jeudi 29 novembre 2012

Voyez-vous, vous êtes déjà chez vous.





"Nous semblons ne pas voir, tandis que nous nous hâtons vers la prochaine apogée spirituelle escomptée, que le trésor que nous cherchons est à découvrir non là où nous allons, mais dans la simple nature des pas que nous faisons. Dans notre ruée vers une meilleure situation dans le temps, nous foulons la fleur de l'être qui s'offre en chaque instant.
Il me semble que notre attachement aux buts est né du besoin de nous prouver quelque chose à nous-mêmes. Mais la vie est simplement la vie et elle n'essaie pas de prouver quoi que ce soit. Ce printemps-ci ne tentera pas d'être mieux que le printemps dernier, ni le frêne de devenir un chêne.
En abandonnant notre fascination pour l'extraordinaire et le spectaculaire, nous nous autorisons à reconnaître la merveille simple qui repose dans l'ordinaire. Car la vie est à elle-même son propre but et n'a pas besoin de raison d'être. C'est là sa beauté.
Quand il n'y a pas de moi illusoire, séparé, le fond omniprésent de l'amour inconditionnel est pleinement perçu. C'est ce qui est toujours ouvert et à notre disposition. Il n'y a rien qui existe en dehors du fond de cette unité naturelle. Le "secret" c'est qu'il n'y a pas de séparation, mais cela demeure un secret aussi longtemps que nous croyons être quelqu'un.
Que vous soyez unique ici et maintenant, c'est le secret. Cet instant-ci ne s'est jamais produit auparavant, le voyez-vous ? Il est unique, surgissant et retournant ensuite dans l'infini, pour ne jamais être revu. C'est ce que vous êtes. Vous êtes l'expression infinie qui se déploie et se rétracte sans cesse. Vous ne pouvez arrêter ce qui est ; c'est une danse incessante et éternelle - aussi lâchez prise et permettez à cela d'être. Il ne peut y avoir de processus pour devenir ce qui déjà est, et ainsi il n'y a bien sûr, nulle part où aller et rien à faire. Aucune condition n'a besoin d'être remplie. L'infini n'est pas quelque part attendant que nous nous en rendions dignes.
Quand le moi n'est plus, il y a simplement un abandon en l'aimé. Le jeu se poursuit et il y a une réponse à ce jeu. Et le jeu et la réponse sont l'expression du divin. Tout et chaque chose est vu, entendu, senti, comme étant le bien-aimé.
Si vous êtes complètement submergé par la peur ou la souffrance et avez le sentiment de ne rien pouvoir faire, alors c'est "ce qui est" et il n'y a rien à faire que d'être submergé. C'est aussi une expression de l'infini. Mais il faut dire qu'à l'aube d'une nouvelle lumière, d'une perception différente, il peut très souvent y avoir exacerbation de nos peurs les plus profondes.
Vous vous agrippez à votre existence apparente. Toute votre vie vous avez été conditionné à survivre, à proroger l'espèce, à prolonger une apparente lignée. Voyez le grand message des médias qui vous enjoint de travailler à réussir votre vie... Hypnotisé par la croyance que vous êtes un individu séparé, vous imaginez de ce fait devoir négocier avec l'existence. Ce qui est tout à fait effrayant.
Ce que vous êtes est au-delà de ce que vous avez jamais cru. Vous êtes simplement en train d'être vécu par l'infini pour découvrir que vous êtes l'infini.... Vous êtes la vie et c'est tout ce que vous êtes. Laissez tomber les pourquoi et soyez simplement, totalement immergés dans le miracle merveilleux de la vie juste telle qu'elle est, ici même, en l'instant même...
Quand l'éveil se produit, il est vu que tout est unité. Tout et chaque chose émane du silence et de l'amour inconditionnel. Il y a donc une transformation de la perception. D'un coup, il n'y a plus de personne séparée ici, rien qu'unité. Dès que cela est vu, le fond de l'être, l'amour inconditionnel, est reconnu en tout ce qui est. C'est comme si, instantanément, tout recelait une présence d'amour, de bienveillance universelle.
Il y a aussi, bien sûr, la vision constante que tout est l'aimé. Ainsi il n'y a jamais le sentiment d'être perdu. Il n'y a plus de questions, nulle part où se rendre, rien de plus à devenir. C'est chez soi.
La vie est le seul gourou. Tout ce qui est arrivé jusqu'ici est votre enseignement et est absolument approprié à votre éveil. Vous n'avez besoin de rien sauf de ce que vous avez. N'est-ce-pas merveilleux ? Donc ne vous tracassez pas à propos de ce dont vous avez besoin ou pas. Tout est fourni. Lâchez prise et reposez-vous en ce qui est et vous ferez certainement la rencontre de l'aimé et redécouvrirez votre nature originelle.
Tout mène à l'éveil. Même ce que votre esprit peut considérer comme nuisible vous rappelle l'existence d'une autre possibilité. Abandonnez simplement votre attachement et votre fascination envers l'histoire personnelle et laissez la vie voir lieu.
Laissez à ce que vous êtes le loisir d'émerger. Chaque fois que vous laissez tomber la pensée et êtes avec ce qui est, vous arrosez le sol, et la graine continue à croître. Chaque fois que vous prenez conscience de la nature illusoire de votre conditionnement, il se crée un espace où peut fleurir la compréhension.
L'éveil à notre nature véritable nous place face à la merveille de l'immédiat qui est la seule vraie sécurité. Il est possible alors que vos yeux s'ouvrent et qu'un vaste sentiment de gratitude vous emplisse.
Dans l'éveil on ne voit rien de différent, mais ce qui est vu est désencombré. C'est simplement "ce qui est". Cependant dans ce qui est vu il y a aussi l'essence de l'amour inconditionnel, le fondement de l'être. C'est vu en toute choses que ce soit un coucher de soleil ou une poubelle pleine d'ordures. Chaque chose existe dans la lumière et émane du silence de la source. Il n'y a absolument rien que ne génère ce fond de l'être. Tout est sacré, et nous marchons, parlons et passons notre temps dans ce qui n'est rien moins que le paradis.
Ici, ici même est le siège de tout ce que vous désirerez jamais. C'est simple, ordinaire et magnifique. Voyez-vous, vous êtes déjà chez vous."

 
 
Tony Parsons
 
 
 
 
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vendredi 23 novembre 2012

HARMONIQUES DU FANTASSIN

 
 


Dans Le Livre de la Conscience et de la Tranquillité, j'ai consacré quelques pages à mon expérience de soldat et à l'une des grandes leçons que m'a donnés un épisode guerrier sur la manie que nous avons tous de porter des jugements. Au fil des années, les lecteurs m'ont souvent dit combien cette histoire les avait touchés, peut-être plus que toutes les anecdotes que j'ai racontées.

De par sa tournure d'esprit, l'Occidental juge assez inconvenant qu'un vieux soldat ait pu bénéficier de révélations sur la Lumière. Je le comprends très bien. À l'époque des faits, j'eus l'occasion de vivre nombre d'événements singuliers dont je n'ai jamais soufflé mot dans mes livres. Après tout, j'ai participé à deux longues guerres en tant que capitaine d'infanterie. J'ai vécu sur le terrain en compagnie de fantassins chinois pendant près de trois ans. J'ai subsisté avec eux. J'ai failli mourir de faim avec eux. Les quelques soldats américains qui se trouvaient alors en Chine reçurent fort peu d'aide des États-Unis au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Nous étions à l'extrémité de la plus longue voie de ravitaillement au monde, et tout ce qui nous parvenait d'Amérique avait été transporté en avion par-dessus des pays occupés par le Japon. Tout devait franchir l'immense chaîne de l'Himalaya avant d'atteindre Kunming où des camions et des animaux prenaient le relais pour nous faire parvenir des vivres où que nous nous trouvions.

Cette période ne fut pas facile pour moi. La dernière année que je passai en Chine à la fin de la guerre, j'épaulai des troupes chinoises engagées dans la lutte contre les Japonais et je pris part aux combats qui permirent de reprendre Ishan, Liuchow et Kwelin.

Moins de dix ans plus tard, je me trouvai en Corée à la tête de la King Company du 279e régiment d'infanterie. Les choses furent beaucoup plus dures pour moi en Corée qu'au cours de la longue et curieuse guerre que j'avais faite en Chine. Le fait d'être plus âgé ne me fut d'aucun secours en Corée et je n'avais pas le vieux sage, M. Shieh, à mes côtés sur le 38e parallèle, au Grand Château de Sacs de Sable ou au Perchoir du Vautour.

Il est remarquable que je n'aie rien écrit sur cette période, alors que j'en ai raconté les événements marquants – pour moi porteurs d'enseignement – aux chercheurs venus me voir ici en Alabama. Je me délectais particulièrement à raconter ces épisodes guerriers aux " absolutistes " métaphysiques ou aux jeunes idéalistes fanatiques qui pensaient n'entendre ici que de suaves paroles de paix de la bouche d'un homme de Dieu. Puisque ces histoires de conflit, de guerre et de souffrance sont la dernière chose que ces gens attendent d'un " métaphysicien ", c'est souvent ce qui leur est donné.


Montrez-moi une révélation et je vous montrerai le traumatisme d'où cette Lumière a jailli. Montrez-moi une vision céleste authentique et je vous montrerai la plongée dans les affres de l'enfer où cette vision a été mise à l'épreuve et vérifiée avant d'être certifiée exacte.

" Mettez-moi ainsi à l'épreuve, dit le Seigneur… " et, dans la même veine, Paul a affirmé : " Éprouvez tout… " Et à présent, n'ayant presque plus rien à ajouter au livre définitif, en cette nouvelle Journée du Souvenir, je songe à mes soldats qui ont participé avec moi à tant de combats.

Permettez-moi de vous livrer un ou deux Aperçus sur ces temps de guerre. Pour commencer, retour en Chine. Une patrouille japonaise à nos trousses, cinq compagnons d'armes américains, M. Shieh et moi-même étions en train de " rétrograder ". Couvrant l'arrière de notre petite patrouille, nous tentions de nous mettre à couvert au plus vite en regagnant des lignes amies. L'ennemi qui nous talonnait était bien près de nous capturer. En ce temps-là, ni les Chinois ni les Japonais ne faisaient de quartier. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de prisonniers. Je savais que si nous étions pris par les Japonais, cela signifiait une mort certaine. M. Shieh, lui, pourrait toujours se faire passer pour un paysan chinois. Oh, je n'arrive pas à raconter cette histoire ! Pour l'heure, le souvenir suivant suffira. Je revois M. Shieh me faisant remarquer la beauté de ces fleurs violettes, loin devant nous, sur la montagne que nous allions devoir escalader. Je m'étonnai qu'un homme pût percevoir la beauté dans des moments si oppressants. Je m'étonne encore davantage qu'il ait pu m'aider à y parvenir.

Un jour, au cours de la guerre de Corée, une salve d'artillerie éclata sur le flanc gauche de mon régiment. Plusieurs corps volèrent sous la violence des projectiles. Je me précipitai pour constater l'étendue des dégâts et voir si le responsable de la section était indemne. Le spectacle que je découvris me souleva le cœur et je tombai assis au milieu de trois corps affalés sur le versant. Je devins alors conscient d'une " présence " visuelle en suspension à côté d'eux : une espèce de vapeur lumineuse blanche et bleutée ; une clarté d'un autre ordre, primordiale, convaincante et puissante. Je n'aurais su dire ce que je voyais alors, et je ne suis pas davantage en mesure de l'expliquer maintenant, mais avec cette vision, et grâce à elle, j'eus l'absolue conviction en mon for intérieur qu'on me montrait la preuve de l'immortalité de la Vie – de la survie de l'Enfant, de l'Âme des hommes. J'éprouvai un merveilleux sentiment de soulagement, presque de gratitude, pour ces hommes et tout ce qui se passa ce jour-là. Quelques minutes s'étaient à peine écoulées que mon régiment, et en particulier la partie de la colonne où je me trouvais, fut pris sous un déluge de feu. Des obus nous pilonnaient en même temps que des soldats chinois fonçaient sur nous. Ce fut une éruption infernale dont nul ne saurait donner une idée précise. On ne peut comprendre ce genre de chose que si on l'a vécu.

Mais venons-en à l'Aperçu que j'aimerais vous donner ici, si toutefois je suis en mesure d'écrire ce qui s'est passé. Au tout début de cet horrible carnage où tout ce qui bougeait était réduit en charpie – soldats se portant en avant, hommes, femmes, enfants, chiens et poulets, et toute créature en mouvement clouée sur place – je fus soudain incapable d'entendre. Mon monde se tut et je fus enveloppé d'une paix incommensurable. Au beau milieu de cet affreux vacarme d'obus et de corps qui explosaient, je n'entendais plus que ma propre voix. Par une espèce de prodige, je me trouvai pris dans une dimension de paix et de tranquillité, détaché, mais également lié au carnage qui faisait rage. Je n'avais pas été blessé. Je me sentais aussi bien qu'on peut le souhaiter en pareilles circonstances. J'entendais très distinctement ma propre voix et même ma respiration. J'allais d'un poste de mitrailleuse à l'autre encourager mes hommes avec le plus grand calme. Je voyais leurs lèvres bouger pour me répondre et exprimer leur gratitude – ainsi que leur terreur – mais je ne les entendais pas. Je m'entendais moi-même, mais non pas les obus qui m'éclataient à la figure. J'étais au cœur d'une merveilleuse bulle de sérénité qui me permettait de me déplacer et d'accomplir sans crainte ce que le moment, particulièrement atroce, exigeait de moi.


 
 


Face à l'horreur, le corps est peut-être capable de produire des substances chimiques appropriées qui vont dresser une barricade entre l'homme et la situation qu'il juge insupportable. Mais, alors que cela m'arrivait en Corée au cours de cette journée interminable, j'avais la certitude qu'une Réalité suprême se tenait derrière les événements ; qu'il y avait une autre Scène juste au-dessus de celle-ci et qui l'entourait ; qu'empruntant ce corridor de chaos, la Réalité faisait irruption dans ma sensibilité qui en prenait conscience. Je marchais avec un courage tout de détachement, comme si le corps mortel ne pouvait pas être atteint et ne serait pas blessé. Je courais d'un soldat à l'autre, d'une mitrailleuse à l'autre. J'étais précipité au sol. Le souffle des explosions faisait pivoter mon corps comme une toupie. Une pluie de pierres et de terre me fouettait la peau et, avec un calme imperturbable, je sentais distinctement l'empire de la Vie sur les spectacles et les bruits du monde ; comme si, grâce à la Présence que j'avais ressentie et vue quelques instants plus tôt parmi les premiers corps abattus, je VOYAIS et ÉPROUVAIS de façon ininterrompue la Nature éternelle de la Vie, même face à la mort. Peut-être était-ce cette paix bienfaisante que M. Shieh avait ressentie des années plus tôt, en voyant les fleurs au loin sur la montagne.

Le feu de cet enfer et cette damnation en Corée dura quatre nuits et trois jours d'affilée, au cours desquels mes hommes et moi ne pûmes fermer l'œil. Je n'ai jamais oublié le cadre de temps différent qui fut alors le mien sans parler de la paix intérieure qui me nimbait, et la façon dont je fus soutenu et aidé pendant ce temps – ou ce non-temps.

Plus important, cette Paix ne m'a jamais abandonné depuis, du moins jamais quand j'y ai été attentif ou que j'ai fait appel à Elle dans les moments cruciaux. Comment est-ce que je procède alors ? Je mets au monde l'Enfant qui est en Moi.

Je ne sais vraiment pas pourquoi je raconte ces choses après tant d'années. Mais en cette Journée du Souvenir où j'ai le sentiment que tout ce qui est nécessaire au livre a été écrit, je m'assois pour rédiger ces lignes qui pourraient apprendre à d'autres, comme Janice et Bill, qu'il y a des moments où l'angoisse de la leçon est absolument nécessaire – que fuir l'angoisse n'est peut-être pas la réponse. Maintenant, avec une certitude absolue, je puis affirmer, aux vieux comme aux jeunes, qu'il est possible d'apprendre ses leçons dans les circonstances les plus difficiles et les plus éprouvantes. Mais mieux vaut abandonner nos filets de sécurité une fois la leçon apprise. Mieux vaut s'en remettre à l'Enfant parce que l'Enfant sait quoi faire. L'Enfant et la Présence figurent la même unique Présence et Elle est ici même où nous sommes, transcendant l'espace et le temps de ce monde.

En point d'orgue à ces harmoniques militaires : le jour où, en Corée, je montai en première ligne avec la King Company, me fut remis l'ordre de bataille précisant la nature des troupes " ennemies " qui, de l'autre côté de la vallée, me faisaient face sur la montagne. En face de mon régiment, et de moi en particulier, se trouvait la 60e armée chinoise, les soldats mêmes que j'avais côtoyés et formés pendant deux années en Chine. Nous nous retrouvions, huit ans plus tard, dans un massacre à la fois horrible et absurde.

Dans le monde apparent, nos amis et nos ennemis sont les mêmes – et quelquefois, inutilement, de façon insensée, nous essayons de nous détruire, afin de découvrir que la Vie est éternelle. Comme Arjuna, dans d'atroces combats on me fit pénétrer certains Mystères et j'acquis le sens de l'absurde.




UN MOT AUX AGNOSTIQUES

Il y a peu, j'ai rencontré un jeune homme qui se disait agnostique. Il déclarait : " Je me désintéresse complètement de Dieu. Je n'ai aucune preuve qu'un Dieu existe, et l'idée qu'un Être supérieur veille en permanence sur moi et sur ce monde me paraît plutôt ridicule au regard de la situation du monde. Qui plus est, poursuivit-il, l'hypocrisie éhontée des "religieux" suffit à me soulever le cœur ".

Pareille affirmation résume bien l'opinion de nombre de gens frustrés, chez les jeunes comme chez les vieux. " Et encore une chose, ajouta-t-il, comment comprendre quoi que ce soit quand même les chefs religieux les plus âgés, après des années d'études, ne parviennent pas à trouver un terrain d'entente et sont apparemment incapables de résoudre les problèmes du monde ? Tout ça me donne à penser que Dieu est une invention de gens frustrés qui attendent qu'une force qui les dépasse résolve tous leurs problèmes. "

À l'heure actuelle, nombreux sont ceux qui partagent cet avis. Les rangs des désenchantés grossissent, surtout parce que les rejoignent en masse tous ceux qui ont été déçus par les organisations religieuses. De plus en plus de fidèles s'interrogent sur le bien-fondé des dogmes de leur confession. Les vieilles idées naguère jugées vérités absolues paraissent à présent insensées, pures superstitions à la lumière de la nouvelle dimension technologique du monde. Pour ces gens, la rupture avec les vieilles conceptions théologiques est rupture avec Dieu. Ils reprennent les arguments présentés contre les anciennes pratiques pour démontrer l'inexistence de ce qu'ils appellent " Dieu "… Il convient de préciser ici que leur argumentation ne touche nullement l'existence de Dieu, mais s'attaque plutôt aux vieilles conceptions de Dieu, aux vieilles idées sur Dieu et aux vieilles pratiques qui, aujourd'hui, envahissent tous les cultes organisés.

Je n'ai pas encore rencontré d'agnostique ou d'athée qui refuse l'existence et la présence de Dieu une fois que nous nous mettons simplement d'accord sur ce qu'est la Réalité.

En général, les athées nient et les agnostiques mettent en doute la réalité de Dieu tel qu'ils Le comprennent et Le définissent. Ils ont parfaitement raison, car Dieu, tel qu'ils Le définissent, ne peut absolument pas exister. Mais Dieu tel que Dieu est, n'est ni mis en doute ni nié par un seul habitant de cette terre, et ne l'a jamais été. Dieu, tel que Dieu est, est accepté sans discussion et même sans résistance par tout un chacun, parce que Dieu est le fondement même de l'être, le fait de l'existence réelle. À vrai dire, Dieu est la Vie elle-même. Montrez-moi un athée qui niera être en vie !

Ceux qui doutent et qui nient jettent forcément des pierres à leurs propres conceptions erronées de Dieu, aux définitions habituelles de Dieu, ou à l'idée généralement acceptée de ce que Dieu peut faire.

Je suis bien d'accord : l'idée qu'on se fait habituellement de Dieu est incorrecte et un tel Dieu n'existe pas - et n'a jamais existé. Mais Dieu, tel que Dieu est, existe bel et bien en tant que Réalité très présente et qu'indéniable fondement de l'Existence. La Vérité, la Réalité, le Fait constant existent. C'est tout ce qui existe véritablement ici même, à cet instant.

L'agnostique ne conteste pas le Fait constant. Il conteste un exposé inexact de ce Fait. Cet exposé erroné n'a pas plus de rapport avec le Fait réel que la fausse équation 2 plus 2 égale 5 n'en a avec la réalité de l'arithmétique.

Il faut être aveugle pour se couper du Fait constant et contester son existence simplement parce qu'un individu ou une organisation affirme une chose inexacte au nom du Fait réel.

La Réalité absolue est le fondement de l'existence des " choses " – et la science est l'étude des " choses ". La science montre maintenant de façon remarquable l'unité holistique et l'absolue perfection de l'existence.

Tout le monde, chaque habitant de cette terre sans exception, peut parvenir à une intelligence précise de Dieu ! Comment peut-il en être ainsi ? Parce que DIEU est dénué de toute complication et se comprend aisément !

Quand nous oublions tout ce qu'on raconte sur Dieu et que nous cessons de le prendre aveuglément pour nos propres croyances, Dieu devient remarquablement apparent. Et pourquoi ? Quelle sorte de Dieu Se refuserait à tous ceux qui n'ont pas suffisamment souffert, pas suffisamment étudié, pas cherché assez assidûment, ou pas prié avec assez de ferveur et selon les règles ? Quelle sorte de Dieu priverait de sa présence ceux qui n'ont pas été baptisés d'une façon ou d'une autre, ou n'ont pas adhéré à telle ou telle organisation ? Quelle sorte d'amour se dissimulerait à la moitié de la population du monde parce qu'elle n'est pas chrétienne ou musulmane, parce qu'elle ignore tout de tel arcane, sagesse que nul n'a profanée ? Quelle sorte d'Amour se dérobe à ceux qui ne souscrivent pas à tel ou tel ensemble de dogmes et de croyances, ne pratiquent pas tels ou tels rituels ou cérémonies ?

Eh bien, soyez assurés que Dieu ne se refuse à rien ni à personne. Dieu est ici même, à l'instant même, plus proche que les doigts et les orteils, plus près que la respiration. Il n'y a ni distance ni séparation entre soi-même et Dieu, d'un point de vue mental ou autre. Vous découvrirez que Dieu est tout ce qui est ici, et " tous me connaîtront depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit le Seigneur ". La simplicité de Dieu est confondante. C'est précisément cette simplicité que l'intellect humain plein de son importance ne peut voir ni comprendre tandis qu'il avance à grand-peine dans sa jungle de croyances érudites. Que les croyances disparaissent ! Que tout ce qu'" elles affirment " disparaisse ! Laissez tomber les vieilles convictions personnelles, et peu importe que vous y teniez comme à la prunelle de vos yeux. Reprenez au commencement, plongez à l'intérieur du cœur. Alors, quand vous parvenez à votre propre sens de Dieu, vous avez le bonheur de vous apercevoir que vous découvrez du même coup votre propre Identité Réelle et sa simplicité enfantine. De même qu'il est impossible de mettre le principe de l'arithmétique à l'intérieur d'un seul nombre [ou de tous à la fois], il n'est pas vraiment possible d'assujettir cette Conscience unique à un seul corps fini.

Le spectacle de l'univers vu par une Conscience dotée d'un propriétaire et maintenue en captivité s'appelle l'" expérience humaine ", laquelle est un tissu d'embarras sans fin. Pour mettre un terme à ces perplexités, on cesse de se prendre pour un ego distinct qui est conscient. On s'identifie à LA CONSCIENCE ELLE-MÊME. L'individu qui le fait se découvre immanquablement dégagé de toute prison, de toute corruption, de toute entrave, et libre. Il découvre que la seule Conscience à l'œuvre est la Conscience qu'a Dieu d'être tout ce qu'est Dieu.

Tout le monde, tout habitant de cette terre peut parvenir à une intelligence précise de Dieu ! Comment cela est-il possible ? Parce que Dieu est simple et se comprend aisément ! Quand nous faisons table rase de ce qu'on dit de Dieu et que nous cessons de l'accepter aveuglément et d'en faire nos propres croyances, Dieu devient remarquablement apparent. L'homme admet volontiers que la sphère d'influence de Dieu embrasse l'univers entier. Il reconnaît même intellectuellement que Dieu est partout, mais il n'est pas aussi prompt à admettre que Dieu, Fait constant, Réalité, Principe, est le tout de tout – que Dieu est l'être de l'existence même – que le Principe Divin lui-même est continûment tout ce qui constitue cet univers – que les gens et les choses, en tant qu'objets de perception, ne sont rien en eux-mêmes et par eux-mêmes, mais que Dieu est sans cesse tout ce qui constitue les gens et les choses – que la valeur et l'importance ne résident pas dans l'objet perçu mais en Dieu, Réalité, Fait perpétuel qui est continûment la totalité de l'objet et de la perception de celui-ci.



 

William Samuel





 

 


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dimanche 18 novembre 2012

Comme un petit enfant (2)

 
 
 
 
 
 
 
 
"Je suis toujours surpris lorsque j’observe les petits enfants. Ils vivent comme j’aimerais vivre. Le petit enfant ne pense pas sa vie…il vit sa vie ; il vit le moment présent. Il existe dans la simple joie d’être inconditionnelle.
Faut-il dire que c’est très différent pour l’adulte qui, identifié à son propre ego – indissociable de l’activité mentale –, n’est plus centré dans sa nature essentielle, sa propre essence. Raison pour laquelle il connaît l’angoisse et les états qui l’accompagnent : le souci, l’appréhension, l’inquiétude latente.
Si l’homme actuel s’intéresse aux pratiques méditatives qui s’enracinent dans les traditions orientales c’est le plus souvent parce qu’il est animé par l’espoir de découvrir un îlot de silence où il serait à l’abri des bruits et des agressions extérieures. Mais je ne crois pas que ce soit la solution. En effet, que je sois dans une ville comme Paris ou sur une île qui émerge de l’océan pacifique, le miroir qu’est ma vie intérieure réfléchit toujours le même « moi ».
 
Je ne souffre pas d’un manque. Je souffre d’ignorer ce qui ne manque pas."



Jacques Castermane.
 
 
 
 
 
 
 
 
« Que l’homme âgé n’hésite pas à interroger un enfant de sept jours sur le lieu de la Vie et il vivra.*
Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point. »**

 
* Evangile de Thomas ** Marc 10.14-15
 

 

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samedi 17 novembre 2012

Insaisissable

 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Notre pensée, sous sa forme purement logique, est incapable de se représenter la vraie nature de la vie, la signification profonde du mouvement évolutif. Créée par la vie, dans des circonstances déterminées, pour agir sur des choses déterminées, comment embrasserait-elle la vie, dont elle n’est qu’une émanation ou un aspect ? Déposée, en cours de route, par le mouvement évolutif, comment s’appliquerait-elle le long du mouvement évolutif lui-même ? Autant vaudrait prétendre que la partie égale le tout, que l’effet peut résorber en lui sa cause, ou que le galet laissé sur la plage dessine la forme de la vague qui l’apporta. De fait nous sentons bien qu’aucune de  catégories de notre pensée, unité, multiplicité, causalité mécanique, finalité intelligente, etc., ne s’applique exactement aux choses de la vie : qui dira où commence et où finit l’individualité, si l’être vivant est un ou plusieurs, si ce sont les cellules qui s’associent en organisme ou si c’est l’organisme qui se dissocie en cellules ? En vain nous poussons le vivant dans tel ou tel de nos cadres. Tous les cadres craquent. Ils sont trop étroits, trop rigides surtout pour ce que nous voudrions y mettre. Notre raisonnement, si sûr de lui quand il circule à travers les choses inertes, se sent d’ailleurs mal à son aise sur ce nouveau terrain ».
 
 
 
Henri Bergson