constitution.

 

La vie réelle est au-delà de la vie et de la mort, de l’apparition et de la disparition. Elle ne peut être réduite à la pensée ou limitée à la mémoire.

 

La peur et l’anxiété sont des symptômes de la mémoire et du connu.

 

Quand nous considérons l’objet comme une boussole indiquant ce que nous sommes,  un chemin s’ouvre devant nous, c’est un point de départ pour se connaître.

 

L’harmonie ultime repose sur l’absorption dans notre vraie nature où la pensée, l’esprit et le corps sont en harmonie. Notre entière structure psychosomatique baigne dans ce bien-être et toute notre activité mentale s’apaise quand la joie surgit. A sa toute première caresse, laissez-vous aller à la félicité. Alors les objets ne sont rien d’autre que des reflets de cette joie, de cette paix infinie, indéfectiblement présente, qui sous-tend nos activités quotidiennes.

Généralement, ce que nous appelons  « être conscient » dans notre vie quotidienne est un pâle reflet de notre vraie nature. Ce que nous sommes profondément, la Présence, déplie sa lumière dans le vide qui existe entre deux pensées, deux sentiments et deux états.

Habituellement, nous percevons ce vide comme une absence d’objets, une « perte de conscience ». Mais peu à peu nous deviendrons conscients de ce vide, même en présence d’objets.

Une authentique interrogation est une ouverture à l’inconnu. Cela signifie : permettre aux perceptions, aux objets, de s’exprimer en dehors de toute qualification qui découle d’un centre, d’un ego qui censure.

Si durant ces instants sans références, nous restons en contact avec la sensation tactile ou auditive, simplement comme le témoin non-impliqué, rien ne vient interférer dans la situation ou la restreindre, elle se résorbe dans le spectateur silencieux. Dans cette réintégration, toute trace d’objet observé et de sujet observant disparaît. Ce qui demeure est seulement l’être, la tranquillité, ce que nous sommes fondamentalement. Ce que nous sommes, notre vraie nature, la Toute Présence, n’existe ni dans le temps ni dans l’espace. Au niveau de l’existence, nous pouvons parler de vie et de mort, qui sont des images créées par la pensée, mais ce que nous sommes est au-delà de la naissance et de la mort. Quand nous parlons de naissance, nous entendons la naissance de l’ego, du Moi, et par mort, nous entendons la mort de l’ego.

Tout phénomène se déploie dans l’espace et dans le temps. C’est la nature de l’existence. L’existence se déroule dans l’être qui, lui, est affranchi du temps et de l’espace. Cesser de penser volontairement pour un laps de temps donné dérive d’une conceptualisation de l’ego et le renforce. S’ingénier à ne pas conceptualiser est encore un concept et une violence faite à la vie.

Objectiver nous entrave, nous arrête dans la découverte du chemin qui conduit à ce que nous somme réellement.

Tout ce que nous pouvons faire, c’est comprendre clairement que nous ne pouvons jamais trouver l’illumination dans le domaine de la pensée et de ses concepts. Nous ne pouvons pas objectiver notre vraie nature. Toute tentative perpétrée par la Moi constitue un obstacle. Quand nous renonçons à cette démarche, tous les concepts disparaissent, nous sommes submergés par la grâce, et la toile de fond, la conscience, devient pour nous une réalité vivante.

Notre vraie nature est conscience silencieuse, mais ce silence est au-delà de tout concept et de toute dualité.

Il ne peut être défini par le terme : silence opposé au terme : bruit. Ainsi, tenter de nous délivrer de l’agitation pour accéder à un état de silence nous maintient dans un conflit. Cela nous cantonne dans le domaine de l’opposition, de la défense, de la lutte, de la possession et du rejet. Mais si au contraire nous acceptons l’agitation, si nous l’acceptons comme expression du silence, elle se dissout dans l’acceptation. Ensuite, vous atteindrez le silence de votre vraie nature au-delà du silence et de l’agitation. Vous ne pouvez espérer vous défaire de l’agitation en demeurant sur sa longueur d’ondes. Vous devez l’écouter comme un tout. Elle se résorbe ensuite dans le silence, car elle n’est rien d’autre que silence.

 

Quand nous parlons du présent, nous voulons dire le présent éternel, la présence à notre vraie nature, qui est au-delà des concepts, au-delà de la pensée et de la psyché.

 

Toute tentative pour objectiver le connaisseur, qui ne peut être conçu qu’en termes conceptuels, vous empêche de directement percevoir votre vraie nature, qui est être, connaissance non-duelle.

 

C’est du silence vivant qu’émane le parfum de l’existence.

 

Pour celui qui se connaît, le monde est l’expression de la connaissance ultime. C’est un  prolongement, une émanation de la totalité qu’est notre vraie nature. Le monde est constamment recréé d’instant en instant, il est toujours nouveau.

 

Quand on reconnaît un objet comme une expression de la conscience, sa substance se dissout dans la connaissance, dans le silence vivant, dans la tranquillité, dans la lucidité. Cette lumière est toujours là, avant même que l’objet n’apparaisse. La connaissance fragmentaire, relative, apparaît et disparaît dans la conscience indivisible. Ainsi l’apparition des objets est-elle discontinue, tandis que la conscience demeure permanente. La connaissance objective s’évanouit dans la pure conscience, la conscience globale, et tôt ou tard, vous parvenez à demeurer en elle. Quoi que vous fassiez, vous êtes toujours conscience, il ne peut en être autrement. La confusion vous pénètre dès que vous croyez être l’acteur, le penseur, mais en réalité vous n’êtes que le témoin pur et simple de vos actions. Supposons par exemple que vous vous rappeliez une pensée que vous avez eu hier, vous êtes en  fait le témoin de cette réminiscence actuelle. Quand vous vous remémorez une pensée touchant au passé, c’est une pensée entièrement nouvelle, qui n’a absolument rien à voir avec la pensée développée dans le passé. Si vous prenez conscience que vous êtes en train de vous rappeler, vous cesserez de confondre pensée et témoin.

 

Nous morcelons le temps en fractions déterminées, que nous appelons passé, présent et futur, mais quand nous pensons le présent, il appartient déjà au passé. Le seul présent qui réellement existe est la présence. La notion de temps sa fait jour dans la succession des pensées, les unes après les autres. La conscience silencieuse est toujours présente, que nous pensions ou non. S’il en était autrement, comment serait-il possible de parler d’une absence de pensée ?

 

La mémoire n’est qu’une pensée parmi beaucoup d’autres, elle n’a aucune réalité en soi. Que nous pensions au passé ou au futur, en réalité cela se déroule toujours dans l’instant présent. Nous n’appréhendons le temps que comme une succession de pensées, fondées sur la mémoire. Quand nous percevons clairement que la mémoire est seulement une pensée, l’illusion du temps nous quitte.

 

Nous ne pouvons éprouver qu’une pensée, qu’une activité physique, qu’une perception sensorielle à la fois. Pensée, mémoire et temps surgissent d’une conscience au repos, pures expressions d’une éternité toujours présente.  Chaque perception est un monde entièrement neuf, dont le corps et la psyché sont une partie. Le monde est recréé à neuf avec chaque nouvelle pensée.

Nous tentons souvent da maîtriser la pensée, de l’apaiser par la concentration, mais avec la claire vision, nous réalisons bientôt que concentration et distraction appartiennent également toutes deux à la pensée morcelée. Nous ne pouvons maîtriser la pensée par la pensée. La concentration ne fait que  susciter une fixation, nous emprisonnant comme un oiseau en cage. La conscience silencieuse est au-delà de la dispersion  et de la concentration.

Si nous parvenons, par la concentration, à faire cesser les pensées, nous demeurons néanmoins dans un état de conflit. Quand la pensée est apaisée de cette façon, nous percevons un vide, un sentiment de quiétude qui peut nous conduire par erreur à croire que nous avons atteint l’ultime. Il est essentiel d’admettre que notre vraie nature ne peut jamais être trouvée dans une perception ou un objet. Nous ne pouvons jamais  voir dans le connu ce qui est  au-delà du connu. Si nous avons une idée préconçue de l’ultime, c’est cette idée que nous essaierons d’atteindre. C’est cet effort lui-même qui constitue l’obstacle majeur.

 

Tous les problèmes du monde sont nos problèmes, ils sont nés de l’ego. Ils ont et viennent comme des vagues successives. Les professionnels élus pour les résoudre tentent de provoquer des changements tout en ignorant qui, en premier lieu, a créé ces problèmes. Aussi quand le changement a été opéré dans  un domaine, le problème éclate ailleurs.

Le conflit est entièrement dû à notre point de vue partiel. Un point de vue partiel est toujours un déséquilibre. Avec un tel point de départ, nous ne pouvons que créer davantage de morcellement, d’avantage de conflits, et un plus grand état de déséquilibre. Les sociologues et les économistes qui essaient d’éliminer les conflits sociaux aboutissent inévitablement à en créer de nouveaux. Ils considèrent le conflit comme extérieur à l’individu alors qu’en réalité l’individu est celui-là même qui le créé. Rien ne peut être changé du point de vue de la société : ce que nous pouvons modifier, c’est notre façon de voir, nous devenons alors automatiquement le membre le plus efficace de la société pour instaurer un changement.

Dès que nous abandonnons la vision morcelée de l’ego, pour adopter le point de vue impersonnel – celui de la conscience – le conflit s’apaise. Le monde ne lui-même ne peut être la cause du conflit. C’est nous et nous seuls qui l’élaborons à partir de rien. Aussi longtemps qu’un homme estime qu’il est son corps, il est l’esclave de son système glandulaire, de ses fonctions physiques, de ses projections mentales, de ce que nous pourrions nommer ses conditionnements. Mais s’il prend conscience que son corps n’a nulle réalité en soi, c’est-à-dire aucune autonomie quelle qu’elle soit, qu’il est entièrement dépendant du percipient, il parvient à appréhender que le corps n’est rien d’autre qu’un objet. Dans cette appréhension, il n’est plus le complice du corps qu’il a reçu.

 Il verra qu’il est harmonie parfaite.

 

La conscience est le cœur d’où s’envolent les étincelles pour se perdre. Nous nous identifions par erreur à ces étincelles. Elles ne sont que des fragments. La dualité est étrangère à ce cœur.

 

Seules une claire vision et une profonde compréhension peuvent apporter un changement. Le changement se produit quand vous voyez les faits, car chaque situation à sa propre solution. Aussi longtemps que votre regard émane d’un point de vue personnel, vous ne pouvez voir les faits. En tout premier lieu, parvenez à connaître votre propre conditionnement, les arcanes de votre point de vue personnel. Quand vous affrontez impersonnellement une situation, vous êtes conduit à une action juste.

 

Nous placer dans une situation où nous devons faire un choix entraîne une division. Quand notre point de départ est déjà morcelé, il ne peut en  résulter rien d’autre qu’un morcellement ultérieur, qui, à son tour, engendre un conflit et un état de déséquilibre. Une situation libre de choix implique d’être totalement disponible, réceptif au moment présent et ouvert à toutes les possibilités. L’action qui s’ensuit naît de l’harmonie intrinsèquement contenue dans l’unité de la vie, qui est libre de toute opposition ou de toute contradiction. Rien n’existe en dehors d’elle. Elle transcende les trois divisions du temps : passé, présent, futur. Elle transcende la dualité bien/mal, les situations où nous dirions : « j’aime, je n’aime pas », les situations qui donnent naissance à des réactions négatives ou positives. Nous sommes complètement vides de mémoire, dans une insécurité absolue, mais dans cette insécurité, nous découvrons une sécurité permanente.

 

Toutes les perceptions sont des objets perçus dans la conscience. La peur est, par conséquent, un objet, une perception. Avant de la nommer, il n’y a pas de peur, il y a seulement perception directe, sensation. Dès que nous nommons la peur, nous perdons contact avec la perception pour passer dans le concept, l’étiquette, car concepts et perceptions ne peuvent coexister.

 

Se prendre pour une individualité n’est qu’une habitude comme une autre. C’est le désir de se singulariser de son propre entourage, de se différencier d’autrui. L’individu existe quand il est formulé comme pensée, aussi pouvons-nous constater qu’il n’est rien d’autre que mémoire.

 

Percevoir n’est pas une fonction. C’est pourquoi ce qui est perçu conduit tout droit à ce qui perçoit. La conscience perçoit. Vous  ne pouvez percevoir ce qui perçoit, car cela même, vous l’êtes.

 

En premier lieu, vous devez prendre conscience qu’il n’y a que la vie. Il est erroné de croire qu’il existe une personnalité vivante qui vous pilote pour chercher la sécurité dans les objets, pour maintenir un sentiment de continuité, d’essayer de dominer la vie. L’idée d’être celui qui accomplit vos actions est le seul obstacle qui vous empêche de vivre réellement. La vie est libre, elle ignore la peur, elle suit sont cours naturel. Mettez-vous au diapason de la vie, ne faites qu’un avec elle.

Nous devons parvenir à connaître notre territoire psychosomatique, à être conscient de notre monde de fonctionnement sans essayer de le changer. Cela signifie faire face aux événements de notre vie quotidienne sans chercher à les esquiver ou à les justifier.

 

L’état de méditation n’est pas un état d’être. Il signifie que nous sommes conscients de la vie en nous, conscients de notre entourage, sans faire intervenir un choix.

 

L’Un que nous sommes est au delà du temps. Quand l’esprit en prend conscience, il abandonne peur et désir, le désir qui balance entre avoir et devenir. Vivre est alors cette éblouissante lucidité qui se révèle comme plénitude et autonomie permanentes. C’est la Toute-Présence où les états de veille, de rêve et de sommeil profond apparaissent et disparaissent.

 

Quand vous essayez de le faire, vous ne pouvez vous rappeler le visage d’avant votre naissance. Cela vous émancipe de toute image, de toute mémoire. Dans cette absence d’image, vous percevez ce que vous êtes, votre être en soi, qui est un espace sans objet. Cesser d’être quelque chose, voir s’éteindre votre naissance temporelle, cela vous permet de trouver que ce que vous êtes n’est jamais né et jamais mort.

Ainsi en vous « remémorant » le non-né, nous utilisons la mémoire pour parvenir à l’extinction de la mémoire.

 

La vision de ce que nous sommes n’est pas une réminiscence, c’est une reconnaissance.

 

La conscience n’appartient pas à un état. Les états sont dans la conscience. C’est seulement la conscience qui rend les états possibles. Le sommeil profond est la plus pure expression de notre vraie nature, parce qu’il n’est pas dans la dualité.

 

Quand nous nous réveillons vraiment, ce que nous avions nommé précédemment « être éveillé » apparaît aussi comme un rêve.

 

C’est seulement dans une complète absence de vous-même qu’il y a présence totale.

Tranquillité ne veut pas dire esprit apaisé, car un esprit apaisé est quelque chose, et la tranquillité n’est pas synonyme de quelque chose. L’esprit peut connaître un apaisement temporaire, mais ce n’est pas la tranquillité.

 

Fonctionnement ou absence de fonctionnement n’appartiennent pas à l’esprit, mais ils apparaissent et disparaissent dans la tranquillité qui n’est pas une fonction.

 

Chercher c’est avoir un but, c’est chercher un résultat. Ce but repose sur le déjà-connu. Cela nous empêche d’être complètement ouvert à l’inconnu, au totalement neuf. Toute pensée est mémoire et emprunte toujours le langage des sens.

 

Quand nous nous  percevons comme le connaisseur et nous comme  « celui qui souffre », toute douleur psychologique disparaît. La douleur physique, quand elle est vue objectivement, est spectaculairement réduite. Croire que l’on  est quelqu’un, une entité indépendante, objectiver, projeter, ne sont que des objets parmi d’autres, ils sont pure imagination.

 

Quoi que nous fassions ou pensions, sous sommes conscience, aussi pourquoi essayer de l’être ou de le penser ? Si nous n’avions pas cette conscience, nous ne pourrions enregistrer les états où nous nous trouvons. Si la conscience était une fonction mentale à l’égale de toutes les autres, elle disparaîtrait comme toutes les fonctions.

 

Cette conscience est présente dans le sommeil profond et dans l’intervalle entre deux pensées. La pure conscience que nous nommons « je suis » est au-delà de la pensée et du corps. Elle n’est pas soumise à la discontinuité.

 

Vous pouvez être conscient de l’apparition du corps, mais vous ne pouvez jamais être conscient de l’apparition de la vie parce que vous êtes la vie. Interrogez-vous sur la vie et vous découvrirez que l’investigation est la vie elle-même. Nous prenons tant de risque avec notre corps. Songez au marin ou au combattant volontaire. Prendraient-ils de tels risques s’ils croyaient réellement à la mort ? Ils savent sans le conceptualiser que c’est le corps seul qui meurt, leur vraie nature est au-delà de la vie et de la mort.

 

Votre vraie nature est tranquillité, lumière, déploiement sans périphérie ni centre. C’est l’être non conditionné, c’est l’amour. Mais vous ne le voyez pas, parce que vous êtes prisonnier de votre imagination et d’une information de seconde main. Vous êtes barricadés dans un univers de concepts et de croyances. L’ego est seulement une fonction, et s’identifier à lui est  un manque de claire vision. Pensées, sentiments, actions se succèdent devant le témoin, laissant leur empreinte dans le cerveau. Leur apparition dans votre mémoire vous fait croire à une continuité qui n’a pas d’existence concrète. La mémoire se déroule dans l’actualité d’une pensée. Songer au passé se produit dans le présent. Il n’ya en réalité que présence, conscience non-duelle. Nous commettons l’erreur de nous prendre pour ceci ou cela, mais il n’y a que le vrai « je suis » au-delà du temps et de l’espace.

 

La vérité est la vie et vous avez peur de vivre. Vous vous prenez pour un objet qui naît et meurt, et vous tremblez de mourir parce que vous ignorez la vie. C’est seulement un objet qui à peur, et cet objet tente par tous les moyens de se libérer. Voyez que l’effort de se libérer appartient à la croyance en un objet. Au moment où vous voyez cela, tournez la tête et regardez en arrière.

 

Vous n’êtes pas celui qui agit, le penseur qui se réjouit ou qui souffre. Prenez cela comme un fait sans essayer d’être un spectateur détaché. Que vous puissiez vous remémorer vos actes antérieurs est la preuve que vous en êtes le témoin. Mais, par-dessus tout, n’essayez pas d’être un témoin. Ce ne serait qu’une projection, et vous seriez retenus dans le cadre des idées et des expectatives.

Le témoin n’est qu’une béquille pour vous aider à comprendre  que vous  n’êtes pas celui qui agit.

 

Votre vraie nature est occultée parce que vous croyez être indépendant, vous vous croyez une entité séparée. C’est ce qui vous enchaîne et vous contraint de vivre dans le cycle bonheur/douleur. Voyez que renoncer et espérer sont les deux faces d’une même pièce. Aussi longtemps que vous croirez être le corps-esprit, vous ne verrez autour de vous que des formes qui ne sont que des images juxtaposées les unes aux autres.

 

Le refus d’accepter implique défense et agressivité : vous vous isolez, vous vous coupez de votre entourage, c’est comme si vous aviez tranché le fil essentiel de la vie. Accepter est inhérent à ce que nous sommes, le refus d’accepter est artificiel, fabriqué. Nous n’avons nul besoin de nous forcer à accepter, il faut juste reconnaître le fait.

 

Voyez la maladie objectivement, comme si elle se trouvait en face de vous, de façon à n’être pas submergé par elle. Regardez votre corps comme s’il appartenait à quelqu’un d’autre. Vous aurez la perception d’une liberté soulagée du fardeau de votre corps, un moment d’oxygénation psychologique. Restez captivé par ce sentiment de liberté, il finira par perdurer sans effort.

Vous n’êtes pas le corps en bonne santé ni le corps malade. Ainsi votre maladie est une occasion de parvenir plus rapidement à comprendre ce que vous n’êtes pas.

 

La vie est éternelle, et en elle tout est dans l’unité.

 

Il n’y a pas de maladie. La maladie n’est rien qu’un accident. En réalité il n’existe que la santé. Le mot même de maladie, l’idée de maladie favorise déjà la maladie et même la provoque.

 

C’est à travers le connu que l’inconnu se révèle. Mais ils ne font pas deux. L’ultime s’exprime dans l’espace et le temps, et se résorbe en lui-même. Le divin se réjouit de sa propre expression. C’est le jeu divin en lui-même, sans but.

 

Ce que nous appelons notre vraie nature n’est ni une chose comme l’âme ni un état, c’est un flot de vie ininterrompu. Nous ne pouvons l’appréhender les facultés dont nous nous servons tous les jours comme les sensations, les sentiments ou la mémoire, qui appartiennent à un point de vue fragmentaire, objectif. Nous ne pouvons le penser parce que nous le sommes.

 

Vous êtes ce qui est permanent, vous ne pouvez le quitter, ne serait-ce que pour une minute. Vous pouvez vous libérer des pensées, mais vous ne pouvez jamais cesser d’être ce que vous êtes fondamentalement. Les choses qui changent sans cesse ne peuvent jamais vous conduire à ce que vous êtes fondamentalement : au-delà de tout changement et embrassant tout changement. Les changements n’affectent que l’esprit. Qu’espérez-vous obtenir par eux ? Aucun effort ne peut vous conduire à cette harmonie ultime, toute tentative ne fait que vous en éloigner. Seul le discernement donne naissance à l’éveil de cette compréhension.

 

Aussi longtemps que vous penserez que vous pouvez atteindre la liberté par la pesée, toutes vos actions seront dictées par la peur, l’anxiété ou le désir.

 

Voyez la vanité de vouloir changer, modifier, la vanité « d’en sortir ». La vision qui n’est plus sous l’influence du passé ou d’un futur projeté est vision globale.

 

Vous devez abandonner l’idée d’amélioration. Il n’y a rien à atteindre, rien à trouver. Chercher et vouloir atteindre quelque chose sont le carburant de l’entité que vous croyez être. Ne projetez pas une idée de réalité, de liberté. Soyez simplement conscient des événements de votre existence sans vouloir un changement. Voir les choses ainsi vous gratifiera d’un état de détente profonde, à la fois physique et psychologique. Même cet état, en tant qu’objet de perception, se dissout dans votre observation où il n’y a plus ni observateur ni état observé.

 

La conscience ne se trouve pas dans un état. Le sommeil profond se trouve dans la conscience. Le  sommeil profond est plus proche de votre non-état naturel que les états de veille et de rêve parce qu’il est sans ego, parce qu’il n’est pas dans la relation sujet/objet. L’expérience du sommeil profond est une profonde réminiscence  de notre vraie nature. Cette réminiscence appartient encore à la mémoire organique parce que toute notre structure physique est marquée par la paix  de vivre dans la non-intervention. Cette réminiscence de la présence nous invite à chercher, à méditer.

 

Ce qui survient dans l’instant présent, ou ce que vous vous rappelez, apparaissent tous les deux dans la conscience. Quand vous pensez au moment présent, il fait déjà partie du passé. Aussi vos appréciations et vos sentiments sur la vie sont déjà du passé. Les problèmes, la lassitude, l’ennui, la dépression n’ont pas d’autre origine que la notion erronée de vous prendre pour tel ego donné, pourvu de telles idées, de telles structures, etc. Nos difficultés commencent quand nos projections dans le futur, avec l’espoir d’atteindre quelque chose, sont contrecarrées.

 

Quand nous vivons sans qualifier les choses, nous vivons dans l’instant, dans « l’ici et maintenant » éternellement présent. Là, dans l’absence de pensées tournées vers le passé et de désirs orientés vers le futur, nous sommes dans notre plénitude. De cette plénitude émane l’amour et toutes nos actions découlent de l’amour.

 

La Présence inconcevable est votre vraie nature dans laquelle tout apparaît. Parce que vous vous identifiez à vos pensées, vous vous sentez limité, restreint. En vous libérant de ces limitations, vous parvenez à vivre votre vraie nature sans limites. Ensuite tout ce qui arrivera dans votre vie aura une signification nouvelle.

 

Un homme parle toujours de lui en disant : Je, et il confie à ce « je » de nombreux rôles : Je cours, Je mange, J’ai faim, Je suis assis, Je dors. Toutes ces activités se rapportent au corps auquel il s’identifie résolument. Il dit aussi : Je me souviens, Je pense, Je suis étonné, Je suis désolé, etc.…Ainsi il s’identifie également à ses pensées. Et c’est ainsi que « je » s’identifie tout à la fois au corps et à l’esprit. Mais si nous observons les choses plus attentivement, nous parvenons bientôt à voir que c’est le corps qui agit et l’esprit qui pense. Ce sont les instruments de la conscience, ils fonctionnent sans l’intervention d’un « Je ».

Nos activités mentales et physiques changent constamment au cours des quatre étapes de la vie. Ce qui prouve qu’il y a un expérimentateur qui se remémore ses expérience quand il y est incité. Mais ce que nous devons voir clairement, c’est que la réminiscence, tout comme l’événement lui-même, ont lieu dans le présent. La pensée du passé est une pensée présente. Cette présence continue, c’est ce que nous entendons signifier quand nous disons que la conscience est une avec son objet. Mémoire et changement sont fondamentalement des illusions qui se dissolvent dans la présence.

Toute réminiscence prend place dans cet arrière-plan soustrait au temps et au changement. L’expérimentateur ne fait qu’un avec cet arrière-plan.

Nous pouvons seulement connaître et nous rappeler ce que nous avons déjà expérimenté, quelque chose qui nous est arrivé, une pensée que nous avons eue, ou un acte que nous avons accompli. Dans l’instant où nous pensons ou agissons effectivement, il n’y a que pensée ou action, rien d’autre. Dans le temps d’une action, il n’y a pas d’acteur. L’esprit et l’objet de sa perception ne font pas deux. Le monde et l’esprit ne sont pas différents. Ils sont discontinus mais ils apparaissent dans le continuum présent qui est conscience silencieuse, et au terme nous pourrions dire que tout est conscience.

 

La conscience est sa propre lumière, elle n’a nulle besoin de véhicule. Les objets, en revanche, dépendent entièrement de la conscience. Sinon, ils ne pourraient être perçus. La conscience se connaît elle-même par elle-même.

 

Voyez quand on vous demande : « Êtes-vous vivant ? Êtes-vous conscient ? », Vous répondez immédiatement : « oui », sans avoir à penser. Vous ne vous référez pas en premier lieu à un sentiment ou à un concept. Ce « oui » spontané provient de la profonde conviction que vous êtes conscience.

 

Toute forme de pratique se limite à un but, à un seul résultat. Mais c’est un obstacle quand il n’y a pas de but à atteindre, étant donné que ce que vous cherchez est là et a toujours été là. Quand l’esprit est vide de tout désir d’être quelque chose, il est en paix et l’attention passe spontanément de l’objet à l’ultime « sujet », un avant-goût de votre vraie nature.

Soyez vigilant, lucide, soyez conscient de votre constant désir d’être ceci ou cela et ne faites pas d’effort. Ce que vous êtes est non orienté, aussi toute orientation ne peut que vous empêcher d’être consciemment ce que vous êtes. Dans cet abandon de toute tentative, le temps cesse d’exister, il n’y a plus d’attente.

 

Il existe toujours une certaine dose de conditionnement culturel et biologique. Cela appartient à notre existence. Etre libre ne veut pas dire que vous ayez à nier, à éliminer, par la volonté ou le refus, ce conditionnement. Cela veut dire que vous ne devez pas vous identifier à lui. N’essayez pas de vous libérer parce  que vous savez que vous êtes libre. Ainsi il n’y aura pas de réaction contre le passé, contre la société.

 

L’humanité est sur la terre depuis des millions d’années mais la liberté et l’amour n’ont jamais été soumis au changement ou aux conditionnements. La liberté et l’amour sont au-delà de tout concept et de toute forme, au-delà du temps et de l’espace.

 

Nous devons d’abord voir que nous ne pouvons vouloir être ouverts parce que l’ouverture est notre nature même. Toute minuscule parcelle de volonté, de désir d’ouverture nous éloigne de ce que nous sommes. La volonté de conduit jamais au delà de la volonté. La seule façon de se libérer de cette quadrature du cercle est de voir clairement que l’ouverture est un état sans ego, qu’elle est ici et maintenant.

 

Votre nature réelle est connaissance. Elle ne peut être connue. Tout ce que l’esprit peut savoir n’est pas vous. Votre « je » deviens une réalité vivante une fois que l’idée que la société vous à donné d’être une entité séparée vous à entièrement quitté – en même temps que les désirs, les peurs et l’imagination, la croyance d’être ceci ou cela.

Une réminiscence, un avant-goût de votre être non-limité rendra immédiatement clair que tout cela n’est pas la réalité mais seulement son expression. Vous serez instantanément convaincu de ce que vous êtes. La vérité de la nature de l’existence se révélera spontanément à vous : C’est vous qui donnez naissance à tout ce qui existe. Sans la conscience, rien ne serait. Ce qui est expérimenté sur un plan phénoménal n’est pas vous mais une extension de vous-même. L’expérience est en vous mais vous n’êtes pas l’expérience.

En vivant votre liberté, vous êtes libre de choix, libre de lutte, libre du besoin de vous définir ou de vous qualifier d’une façon quelconque. Tout ce qui existe apparaît dans la conscience, mais la conscience n’est pas perdue dans l’existence. Je ne peux vous le prouver par des mots, pas plus qu’une information de seconde main peut vous convaincre. Faites-en vous-même la preuve et vous trouverez votre vraie patrie. Alors n’existe plus qu’une gratitude sans personne pour remercier.

Vous n’êtes ni ceci ni cela. Vous êtes le connaisseur de toutes chose, perception première, être sans limites.




Jean Klein


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