vendredi 28 décembre 2012

Le Silence

 
 
 
 
« Si vous croyez qu’il faut que vous pratiquiez le silence, trouviez le silence, gardiez le silence, alors vous n’avez pas compris.
Tout ceci, l’univers tout entier, se manifeste à partir du Silence !
Il ne s’agit pas de courir après le silence.
Il s’agit de reconnaître le Silence qui ne peut être perturbé où que vous soyez, quelles que soient les circonstances, quelle que soit l’intensité du bruit. Là, les réactions de quelque nature qu’elles soient n’existent pas. Ce n’est pas un comportement ni une " mise en pratique " : vous et le Silence êtes identiques. »
 
 
Mooji
 
 
 
 
 
 
 
 

jeudi 13 décembre 2012

Dieu seul existe

 
 
 
La réalité, ce n’est pas votre caractère qui, lui, n’est qu’une résultante, je ne sais quoi : un agglomérat. La réalité, c’est Ici et Tout de Suite. C’est la vie que vous êtes en train de vivre, là dans la seconde. N’ayez pas peur d’y perdre votre âme : Dieu est dedans. Faites tous les gestes que vous voudrez. Lavez-vous les mains, s’il y a un lavabo, allongez-vous par terre, sautillez sur place, faites la grimace, pleurez même, si cela vous aide, ou riez, chantez, dites des injures ! Si vous êtes un intellectuel (pour chaque catégorie, il y a un truc), faites comme moi cette nuit-là*: reconstituez à haute voix, et de mémoire, les raisonnements de Kant dans les premiers chapitres de la Critique de la raison pure théorique. C’est difficile : cela occupe. Mais ne croyez à rien de tout cela. Ne croyez pas même en vous. Dieu seul existe.
Cela, qui est vrai toujours, devient un remède miracle à ce moment. Du reste, je vous le demande : sur qui d’autre pouvez-vous compter ? Pas sur les hommes, je suppose ! Quels hommes ? Les SS ? Des sadiques ou des fous et, dans le meilleurs des cas, des ennemis, patriotiquement convaincus que leur devoir est de vous liquider. S’il n’y a pas la Pitié de Dieu, il n’y a plus rien.
Mais justement, pour connaître cette pitié, il n’y a pas besoin d’un acte de foi. Vous n’avez même pas besoin d’avoir été élevé dans une Eglise. A cet instant où vous la cherchez, vous l’avez déjà : elle est le fait que vous respirez et que le sang bat à vos tempes. Si alors vous faites bien attention à elle, elle augmente, elle vous enveloppe. Vous n’êtes plus le même, croyez-moi. Et vous pouvez dire au Seigneur : « Que ta volonté soit faite ». C’est une chose que vous pouvez dire : elle ne vous fait plus que du bien.
 En prison, plus que jamais, c’est au-dedans de vous qu’il faut vivre. Et s’il y a une personne dont vous ne pouvez pas vous passer, réellement pas (par exemple une fille quelque part au-delà des murs), faites comme je faisais alors : regardez-la plusieurs fois par jour, longtemps. Mais n’essayez pas de l’imaginer là où elle est en ce moment, là où il y a de l’air libre partout et partout des portes ouvertes, parce que vous n’y arriverez pas et cela vous fera du mal. Regardez-la en vous. Coupez autour d’elle tout ce qui est espace. Toute la lumière que vous contenez, mettez-la sur elle. N’ayez pas peur de l’épuiser, cette lumière : l’amour, la pensée, la vie en contiennent à ne plus savoir qu’en faire.
Alors vous verrez bien, votre maman, votre bien-aimée ou vos petits. Et pour un long moment vous ne saurez même plus que vous êtes en prison. Croyez-moi ! C’est à cela que sert la vie intérieure.
 
 
Jacques Lusseyran
 
 
*( sa première nuit de garde-à-vue ) 
 
 
 
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lundi 3 décembre 2012

La vague et l'océan (2)

 
 



Ne suis-je pas semblable aux vaguelettes qui naissent d’un remous avant de s’y confondre, une illusion qui ne surgit d’un rien que pour y retomber sans laisser de traces ? 
 
 
 

 Yasmina Khadra (L'équation africaine)





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